INTRODUCTION. XLVII
l'école française fut réalisé en sa faveur par un décret de Tan V. On y transporta donc toutes les toiles de nos artistes nationaux, depuis Jean Cousin jusqu'aux peintres encore vivants , et en l'an X parut une notice explicative des tableaux qui y figuraient^ ainsi que des sculptures placées dans le palais et dans les jardins.
Ces travaux considérables n'interrompirent pas ceux qui s'exéoutaient au Louvre; car dans la même année, des tableaux recueillis à Venise, à Florence, à Turin, à Foligno, après avoir été exposés pour la plupart dans l'état où ils se trouvaient, afin de satisfaire rimpatience des artistes et des amateurs , reparaissaient, après une courteabsence.admirablementrestaurésdanscemêmegrand salon, où tant de pages immortelless'étaient succédé en si peu de temps. Les panneaux de la Vierge de Foligno, de Raphaël; du Martyre de saint Pierre Dominicain, de Titien, détruits par les vers, ne supportaient plus la peinture prête à tomber par écailles. Une main habile les fixe sur toile, les rend à la vie, et les procédés employés en pareilles circonstances, procédés dont on avait fait jusque-là un mystère, sont minutieusement décrits dans la notice du 48 ventôse an X (9 mars 1802).
Plusieurs changements furent opérés dans la galerie ; mais nous nous bornerons à en citer deux surtout importants par leur résultat. En vertu d'un ordre du ministre de l'intérieur, le 5 germinal, le 17 floréal, le 3 thermidor de l'an X, l'administration du Musée central se dessaisit de la galerie de Rubens, de peintures de Philippe de Champaigne et de quelques maîtres, qui, jointes aux tableaux delà vie de saint Bruno, de le Sueur, extraits du Musée de Versailles, et des ports de France, de Joseph Vernet, placés au ministère de la marine, allèrent décorer, le 3 nivôse an XI, la galerie du Sénat, au Luxembourg, qui devint pendant quelque temps une espèce de succursale du Louvre. Un essai qu'il importe de signaler encore fut celui des jours pratiqués, en 1804, dans une partie de la voûte de la grande galerie du Louvre, et l'exposition provisoire des trois écoles dans ce local, afin de juger de l'effet de ce nouvel éclairage, qui resta inégalement réparti jusqu'en 1851.
Les conquêtes de 1806 et de 1807 nous amenèrent de nouveaux chefs-d'œuvre, installés au Louvre le 14 octobre 1807, premier anniversaire de la bataille d'Iéna : 50 statues, 80 bustes,193 bronzes, une foule de tableaux de maîtres déjà représentés dans les galeries,