‹ Notice explicative des ruines du temple de LouxorChapitre 5 sur 10 · OBÉLISQUES · texte numérisé non relu

OBÉLISQUES

{ri), le souverain aux grandes panégy ries comme Tanen, le maître des deux terres (pr). Auteur des grands monuments de Thèbes (dédiés) au père Ammon-râ qui l'a placé sur son trône, le fils du soleil (n).

Col. 5. — L'Horus-soleil qui exalte Thèbes, possesseur des diadèmes, achevant dans Hermonthis les monuments du père Àramon qui lui a donné son trône ; Horus vainqueur, bienfaisant (?) comme le dieu qui réside à Thèbes, roi du midi et du nord, aimant la race d'Horus, le maître des deux terres (pr). Il a fait élever, parmi ses monuments au père Ammon-râ, deux grands obélisques

en granit, et les a joint à des millions de ,

le fils du soleil (n).

Col. 6. — L'Horus-soleil, taureau fort, fils d'Ammon, roi du midi et du nord, maître des deux terres (pr), fils du soleil, maître des diadèmes (n). Les statues et les monuments principaux de Louxor sont du maître des deux terres (pr). Il a fait des monuments dans Thèbes pour celui qui l'a enfanté, pour le père Ammon-rà qui a créé ses splendeurs, le fils du soleil (n).

Col. 7 . — L'Horus-soleil, aimé de Mât, possesseur des diadèmes, protecteur de l'Egypte, châtiant les nations, roi du midi et du nord (pr), fils du soleil (n). Le roi fort, accomplissant les cérémonies, se prosternant devant celui qui l'a enfanté ; les maîtres de Thèbes en prennent joie, la Résidence du chef est en fête, (à cause) du roi du midi et du nord (pr) fils du soleil (ri).

16 Description du temple

Col. 8. — L'Horus-soleil, taureau fjrt aimé de Rà, possesseur des diadèmes, exalté à cause de la Vérité, Horus vainqueur, au glaive puissant, qui aime les deux terres, le roi du midi et du nord (jor);le très aimé qui augmente la gloire du père, sanctifie la demeure d'Ammon et purifie Thèbes. Son nom est placé dans Thèbes pour l'éternité, fixé dans Diospolis pour toujours par ce qu'il a fait, le fils du soleil (n),

Col. 9. — L'Horus soleil, taureau fort aimé de Mât, Horus vainqueur, puissant en années, le grand des victoires, soleil enfanté par les dieux, qui possède les deux terres, roi du midi et du nord (pr), fils du soleil (n). Prince au glaive puissant, très vaillant comme Set, fils de Nout ; il met l'Egypte en fête par ses victoires, le roi du midi et du nord (pr), fils du soleil (n).

■ Face est. — Col. 10. — L'Horus-soleil, taureau fort, fils d'Ammon, roi du midi et du nord (pr) fils du soleil (n), roi très aimé comme Ammon ; fils de Mentou, qui l'a créé de ses mains ; le grand des victoires sur toutes les nations, comme le fils de Nout, le roi du midi et du nord, maître des deux terres (pr) fils du soleil (n).

Col. 11. — L'Horus-soleil, taureau fort aimé de Màt ; Ptah a inscrit ses titres sur l'arbre sacré ; investi de la royauté dans Memphis, il s'est emparé de tous les pays ; la durée de son existence est celle du maître des panégyries ; il est affermi pour des millions d'années, le fils du soleil (ri).

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Col. 12.— L'Hor us-soleil, taureau fort, aimé de Mat, roi du midi et du nord (pr), fils du soleil (n)\ essence divine du roi des dieux, qui l'a élevé sur son trône, gouvernant la terre comme prince de tout le monde solaire. Il fait des monuments dans Thèbes pour celui qui l'a enfanté, le roi du midi et du nord, maître des deux terres (pr), fils du soleil (n) .

La partie inférieure de cet obélisque est encore enterrée, mais la base de celui qui lui faisait pendant est maintenant dégagée. Le socle, en syénite rose, a lm, 90 de hauteur et repose lui-même sur un soubassement haut de ln\45, long de 4m,55 et large de 3m,70 Les faces nord et sud du socle étaient ornées de quatre singes cynocéphales sculptés en haut relief, les mains levées en signe d'adoration. Sur leur poitrine et entre chacun d'eux étaient gravés les cartouches de R.amsès. Les singes qui ornaient le côté nord ont été transportés à Paris en même temps que l'obélisque (1) ; sur les quatre du côté opposé un seul avait été détaché, puis laissé sur place : il est auj mrd'hui au musée de Gizeh (2). Sur les faces Est et ouest sont représentés des dieux Nils apportant des offrandes. La légende qui fait le tour du soubassement mentionne que le roi « a fait pour le père Amnnnrà l'obélisque de (l'aimé d'Ammon, Ramsès), chéri de Toum ».

Les deux obélisques sont bien entièrement

(-0 Musée du Louvre, d 31.

2) Catalogue de 1893. N° 178.

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l'œuvre de Ramsès II : quand celui qui est à Paris était renversé, on a pu voir, gravés sous la base, les cartouches de ce pharaon.

Statues devant le pylône.

La façade du temple était ornée de six statues colossales de Ramsès II : les deux qui sont à droite et à gauche de la porte représentent le roi assis, les quatre autres le représentent debout. Les statues assises sont encore en place ; des quatre autres une seule subsiste entière, la plus occidentale.

Les statues assises ont été taillées chacune dans un seul bloc de granit noir ; une veine rouge se trouve dans la coiffure de celle de l'ouest. Le socle sur lequel cette dernière repose a 2m,50de largeur, 6m de longueur et lm,05 de hauteur. Le siège a 2m,90de haut. Le personnage a llra,65 de hauteur, dont 6m,65 jusqu'aux épaules, 2m pour la tète et 3m pour la coiffure qui se compose des deux couronnes

du midi A et du nord \J emboîtées Tune dans

l'autre %3f posées sur le klaft, étoffe rayée qui

entoure la tête. Les statues ont le cou entouré d'un riche collier ; el'es ne portent que la chenti, vêtement d'étoffe plissée qui ne descend qu'audessus du genou, et dont la ceinture est nouée sur les reins. A côté du siège est représentée la reine Maut-mer-Nefert-ari. Autour de la base sont figurés des peuples vaincus, nègres et sémites :

Statues devant le pylône 19

leurs noms sont écrits dans les cartouches qu'ils portent sur la poitrine, ce sont :

1 Koucli. 6 Kamâhamu.

2 Inuààmu. 7 Arma.

3 Mail. 8 Anarodja.

4 el 5 (détruits). 9 Takarer.

La seconde statue, en granit noir, est entièrement brisée il n'en subsiste que le socle. La troisième, en syénite rose, est encore debout, mais son visage est mutilé. À côté du roi figure la « fille royale et épouse royale Amenmerit ». Le socle est également orné d'une série de captifs : A droite. A gauche.

. 1 Ha-nebu. 1 Ha-nebu.

2 Pet. 2 Pet.

3 Ta-res. 3 Ta-res.

4 à 6 (détruits). 4 à 6 [détruits).

7 ( ) 7 Anu-khent.

8 (détruit). 8 Mentiu-sati.

9 Gaurosas. 9 Kheta.

10 Atir. 10 Naharin.

11 Maïu. 11 [détruit).

12 Arkûk. 12 Assal.

13 Mua]).

Mais ces listes ethnographiques n'offrent au point de vue historique qu'un intérêt secondaire, car elles sont purement conventionnelles, tous les pharaons à partir de la xvme dynastie les ont copiées et recopiées (1).

(i) C'est ainsi qu'une liste de peuples gravée autour de la base d'un colosse de Ramsès II à Karnak est reproduite textuellement sur le socle d'une statuette de Taharqa, roi éthiopien de la xxivo dynastie, (musée de Gizeh N. 688).

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Pylône.

Le pylône ou entrée monumentale des édifices égyptiens, est un grand portail compris entre deux massifs pyramidaux plus élevés.

Le temple de Louxor nous offre un bon spécimen dû à Ramsès II, de ces constructions si fréquentes dans l'ancienne Egypte.

Chacun des massifs pyramidaux, épais de 8m,40, mesure 30 mètres de longueur ; la distance entre eux est de 4m,25, le temple présente ainsi une façade de plus de 64 mètres d'étendue. A l'intérieur les ailes des pylônes sont vides : sauf toutefois dans la partie où se trouve l'escalier. Tous les grands pylônes étaient construits ainsi , ce qui explique aisément pourquoi, malgré leur apparente solidité, ils n'ont pas résisté aux tremblements de terre. Celui de Louxor est en fort mauvais état : les parois ont fléchi et le massif oriental ne serait probablement plus debout s'il n'avait été maintenu à sa partie inférieure par la pression des terres. Il sera nécessaire, avant le déblaiement des parties voisines du pylône, d'exécuter intérieurement des travaux importants de consolidation.

Sur le front de chaque massif on remarque deux grandes rainures verticales : chacune recevait la base d'un énorme mât, reposant sur un socle en granit. Ces mâts, plus élevés que le pylône, portaient à leur sommet des banderoles d'étoffe dont la couleur variait suivant la fête à célébrer. Quatre larges baies pratiquées au-dessus des

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rainures donnaient de la clarté aux galeries intérieures , et facilitaient en même temps le changement des banderoles.

Un escalier dont l'entrée était au bas de l'extrémité Est du pylône. c induisait à la plate forme située au-dessus de la porte centrale, a 13 mètres audessus du sol; de cette plate-forme partait, dans chaque massif, un escalier par lequel on parvenait soit au couloir où se trouvaient les baies, soit au sommet de l'édifice, haut de 24 mètres.

Dans les matériaux qui ont été employés à la construction du pylône, on remarque un certain nombre de pierres provenant de la chapelle que Khou-n-aten avait élevée en l'honneur de son dieu, le disque rayonnant.

La façade est entièrement couverte de sculptures. Sur les deux ailes, on remarque en haut les cartouches de Ramsès II ; au-dessous de ces cartouches on lit une inscription dédiant à Ammon « le pylône avec ses mâts qui approchent du ciel ». Viennent ensuite un grand bas-relief et un long texte en colonnes verticales relatifs aux guerres de Ramsès contre les Ivhétas, dont l'empire s'étendait alors sur toute la Syrie septentrionale et sur une partie de l'Asie Mineure. Les deux tableaux servent d'illustration au récit officiel de la bataille de Kadech :

L'an 4, le 9 Epiphi, Ramsès II, après avoir traversé toute la Syrie, plaça son camp à Sabtouna, bourgade en vue de Kadech. Il ignorait le terrain et la situation de Pennemi. Pendant une reconnaissance qu'il faisait en per-

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sonne, accompagné seulement de sa maison militaire, le roi fut induit en erreur par deux bédouins qui lui montrèrent les tribus syriennes comme prêtes à se joindre à lui, et l'armée des alliés en retraite vers le nord par crainte de sa puissance.

Rassuré par ces nouvelles d'ailleurs très vraisemblables, Ramsès se porta vers le nord à la tète de son avant-garde et laissa en arrière le gros de ses troupes. Pendant ce temps les Khetas, fort bien renseignés sur la marche des Égyptiens, concentraient leurs forces derrière Kadech et se préparaient à fondre sur la petite armée du pharaon dans sa marche de flanc. Ramsès allait à sa perte.

Heureusement, sur ces entrefaites, les éclaireurs égyptiens amenèrent au roi deux espions qu'ils venaient d'arrêter et qui,. sous le bâton, dévoilèrent la position et les projets des alliés.

Ramsès convoqua sur le champ son conseil de guerre, adressa de justes reproches à ses officiers sur leur manque d'informations, leur avoua tout le critique de la situation et dépêcha un exprès vers le gros de l'armée pour le ramener en toute hâte.

A peine ce courrier était-il parti que le prince des Khétas se porta vers le sud de Kadech, démasquant toutes ses troupes et coupant la retraite à l'armée royale.

L'avant-garde égyptienne divisée en deux parties par la défaite de son centre, la légion de Pa-rà ne dut son salut qu'à des prodiges de valeur; huit fois le roi chargea en personne, ralliant ses troupes dispersées; il parvint à se maintenir jusqu'à l'arrivée du gro>s de son armée. A l'approche des troupes fraîches, les alliés abandonnèrent le champ de bataille couvert des cadavres des leurs; la nuit d'ailleurs venait mettre fin au combat.

C'est le lendemain qu'eut lieu la rencontre décisive, l'armée des Khétas fut écrasée par le choc des Égyptiens; beaucoup d'alliés périrent par les armes, d'autres se noyèrent dans l'Oronte,où ils furent acculés; le massacre des vaincus eût été complet sans une sortie de la garnison de Kadech qui sauva les fuyards.

Pylône 23

Dès le lendemain de son désastre, le prince des Khétas demanda el obtint la paix.

Sur la partie du pylône située à l'ouest, est représenté le camp égyptien de forme rectangulaire ; les boucliers des fantassins, dressés à côté les uns des autres, garnissent la palissade. A l'intérieur sont déposés les provisions et les bagages de l'armée; les soldats font l'exercice. Le côté gauche montre Ramsès regardant donner la bastonnade aux deux espions, puis réunissant son conseil de guerre; près de lui se tient sa garde composée en partie d'Egyptiens et en partie de Chardanes reconnaissablés à leurs casques hémisphériques ornés de deux cornes et d'une boule.

Sur l'aile orientale du pylône est figurée la grande bataille. A droite, le roi sur son char tire de l'arc sur les ennemis qui l'entourent ; ils sont repoussés et culbutés dans la rivière. En bas et en haut défilent les chars ; trois hommes sont sur chacun d'eux : un combattant, un écuyer et un conducteur. A l'extrémité gauche, les ennemis se heurtent à l'armée égyptienne arrivant de frout. En bas du même côté, le « vil prince des Khétas se retourne tremblant » sur son char. Une inscription dit que « l'armée qui est derrière lui compte 10,900 hommes ; c'est l'armée des gens de chars venus du vil pays des Khétas». Cependant les alliés rentrent tumultueusement dans la ville dont les remparts sont entourés d'eau. Les types des différents peuples composant la ligue sont bien indiqués : avec les Khétas, au visage gras et ridé,

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on remarque beaucoup de Sémites, gens du pays d'Amaour (Amorrhéens), la tète couverte d'une étoffe maintenue autour du front par un bandeau, et de peuples de l'Asie Mineure : Ghakalach avec un bonnet retombant en arrière, Tourcha à casque pointu, Djakari dont la coiffure est analogue à la tiare perse.

Sous ces tableaux se trouve reproduite la composition historique connue sous le nom de poème de Pentaour. Cette épopée est assez connue pour qu'il semble inutile d'en donner ici la traduction in extenso, en voici seulement le résumé :

Lignes 1-2. — Énumération des peuples alliés.

Lignes 2-10. — Louanges du roi ; préparatifs de la campagne: le passage de la frontière, l'an 5,1e 9 Pooni (un mois avant la bataille).

Ligne 11. — Arrivée à Kadech.

Lignes 12-14. — Nouvelle énumération des ennemis.

Lignes 15-18. — Description de l'embuscade, attaque de la légion de Pa-râ.

Lignes 18-24. — Ramsès II s'arme et monte sur son char.

Lignes 25-33. — Invocation du roi à Ammon.

Lignes 33-43. — Ramsès se lance sur les ennemis et les met en déroute.

Lignes 44-53. — Reproches du roi à ses généraux.

Lignes 54-58. — Menna, écuyer du roi, supplie son maître de ne plus rentrer dans la mêlée.

Lignes 59-60. — Le gros de l'armée arrive et trouve la terre couverte de cadavres.

Ici finit le texte de la partie occidentale, la seule qui soit dégagée ; de l'autre côté se trouve la fin du poème : les louanges de l'armée au roi, la

Extérieur des murs de Ramsès 23

réponse de Ramsès qui renouvelle ses reproches d'abandon, la mention de la bataille du lendemain, le message du prince des Khéias implorant la paix et finalement le retour triomphal en Egypte.

Sur les deux côtés de la porte, le chambranle est orné de tableaux superposés dont le sujet est toujours une adoration de Ramsès II à l'une des* grandes divinités de Thèbes.

Extérieur des murs de Ramsès.

L'extérieur de la cour de RamsèsII était couvert de textes et bas-reliefs historiques ; ce roi avait même empiété jusque sur la paroi de la cour d*Amenhotep III. Les représentations sont mutilées, mais heureusement elles n'étaient pas uniques, on en trouve des exemplaires plus ou moins complets dans les temples d'Abydos, de Karnak, du Ramesseum, d'Abjusimbel, de Beit-el-Oualy, etc. Voici l'explication de ce qui subsiste sur le mur occidental du temple de Louxor, en suivant les scènes à partir du pylône :

1. Registre inférieur. — Prise d'un fort dans « le pays de Katij à proximité du Nqharaïn ». Le texte dit que « Sa Majesté était près de Tounep, dans le pays de Naharaïn ».

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