Le passage du Gr unique
H. 4, 70. — L. 10, 29. — T. — Fig. de gr. nat.
Alexandre traversant le Granique à la tète de son armée, en vue des milliers d’hommes de cavalerie et d’infanterie qui couvraient le rivage opposé, parut le premier à l’autre bord. Les ennemis se précipitèrent sur lui et sur ceux qui l’avaient suivi, sans leur laisser le loisir de se mettre en bataille. Alexandre fut d’abord frappé d’un javelot qui ne traversa pas sa cuirasse. Deux capitaines perses, Rœsaces et Spithridates, l’attaquèrent à la fois , tandis que Spithridates , le prenant en flanc, s’apprêtait à lui fendre la tête d'un coup de hache,
lorsque Clytus détourna le coup fatal et le tua. Alexandre à cheval, l’épée à la main, vient de frapper Rœsaces; derrière lui Clytus, armé d’une hache, pare le coup que Spithridates va asséner sur le casque d’Alexandre. On aperçoit dans le fond l’armée macédonienne qui passe le fleuve à gué.
Gravé, par Girard Audran en 1672 ( Caie . imp.). — Filhol, t. 1, pl. 7. — London, t. 1, pl. 60.
Collection de Louis XIV. — Ce tableau et ceux inscrits sous les n“* 71, 72,73 et 74, ont été peints aux Gobelins, par Le Brun, de 1661 à 1668 environ, pourétre reproduits en tapisserie tune sixième composition, ayant pour sujet Porus combattant, a été gravée également par G. Audran d’après le Brun, mais le tableau n’a pas été exécuté. Florent Lecomte (t. ui, p. 102) dit que Claude Audran travailla à l’ébatiche du passage du Granique. Cette peinture, ainsi que la bataille d’Arbelles, l’Alexandre et Porus, l'Entrée à Babylone, sont portés sur le livret de l’exposition de 167S, exposition qui se fit dans la cour du palais Brion (dépendant alors du Palais-Royal), où étaient logées les Académies de peinture et de sculpture. Bailly, dans son inventaire dressé en 1709-1710, les indique comme placées dans le cabinet des tableaux, à Paris. Elles passèrent ensuite dans la galerie d’Apollon, et en 1774 elles s’y trouvaient déjà depuis longtemps, ainsi qu’on le voit par un mémoire sur les embellissements à faire aux Tuileries, publié dans les Archives de l’art français, t. i, p. 236-259. Enfin, en 1800, une lettre du ministre de l’intérieur L. Bonaparte, conservée dans les archives du Musée, nous apprend qu’on les destinait à orner la grande galerie des Consuls aux Tuileries.