‹ Notice des tableaux exposés dans les galeries du Musée impérial du Louvre (volume 2)Chapitre 23 sur 483 · INTRODUCTION. XXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXIII

des tableaux de Sa Majesté, entassés aujourd'hui et ensevelis dans de petites pièces mal éclairées et cachées dans la ville de Versailles, inconnus ou indifférents à la curiosité des étrangers par l'inipossibililé de les voir. Une autre raison pressante pour leur donner un logement convenable , et qui mérile une attention bien sérieuse, c'est celle d'un dépérissement prochain et inévitable par le défaut d*air et d'exposition. Quel serait aujourd'hui le sort des tableaux du Palais-Royals'ils eussenlété entassés pendant trente ou quarante ans dans l'obscurité et dans l'impossibilité d'être visités et entretenus par le défaut d'espace, tels que le sont depuis plus longtemps ceux du roi? Siles tableaux de Sa Majesté surpassent ceux-ci en nombre et en valeur, comme on le dit sans pouvoir l'assurer^ n'y ayant jamais eu de catalogue public, quelle perte pour les talents de notre nation que leur emprisonnement! Avec quelle satisfaction les curieux et lesétrangers les verraieni en liberté, exposés dans une habitation convenable à des ouvrages dont la plus grande partie est sans prix ! Telle serait la galerie que l'on vient de proposer, bâtie exprès dans le Louvre, où toutes ces richesses immenses et ignorées seraient rangées dans un bel ordre, et entretenues dans le nieilleur étal par un artiste intelligent et chargé de vei-ller avec attention à leur parfaite conservation. Par là elles seraient préservées de tomber dans la honteusedeslructiondeceux du palais du Luxembourg:, ce triomphe de la peinture, et dont la possession nous est en\iée par tous les étrangers, quidonneraientdes sommes considérablespour avoir chez eux ces ouvrages divins, et qui font le plus d'honneur au pinceau de l'immortel Rubens. Ils sont cependant du côté de la cour, presque détruits par la négligence des concierges, qui laissent les vitraux des croisées ouverts dans les jours les plus brûlants, et dévorer à l'ardeur du soleil, depuis le midi jusqu'à ce qu'il soit entièrement couché, ces tableaux sans prix, ces beautés que toutes les

richesses du souverain ne pourraient aujourd'hui remplacer

Quel motif d'émulation serait plus piquant pour nos peintres d'à présent que l'honneur d'obtenir des places dans celte galerie royale à côté de tant d'hommes illustres de tous les pays, et surtout d'Italie, qui composent l'immense et savante collection des tableaux des cabinets du roi?... Ce serait ai* litre seul d'une réputation décidée et appuyée sur plusieurs excellents ouvrables marqués au sceau d'un suffrage général et de l'admiration pub ique, que cette précieuse distinction serait accordée. » Encore une citation et ce sera la dernière : « Quelle fut la douleur de ce curieux

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