XL INTRODUCTION
tives. Il implore la sollicitude de l'Assemblée en faveur des artiste découragés et manquant de travaux.
Bans la séance du 27 juillet 1793 de la Convention, Sergent reproduisit son projet de décret sur le Muséum de la République. Il est adopté en ces termes :
Art. 1er. Le ministre de l'intérieur donnera les ordres nécessaires pour que le Muséum de la République soit ouvert le 10 août prochain dans la galerie qui joint le Louvre au Palais-National.
Art. 2. Il y fera transporter aussitôt , sous la surveillance des commissaires des monuments, les tableaux , statues, vases, meubles précieux, marbres déposés dans les maisons des Pelits~Augustins, dans les maisons ci-devant royales , tous autres monumenispublics et dépôts, excepté ce que renferment actuellement îe château de Versailles , les jardins, les deux Trianons, qui est conservé par un décret spécial dans ce département.
Art. 3. Il y fera également transporter les peintures, statues, bustes antiques qui se trouvent dans toutes les maisons oi-devant loyales, châteaux, jardins, parcs d'émigrés et autres monuments nationaux.
Art. 4. Il sera mis à la disposition du ministre de l'intérieur par la trésorerie nationale , provisoirement , une somme de 100,000 livres par an pour faire acheter dans les ventes particulières les tableaux ou statues qu'il importe à la République de ne pas laisser passer dans les pays étrangers , et qui seront déposés au Musée, sur la demande de la commission des monuments.
Art. 5. Il est autorisé à faire les dépenses nécessaires pour le transport des tableaux et statues dans le Musée des dépôts particuliers où ils sont maintenant.
Le Muséum /"ranpaî^, appelé quelque temps après le Musée central des arts, ouvrit en 1793, conformément au décret du 27 juillet que nous venons de citer (1). L'avertissement du catalogue
(i) Le Moniteur se tait sur le jour précis de l'ouverture du Muséum , du moins nous n'avons pu encore le trouver. Toutefois il est probable que rinauguralion n'eut pas lieu le 40 août , mais plutôt le 8 novembre, comme la pièce suivante, tirée de nos archives, permet de le supposer^
12 brumaire an II (2 novembre 1793.)
Citoyen ministre ,
Pour répondre au désirque vous marquez que le Muséum français soit rendu public le piuspromptement possible, nous installerons dès demain
INTRODDCTION. XLI
des objets contenus dans la galerie nous apprend que v plusieurs raisons trop longues à déduire ont empêché qu'on ne classât les tableaux par écoles... On n'offre pour Tinstanl qu'une disposition provisoire. Lorsqu'on sera en possession de la totalité qui doit former le Muséum , lorsque le projet d'éclairer cet immense vaisseau par le sommet sera réalisé, lorsque ces salles destinées à recevoir les statues, les dessins des grands maîtres, les morceaux précieux de l'antiquité, de physique, d'optique, etc., seront préparées, alors les discussions des artistes, des savants, des amateurs, auront répandu une masse de lumière plus que suffisante pour arrêter définitivement le mode d'arrangement qui réunira le plus d'avantages, et qui répondra par l'ensemble à la magnificence des détails. » On voit aussi par ce catalogue que la galerie se trouvait divi>ée en 17 travées de fort peu d'étendue, car chaque côté de ces travées ne contenait guère que 15 à 20 tableaux de petite ou de moyenne dimension : 537 tableaux de maîtres de toutes les écoles furent exposés. Leur description dans le catalogue était la plus succincte possible; en voici un échantillon pris au hasard : Le Titien, n» 28 : Le Concile de Trente, H. 4 pi. L. 5 pi. La même sobriété de détails et de renseignements règne dans le reste du Livret. Le nombre des bronzes, bustes, tables de marbre, porcelaines, pendules et autres objets de curiosités, s'élève à 124. Enfin le voilà donc fondé, le voilà donc ouvert même ce Musée si chaleureusement réclamé dès 1746 par le pauvre La Font de Saint-Yenne; ce Musée dont tant de personnes se sont disputé à ses dépens l'honneur de l'invention! Il n'a fallu rien moins qu'une
les quatre nouveaux gardiens que vous avez acceptés, et nous vous adressons le projet d'affiche que nous publierons si vous nous y autorisez. Dans cette supposition, citoyen ministre , nous vous prions de vouloir bien faire une prompte réponse, car la chose est urgente : Muséum français.
Les citoyens sont informés que , conformément à la décision du ministre de l'intérieur, le Muséum français sera ouvert au public les trois derniers jours de chaque décade, à compter du 18 du présent mois de brumaire (8 novembre 1793).
Les artistes qui voudront étudier au Muséum sont également prévenus qu'il leur sera ouvert à cet effet, depuis 9 heures jusqu'à 4 heures les cinq premiers jours de cliaque décade , à compter du 21 de ce mois. Ils sont invités, d'après le règlement établi par le minisire de l'intérieur, à venir se faire inscrire les 18, 19 et 20 du même mois, depuis 1 heure jusqu'à 2.