DESCRIPTION DU TEMPLE
Dromos.
Devant la façade du temple, sept mètres de déblais recouvrent le sol, et l'allée monumentale qui jadis conduisait à Karnak est ensevelie sous des bâtiments nombreux ; son emplacement correspond à la grande rue de Louxor, celle où se trouve le bazar. Cette voie suivant à peu près la même direction que l'avenue antique, son déblaiment exigerait des expropriations considérables, des travaux énormes et une dépense telle que, jusqu'ici, le Service des antiquités n'a pu l'entreprendre; d'ailleurs cette voie se trouve aujourd'hui audessous du niveau des eaux; en la mettant à jour on créerait un véritable lac qui né serait pas sans graves inconvénients au point de vue sanitaire. Sans aller jusqu'à Karnak, où l'avenue est visible sur près d'un kilomètre de longueur, on peut en voir une partie au nord du village de Louxor, sur la place du marché. La chaussée, large de 6 mètres est construite en blocs de grès, dont quelques-uns proviennent d'anciens édifices et portent des fragments d'inscriptions. On vuit notamment un cartouche de Thotmès IV, père d'Amenhotep III. A 6 mètres à droite et à gauche, des socles isolés
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soutiennent des béliers accroupis (1) , tenant devant eux une statuette d'Amenhotep. On a rencontré, dans le terrain maintenant clos et occupé par la police, quelques débris d'un édifice d'époque saïte. L'avenue subit des modifications dans le voisinage de cet édifice ; les béliers, qui étaient déjà probablement en mauvais état, furent remplacés par des sphinx à tête humaine dont les socles reçurent la légende royale de Nectanebo II (vers 350 av.J.-G.)-
Obélisques.
La destination des obélisques est encore inconnue. On en trouve de petits en calcaire dans les tombes de l'ancien empire Ils n'ont guère qu'un mètre de hauteur et présentent les mêmes caractères généraux que ceux du nouvel empire ; mais les grandes aiguilles, placées par paire devant les temples, et portant les noms et les titres honorifiques des pharaons qui les ont fait élever, n'avaient sans doute aucune signification funéraire : peutêtre leur but n'était autre que de signaler de loin les sanctuaires; ils jouaient en ce'a le même rôle que les minarets des mosquées et les clochers des églises, et s'apercevaient d'autant mieux que leur pointe (ou pyramidion) était fréquemment recouverte de métal brillant, or ou argent. Les deux obélisques de Louxor, taillés comme la plupart des monuments de cette espèce dans un bloc de granit rose de Syène, étaient encore en place au Comf1) Le bélier était consacré à Ammon.
Obélisques 13
mencement du siècle. Ils furent donnés à la France en 1831. Celui de l'ouest, mieux C3nservé que son pendant, fut apporté à Paris et dressé le 25 octobre 1836 sur la place de la Concorde rl). Sa hauteur actuelle est de 22,n,83 ; son p)ids dépasse 220 tonnes. L'obélisque resté en place est un peu plus grand ; il mesure 25m, 03 de hauteur, dont 2m, 56 pour le pyramidion. Ses quatre faces, qui vont en s'amincissant légèrement de la base au sommet, ne sont pas absolument régulières; elles présentent environ 2m,50 de largeur à la partie inférieure, et les surfaces possèdent une convexité de 0,n, 034. On évalue son poids à 257,000 kilogramn es. Au dessous de la pointe, sur chaque face", Ramsès II agenouillé fait une offrande à Ammon-râ. Au s dessous encore sont trois colonnes
d'hiéroglyphes gravés et peints en rouge, ceux du milieu plus profondément incisés. Yoici la traduction de ces textes , en prenant comme point de départ l'angle sud-ouest, celai le plus rapproché de la porte :
Face ouest. — Col. 1. — L'Horus-soleil, taureau fort aimé de Rà, prince très aimé comme Ammon, fils aîné de Rà, qui est sur son trône, le
(-0 On parle assez souvent de? dangers de destruction qui menacent l'obélisque de Paris. A la vérité, saut la disparition de la couleur, il ne présente aucune trace de dégradation duc aux intempéries des saisons; Li fente qui lu partage en deux dans sa partie inférieure el atteinl le tiers de la hauteur existai! déjà dans l'antiquité, et les Égyptiens avaient maintenu lu- parties disjointes au moyen de queues d'ârondes
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roi du midi et du nord Râ-usur-mât-setep-n-râ, fils du soleil Amen-mer-râ-mes-su. La demeure d'Ammon est illuminée comme l'horizon du ciel, on est heureux de ce qu'il a fait dans la grande résidence^ le roi du midi et du nord Râ-usurmât-setep-n-râ fils du soleil Amen-mer-râmes-su.
Col. 2, — L'Horus-soleil, courageux, maître de vaillance, possesseur des diadèmes, très redouté, protecteur de l'Egypte ; Horus ( vainqueur qui châtie les nations et repousse les méchants, le roi du midi et du nord (pr) (1). Travaillant pour la gloire du père Araraon dans la demeure de la vérité, il fait que les maîtres de Thèbes sont dans l'allégresse et se réjouissent de ses monuments à toujours, éternellement, le fils du soleil (n).
Col. 3. — L'Horus-soleil, aimé de Mât, le roi des grands monuments de la demeure d'Ammon, prince fort et vigilant, au glaive puissant, le roi du midi et du nord (pr) fils du soleil (n). Il fait que les maîtres de Thèbes se réjouissent, que le cycle des dieux de la Résidence du chef (2) soit dans une grande joie, le roi du midi et du nord (pr) fils du soleil (n].
Face nord. — Col. 4. — L'Horus-soleil, aimé de Màt, roi du midi et du nord (pr) fils du soleil
(1) Pour éviter les répétitions, je désigne par (pr) le prénom Râ-usurmàt-setep-n-ra « soleil puissant par la Vérité, approuvé par le soleil », et par (n) le nom Amen-mer-rà-mcs-su, « l'aimé d'Ammon, Ramsès », littéralement « le soleil l'a enfanté ».
(2) Désignation de Thèbes.