Meritum, (Aimé deToum
16.— Neb-n-to-neb, (Maître de toute terre). 17.— Rà-nœvi, (Aimé de Râ).
A la suite des princes royaux, les serviteurs amènent des bœufs pour le sacrifice. Ces animaux fort gras portent entre leurs cornes différents insignes : les quatre premiers sont ornés de plumets, le cinquième d'une tète de nègre, le sixième d'une tète de sémite ; le reste est malheureusement détruit. Au-dessous on voit une légende dédicatoire de Ramsès III en surcharge sur une antre de Ménephtah, qui l'avait déjà probablement prise à Ramsès II.
Au delà de la porte, réparée à l'époque romaine, et dont le seuil est en albâtre et en granit, le mur est plus élevé. Sous la frise, Ramsès II fait une offrande à une série de divinités ; plus bas le roi accomplit les cérémonies propitiatoires :
1° Il est purifié par Thot et Horus ;
2° Il consacre des offrandes à Ammon et àMaut en les touchant du bâton -*- ;
3° 11 amène au dieu Min quatre veaux de couleur différente : l'un noir, le second blanc, le troisième rouge et le dernier tacheté ;
32 Description du temple
4° Il consacre quatre coffres surmontés de plumes [p^l ;
5° Il apporte à Min et à Ament deux grands vases 5 ;
6° Il offre le feu à Ammon et à Maut ;
7° Il fait dresser en présence de Min le Sehent, mat maintenu par quatre étais après lesquels grimpent des soldats, reconnaissables aux plumes qu'ils portent sur la tête.
Au registre inférieur sont d'abord figurés trois Nils apportant des offrandes, puis la reine Mautmert-nefert-ari ayant la coiffure d'Hathor sur la tête et tenant un sistre dans chaque main. Le texte qui suit, gravé à sa louange, dit que :
Prenant ses sistres pour apaiser son père Ammon, elle est très aimée quand elle entonne son chant ; elle est belle à voir, avec ses deux plumes sur la tète, la grande recluse d'Horus, maître du palais; on est rendu heureux par ce qui sort de sa bouche, quel que soit le sujet dont on l'entretienne ; toute bonne chose est en sa pensée, chacune de ses paroles met en joie le pays, on vit en entendant sa voix.
Derrière elle viennent les fils du roi, les mêmes qui sont énumérés précédemment, puis les princesses royales, toutes prêtresses d'une divinité, mais dont les noms sont mutilés pour la plupart* A la rencontre du pylône, le mur a conservé toute sa hauteur, de 10m,30.
Sur le pylône sont gravés quelques Nils chargés des produits de la terre.
Cour de Ramsès II 33
Portique. — Les 12 colonnes lotiformes qui soutiennent le portique sont quelque peu massives ; leur décoration se compose à la base de feuilles imbriquées entre lesquelles sont gravés soit le cartouche royal accolé de deux urceus, soit le nom du pharaon posé sur le signe de l'or n^n adoré par les rekJiou ^^ , oiseaux à bras humains, emblèmes des êtres intelligents. Vers le milieu de la cobnne un tableau représente le roi adorant alternativement Ammon et Min qui sont accompagnés quelquefois de Khonsou, représenté avec le corps momifié ou portant une tète d'épervier surmontée du disque ; plus ordinairement près du dieu se tient l'une des déesses suivantes :
M ont, coiffée du vautour et du pchent.
Mât, avec une plume d'autruche sur la tête.
Isis, avec les cornes et le disque.
Apct, qui a la coiffure d'Isis posée sur le signe (2*
Hathor, portant sur la tête deux longues plumes.
Bast, à tête de lionne.
Ament, ayant la couronne du nord.
Les architraves ne montrent que les louanges ordinaires à Ramsès II à l'occasion de ses constructions. Dans l'angle du sud-est on remarque cependant la légende royale écrite d'une manière compliquée, presque sous forme de rébus : chacun des mots faisant partie de cette l 'gende est placé sur la tète d'un personnage divin, ou bien c'est le personnage lui-même qui exécute l'action que désigne le mot.
Le portique n'est pas symétrique : indépendamment de la partie nord-ouest, où il est remplacé
3i Description du temple
par trois chambres, il est interrompu vis-à-vis des portes latérales qui se trouvent entre la 5me et la 6me colonne du côté oriental, entre la 6me et la 7me du côté occidental. Il était jadis recouvert de dalles posées sur les architraves et les murs, quelquesunes seulement sont encore en place vers le fond de la cour.
Chapelle. — Contre l'aile occidentale du pylône est une petite construction composée de trois chambres longues, offrant quelque analogie avec la chapelle de Séti II renfermée dans la grande cour qui précède la salle hypostyle de Karnak. Chacune des salles est consacrée à l'un des membres de la triade thébaine : celle du centre à Ammon, celle de l'ouest à Maut et celle de l'est à Khonsou.
Chambre p' Ammon. — Le fond de la salle est sculpté de manière à simuler une porte monumentale au sommet arrondi. Ce genre de décoration se retrouve dans divers temples ; ou le voit à Deir-el-Bahari et dans chacune des chambres voûtées d'Abydos.
Sur le mur oriental, Ramsès II présente l'encens à Min, suivi de la Thébaïde personnifiée. Se tenant debout derrière lui, Thot annonce au roi que son nom survivra aussi longtemps que subsistera dans leur sanctuaire la mémoire de 22 divinités qu'il énumère comme suit : Ammon, Maut, et Khonsou à Thèbes; Toum, Clnu, Tefnout et Seb à Héliopolis ; Osiris et Osiris-khent-amenti à Abydos, etc.
Cour de Hamsès II 35
Sur la paroi occidentale, le roi encense la barque d'Aramon. Vers le fond de la salle sont deux petites niches dans lesquelles Ramsès II est représenté recevant la purification des mains du An-mout-f et du dieu Thot.
L'encadrement de la porte de cette salle est en syénite rose; sur les montants sont gravés les cartouches de Menephtah, treizième fils et successeur de Ramsès IL
Chambre de Maut. — Au fond le roi adore la grande déesse de Thèbes ; sur le mur Est il présente l'encens et les offrandes à Maut et Neith, de Sais, assises dans le même naos. Ces deux divinités sont suivies de huit déesses assises sur deux rangs : 1 Maut 2 Aillent 3 Apel-urt 4 Hathor
5 Sekhel 6 Bast 7 Ur-hekat 8 Uadjit
Leur nom seul les désigne, car elles n'ont aucun de leurs attributs : les quatre dernières, par exemple, devraient être représentées avec une tête de lionne. Le roi est accompagné de Khonsou qui lui sert d'intermédiaire auprès des déesses.
Sur la muraille occidentale, le roi, suivi de Thot, offre l'huile à la barque de Lia ut, en récitant les prières consacrées.
Chambre de Khonsou. — Cette salle est en mauvais état, les sculptures de la paroi orientale ont disparu ; sur le mur ouest, on voit encore Ramsès II présentant les essences sacrées devant la barque de Khonsou.
36 Description du temple
Ce temple en miniature, que le pylône écrase de sa masse, a été construit en même temps que la cour et avec des matériaux presque tous empruntés à de plus anciens monuments : on y voit des pierres portant des inscriptions de la xvme dynastie et d'autres aux cartouches de Ramsès II lui-même. Les frises des murs avaient déjà reçu comme
décoration une série de signes symboliques $ ^
, 1 nzrr
reproduisant le nom du roi lorsqu'on s'aperçut que les salles manquaient de hauteur : les murs furent alors surélevés d'une assise ; on remplit de plâtre les creux de la frise et autour des chambres on grava, à la partie supérieure, des bas-reliefs représentant le roi agenouillé successivement devant plusieurs divinités.Le plâtre est maintenant tombé et les anagly plies de Ramsès sont enchevêtrés dans les jambes des personnages.
Devant le temple se trouvait autrefois un portique de petite taille, soutenu par quatre colonnes en granit rose. Ces colonnes très élégantes, mais de dimensions inégales, ont probablement été prises dans un édifice plus ancien ; leurs architraves, surmontées d'une corniche en grès, montrent les cartouches de Ramsès II, mais ce roi n'a fait que se les approprier et les retourner : à leur partie supérieure on voit en effet des fragments d'une légende de Thotmès III.
La chapelle était construite sur une plate-forme un peu plus élevée que le sol de la cour, et on y accédait par un escalier aujourd'hui disparu.
Cour de Ramsès II 37
Statues. — A Louxor, comme partout ailleurs, Ramsès II s'est livré à sa passion pour les statues. Il en avait déjà placé dix au dehors du monument: six devant le pylône, deux à côté de chaque porte latérale. Il en mit aussi à l'intérieur du temple, et sa cour est maintenant désignée communément sjus le nom de «cour des statues », à cause des treize effigies royales qui l'ornent.
Deux immenses statues en granit noir, de dimensions inégales, semblent garder la porte du fond. Ramsès II est représenté assis, vêtu de la chenti, la double ouronne reposant sur son klaft. A ses côtés se tient debout la reine Mer-n-maut- Nefert-ari costumée et coiffée en Hathor.
A droite et à gauche des sièges, les deux Nils, celui du nord et celui du sud, lient autour du signe sam, emblème de réunion, les plantes symboliques du nord et du sud £|3 . Sur le devant du socle, Ramsès qualifié « soleil des princes » est purifié par le An-mut-f revêtu de ses insignes : la tresse et la peau de panthère.
Autour des socles sont figurés les peuples vaincus, nègres et sémites. En voici la liste, analogue à celle des statues situées devant le pylône.
1 Le pays du sud. 9 Bukak.
2 Lavile Ethiopie, (Kouch). 10 Takrou.
3 A tir. 11 Garsas.
4 Armaiu. 12 Ark.
5 Main. 13 Sur sur.
6 Berbcr. 14 Ulubu.
7 Arma. 15 A/iken.
8 Arkaha.
38 Description du temple
Il a été impossible jusqu'à présent d'assimiler à ceux de peuples modernes ces noms de peuplades du Soudan; nous ne possédons aucun élément de comparaison,
Mais les pays du nord nous sont mieux connus, grâce aux documents nombreux que nous ont laissés les Grecs, les Hébreux et les Assyriens.
1 Naharain, (la Mésopotamie). 9 Scgrur.
2 Taktiis, (vers les sources 10 Chasu, (le pays à l'est do
de L'Ruphratej. l'Oronte et du Jourdain).
3 Sengar, (Singara) 11 Khaberkh,(le Khabour?) i Mâteha,{ieMitRni assyrien, 12 Birga, (le Balikh?)
on Mésopotamie). 13 Arta/>«&ft;(Arrapakhitis)
5 Lenal. 14 Khuat.
6 Assur, (l'Assyrie). 15 Artu, (Arad)
7 Pabik/t. 16 Kheta, (pays des Hittites,
8 Artug. Syrie septentrionale).
Outre ces deux colosses, onze statues debout, de dimensions moindres , mais ayant encore sept mètres de hauteur en moyenne, sont placées entre les colonnes du fond de la cour. Toutes sont en syénite rose sauf une en granit noir, et représentent Ramsès Iï coiffé de la double couronne, vêtu de la chenti, un poignard passé dans la ceinture. Leur hauteur inégale a été compensée en partie au moyen de socles plus ou moins élevés, de telle sorte que les épaules sont toutes au même niveau. A côté de chaque statue figure une des épouses du roi, tantôt sculptée en relief, tantôt gravée de profil ; la reine Mer-n-maut-Nefert-ari est représentée sur presque toutes ; mais on voit une fois la reine Amen-merit, dans l'angle du
Cour de Ramsès II 39
sud-est, et une fois aussi, la « fille royale, épouse royale Bint-ànta» sur la deuxième statue avant la porte occidentale.
La plus belle des onze statues et la mieux conservée est celle placée la première au fond, dans la série de l'Est. Sa hauteur est de 4m,70, et son socle mesure 0ra,60. Sa couronne, taillée dans un autre bloc de granit, a été renversée : on peut lire en dessous les cartouches de Ramsès II. La reine Mer-n-maut-Nefert-ari est ici représentée par une statue haute de lra,70.
Les inscriptions qui couvrent le dos de la statue ne donnent que la légende royale amplifiée :
1.— L'Horus-soleil, taureau fort aimé de Mât, roi du midi et du nord (prénom) élevé par Ammon, alors qu'il était enfant sur les bras de Maut, afin de devenir un roi s'emparant de tous les pays ; le fils du soleil (nom) donnant la vie. . .
2.— Le maître des diadèmes, protecteur de l'Egypte, châtiant les nations; roi du midi et du nord (prénom) s'applicmant à faire des monuments dans la chapelle du père Ammon, créateur de ses beautés; achevant son temple par un travail pour l'éternité, le iils du soleil (nom). .., comme le soleil.
Les textes des autres statues sont du même genre. Presque partout, Menephtah, fils et successeur de Ramsès fit graver son nom près de la jambe gauche des statues représentant son père. La statue en granit noir de la rangée occidentale penchait fortement en arrière : dans l'antiquité, pour la consolider, on amoncela derrière elle des blocs de pierre, parmi lesquels on voit la partie
40 Description du temple
inférieure d'une stèle de Ramsès III mentionnant quelques travaux de ce roi dans le temple de Louxor.
Cour B (Grande colonnade).
Entrée. — La grande colonnade, érigée par Amenhotep III, est renfermée dans une cour dont l'extrémité septentrionale était ornée d'un pylône de 26 mètres de largeur, servant de façade au temple. Les deux ailes n'étaient pleines que jusqu'à une hauteur de quatre mètres, la partie supérieure ne se CDmposait que des parements ; aussi la partie occidentale s'est-elle écroulée dès l'antiquité, le massif oriental a seul conservé à peu près sa hauteur primitive (13m,70), il était jadis surmonté d'une corniche de lm,40. A l'époque de sa fondation, deux battants de porte gigantesques fermaient l'entrée du temple ; plus tard on réduisit les dimensions de l'ouverture, du moins dans la hauteur. Philippe Arrhidée construisit, entre les colosses de Ramsès II et le pylône, des piliers destinés à recevoir les gonds de portes plus petites que les anciennes. Un seul pilier de cette époque a subsisté jusqu'à nos jours, c'est celui de l'Est. Il porte les deux cartouches de ce frère d'Alexandre le Grand.
Nous avons vu précédemment qu'Amenhotep III et Hor-m-heb n'avaient décoré que le chambranle de la porte, ou du moins que là seulement, Ramsès n'avait pas gravé ses cartouches. Ce mo-
Cour B (Grande colonnade) 41
narque couvrit d'inscriptions toute l'épaisseur du passage à travers le pylône, mais ses successeurs firent ce que lui-même avait si souvent fait à regard des monuments de ses devanciers. La partie intermédiaire qu'il avait ornée de tableaux superposés, formait un retrait que Séti II combla en construisant un mur de manière à aplanir toute la surface, et à cacher ainsi les sculptures de Ramsès II pour pouvoir en placer d'autres à son nom.
Murs. — La cour n'est pas absolument rectangulaire : le mur oriental mesure 51m, 28 seulement de longueur, tandis que celui de l'ouest est de 52m,18. Cette différence provient de l'inclinaison qu'Amenhotep III donna au pylône pour atténuer le manque de coïncidence de l'axe du temple avec celui de l'avenue conduisant à Karnak. Les murs étaient aussi élevés que le pylône (15ni,10) ; creux à l'intérieur ils ont perdu toute leur partie supérieure dès l'antiquité. Aux basses époques, peutêtre même seulement au temps des Coptes une ouverture fut percée dans la muraille de l'Est, détruisant enore quelques-unes des scènes si curieuses qui ouvrent tout son pourtour.
On ne pourrait affirmer que la décoration de ces murs était commencée lorsque Amenhotep III mourut, elle fut tout au moins interrompue sous les règnes suivants et achevée seulement sous Hor-m-heb dont on lit par but les cartouches.
La fête «d'Ammon dans les Ap » était la plus
42 Description du temple
importante de Thèbes; on n'avait guère de détails sur les cérémonies qui accompagnaient sa célébration. L'étude des bas-reliefs que nous allons voir semble indiquer que la châsse du dieu sortait du sanctuaire de Karnak, était menée par eau à Louxor, où elle entrait dans le temple, puis reconduite à Karnak à la fin de la journée. Les scènes ont leur point de départ au nord-ouest et se terminent au nord-ouest.
1. Avant la fête. — Sur le mur du nord-est Hor-m-heb est représenté offrant l'encens à Ammon et à Maut ; il est dans le sanctuaire, dont la porte ornée de fers de lance est figurée derrière lui. Sur le mur de l'est on voit le roi brûlant de l'encens et faisant une libation devant la barque sacrée d'Ammon. Les trois autres barques, placées au-dessous, sont celles du roi, de Maut et de Khonsou; des offrandes de toutes sortes sont disposées sur des tables et dans des corbeilles.
2. Sortie du temple. — Les prêtres portent les quatre barques sacrées : vingt-quatre d'entre eux soulèvent chacune d'elles sur leurs épaules ; à l'avant et à l'arriéra on agite un long chassemouches ; quatre officiants, revêtus de la peau de panthère, marchent aux côtés du naos ; un autre prêtre précède le cortège, en agitant l'encensoir. Le roi suit à pied la barque d'Ammon ; en tète de la procession on voit un joueur de trompette et un tambourinaire. Le cortège vient à peine de quitter le temple, dont le pylône est encore visib'e : l'artiste a représenté les bas-reliefs qui entourent la
Cour B (Grande colo.w de) 43
porte, les huit mats dressés devant la façade, les sphinx androcéphales qui ornent l'entrée.
3. Navigation. — La procession est arrivée au bord du Nil ; les barques divines sont déposées dans de grands bateaux qui remontent le fleuve, soit tirés à la corde, soit à la rame, soit remorqués par des barques à voile. Le cortège suit à pied sur la rive ; il est ainsi composé :
1° Un prêtre qui chante un hymne en l'honneur d'Ammon et du roi :
Que ton éclat est beau, Ammon-rà, qui es dans Ja barque User-hat; les hommes l'adressent leurs acclamations, la terre entière est en fête; ton fils aine a ouvert le sanctuaire, tu navigues vers Ap (Louxor). Tu lui donnes
la royauté des deux terres pour Péternilé tu le fais
paraître comme un prince heureux; tu le conserves et lui
donnes des millions et des myriades de fêtes tu lui
accordes la force dans le Midi, la victoire sur le Nord, tu élargis pour lui les frontières de l'Egypte dans toute direction. Tu donnes que sa vie ait la durée du ciel ; il paraît semblable au disque solaire. Les chefs ennemis
viennent à toi, portant leurs tributs sur le dos il n'y
a pas de fin à leurs offrandes. Ton fils fait des splendeurs dans ta fête d'Ap, afin de réjouir vos cœurs. La terre
d'Egypte acclame Ammon, reposant dans sa chapelle
et le bon prince qui fait notre bonheur; Maut qui a créé tes beautés protège tes membres, Khonsou de Thèbes, maître de la joie, (t'accordes) des fêtes (nombreuses) ; ton nom est établi parmi les rois; vive l'Horus produisant les naissances.
2° Un détachement de soldats égyptiens portant le bouclier, armés d'une lance et d'une hache.
3° « Les grands chevaux de Sa Majesté » attelés à deux chars vides.
4i Description du temple
4° Les hommes qui liaient la barque d'Ammon, dans les positions les plus diverses. Plusieurs se retournent ou s'agenouillent pour lancer leurs acclamations à la divinité.
5° Trois nègres dansant et faisant des contorsions pendant qu'un quatrième joue du tambour. 6° Des soldats (?) avec deux plumes sur la tète, frappant l'une contre l'autre deux languettes de bois, en guise de castagnettes. 7° Huit prêtresses tenant chacune à la main
un collier et agitant un sistre ; 8° Quatre prêtres.
9° Les haleurs de la barque de Maut ; 10° Des officiers portant des enseignes militaires.
11° Des joueurs de castagnettes.
12° Un homme jouant d'une sorte de mandoline à long manche et d'autres frappant dans leurs mains en cadence.
Les diverses inscriptions qui accompagnent ces scènes dépeignent la joie du peuple de voir les dieux et formulent des vœux en faveur du roi.
4. Procession à terre. — Arrivés en face de Louxor, les barques sacrées sont sorties des bateaux qui les portaient, et les prêtres les reprennent sur leurs épaules. Des trompettes et des tambours marchent en tête duj cortège ; des prêtresses agitent les sistres ; des femmes se livrent à des danses gymnastiques, renversant le corps en arrière jusqu'à toucher la terre avec leurs bras allongés.
Cour 13 (Grandi: colonnade) 45
Au-dessous, on assiste à l'abatage des bœufs et à la préparation des offrandes qui vont être dédiées aux divinités.
5. Présentation des oflrandes. — Les arches sacrées ont été déposées dans le temple, autour d'elles sont amoncelées des offrandes de tous genres. Peut-être doit-on voir ici des réparations faites par Séti I, car on y rencontre ses cartouches, tandis que tous les autres ba^-reliefs portent seulement les noms d'Hor-m-heb. Sur le mur du sud-ouest, le pharaon est représenté en faced'Ammon et de Maut ; quatre prêtres versent dans de grands vases le vin contenu dans des amphores, et le roi consacre cette libation en touchant les vases de son sceptre
Dans la partie orientale on voit la contre-partie des scènes que nous venons de parcourir, c'est le retour du dieu à Karnak.
Sur le mur du sud-est, Hor-m-heb est encore dans le sanctuaire présentant des bouquets de fleurs à Ammon. Derrière le roi était figuré le groupe des divinités secondaires de Thèbes ; il ne subsiste que les dernières figures, celles dlsis, de Horus, d'Hathor, de Sebek, de Tanent et d'Anit. Au commencement du mur de Test, la scène est la même que de l'autre côté en face. Les barques sacrées sont sur leurs socles ; le roi achève d'offrir l'encens et l'eau. La porte de la salle dans laquelle se passe la cérémonie est représentée ici avec les bas-reliefs qui l'ornent ; au dehors, de hauts fonctionnaires attendent inclinés la sortie du pharaon,
46 Description du temple
qui, seul, peut pénétrer dans le sanctuaire et voir face à face la divinité.
6. Retour de la procession. — Les prêtres ont repris les barques sacrées et les portent sur leurs épaules. L'arche d'Ammon était représentée audessus, celles de Khonsou, de Maut et du roi au-dessous ; la barque de Maut a disparu quand on a percé une porte dans le mur. Tout au bas, on voit le sacrifice des bœufs et la présentation des offrandes sur le passage de la procession.
7. Navigation. — Le retour à Karnak s'effectue par eau. Une première barque porte un naos et divers emblèmes sacrés, deux autres suivent, sur lesquelles sont des musiciens ; elles remorquent le bateau qui porte l'arche de Khonsou. Le grand navire qui suit renferme la châsse d'Ammon ; une petite embarcation vogue à ses côtés, chargée d'offrandes. Deux barques viennent ensuite de front : celle représentée au bas de la scène est ornée d'une tente magnifique et appartient à la reine Nedjem-Maut, femme d'Hor-m-heb ; celle du haut remorque la nef de Maut, dont le naos est couvert d'un double dais.
Au dessous de toutes ces barques sont figurés de nombreux personnages longeant la rive. Les groupes qui composent ce cortège sont les suivants : 1° Des officiers portant des enseignes militaires suivis de leurs soldats marchant à une allure très vive.
2° Des nègres sautant et criant.
3° Des soldats, avec musique et étendards en tète.
Cour B (Grande colonnade) 47
4° Deux chars attelés de chevaux du roi. 5° Un troisième détachement de fantassins. 6° Des prêtresses agitant les sistres.
7° Quatre prêtres.
8° Un corps de troupe 9° Des joueurs de mandoline.
10° Des joueurs de castagnettes.
11° Des chanteurs , battant la mesure avec
leurs mains.
12° Des prêtres « pour purifier la voie devant
le dieu ».
Les petits textes accompagnant ces scènes ne sont encore que des acclamations à Ammon et au roi. Toutefois une mention assez intéressante semblerait indiquer que cette fête cV Ammon dans les Ap coïncidait avec le commencement de l'année.
7. Rentrée clans le temple. — La procession s'est reformée à terre ; elle arrive au temple dont elle est partie (Karnak?). La façade en est représentée, avec les huit mâts ornés de banderoles, les bas-reliefs qui ornent la porte, et les sphinx placés devant l'entrée. Près du monument des personnages tiennent des bœufs portant entre leurs cornes des ornements en plumes et en fleurs. Le cortège est précédé de chanteurs, de joueurs de castagnettes , de porteurs de bouquets , de prêtres répandant des fumées d'encens.
8. Dans le sanctuaire. — Les cérémonies publiques sont terminées ; les arches des dieux ont repris leur place dans le sanctuaire, les offrandes sont déposées près d'elles ; le roi, seul en la compagnie des divinités, fait encore une libation .
43 Description du temple
Sur le mur du nord-est Horm-heb, avant de quitter le Saint des Saints dont on voit la porte, adresse une dernière adoration à Ammon et à Maut.
Telle est la série des scènes relative à la célébration de la fête. Pour avoir complète la description de tous les bas-reliefs ornant la salle, il faut ajouter les tableaux placés à côtés des portes, sur le chambranle. Ceux du nord montrent des offrandes d'Hor-m-heb à Ammon, ceux du sud mentionnent la dédicace du temple à ce dieu par le même roi. Au-dessus de la fête étaient encore de nombreux bas-reliefs représentent le roi adorant les divinités, il en reste quelques-uns seulement sur le revers du pylône, dans l'un d'eux Hor-m-heb constate qu'il n'a fait que réparer le temple construit par Amenhotep III.
Au-dessous des bas-reliefs courent des inscriptions de Ramsès IV, roi auquel appartiennent aussi les cartouches verticaux gravés tout autour de la salle.
Colonnes. — En débarquant à Louxor on esj frappé tout d'abord par la grande taille de la double rangée de colonnes, dont les chapiteaux dominent tout l'édifice. Ces colonnes sont au nombre de 14; elles ont 15m, 80 de hauteur, 9m,80 de circonférence moyenne ; elles sont moins grosses toutefois que celles de la salle hypostyle de Karnak, dont la circonférence est de llm, mais leur position près du fleuve ajoute à leur aspect imposant.
Cour B (Grande colonnade) 40
Les chapiteaux encore peints en quelques endroits présentent la forme d'une fleur épanouie de lotus. Les architraves composées de deux pierres accolées sont restées presque toutes en place, seules celles des extrémités sont tombées, Tune du milieu est brisée et arcboutée sur un chapiteau. Chacun des blocs composant ces architraves ne pèse pas moins de 20 tonnes ; malheureusement on n'a pas d'indications sur les procédés qu'employaient les Egyptiens pour élever de telles masses à une si grande hauteur.
C'est à Amenhotep III qu'est due la construction de cette colonnade ; il l'orna seulement, vers la moitié de la hauteur des colonnes, de tableaux le représentant en adoration devant les divinités. Mais ses successeurs firent graver à l'envi leurs noms sur les parties des fûts restés libres de telle sorte qu'on rencontre les cartouches suivants:
1° Ceux cTAmenhotep;
2° De Tout-ankh-amen, sous le chapiteau;
3° D'Hor-m-heb, qui a presque partout substitué son nom à celui de Tout-ankh-amen ;
4° De Séti I, surchargeant le cartouche d'Amenhotep ;
5° De Ramsès II, qui grave la grosse inscription faisant le tour de la colonne au-dessus des feuilles de la base;
6° De Séti II, qui place son nom entre les feuilles, et à la partie supérieure, au-dessous d'Hor-m-heb.
On remarquera que les soubassements des colonnes, simulant la butte de terre que soulèvent les racines du lotus, ne sont plus circulaires : dans l'allée centrale ils ont été coupés au ras du fût. Cette opération a dû être faite pour permettre le
50 Description du temple
passage de larges catafalques ; à la base des deux dernières colonnes font des creux qui servaient probablement à placer en travers de l'allée une poutre pour fixer des poulies aidant à la manœuvre des lourds emblèmes religieux dans les processions.
Statues. — A l'extrémité septentrionale de la cour, entre la première colonne de chaque rangée et le mur du pylône, Ramsès II a placé des statues en calcaire compact. Celle de l'ouest représente un groupe d'Ammon et de Maut, assis côte à côte, la déesse enveloppée dans ses ailes dont les plumes recouvrent tout le corps. A l'ouest est un groupe plus petit compDsé des deux mêmes divinités, et une statue isolée représentant le roi. Les inscriptions qui couvrent ces monuments sont à la louange du roi ; elles disent que « son nom est aussi stable que le ciel ; que ses édifices dureront autant que le ciel ».
Il est difficile de savoir si cette partie du temple était couverte; on n'a pas retrouvé de dalles du toit parmi les déblais, et cette salle étant unique en son genre, on ne peut raisonner par analogie. Peut-être les bas-côtés étaient-ils seuls couverts, dans tous les cas les architectes n'auraient pas rencontré d'impossibilité matérielle dans la construction d'une terrasse au-dessus de l'allée centrale, car des dalles de 5m,25 de portée auraient suffi à la couvrir, et nous savons que des matériaux de cette dimension étaient alors d'unusage courant.
A l'extrémité méridionale sont deux piliers en
Grande cour C 51
maçonnerie élevés en avant de la porte, et cachant même quelques bas-reliefs. Ils sont dus aux Grecs ou aux Romains, qui apportèrent au temple d'importantes modifications dont nous retrouverons plus loin les traces.
Grande cour C.
La cour d'Amenhotep était entourée, sur trois de ses côtés, d'un portique soutenu par une double rangée de colonnes; au sud elle donne directement accès dans la salle hypostyle D.
Le plan primitif du temple ne prévoyait pas l'existence de cette cour : la salle hypostyle se trouvait en avant de l'édifice et devait être fermée au nord par une muraille. Ce n'est qu'après la construction de ce mur, après même qu'il eut été paré, qu'un escalier central eut été construit et que la légende dédicatoire eut été gravée, qu'Amenhotep se décida à prolonger son monument en bâtissant cette cour et la grande colonnade.
11 fit alors abattre le mur et enlever l'escalier ; l'espace enfermé par l'épais massif de maçonnerie qui entoure la cour et supporte les colonnes, fut comblé et couvert d'un dallage qui cacha l'inscription dédicatoire.
La cour était de plein pied avec la partie sud du temple, mais à un niveau supérieur à celui de la salle qui la précédait ; un escalier devait existera l'extrémité de la grande colonnade pour y donner accès. Après des siècles, probablement sous les
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Macédoniens, on s'avisa de supprimer ces marches, il fallut par suite modifier le sol de la cour. L'escalier une fois enlevé, on abaissa le passage à travers le pylône, on trancha le massif entourant la cour, et toute l'aire reçut une pente dont la partie la plus basse était au débouché du nouveau passage. Cette portion de l'édifice prit alors l'aspect qu'elle possède maintenant.
Murs. — Les murs de la cour se sont partout écroulés, c'est à peine si l'on retrouve, sur quelques points, des fragments de bas-reliefs. Au nordest, cependant, on voit encore Amenhotep assis dans une barque, tenant un sceptre et une massue.
Au-dessous des sculptures sont des inscriptions que Séti II s'est appropriées, mais qui paraissent avoir été gravées sous Menephtah. Plus bas est une série de cavités rectangulaires qui, dans l'antiquité, étaient probablement occupées par des plaquettes en terre émaillée.
La face externe des murs de l'ouest a été décorée par Ramsès II ; les murailles de l'est, grossièrement restaurées avant les Ptolémées ne furent pas même parées. On y voit en différents endroits des graffiti ; deux d'entre eux, placés près de la porte latérale nord-est, offrent quelque intérêt. Le premier, au nom de Kap-ha-amen renferme ses protestations de dévouement au dieu Ammon ; le personnage invoque en sa faveur le fait d'avoir réparé en bois d'acacia le naos qui tombait en ruine. L'autre texte, qui ne compte pas moins de
Grande cour G
vingt lignes, dit q\iy Ankh-pa-khrod, prêtre d'Ammon, scribe royal et chef des travaux du temple, a exécuté des réparations à Louxor ; que les restaurations commencées en Tan III d'Alexandre durèrent trente-neuf mois et furent reprises sous Philippe Arrhidée.
Portique. — Les grandes colonnes de la salle précédente figurent des lotus dont le fut représente la tige et le chapiteau épanouie la fleur. Les soixante-quatre colonnes qui entourent la cour sont d'un modèle différent. Le fût est constitué par la réunion d'un certain nombre de tiges de lotus dont huit sont apparentes et forment des lobes. Cinq liens maintiennent le faisceau au-dessous des fleurs, qui sont ici représentées à l'état de bouton, avec l'extrémitée tronquée caractérisant le lotus.
Dans une colonne de l'ancien empire récemment trouvée à Abousir (v9 dynastie), des petits boutons de fleurs sont placés entre les grands : sous la xvin9 dynastie, ce détail s'était modifié, ces boutons sont remplacés par des petits faisceaux de tiges, liés séparément, maintenus en place par l'attache
5i Description du temple
générale, et dont les extrémités inférieures pendent librement.
A la base du fût sont représentées des feuilles imbriquées sortant de la terre que simule le socle de la colonne.
Les inscriptions des architraves ne contiennent que la légende royale développée et la mention de la construction du temple en l'honneur d'Ammon. Sous Antonm on avait placé aux deux côtés du passage, vers la grande colonnade, des autels avec inscriptions latines ; il n'en a été retrouvé que des débris.
Extérieur des chambres du sud.
La partie principale du temple, au point de vue du rite, est édifiée sur un massif de maçonnerie long de 84 mètres, large de 39, ayant une épaisseur de deux mètres. Le sanctuaire était ainsi suffisamment élevé pour ne pas avoir à redouter les inondations.
Le sommet de ce soubassement est orné d'une corniche de 0m,60de hauteur, au-dessous de laquelle les inscriplions dédicatoires mentionnent qu'Amenhotep a « construit en grès la demeure d'Ammon , fait les battants de portes en bois d'acacia incrusté d'or et les gonds en bronze ; que le nom d'Ammon y est tracé en pierres précieuses; que le seuil est en argent, et qu'au-dessous il y a de l'encens dans le sable ; qu'il a dressé des mâts en bois d'acacia , incrustés d'électrum et de bronze », etc.
Salle hypostyle D 55
Amenliotep avait laissé sans sculptures les murs extérieurs du temple ; c'est Ramsès III qui y fît graver de grandes scènes d'adoration. Près de la porte donnant dans la salle hypostyle, une petite inscription fait savoir que des réparations ont été exécutées par le grand prêtre Rà-men-kheper, fils de Pinedjem (xxi9 dynastie). Du côté du fleuve, presque toute la paroi extérieure du soubassement a été reprise en sous-œuvre à l'époque grécoromaine.
Sur le mur du sud, près l'angle est, le roi éthiopien Ghabatoka (xxve dynastie) a fait enlever un des bas-reliefs de Ramsès III, et fait graver à la place deux scènes d'adoration à Ammon et à M a ut.
Le mur oriental du sanctuaire est entièrement détruit jusqu'à la base; sur son emplacement il existe de petites colonnes en briques d'époque romaine. Peut-être qu'aux derniers temps du paganisme on avait tenté de remplacer le mur par ces piliers, et des entrecolonnements en briques crues. Plus loin la muraille formant actuellement l'angle, est une réfection de basse époque, ainsi que la paroi extérieure du mur de la salle hypostyle.
Salle hypostyle D.
La salle hypostyle n'est pas parfaitement rectangulaire ; le mur oriental a une déviation assez prononcée vers l'ouest. Ouverte au nord sur la grande cour, elle communique au sud avec cinq
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chambres ; sur chacun des côtés est et ouest une petite porte donne accès a l'extérieur du monument.
Les murs ont reçu à leur partie inférieure une série de cartouches de Ramsès, III et plus haut des creux dans lesquels étaient encastrées des plaquettes d'émail ; la légende de Séti II gravée en une longue bande horizontale surmonte le tout Les nomes de l'Egypte, symbolisés par des Nils alternativement rouges et bleus, sont représentés autour de la salle. Les nomes dont les noms sont encore visibles sont les 4e, 8°, 9e, 10e, 11e, 12e, 13e, 14°, 16e, 17e, 18e, 21e, 22e de la Haute-Egypte ; les 3e, 6e, 7e, 8e, 9e et 10e de la Basse-Egypte.
Le mur de l'ouest est détruit au-dessus de ces personnages géographiques ; le mur de l'est au contraire est complet jusqu'au faîte. Il est couvert de tableaux dans lesquels on voit le souverain adorant les divinités. Les scènes du registre inférieur sont analogues à celles du mur ouest de la cour de Ramsès. En plusieurs endroits, au milieu des tableaux, des inscriptions mentionnent des réparations exécutées par Séti I. Les portes latérales ont été refaites sous Ramsès II.
Colonnes. — La salle hypostyle renferme huit rangées de quatre colonnes, toutes pareilles à celles de la grande cour. L'espace entre chaque rang, d'axe en axe, est d'environ 3nl,60, l'allée centrale, plus large, a cinq mètres, Les colonnes ont reçu vers leur partie inférieure le cartouche de Ramsès IV, surchargé ensuite par Ramsès VI.
Salle hypostyle D 57
De môme que dans la grande colonnade, le socle des colonnes de l'allée centrale a été tranché verticalement : on a obtenu ainsi un passage de 3"', 75 de largeur. La même opération a été faite dans les allées médianes placées en face des chapelles de Ma ut et de Khonsou, de manière à ouvrir une voie de lm,78 et lm,90 et permettre ainsi le transport des barques sacrées à travers la salle hypostyle.
Ces coupures ont dû être faites sous Alexandre lorsqu'on éleva le nouveau sanctuaire et qu'on supprima les escaliers.
Contre les colonnes qui bordent l'allée centrale se trouvent des piliers en maçonnerie, et sur lesquels on a représenté le roi Amenhotep III. Il est peu probable cependant que ces piliers datent du fondateur du temple : on remarquera en effet qu'ils cachaient les cartouches de Ramsès VI, ils sont donc d'époque postérieure.
Les morceaux d'architrave en granit rose précédant les deux colonnes du milieu, portent les cartouches de Sebekhotep II ; des piliers sont placés à l'entrée des passages conduisant aux chambres de Maut et de Khonsou.
L'architrave centrale du côté de la cour avait été brisée et réparée depuis l'antiquité. On voit dans les dés qui la supportent des cavités faites pour recevoir les extrémités d'une poutre de soutien.
Autel romain. — A gauche de l'allée principale, entre les deux dernières colonnes, les Romains
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avaient construit un autel, sur le devant duquel on lit l'inscription suivante :
FORTISSIMO AC PIISSIMO