‹ Notice des tableaux exposés dans les galeries du musée impérial du LouvreChapitre 496 sur 583 · Portrait présumé de M me de Grafjigny · texte numérisé non relu

Portrait présumé de M me de Grafjigny

H. 0, 81. — L. 0, 65. — T. — Fig. en buste de gr. nat.

Elle est vue de face, coiffée d’un bonnet dont on n’aperçoit que la garniture de dentelle, le reste étant caché par un fichu noir noué sous le menton. Une pelisse de velours rouge, garnie de fourrure, couvre les épaules.

Collection de Louis-Philippe. — Ce tableau (ut acquis, en 1832, de M. Payen, pour la somme de 500 fr.

TOURNIERES (Robert), né à Caen en 1668, mort dans la même ville, le 18 mai 1752.

Les dates données ci-dessus sont fournies par les registres de la paroisse de Saint-Pierre de Caen. D’Argenville s’est trompé en le disant âgé, à sa

TOURNIÈRES

mort, de 77 ans: il en avait environ 84. Les registres de l'Académie lui donnent 82 ans 10 mois. Toumières eut pour premier maître frère l.ucas de la Haye, de l’ordre des Carmes, peintre plus que médiocre, vint 4 Paris, entra à l’école de Ikm Boulogne, et fit de rapides progrès. On le reçut à l’ Académie, le 24 mars 1702, comme peintre de portraits, et pour sa réception il donna ceux de Mosnicr et de Michel Corneille. Le 24 octobre 1716, il fut admis, comme peintre d’histoire, sur un tableau représentant Dilnitade dessinant à la lumière le portrait de son amant ( voir le numéro suivant). L’heureux succès de scs petits tableaux l’engagea 4 abandonner les grandes compositions pour peindre de petits portraits historiés ou des sujets de fantaisie. Schalken et Gérard l)ov fuient les maîtres qu’il se proposa pour modèles. Toumières devint adjoint à professeur le 28 septembre 1725; mais, à la suite d'une contestation avec ses confrères, il s’abstint d’assister aux séances de l’Académie, se retira 4 Caen en 1750 et cessa de travailler. Les principaux élèves de Toumières furent llutlot fils, peintre de fleurs, nomay iiesl et le Moine. Sarrabat et Daullé ont gravé chacun un portrait peint par Toumières. Il a exposé aux salons de 1704,1737, 1741,1742, 1743, 1745, 1746, 1747 et de 1748.

580 . Dibulade dessinant à la lueur d'une lampe le portrait de son amant.

H. 0, 80. — L. 0, 35. — Forme cintrée dans le haut. — B. — Fig. de 0, 36.

Assise à droite, vue de profil, tournée à gauche, Dibutade tient d’une main une torche allumée. Guidée par un amour, elle trace de l’autre, sur la muraille, le contour de l’ombre que projette un jeune homme placé à gauche, debout devant elle, et appuyé sur une espèce de petit mur où est posée une épée.

Musée Napoléon. — Ce tableau fut peint par Toumières pour sa réception 4 l’Académie de peinture, le 24 octobre 1716. Il avait déjà été reçu , le 24 mars 1702, comme peintre de portraits, sur ceux de Mosnier et Corneille (Michel).

TROY (Jean-François de), né à Paris en 1679, mort à Rome le 24 janvier 1782.

Il était fils et élève de François de Troy, portraitiste habile, qui necéda d'abord qu’avec peine 4 la vocation pour la peinture manifestée par lui dès son enfance. De Troy concourut pour le grand prix 4 l'âge de lit ou 20 ans, mais sans succès, et son père l'envoya à Borne 4 ses frais, il obtint ensuite du marquis de ViHacerf, surintendant des bâtiments, la place de pensionnaire du roi, dont il eut la jouissance pendant trois ou quatre ans. Il séjourna deux années 4 Pise, voyagea dans toute l'Ualie, cl se plaisait tellement dans ce pays, oit il se livrait auiant au plaisir qu’à l’étude, que son père fut obligé d’avoir recours au ministre de France 4 Florence pour le

TROY (de).

faire revenir dans sa patrie. Il avait 27 ans lorsqu’il arriva A Paris. Peu de temps après son retour, il se présenta a l’Académie; il y fut agréé et reçu le même jour, 28 juillet 1708, sous le directorat de son père, et donna pour sa réception un tableau représentant Niobé et ses enfants percés de (lèches par Diane et Apollon. Ce succès et l'affection qu’il portait A son pèic lui tirent refuser des travaux considérables que le sénat de Gènes lui pi oposait d’exécuter. De Troy devint adjoint à professeur le 20 juillet 1710 et professeur le 30 décembre 1719. Il reçut, vers cette époque, la commande d’ouvrages pour des édifices publics et peignit une assez grande quantité de tableaux de genre. En 1727, il prit part au concours d’émulation ordonné par le roi entre les peintres de l’Académie, et partagea le prix avec le Moine, quoique son tableau, représentant un Bain de Diane, fût inférieur à celui de son rival, qui, lui-méme, ne méritait pas cette faveur, dont Gazes et Noël Coypel parurent alors plus dignes. De Troy abusa souventde son extrême facilité d'exécution et d’invention. Homme de plaisir, possesseur, par son mariage avec la tille d’un officier du Châtelet, d’une fortune considérable, le monde lui fit négliger les études sérieuses et produire des oeuvres d'un mérite fort inégal, dont il ne cherchait pas A corriger les défauts, prétendant qu’un changement partiel entraînait la modification de l’ensemble et refroidissait le génie. En 1728, il décora les appartements de Samuel Bernard, peignit pour l’hôtel de M. de la l.ive, rue Neuvcdu-Luxemhourg, trente-six compositions terminées en 1729, ainsi que la coupole de la chapelle seigneuriale de Passy et le tableau d'autel. Ces ouvrages fuient suivis d’un grand nombre d'autres en tous genres et de toutes dimensions pour des églises, des résidences royales ou des galeries particulières. En 1737, il acheta la charge de secrétaire du mi, fut nommé, au commencement de janvier 1738, directeur de l’Académie de France à Home, à la place de NTIcugliels, décédé, et décoré de l'ordre de Saint-Michel, parti de Paris le25Juiu,ilarriva à Home leSaoût. Il y termina une suite de sept tableaux de l’Histoire d’Esther, destinés,’' scivir de modèles à des tapisseries fabriquées aux Gobelins, suite commencée à Paris en 1737, et qu'il avait proposé de faire au rabais, afin de lutter avantageusement par sa facilité contre la lenteur de le Moine, dont il se montra toujours jaloux. En 1782, ayant perdu sa femme, il fit un voyage de quelques mois à Naples, et l'année suivante obtint la dignité de prince de l’Académie de Saint-Luc de Home. Apiès l'Histoire d’Esther il entreprit une deuxième suite de modèles de tapisseries représentant l'Histoire de Jason, qu’il exécuta en trois années, ainsi que d’autres tableaux de chevalet destinés A différents amateurs. Les sept tableaux de Jason furent exposés au Louvre en 1788, dans la galerie d’Apollon. Ayant cru avoir A se plaindre de la cour, il demanda son rappel, sans doute avec la persuasion qu'on ne le lui accorderait pas ou qu’on le dédommagerait en lui donnant la place de premier peintre du rot , avec un logement au Louvre. 11 n’obtlnt pas cette dernière faveur et fut remplacé A Rome par Natoire. Malgré ses regrets, il dut partir; mais, au moment de s’embarquer avec le duc de Nivernais, ambassadeur de France, qui retournait à Paris, ii succomba A une (luxion de poitrine. De Troy eut pour élève Dullos, mort pensionnaire A Rome, et le chevalier Favray. Il a exposé aux salons de 1737, 1738, 1780, 1782 et de 1788. Ses ouvrages ont été gravés parThomassin, Cochin père et fils, Fessai d.Galimart, Beauvarlet, llerisset, Laurent Cars, et A l'eau-forte par les peintres Parrocel, Vien et Boucher. — François de Troy, né A Toulouse au mois de février 1685, mort A Paris le 1" mai 1730, père du précédent, fils de Nicolas de Troy, peintre de l’hôtel de ville de Toulouse, d’abord élève de son père, vint A Paris A l’âge de 28 ans, entra ensuite A l’école de Nicolas l.olr, dont il épousa la sœur, puis A celle de Claude le Febvre, désirant surtout se livrer au genre du portrait. Il se fit recevoir néanmoins A l'Académie comme peintre d’histoire, le 0 octobre 1678, sur un tableau représentant Mercure qui coupe la tête A Argus. Plus tard, le 5 octobre 1699, ii donna A l’Académie le portrait de Mansart, maintenant A Versailles. On le nomma adjoint A professeur le 6décembrel692, professeur le 26 septembre 1693, directeur le 7 juilletl708.

TROY (de).

adjoint à recteur le iO Janvier t722. De Troy a peint avec beaucoup de talent des tableaux de genre, un nombre considérable de portraits de petite et de grande dimension, enlin des compositions importantes uù figuraient les princes, les seigneurs de la cour ou de hauts fonctionnaires. Ixniis XIV l’envoya en ilavière pour peindre la dauphine. 11 travailla avec la même habileté jusqu’à l’âge de plus de 80 ans et tut enterré à l’église deSaint-Eustache, sa paroisse. Il eut un frère, son ainé, qui s’établit à Toulouse et y acquit de la réputation. Ses élèves furent son fils, Bouys et Belle. Il a exposé aux salons de 1699 et de 170ti. Vermeulen, Barras, Simonneau, Edclinck, l’oilly, Bouys, Bernard, Vanschuppen . Dossier, Drevet et Petit ont gravé de ses ouvrages. — Jean de Troy. frère aîné de F rançois de Troy, dont presque aucun biographe ne parle, né à Toulouse vers 1600, mort dans le xvm'siècle, était élève de son père et obtint la place de peintre de l’hôlel de ville. Il établit une école de dessin en concurrence avec Hilaire l'uder. On voit de ses ouvrages dans le musée de Toulouse et à Montpellier, oit M. Atger, rédacteur de la notice des ouvrages d’art réunis à la bibliothèque de la Faculté de médecine, le fait mourir, contrairement à ce qu’avance la biographie toulousaine, qui prétend que Jean de Troy ne quitta jamais sa ville natale. — Nicolas de Troy, né à Toulouse vers le commencement du xvii* siècle, père de Jean et de François de Troy, apprit les principes de son art de ( belette, artiste habile. 11 peignit le portrait et forma de nombreux élèves. 11 habita Paris pendant quelques années.

581 . Premier chapitre de l’ordre du Saint-Esprit , tenu par Henri IV dans l’église du couvent des Grands- Augus tins à Paris, le 8 janvier 1595 .

H. 3, 84. — L. 3, 20. — T. — Fig. de gr. nat.

A droite, le roi, assis sur son trône, vêtu du grand costume de l’ordre , le chapeau sur la tête, reçoit chevaliers Henri de Bourbon, duc de Montpensier, agenouillé devant lui, et Henri d’Orléans , premier du nom, en présence des quatre grands officiers, Charles de Bourbon, archevêque de Rouen, chancelier; Guillaume Pot de Rhodes, prévôt, maître des cérémonies; Martin Rusé de Beaulieu, grand trésorier; Claudedel’Aubespine, de Verderonne, greffier. Le héraut d’armes et l’huissier assistent également à la réception. Au second plan, des dames , placées dans des tribunes séparées par des colonnes , regardent cette cérémonie. — Signé sur un piédestal, à droite : Detroy, 1732.

Musée Napoléon. — Ce tableau, qu’on voyait autrefois dans le chœur de Fé glisc du couvent des Grands-Augustins, où avaient lieu les réceptions des

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