L. A. Maino, etc
Du Chesne, pas plus que Desrues, n'a indiqué l'autorité
(1) J'ai eu entre les mains les éditions de i609, i6i0, 4614^ i mt, < 634, 1 629, 1 631 , 1 637, 4 648 et 4 668.
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sur laquelle il s'appuyait (1). Il n'y aurait qu'un mince intérêt à reproduire ici in extenso les passages des auteurs qui n'ont fait que compiler leurs prédécesseurs sans apporter aucune lumière sur cette question d'origine. Je me borne donc à citer pour la forme le Dictionnaire topographique de la Sarthe^ par Pesche (t. III, p. 730), et Touvrage de l'abbé Voisin, les Cénomans anciens et modernes, p. 104.
Passant à l'analyse de l'inscription elle-même, j'avoue que Tinvention de la forme Senoman, par un S^ ou que l'évolution du mot Senoni en Senoman^ pour appuyer le récit ridicule de l'origine des Cenomani, me paraissent,
(1) Il est juste cependaDt de dire qu'en tête du livre de Desrues se trouve le catalogue des ouvrages consultés par lui, parmi lesquels figure « Belleforest, au ^' livre de sa Cosmographie >. D'antre part, Brunet, daus son Manuel du Libraire^ t. II, p. 857, dit que le livre de Du Chesneest « Abrégé de Belleforest. » Ces indications que j'avais relevées, sans avoir le loisir de les utiliser au moment où j'ai communiqué le présent Mémoire au Congrès du Mans, m'auraient sans doute permis de retrouver chez Belleforest la plus ancienne mention de l'inscription dont je m'occupe. M. Huchei*, plus heureux, m'a devancé; il a annoncé au Congrès qu'elle avait été publiée dès l'année 4575, dans la Cosmosgraphie universelle de Munster à la page 47 (pagination redoublée), et que Belleforest en devait la connaissance à François Grudé de Lacroix du Maine. Trouillard la cite aussi à la page 3 de ses Mémoires des comtes du Maine, en se référant expressément à ladite Cosmographie, publiée par Belleforest. Cette double trouvaille bibliographique est bonne à retenir, et je m'empresse d'en donner acte à M. Hucher. Par malheur , nous ne tenons pas l'information directement de Grudé lui-même, mais par l'intermé-
Tune et l'autre, suffisantes pour frapper de suspicion un texte aussi extraordinaire. Si l'on s'en tient à la plus ancienne version adoptée par Desrues et Du Chesne, L.A, MaimOj que dire du nom gentilice mis, contrairement aux usages épi graphiques, sous la forme de sigle, A ? Que dire du cognomen Mainius, forme visiblement latinisée du nom moderne de pays, le Maine, pour marcher de compagnie avec l'ethnique (i) Senoman? Que dire encore de la qualification insolite Eq[uiti)? Si, au contraire, on recourt à un gentilice, i4mmmo, que penser de la non moins insolite abréviation de surnom, Eq[uestrî)?
Un illustre épigraphiste, Scipion Mafiéi, auquel les archéologues français sont redevables d'importantes
diaire peu sûr de Belleforest. Premier motif de défiance. Mais ce qui n'est pas moins fâcheux, c'est que, quand même nous la posséderions de première main, nous ne saurions faire aucun fond sur TautorUé archéologique du célèbre Manceau, si nous Je jugeons d'après une assertion qui lui est attribuée par son ami Belleforest, à savoir que le nom des Cenomani est écrit par un S, et non par un C, sur les monnaies antiques. Cette allégation est matériellement fausse, comme le savent tous les numismatistes, et il n'est pas surprenant que Grudé ait été accusé d'imposture par la plupart des bibliographes, Louis de Saint-Charles, Burchard, Mencke, Niceronetdom Liron, comme le rappelle M. Hauréau dans l'article qu'il lui a consacré; voir la Nouvelle Biographie générale y publiée par Didot, tome XII (1856), col. 500. Quoi qu'il en soit, voici d'après Belleforest, loco citato, la plus ancienne copie qui nous soit parvenue : L. A. Mainio : EQ. Ob eius Mérita Plebs Vrbana Seno-
{■\) On a cru lire le nom des Cénomans de la Gaule Transpadane sur une inscription du musée de Brescia, publiée
recherches sur les antiquités de la Gaule (1), Mafféi, dis-je, s'était occupé de cette inscription, et ne s*y était pas laissé tromper, comme le prouve ce passage que je relève dans son Ars Critica Lapidaria (2) : in magistratuum albo Duchesnii Amainius eques mihi statim displicet, et plebs Senoman. 0.
Je partage le scepticisme de Mafféi à l'égard de l'inscription du château du Gué de Mauny, sans crainte d'apprendre à mes contradicteurs éventuels que j'ai lu le nom MAiNVS sur une poterie au musée de Saint-Germain, et même que l'expression (pleb)s vkbana a été retrouvée, ou plutôt restituée, sur une inscription de la Gaule par M. Allmer [Inscr. de Vienne, n° 173).