EXTÉRIEUR
Nef.
La façade dont l'ensemble est plus sévère qu'impo- Façade, sant, annonce par sa rose timide , ses trois fenêtres accolées et sa pyramide octogone latérale, l'ère de la transition du plein-cintre à l'ogive. Riche de toute la variété de cette période, elle a néanmoins perdu son effet par le voisinage d'une tour de la renaissance, aux proportions lourdes et démesurées et par la nudité où Font réduite les mutilations brutales du vandalisme. Ici , comme à l'entrée des cathédrales, on ne verra pas le jugement dernier ni l'exécution de ses inévitables arrêts , occuper les arceaux par leur tableau saisissant; ces vastes sujets n'y pouvaient être traités avec détails. Mais on voit : la sainte Trinité placée sur le tympan et entourée d'anges qui se prosternent et adorent; puis, le martyre de saint Etienne, dont les exemples parlent si é\o^ quemment à l'exorde de son temple , enfin la naissance de Jésus-Christ. Deux portes pratiquées sous ces pieuses efligies divisent le grand portail ; la menuiserie est sans ornemens, et les ferremens rappellent ceux des portes de Notre-Dame de Paris. La grille de la chapelle Sainte-Anne à Saint-Pierre de Beau vais, et la grille circulaire du chœur de Saint-Germer sont d'un style analogue et probablement du même âge. L'encadrement de la porte est formé de quatre voussures ogives à guirlande de feuilles enlablées, garnies deconfes-
seurs, de martyrs , d'anges et d'évêques. Les niches inférieures, aujourd'hui veuves deleùrs grands saints de pierre, n'offrent qu'un mur nu et plat où la main profane de la municipalité s'est avisée de barbouiller en grosses lettres son écriteau du coin des rues : Actes de r autorité publique. Les ornemens sculptés du portail sont dans an tel état de ruine que le spectateur est réduit à tout deviner, pas une tête n'a bravé la fureur des iconoclastes révolutionnaires, et les formes ne sont généralement accusées que par les brisures. La petite porte de la façade est du même style -, elle est surmontée d'une rose à bordure gtfillochée , et offre quelques traces de coloration, portail* La porte méridionale qui donne entrée dans les collatéraux du chœur, n'est qu'une simple percée, dépourvue de tout caractère , pratiquée sous une fenêtre.
Le portail septentrional mérite plus d'attention ; précédé d'un porche-auvent dont je ne sais quel délayeur de mortier s'est permis de le masquer au xvi* siècle , il a perdu tout l'effet de son ensemble et des admirables sculptures qui l'enrichissent. Ces sculptures ornent le tympan , le linteau , les voussures cintrées et les chapiteaux, représentent des griffons, des animaux fantastiques tantôt confondus daus des branchages, tantôt enlacés par les ailes, et forment ainsi des guirlandes de figurines tout-à-fait grotesques (i). Ces re-
(i) M. Charles Bazin a soumis au Comité des arts et monumens, une explication symbolique du tympan et des voussures de ce portail. Il y voit le grand tableau de la création déroulé par l'art chrétien, sans autre règle de classification que celle qui lui était dictée par le récit de la Genèse. Au centre du tympan un buste couronné,
liefs profondement fouillés et d'une exécution hardie, sont , en ce genre , la naissance de l'art ; glorieux début pour le ciseau gothique ! On remarque plusieurs tableaux de sculpture plus récente mi-engagés aux colonnes et aux murailles, mais ils n'ont aucun rapport avec le reste. Une inscription tumulaire placée à gauche de la porte (découverte par moi en juin 1840), nous apprend toutefois l'époque de la dégradation du portail dont les colonnettes furent tronquées pour servir de piédestaux à ces images. Elle est ainsi conçue :
ICY DEVANT GIT HONORA RM: FAME LAUBENCHB DE CBAIL PAME DE FEU JEHAN COUBAS QUI A DONNÉ CEST YMAGE QUI TBESPASSA LE IX e JOUR DE NOVEMBRE MIL V£L ET XIII.