‹ Notice épigraphique de diverses antiquités gallo-ramainesChapitre 34 sur 52 · VASE VOTIF DE POITIERS · texte numérisé non relu

VASE VOTIF DE POITIERS

[Collection du R. P, Camille de la Ct'oix),

Un vase pourvu de deux anses, et découvert en 1880 par le R. P. Camille de la Croix dans les fouilles qu'il dirigeait sur la hauteur de la Roche, à Poitiers, porte une inscription qui occupe tout le pourtour de l'orifice : deo • MEGVRIO • ADSMBBIO • I- VENIXXAMVslh.

Deo Me{r)curio Adsmerio^ I[ulim) Venixxamus l(tbens) m(€rtio), ou Venixxam(its) v(otum) s{olvtt) l{ibens) m(erito).

Un signe en forme de T est inscrit entre les bras du premier A ; le deuxième A se présente comme un V ren-

(4) C. 1. Ly III, 5589.

versé, sans traverse et sans aucun appendice intérieur. J ai signalé ces particularités graphiques à Tépoque où la découverte du vase venait de tomber dans le domaine public par les communications faites au Journal de l'Ouest (18 février 1880), au Bulletin monumental (1880, p. 186), et à la Société des Antiquaires de France, et j'ai en même temps proposé (1) dldentifier le Mercure Adsmerius de Poitiers avec le dieu Atesmerius de Meaux, dont le nom se lit sur Tun des socles géminés d'un groupe de deux figurines brisées. Sur ce socle on voit un pied muni d*ailerons, attribut caractéristique de Mercure. L'inscription est répartie sur les socles d'une manière assez curieuse (2) pour mériter d'être reproduite, à titre de comparaison avec les inscriptions distribuées sur deux faces de l 'ex-voto de Bolar, supra, § vu :

D • ATESMERI V • S

HEYSTA L- M-

D(eo) Atesmerio, Heusta v(otum) s(olvit) l(tbens) m(erito).

L'artiste, voulant que le nom du dieu fût inscrit en entier sur le socle portant sa statuette, en a rejeté le o final à la 2* ligne, au lieu de le reporter sur le deuxième socle au commencement de la première ligne , comme l'eût exigé la régularité de lecture ; on a vu sur l'ex-voto

(1) Bull, de la Soc. des ant de France, 4880, p. 417; Bull, monum.y XLVl, 1880, p. 297.

(2) C. il. de Vyécad, des inscr, et belles-lettres y IV, 4868, p. 433; Almanach de Seine-et-Marne, 24« année (4874), p. 82, imprimé à Meaux.

de Bolar une anomalie du même genre, dans le report de la sigle L à la suite du nom Gallio pour éviter son renvoi sur la face latérale du socle.

L'identification de Adsmerius avec Atesmerius ne souffre aucune difficulté , soit que le petit signe en forme de T ait été inscrit après coup dans le A à titre de correction, At[d)smerio, soit que ce signe n'ait aucune valeur phonique, ou, en d'autres termes, que Ton ait simplement affaire à un A de forme particulière, comme on en connaît d'autres exemples, notamment dans une inscription de Poitiers, publiée en fac-similé dans la Bulletin monumental [\S1S, p. 230). Quant au nom propre Venixxamus, il se retrouve dans trois inscriptions d'Igg (Autriche), sous les formes féminines Venixama, Venixema, et sous la forme de genre incertain, sans désinence, Venixiem{i), M. Héron de Villefossele reconnaît aussi (2) dans une in^criptioA d'Alichamps (Cher) perdue et imparfaitement publiée par Caylus. Ce même nom m'a fourni d'autre part le moyen de corriger en Venixamodurum^ « Fort de Venixamus, » le nom d'un lieu de Rhétie fautivement transcrit Venaxamodorum, Venaxadorum dans \a Notice des dignités de l'Empire (3).

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