‹ Notice épigraphique de diverses antiquités gallo-ramainesChapitre 35 sur 52 · C. L L., III · texte numérisé non relu

C. L L., III

(2) Bull, monum., XL VII, 4881, p. 121.

(3) Ibid., XLVI, 1880, p. 197; Bull, de la Soc. desAntiq, de Fronce, 1881, p. U1.

années dans le clos des Gélestins, à Vichy, recueilli par M. Rambert, négociant dans cette ville, et finalement acquis par le musée de Lyon, vient d'être signalé aux archéologues par une note (1) de M. Dissard, conservateur des galeries épigraphiques de cet établissement. Grâce au dessin quïl a bien voulu me communiquer, et à celui de M. Bégule, mis à ma disposition par M. L. Palustre, je puis en donner ici un fac-similé avec quelques observations nouvelles.

C'est un anneau à section circulaire, en forme de tore; diamètre extérieur, 0""16-2; diamètre intérieur, 0"H 3 poids, 2 kil. 500. Un trou de 0"005 de diamètre, percé dans son épaisseur, paraît avoir été destiné à livrer passage à un lien de suspension. Le tore, étant supposé à plat sur une de ses bases, présente sur la surface opposée une inscription circulaire en lettres ponctuées ; des feuilles de lierre se remarquent entre les m ois, ains qu'au commencement et à la fin de Tinscription :

Ci DEAE Ca DIANA (H AVGVSTORVM Qi SACRVM (H DIANENSES (H DE SVO Qi DONAVERVNT Qi

Ce texte pèche en deux endroits; d'abord, il aurait fallu Dianae au lieu de Diana; ensuite le rôle du mot Augustorum est incompréhensible si on ne le suppose précédé, soit du mot Numinibus, soit de la formule pro salute, omise par le poinçonneur. Or la restitution de cette formule aurait pour effet de séparer le mot sacrum du nom de la divinité à laquelle l'objet est consacré, ce qui serait contraire à la régularité de la construction grammaticale; cette restitution étant improbable pour

(1) Bull. épig. de la Gaule, 1881, p. 41.

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ce motif, c'est celle du mot Numinibus on Numim{i) qui s'impose nécessairement. En conséquence, la lecture pourrait être développée ainsi :

Deae Diana[e), {Numinibus ou Numini) Augustorum sacrum, Dianenses de suo donavenml.

Il y aurait une autre solution par voie, non de restitution, mais de correction, en supposant Augustorum mis à tort pour Awg'Ms/ae, ce qui conduirait à la lecture:

Deae Dianae Augustae sacrum^ Dianenses de suo donaverunt. Par le mot Dianenses, il faut entendre les membres d'une association, collegium, se réunissant périodiquement dans le temple de Diane. On connaît des collèges de ce genre institués dans diverses villes, tels sont les cultores Dianenses de Rome, les juvenes Nepesini Dianenses de Népé (2). On peut les comparer aux Quirinenses, aux Mar^ewses et aux Fortunenses[^),dL\nû nommés d'après les divinités sous la protection desquelles ces associations s'étaient placées, Quirinus, Mars etFortuna. L'objet de ces associations était, en général, d'assurer les funérailles de leurs membres.

L'absence d'une formule explicitement votive sur r anneau de Vichy donne lieu de supposer que cet objet, ofTert collectivement à Diane par ses adorateurs, était moins un ex-voto proprement dit qu'un instrument servant dans quelque cérémonie du culte; c'était peut-être un foculus mobile qu'on plaçait sur la table de l'autel

(1) La dédicace Numini Augustorum n'est pas rare : voir C.LL.^ III, 751; VIIÏ, 958; Allmer, Inscr, ant. de Vienne, lll, p. 419; Palet, Catalogue du musée de Nîmes, 1863, p. 69, n«65.

(2) Orelli, 2398, 879.

(3) Orelli, 4124, 4126, 4118, 4129, 6063, 6073, 7216.

pour retenir les charbons incandescents destinés à la combustion de Tencens, au moment de la célébration du sacrifice; sur un grand nombre d'autels, le foyer creusé dans la partie supérieure fait , au contraire , corps avec la table.

PATÈRE VOTIVE DE VISIGNOT (CôtC-d'Or).

{Musée de Saint-Germain-en-Laye.)

Une patère, trouvée depuis plusieurs années à Visignot, et acquise par le musée de Saint-Germain, porte le long du manche une inscription que M. Héron de Villefosse a déchiffrée et lue de la manière suivante (1), en la signalant à la Société des Antiquaires de France, dans sa séance du i6 novembre 4881 :

DEO. ALISANV- PAVLLINVS PRO. CONTEDOIO- FIL . SYO ^ V. 3- L- M

Deo Alisanu, Paulllnus, pro Contedoio fil{îo) suo, i;(otum) s{olvit) l[ibens) m[erito),

La disposition des lignes est motivée par l'échancrure des bords du manche; une feuille de lierre termine la deuxième ligne; une autre feuille, élégamment montée Sur un pédoncule et attachée à une por-

(1) Bulletin des Jntiqunires de France, 1881, p. 279.

tîon de la tige de Tarbrisseau, est visible au-dessus des dernières lettres de la première ligne. Ces deux ornements sont tracés finement avec la pointe d'un burin, et non pas pointillés comme les lettres de Tinscription. Ce manche de patère est remarquablement identique, pour la forme et la décoration, à celui de la patère de Couchey, dont nous avons rapporté Tinscription plus haut, à notre § VIII.

DOIROS. SEGOMARI lEVRV. ALI8ANV()^

Par cette nouvelle découverte on se trouve aujourd'hui en possession de deux ex-voto^ Tun gaulois, l'autre latin, tous deux consacrés au même dieu Alisanos. L'emploi de la forme alisanu^ dans les deux textes, prouve, comme nous l'avions précédemment indiqué, que les Gaulois terminaient en u le datif des mots que le latin provincial traitait de la même manière. Or, comme ces mots sont, en latin, ou de la deuxième déclinaison, comme Iu{v)au^ datif de Juvavum, ou de la fjnatrième déclinaison, comme adventu^ pour adventui, sur une inscription de Bavai (1), comme aspectu, concubitu pour aspeciuty concubitui, dans Virgile (2), on en conclura que le datif alisanu fait remonter à un nominatif gaulois Alisanos, de la deuxième déclinaison^ ou Alisanus. de la quatrième. Je penche pour celte dernière alternative, à cause de l'analogie des mots tarantis, garanus, tandis que je maintiens dans la deuxième

(1) Desjardins, Ifoticp. sur les monuments épigraphiques de Bavai, p. 46, pi. I.

(2) Cfr. Aulu-Gelle, Noct. AiMc, IV, 46.

déclinaison Anvallonnacu pour AnvallonacOy comme tous les mots en acus, acum.

La comparaison des deux textes épigraphiques de Couchey et de Visignot prouve aussi que le mot ieuru comporte Fidée votive exprimée par la formule t;(o/Mm) s[olvit) l(ibens) m(erîto), et qu'on ne saurait lui attribuer le sons de fecit [i). Il est curieux de constater qu'Adolphe Pictet, qui avait d'abord reconnu avec raison le sens votif de yieuru lorsqu'il traduisait l'inscription de Couchey par Doiros, Segomari (filius), vovit Alisano{2)^ y a renoncé quelques années après, puisqu'il a modifié sa traduction de lafmanière suivante : Doiros Segoman {filtus) fecit Alisano (3).

Notez le nom gaulois nouveau Contedoius.

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