‹ Notice épigraphique de diverses antiquités gallo-ramainesChapitre 42 sur 52 · PLAQUE VOTIVE DE CADENET (VAUCLUSE · texte numérisé non relu

PLAQUE VOTIVE DE CADENET (VAUCLUSE

{Perdue)

Vers la fin de l'année 1817, une plaque de bronze portant une inscription pointillée fut découverte à Gadenet (Vaucluse), sur la colline du Gastelar. M. Gh. Rolland, d'Aix-en-Provence, qui en devint possesseur et qui la publia avec un fac-similé dans un petit livre intitulé, Cadenet historique et pittoresque, 1837, p. 15Î, dit qu'elle fut « trouvée dans un tas de cendres situées à près d'un mètre de profondeur à l'occident de la muraille circulaire qui terminait le sacellum du côté du Midi ». Il ajoute que de son temps on y a encore trouvé une chaîne d'argent pesant deux livres, des bagues en cuivre et en argent, des épingles antiques,

Boe botté eontenaat des pointes en ackr sans tâte, Fembouchure en cuivre d'aune musette, des fragments d'amphores portant l'estampille, o pomfëi, à lire sans doute, Q, Pompei.

La plaque dont j'ai à m'occuper plus particulièrement est découpée dans une mince feuille de bronze en forme dé rectangle surmonté d'un plein cintre ; la découpure a été faite suivant un tracé ondulé sur tout le pourtour.

Un petit trou de suspension est percé à mi-hauteur du plein-cintre.

La plaque porte deux inscriptions distinctes. L'une dans le plein-cintre, en lettres pointillées, se compose de trois parties, la première disposée suivant le contour circulaire, les deux autres rectilignes et circonscrites par la précédente :

D • D • QVARTYS • MAR en arc de cercle.

SIICV rectiligne.

REM rectiligne,

D [ecimus) D{idius) Quartus Mar{ti) securem {dat).

Remarquez l'emploi simultané des formés alphabétiques Il et Ë dans le même mot.

Au-dessous, l'autre inscription, en lettres ponctuées au repoussé à l'aide d'une pointe mousse de poinçon, est sur trois lignes occupant la portion quadrangulaire de la plaque :

(sic) D • D • O • DEXSIYE QVARTYS SEC Y Y S L-MREM

D{ecîmus) D[idius) Q{uartus) Dexiv(a)e — Quartw securem {dat) — v[otum) s[plvit) t{ibens) m[mto).

Le dédioànt avait d'abord riatention de se d^ignejr par les initiales de ses trois noms, D. D» Q., comme dans Finscription supérieure. Après avoir écrit, à la suite, le nom de la divinité, Dexsive, il s'est aperçu qu'il avait encore de la place et s'est ravisé, pour n\ieux se faire connaître par son cognomen Quartus en toutes lettres, et pour spécifier sa nouvelle offrande. Il y a donc eu, à deux époques successives, la consécration de deux haches (sacrîflcatoires?), Tune à Mars, puis l'auU^e à Dexsiva.

Cette plaque avait été publiée en premier lieu par Pauris Saint- Vincent, avec fac-similé, dans les Annales encyclopédiques de Millin, 18IB^ tome lY, p. 237-244; mais cet auteur a commis une étrange erreur en disant qu'elle était (For; l'erreur, reproduite par Borghesi, Œuvres complètes, tome VI, p. 130, n'a pas été relevée dans l'annotation de L. Renier, qui donne une réduction du fac-similé de Pauris Saint-Vincent, et qui, comme ce dernier, écrit inexactement le nom du propriétaire de l'objet. Il y a donc utilité à recourir au témoignage irrécusable de œ dernier, qui parait avoir passé absolument inaperçu ; je le retiens surtout pour la constatation d'un détail important, à savoir que la plaque était en bronze et non en or.

La déesse Dexiva est connue par une autre inscription découverte au même Castelar en 4773, avec un collier de grenats à glands d'or, une chaîne, un bracelet, deux vases d'argent, un petit bouclier votif argent, trente-sept monnaies romaines d'argent, dont la dernière est de Maximin, et une médaille d'or montrant une tête de femme sans légende ni revers. Papon, Hist. de Prov., t. I®*", p. 128, dit que cette inscription

a été transportée par le marquis de Valbelle daos son parc, à Tourves](l). Il la publie ainsi :

DEXIVAE ET CAVDEL LENSIBVS * G * HELVIVS PRI MVS SEDIIiEA* V- S* li • M

D'après une copie de Flassang, consignée dans les Manusc. autogr, de Galvet, t. III, f. 46, à la bibliothèque d'Avignon (cfr. DicL arch. de la Gaule, 1. 1, p. 241), on devrait lire :

DEXIVAE * ET * CAVDEL liENSIBVS • G • HEIiVIVS PRIMVS ' SEDIUA • VSLM

Il semble qu'il y ait eu à Gadenet unç troisième inscription consacrée à la même déesse, et relevée par Solery, si l'on s'en rapporte à la Chorégraphie de la Provence, par Bouche, p. 220 (cfr. Herzog, GalL Narb,, n« 426) :

DEXSIYIAE VSLM ACOM - 8VC

La déesse Dexiva, par son association avec Mars, parait être une sorte de Bellone gauloise. Semblablement on connaît un Mars Albiorix au Sablet (Yaucluse) et une déesse Albiorica^ à Saint-Saturnin-d'Apt (Yaucluse).

(1) Au lieu dit la Vacherie (Boustetten, Carte arch, du départ, du Var, p. 37).

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