LICHER1E
LICHERIE (Louis), né à Dreux ( dans la Beauce) vert 1642, mort le 3 décembre 1687.
Son père, conseiller élu et juge de l’élection de la Tille de Dreux, le destinait à remplir un jour les fonctions qu’il exerçait ; mais le penchant irrésistible que le jeune Ucherie témoigna de bonne heure pour le dessin, le força à changer de résolution et à le placer chez Boulogne le père. En 1666 il eut occasion de connaître le Brun, de travailler avec lui, et d’être choisi par cet artiste célèbre, lorsqu’on établit aux (lobclirts une école académique dont il était directeur, pour corriger les élèves et faire les fonctions de professeur. En 1670, il quitta les Gobelins, décora de grandes compositions la maison de campagne, à Vitry, de M. Jacques, greffier du Parlement, et plusieurs églises de la ville de ltoudan (dans la Beauce). Le 18 mars 1679 il fut reçu à l’Académie, qui, par exception, ne lui imposa pas pour son tableau de' réception un sujet tiré de l’histoire du roi, et accepta une composition représentant Abigaïl, femme de Nabal, cherchant b fléchir, par des présents, David irrité contre son mari qui lui avait refusé son secours (voir le numéro suivant). On nomma Licherie adjoint à professeur le 29 novembre 1681. Il a peint un nombre considérable de tableaux pour les églises, notamment aux Invalides, au séminaire de Saint-Lazare, à Saint-Germain-l’Auxerrois, dans le cloître de la Chartreuse de Bourg-Fontaine, près de Villers-Cotterets. Plusieurs de ses compositions furent gravées par Audran, Giffard, Bazin et de CbatiUon.
323. Abùfail, femme de Nabal, cherchant à fléchir, par des présents, David irrité contre son mari qui lui avait refusé son secours.
H. 1, 38. — L. % 13. — T. — Fig. de 0, 60.
A gauche, au deuxième plan, David, à la tête de ses troupes, est saisi d’admiration à la vue d’ Abigaïl agenouillée devant lui, entourée de ses femmes qui lui apportent dans des vases et des corbeilles des vivres et des rafraîchissements. A droite, dans le fond, un âne et des chameaux chargés de provisions; au premier plan, tout à fait à l’angle de la composition, un homme accroupi et accoudé sur un tonneau.
Landon, 1. 2, pl. 64 et 65.
Musée Napoléon. — Ce tableau fut peint par Licherie pour sa réception à l'Académie, le 18 mars 1679.)
LOO (Jean-Baptiste van)
LOO (Jean-Baptiste van), né à Aix (en Provence) le 11 janvier 1684, mort dans la même ville le 19 septembre 1745.
La nombreuse famille des van Loo est originaire de Hollande et la généalogie de ses artistes est difficile A établir. Jan van Loo, fils de Charles van Loo, selon les fastes généalogiques des Pays-Bas, paraît être le
f rentier de ce nom qui se soit adonné à la peinture. Il naquit en 1585 A Ecluse, en Hollande, et l'on connaît de lui une Réunion de buveurs et de Joueurs, gravée par Houbraken. Son fils, Jakob van Loo, né aussi à l’Ecluse en 161b, fut un habile peintre de portraits, vint en France, se fit naturaliser, et entra 5 l’Académie royale de peinture le 6 janvier 166S. Il donna pour tableau de réception le portrait de Michel Corneille le père (voir la 2' partie de la Notice, n° 275), et mourut à Paris le 26 novembre 1670. Louis van Loo , fils de Jakob , né à Amsterdam vers 1651, mourut en 1715. Il se rendit en France avant son père, y fit ses études, remporta le premier prix à cette Académie, et y aurait été admis si un duel ne l’eût forcé de se retirer A Nice. 11 passait pour un habile peintre à fresque. Ayant fait un voyage à Aix, il s’y maria en 1685, et eut deux fils qui occupèrent un rang distingué dans l’histoire de l’art français. —Jean-Baptiste, l’un d’eux, fut son élève; il étudia de bonne heure l’antique, les ouvrages des grands maîtres, et après avoir exécuté quelques ouvrages dans sa ville natale, il se rendit en 1708 à Toulon pour voir les sculptures du PugeL II y peignit deux tableaux qu’on trouva remarquables, et épousa, la même année, M 11 * Lebrun, fille d’un avocat, qui, sous sa direction, se livra à la peinture et devint un miniaturiste habile. Ce Lebrun, à son tour, épousa Catherine van Loo qui ne manquait pas de talent. Jean-Baptiste van Loo peignit d’abord beaucoup de portraits, et allait s’occuper de grandes compositions, lorsque le duc de Savoie vint assiéger Toulon en 1707. Il se retira & Aix, travailla pour plusieurs églises, et revint joindre son père A Nice en 1712. De la, il fut à Monaco, puis A Gênes et A Turin, oü il travailla pendant deux années pour le duc de Savoie et le prince de Carignan, qui l’envoya A Rome. Il étudia les maîtres, calqua des tableaux entiers, entre autres la Dispute du saint sacrement de Raphaël, et se mit sous la direction de Benedetto Luti. Pendant son séjour A Rome, il exécuta un assez grand nombre de tableaux; puis, quittant cette ville, il passa par Turin, peignit A fresque, pour Victor- Amédee, deux plafonds dans le château de Rivoli, et en 1719 rejoignit A Paris le prince de Carignan, qui le logea dans son hôtel de Soissons et le présenta au régent. Le duc d’Orléans, charmé des talents de van Loo, le chargea de la restauration des cartons de Jules Romain, appartenant A la collection royale. Après avoir peint des plafonds, plusieurs tableaux A l’huile, des portraits au pastel, il fut agréé A l’Académie en 1722. Ayant perdu sa fortune par suite de la banqueroute de Law, il se livra pendant un certain temps presque exclusivement A la peinture des portraits. Il fit, de mémoire, celui du jeune roi, obtint une séance pour le terminer, et cet ouvrage, qui eut un grand succès, fut répété par d’innombrables copies. Reçu A l’Académie le 25 février 1751, sur le tableau de Diane et Endyinion (n° 525), on le nomma adjoint A professeur le 10 janvier 1755. 11 restaura la galerie de François I er , peinte A Fontainebleau par le Rosso et le Primatice, exécuta des tableaux pour des églises, pour l’Hôtel de Ville, et se décida A retourner en Provence en 1755. Il habitait cette province depuis un an, lorsqu'il apprit la nomination de son fils Louis-Michel A la place de premier peintre du roi d’Espagne. Il se rendit alors A Paris, puis A Londres en 1758, revint malade A Paris au mois d’octobre 1752, alla vainement redemander la santé A l’air natal, et s’établit A la campagne, près d’Aix. Malgré l'aüaiblisscment de ses forces, il fit encore beaucoup de por-
LOO (Jean-Baptiste van).
trails otcxpira presqu’cn peignant. On l’enterra dans l’église de sa paroisse, au pied des fonts baptismaux. Il eut pour disciples André lia r don, ses trois fils et son frère Carie van I.oo. 11 a exposé au salon de 1757. — François van i.oo, Gis de Jean-Baptiste, et son élève, né vers 1708, mourui en 1730 à Turin des suites d’une chute de cheval. — cbarles- Auiédéc-iMiilippe vau i.oo, fils et élève de Jean-Baptiste, naquit & Turin en 1715 ou 1718; on ignore la date de sa mort. L’Académie le reçut le 30 décembre 1707, et le nomma adjoint à professeur le 5 juillet 1760, professeur le 7 juillet 1770 et adjoint à recteur le 30 janvier 1790. 11 fut premier peintre du roi de Puisse. 11 a exposé aux salons de 1707, 1761, 1763, 1769, 1771, 1773, 1775, 1777, 1779, 1781, 1783 et de 1785. Larmessin, Chereau, Petit, ont gravé plusieurs de ses ouvrages. — On trouve pendant les années 1762 5 1785, dans les registres de caisse des bâtiments du roi, faisant partie des archives du Musée, l’indication d’artistes portant le nom de van Loo, autres que ceux désignés dans cette notice, et sur lesquels nous n’avons pu encore trouver de renseignements précis. L’un signe en 1780 F. -IJ. van loo (ils , et en 1785, François-la. van I.oo (Ils, des reçus de sommes payées pour des copies de portraits du roi, d’après Duplessis. Un autre signe également des reçus de paiement de copies d’après Duplessis, X..-A- van I.oo fils. Il est désigné dans le texte de la quittance, sous les noms de l.ouls-Amédée. Enfin, un troisième, appelé simplement le sieur Louis van Loo, signe, d’une écriture qui ressemble peu à celle du précédent, F., médée van I.oo et Fouis van I.oo. Malgré la différence d'écriture, il y a tout lieu de croire cependant que L. Médée van Lco, Louis van loo et L.-A. van Loo fils sont un seul et même personnage. Le rédacteur du Cabinet de M. Paignon Dijonval indique un Amédée van Loo, né à Paris en 1730, qui a peint le portrait de Frédéric- Ilenri-Louis, prince de Prusse, gravé en 1767 par G.-F. Schmit. Il y a là évidemment une erreur, et il s’agit certainement de Charlcs-Amédée-Philippe .van Loo, premier peintre du roi de Prusse, né en 1715 ou 1718. Paignon Dijonval possédait aussi des dessins de François van Loo, né, suivant lui, en 1750, et qui doit être celui qui figure au registre de caisse des bâtiments.
324. Institution de l’ordre du Saint -Esprit par Henri III, dans l'église du couvent des Grands-Augustins à Paris, le 31 décembre
IL 4, 80. — L. 3, B0. — T. — Fig. de gr. naL
Au milieu de la composition, Henri III, assis sur son trône, donne sa main à baiser au duc de Nevers agenouillé devant lui. Le roi est entouré des grands dignitaires de l’ordre du Saint-Esprit et de plusieurs chevaliers portant tous le grand manteau de cérémonie. Audessus du trône, le Saint-Esprit sous la forme d’une colombe.
Musée Napoléon. — Suivant Germain Brice, l’artiste a représenté la première promotion dans laquelle fut reçu Louis de Gonzague, duc de Nevers,
LOO (Carle tan).
premier chevalier de l'ordre, assisté de quatre grands officiers : Philippe Huraut, comte de Chivemy, chancelier; Guillaume Pot, prévôt, maître des cérémonies ; Nicolas de Neuville, grand trésorier ; Claude de l’Aubes-
E ine, greffier; de Mathurin Morin, héraut d’armes, et de Philippe de Namuc, huissier. l.es autres personnages sont des seigneurs français et polonais présents à la cérémonie. Ce tableau était autrefois dans le chœur de l’église du couvent des Grands-Augustins, où se faisaient les réceptions des chevalieis de l’ordre du Saint-Esprit. Il fut exécuté pour faire partie d’une suite de peintures représentant les cérémonies de l’ordre, sous les grands maîtres qui se succédèrent depuis son institution. On les mit en place en 1133. J. -B. van l.oo, outre celle-ci, en peignit, pour la même église, deux autres où figuraient Louis XIV et Louis XV.