MULET VOTIF DE BOLAR
[Musée cfAuttm,) Sur la face antérieure et la face gaucbe d*un socle
(1) Longpérier, Notice des bronzes, n» 224. Grivaud de la Vineelle, Arte et Métiers, pi. 81, n<» 1.
supportant un mulet d'exécution médiocre et découvert (1) il y a une trentaine d'années à Bolar , près Nuits (Gôte-d'Or), on lit une inscription disposée de la naanière suivante :
GALLIO • t MATVRCI
V • S L M • DEO S EGOMONI DONAVI
GalliOy l\tbertus) Maturci, v{otum] s[olvi) l(iben8m(ento)\ deo Segomoni donavt.
M. Aurès explique très bien l'emploi incorrect de la tournure libertm Maturci^ au lieu de Matui^ci libertus, en faisant observer que le mot matvrci occupe la totalité de la seconde ligne et ne laisse, par conséquent, aucune place à la suite pour la siglo l, qui a été alors reportée forcément à la fin de la première ligne. Notez aussi l'emploi simultané de la formule votive et de la formule donative, dont l'autel de Saint-Germain -la-Montagne nous offre un autre exemple (voyez ci-dessus notre paragraphe II).
Gallio est un nom gaulois assez fréquent , tandis que Maturcus paraît se présenter pour la première fois ; la terminaison est comparable à celle de l'ethnique gaulois Cadurcus. Quant à Segomo, c'est une épithète qui accompagne le nom de Mars sur des inscriptions de Lyon, de Guloz (Ain) et d'Arinthod (Jura). Le mulet votif de Bolar est donc consacré au Mars gaulois ; si on le rapproche de la dédicace Auguslo Marti Midioni, donnée par deux inscriptions de Nantes et de Graon, on se convainc que
(1) Vienne, Essai hist. sur la ville de Nuits, 1845; Autun archéoL, p. 262, gravure; Aurès, dans la Revue archéoL, XXXIV, 1877, p. 209, pi. XIX.
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Mars avait sous sa protection les chevaux et les bêtes de somme; c'est ce que confirme Tassociation de ce dieu avec la déesse Epona , protectrice des poulains et des juments poulinières ; cette nuance entre les attributions des deux divinités à laquelle on n'a pas encore songé est justifiée par la présence caractéristique de la jument avec son poulain sur quelques monuments d'Epona.
Il est à croire que Gallio, de même que les dévots qui honoraient Mars sous les vocables de Mulio et de Segomo, exerçait la profession d'éleveur de chevaux et de mulets.