‹ Notice épigraphique de diverses antiquités gallo-ramainesChapitre 22 sur 52 · SILVANI · texte numérisé non relu

SILVANI

De Jublains provient aussi un fragment de plat en terre rouge lustrée, sur lequel sont tracées, à Ja pointe et après cuisson, les lettres satt.... formant le commencement de l'un des noms gaulois connus Satto on Sationiccus. Cette poterie fait partie de la collection de M. Jules Desnoyers, obligeamment mise à ma disposition par le savant académicien, et comprenant un fond de poterie, de même provenance, sous lequel on voit la lettre x tracée à la pointe. C'est sans doute ime indication numérale, dtcem ou décima, dont il est difficile de préciser Tobjet. Les marques numérales de ce genre se rencontrent assez souvent; j'en ai recueilli moi-même uEie toute semblable à Parçay-sur- Vienne (Indre-et-Loire); le musée de Laval en a une représentant le nombre i>l. Il ne me reste plus qu'à mentionner le graffito ....lt sur la panse d'un petit bol en terre rouge recueilli par M, Desnoyers à Saosnes, près Mamers. Voir la conjecture iaite plus haut^ p, 251, note.

En récapitulant les pages qui précèdent, on constate que l'épigraphie du Maine (départements de ia Sarthe

6t de la Mayenne) comporte 13 inscriptions sur pierre, 155 sur terre cuite, 1 sur verre et 29 graffiti; total, 198 textes.

Parmi les monuments lapidaires, ceux qui se recommandent le plus à l'attention, après la colonne leugaire du gué de Saint-Léonard et le beau fragment de marbre sur lequel se lit le nom gaulois Anex (tlus), sont les inscriptions consacrées au Mars Mulio et à la divinité dont le nom Virotus, décliné à la manière de Virtus-Virtutis, SaluS'Saluiis, paraît appartenir à un Apollon gaulois.

Les menues inscriptions nous fournissent une abondante moisson de noms gaulois : Adaricus, Adonnicus, Ardacus, Aritus, Atepomarus, Ateporix, Avota, Banuius, Belinus, Belliccus, Birrantus, Bonoxus, Bohllus, Gemenus, Cocillus, Gondate», Grucuro, Damonus, Docca, Maiiledo, Nurcus, Ociocnus, Prudcus, Saciro, Satto, Scotius, Tetaito, Triupus.

Enfin, la nombreuse série des graffiti est particulièrement intéressante, au point de vue paléographique; c'est là que se montre pour la première fois, dans récriture cursive, le d barré ou ce que j'appellerais plus volontiers le thêta gaulois, espèce de dentale à la fois sifflante et aspirée, qui est étrangère à l'alphabet latin, et dont j'ai eu ailleurs à m'occuper (1).

(1) Hevtie archéologique, t. XXXV (1878), p. 98. — Bulletin de la Société des Antiquaires de France^ 4« trimestre 1878.

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