DÉPARTEMENT DE LA SAKTHÊ
Le département de la Sarthe est tellemenl pauvre en monuments épigraphiqucs romïiinSf que M. Hucher^ transmettant au ministère de rinstruction publique, il y a une vingtaine d'années, la copie de deux inscriptions perdues, déclarait qu'elles étaient les seules qui eussent été découvertes dans cette r^gioû. J*ignore de quelles incriptions il parlait alors, car le Bulletin du Comité de la Langue et de V Histoire , se borne à une mention vague et sommaire (i) , mais mes recherches person-
(4) Tome III (4857), p. 344 : t( M. Hucher traosmet des copies des deux seules inscriptions romainBs(aujouril'huL détruites) qui ont été découvertes dans le déparlemeat de la Sarthe. li les accompagne de vingt-six inâcriptions inédites, gravées sur des vases gallo-romains appartenant au muséo du Mans ou conservés M. 4
— venelles m*ont permis de constater qu'il faut compter au moins six inscriptions, et non pas deux, plus ou moins légitimement attribuées au département de la Sarthe. Ce sont celles dont je vais m'occuper tout d'abord.
L AMAINIO EQ
OB EIVS MERITA
PLEBS VRBANA
SENONI D
Ce texte eat consigné dans le recueil épigraphique de Doni(1), ayec cette annotation : in castello Guey agri Cenomannensis, ex Aniiq. Galliae Fr. Rusei, s. Desrues. Muratori (2) Ta emprunté à Doni, comme il le déclare, mais en introduisant trois points à la première ligne, L. AMÂiNio. EQ. De son côté, Reinesius (3) l'avait publié, bien avant Muratori et Doni, sous la forme :
daDS des coUecLiaits parLiculières. Cette liste ajoute des noms nouveaux à ceux signalés par M. l'abbé Cochet, et par M. Boileau, de Tours. L'une de ces inscriptions, donnée en fac-similé, est tout à fait semblable à celle qui a été signalée par M. Aude, et dont le Comité a décidé la publication dans le Bulletin (voir p. tll), »
Ce fac-similé, ai:compagné de quelques observations, s« trouve aax pages 611 et 612 du même volume.
{\\ Inscriptiones aniiquae, tome I (473i), p. 184, n*» 89.
(3) ^avus thésaurus veterum inscriptionum^ t. II (1740),
p. MLILXX, n" 6.
(3) Syntagma antiquarum inscriptionum, 1682, p. 395,
U AMArNfO' EQ- OB' ÊIVS^ MERITA PLEBS* VRBAMA SENOMAN* D-
Outrc une variante très-notable à la quatrième ligne, il sépare tous les mots par des signes de poûctualion, et entoure d'un enoadrement cette inscription, de manière a la iaire supposer complète, avec rannotali ou suivante : in cafitro de Gué, apud Cenomanos. Ândr, du CliesoCj de Antiq, Urb. GaUiae^ p. 412,
En nous reportant aux sources indiquées, nous voyons que Doni avait tiré sa chipie d'un petit livre de François Desrues, dont !e titre français est Les AnUquitez^ fondatiùm et ûngularUez dt^ plm célèbres villes, càaUeaux et places remarquables du royaume de France, imprimé pour la première fois en 1C05. Je n'ai pu consulter cette édition devenue rare; mais voici ce que je lis dans la deuxième, celle de IGOS, à la page 2-22; cfr éd. 1611, page 1S6, et éd. 1G24, page 151> : Ce mot de Ccena/wàni ou plustost Senomaniy qui signifie les Manceaui, est venu de ce que les peuples Senonois, puissants en Gaule, ayant jadis eu guerre contre les Manceaux, feirent vne paix qui estoit telle, sçauoir qu'ils viuroyent soubs les loix et status du Mans, et qu'en mémoire de ce, les deux peuples vuiroyent leurs noms, et s'apelleroyent Sanomans» Au chasteau du Guey, dans le Mans, est va tort ancien tombeau où ces mots sont escris :