‹ Notice historique sur Henri GrégoireChapitre 2 sur 7 · H. GRÉGOIRE · texte numérisé non relu

H. GRÉGOIRE

« Epique de Blois, et bientôt évêque tout court. >>>.

Un des résultats les plus précieux du voyage de Grégoire fut rétablissement d'une vaste correspondance avec les hommes les plus distingués

par leur savoir dans tous les pays , correspondance qu'il entretint jusqu'à sa mort, et an moyen de laquelle il réalisait en quelque sorte, par ses efforts, le beau projet d'association intellectuelle qu'il avait autrefois exposé dans deux discours prononcés, l'un à la Convention, Fautre à r Institut (1).

« Sous la Convention , dit-il dans un Plan (f association générale entre les savans, gens de lettres et artistes^ pour accélérer les progrès des bonnes mœurs et des lumières (2), sous la Convention nationale, pour sauver de la destruction les monumens des arts, et de la persécution les hommes qui, en France , cultivaient les sciences, les belles-lettres et les arts , l'auteur entretenait avec la plupart d'entre eux une correspondance très active, et dès lors, préludant à l'exécution de son projet, il forma des liaisons étendues avec beaucoup d'écrivains des contrées les plus lointaines. Les agens diplomatiques et consulaires secondèrent ses vues. C'est par leur intermédiaire qu'il renoua avec les Samaritains de Na-

(1) Mémoires de Tlnstitut, classe des sciences morales et paW^ tiques , 1. 1, p. 5&2 et suiv.

(2) Imprimé à Bruxelles, en 1816.

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^ 157 — plouse (r ancienne Sichem) un commerce épistolaire qui avait jadis existé entre eux et Joseph Scaliger, Ludolphe , Marshall et Hutington , mais qui était interrompu depuis cent dix-neuf ans. Les détails et les premiers actes de cette correspondance ont été publiés par l'auteur dans le tome II de son Histoire des sectes religieuses y et dans le journal imprimé à yienne sous le titre de Mines de V Orient ( Fundgruben des Orients).

<c L'importance d'une confédération générale-, et d'assemblées périodiques pour hâter le progrès des connaissances, est sentie par les bons esprits. De ce nombre est, sir John Sinclair, membre du parlement d'Angleterre, écrivain distingué par beaucoup d'ouvrages estimables. Ce savant anglais ayant invité l'auteur à développer son projet, celui-ci s'est empressé d'acquiescer à cette demande, et, après avoir communiqué son trawl à des amis éclairés , dont les observations lai ont été utiles , il le soumet au jugement du public. »

Le but que se propose Grégoire, dans ce petit ouvrage , est une organisation de la république des lettres , qui , sans faire tort à l'indé-

pendance indîyiduelle des membres qui la composent , mette un terme à l'état d'isolement dans lequel vivent, à l'égard les uns des autres, presque tous les sa vans, les littérateurs, les artistes.

«'Cette république, dit-il, admet des rangs déterminés par Tadmiration , l'estime , la reconnaissance ; mais , sans être anarchique , elle fut toujours et toujours elle doit être acéphale j dans le sens étymologique de ce mot qui exclut la do* mination. »

Il commence par établir la nécessité de relations fréquentes et régulières entre les hommes occupés de diverses spécialités, ne fùt*ce qae pour fixer réciproquement leur attention sur des documens disséminés çà et là dans des recueils dont la nature semblerait ne devoir pas les admettre ^11 cite pour exemple des détails curieux , relatife à Tagriculture et à l'industrie , dans les ouvrages des pères de l'Église , où certainement les hommes du métier ne songeraient point à les chercher. De pareilles indications ne peuvent être fournies que par i'exerpice d'une bienveillance mutuelle.

Il montre ensuite combien , malgré les corn*

munications ouvertes par rimprimerie , la connaissance des découvertes faif^es dans un |pays est lente à se propager dans les autres ; de sorte qu'au lieu de partir d'un progrès accompli , pour en tenter un nouveau , on voit souvent des savans se consumer en efforts pour parcourir un terrain déjà exploré. La diversité dés langues met un grand obstacle à la diffusion des connaissances 3 que faciliteraient des traductions , un commerce épistolaire et des communications verbales.

C'est pour atteindre ce but que Fauteur propose de fonder des réunions périodiques, les unes générales , d'autres plus particulières , dans lesquelles les savans auraient occasion de se connaître et de s'aboucher ensemble.

t On conçoit , dit*il , l'idée d'une diète qui serait la représentation œcuinénique de la république des lettres. Là se réuniraient des diverses contrées du globe des hommes versés dans toutes les branches de sciçnce et de littérature; les 1UIS5 ^^^itô avoir mission de personne , s'y rendraient par le seul attrait de s'y trouver ; d'autres comme députés d'universités, d'académies et corporations savantes; mais tous avec un *gal droit d'y siéger. Le génie qui crée , le talent

qui perfectionne, l'imagination qui embellit ^ la philantropie qui ramène tout au bonheur des hommes, viendraient y puiser une nouvelle énergie par le rapprochement des lumières et des sentimens.

<f Outre ce congrès général, chaque pays, chaque province pourrait annuellement en tenir un auquel seraient admis les sa vans étrangers. »

Il se demande ensuite dans quel lieu le congrès général pourrait être assemblé , et la ville libre de Francfort, point presque central dans l'Europe intellectuelle, lui semble offrir des avantages décisifs. Puis il indique les travaux dont on s'occuperait dans ces réunions : constatation des progrès accomplis ; position de questions dont l'éclaircissement peut ouvrir la voie à des progrès nouveaux; concours, prix décernés, etc.

Les congrès scientifiques, qui se sont multipliés en France depuis quelques années , ont réalisé , mais en partie seulement , les idées de l'évéque de Blois. L'importance acquise par ces réunions nous aurait déterminé à donner une certaine étendue à l'analyse du petit volume où s'en

trouve déposé le germe, alors même que ce n'eût pas été Tune des préoccupations favorites de Grégoire.

. Ce volume contient aussi un aperçu historique sur les essais d'associations littéraires projetées ou réalisées, en Italie, par Muratori, et en Suisse où furent tenues pendant plusieurs années les assemblées périodiques d'Olten^ enfin sur la réunion de savans français et étrangers qui eut lieu à Paris vers la fin du siècle dernier , pour fixer l'unité du nouveau système métrique.

A côté de ce plan , inspiré par l'amour des sciences et des arts , vient se placer naturellement un projet dont Grégoire fut l'un des principaux auteurs: c'est celui d'une société en faveur des savans et des hommes de lettres. Nous en avons sous les yeux le prospectus , ainsi que le discours d'ouverture prononcé par François de Nenfchàteau. Ce prospectus est signé : Amalric , François de Neufchàteau , Frochot ( préfet de la Seine), Grégoire, Lasteyrie, Lacépède et Lecoateulx-Canteleu. Les considérans expriment la douleur de voir que les ïécompenses accordées aux savans n'ont jamais éjté proportionnées I. Il

aux services rendus, et que souvent rinaouciance et l'oubli ont privé la postérité d'ouvrages précieux qu'eût produits le génie , s'il eût été encouragé à l'origine ou dans le cours de ses travaux. Le but de la société, énoncé dans ciiq articles , mérite d'être rappelé :

« t . Donner des enconragemens et des récotnpeines aux hommes de génie, anx éavans, aux anteura, avx inventeurs , aux jennes gens qui annonceraient de grands talens.

2. Les encouragemens seront répartis en raiscm oombinée du mérite respectif des individus , de rutiiliié de leurs travaux , de l'importance de leurs inveatioM , de l'état de besoin dans lequel ils se trouveront.

5. Les auteurs qui auront souillé leur plume par tes écrits tendant à corrompre la morale ne pourront participer aux avantages offerts par la société , excepté daas le cas où ils auraient réparé leurs erreurs par d'autres ouvrages contenant des maximes saines et des vérités utiles.

4. Les personnes qui seraient tombées dans Findigenoe par inconduite n'anront droit aux secours qu'après avoir donné des «preuves d'une conduite meilleure.

5. Si les fonds de la société prennent un accroissement assez considérable pour lui permettre de donner une certaine extension à ses vues de bien public y elle provoquer»

la composiâon d!ouTrages otîies aux progrès des sciences, la tradnction de bons écrits , les recherches , les expériences, les inventions, les voyages, etc., qni auront pour but le perfectionnement des connaissances humaines. »

La pensée de cette association devait avoir de l'analogie avec celle d'une sociétésuëdoise, fondée />otir arrachera V obscurité le mérite ignorjéet le mettre en évidence , société dont parle Grégoire dans un de ses ouvrages. Une brochure publiée par] lui, en 18^ : Sur la solidarité littéraire en-^ tre lessavans de tous lespays^ avait encore pouf objet l'assistance mutuelle que se doivent entre eux les hommes qui travaillent , à leurs risques et périls, ^ux progrès de la civilisation. On y remarque surtout le plan d'un asile littéraire^ proposé par deux célèbres américains, Fulton et Barlow, pour recueillir les savans de toutes contrées, victimes de l'ingratitude et de l'injustice. La dédicacé de cette brochure à M. Legendre, membre de l'Institut, qu'un ministre brutal venait de prî^ ver de la pension méritée par ses longs travail « était un à-propos plein de délicatesse.

Lorsque Grégoire revint de ses voyages , Napoléon était au sommet de sa puissance ; toute**

fois, quelques symptômes de lassitude et d'aigreur, chez la nation , ne pouvaient échapper à un œil attentif. La minorité opposante forma des réunions secrètes où Ton s'entretenait des affaires publiques, et où l'on songeait aux moyens de briser le joug impérial. Grégoire et quelques uns de ses amis rédigèrent même, chacun de son côté, des actes de déchéance motivés^ et il avait été, dit-on, résolu que , l'occasion se présentant, celle des rédactions qui serait approuvée recevrait publicité.

Grégoire n'a jamais ouvert la bouche avec nous, ni que nous sachions avec aucune des personnes qui l'entouraient, sur la part que luimême aurait prise à ces conciliabules. Seulement une de ses notes de 1814 nous dit : Depuis deux ans f avais préparé un projet de déchéance.

Nous trouvons bien en effet, dans ses papiers, un brouillon qui porte en marge ces mots : déchéance , mon projet , mais dont la rédaction ne peut pas être reportée plus haut qu'aux premiers mois de 1814. A cette date, c'était encore un acte de courage; et Grégoire, non plus que Latnbrechts et un petit nombre de leurs adhf^rens , qui d'ailleurs demeuraient dans cette

occasion fidèles au plan de conduite observé par eux durant tout l'empire , ne seront point con fondus avec les hommes qui attendirent ta chute de Napoléon pour le frapper sans danger.

Deux manières de voir différentes séparèrent alors les républicains. Ceux dont nous parlons ^ dans leur généreuse audace, pensèrent qu'une révolution intérieure en présence de l^ennemi réveillerait chez le peuple français l'élan de 92 , ou que du moins l'étranger victorieux respecterait l'expression de la volonté générale ; d'autres au contraire , jugeant qu'il y aurait imprudence coupable à semer un germe de division civile au moment où le territoire envahi réclamait la plus grande unité d'efforts , oublièr^ent toute divergence d'opinions politiques pour se rallier sous l'étendard nationaL L'histoire n'accusera jamais les premiers d'avoir failli au patriotisme , ni les seconds d'avoir manqué d'amour pour la liberté. De queji c6té se trouva une véritable intelligence de la situation? voilà donc la seule question qu'il soit permis de soulever : notre position personnelle n'est point assez impartiale pour la résoudre dans une biographie de Grégoire ; peut-être ailleurs essayerons*nous de le faire.

Le projet de déchéance rédigé par Grégoire est une diatribe singulièrement passionnée contre Napoléon , un acte d'accusation dressé ab irato; quel que soit le jugement qu'on en porte, cette pièce appartient à l'histoire du temps comme à celle de l'auteur en purticulier; c'est un document que nous ne pouvons nous dispenser de faire connaître.

tf La nation française est arrivée au dernier terme de resclavage et dn malhenr : la cause n'en est pas çroblématiqoe *, c'est l'ouvrage du chef de l'état et des npmbreox agensdn pouvoir qui lui doivent leurs places, dont il a soudoyé la perfidie par des récompenses pécuniaires et caressé la vanité par des décorations et des titres.

<c Un étranger , qui a su ^'approprier les lauriers de ses compagnons d'armes, est venu recueillilr l'immense héritage des efforts qu-une nation généreuse avait déployés pendant doute aiis pour assurer sa liberté ; le peiqple , qu'une funeste expérience aurait Au. guérir à jamais de l'idelfttrie; le peuple, éUôui des idées de gloire , ri-difiérentes dé celles de bonheur , a secondé par son apÂtine el par ses erreurs lambition la plus effirénée qui âUdésdé le monde.

« Gréé par la constitution , un corps était càargé de Vhonorable mission d'en maintemr l'intégrité*, mais à

peine elle était en activité , que Napoléon projeta de réduire le Sénat à une nullité telle qu'il ne fût que Tin^trument de ses caprices. Par son intermédiaire , il démolit graduellement tout Tédifice social : aux nominations constitutionnelles dans le premier corps de l'état, il o[qposa un nombre à peu près égal de membres « parmi lesquels cependant il en est quelques uns dont la conduite honorable a trampé ses intenticms perverses^^ par là s'explique la conduite du Sénat , dont une grande majorité perfide et Iftdie a constamment opprimé une mijMNrité peu nombreme. €ette minorité, étrangère aux faveurs du maître , el bravant ses fureurs , a conservé le courage civil et la probité politique > deux choses si rares en France et si «nécessaires aux hoonmes revêtus d'éininentes dignités.

« Dms tous les corps constitués ^^Trihunat , Corps législatif , administrations y tribunaux y il trouva des âmes vénale qqi (Consentirent à devenir ses complices -, à l'usurpation du sceptre il avait préludé par l'assassinat d un rqeton de l'ancienne dynastie, et par l'ostracisme d'un gé^inil dont la gloiitre était alors pure et sans nnage.

« .(«'éléiration de Napoléon au trône impérial , proposée par l'adulation^ procl$iinée parla bassesse, fut écoutée a^vec Videur m milieu de la çoasitemation générale v le lemps dévoilera les trames ourdies pour grossir la prétendue majorité des votes : il dira qu'aux signatures offiytespar la flatterie, ou arrachées parla terreur, on

ajouta Dumériquementy comme adhésions formeUes, lei noms de tous ceux qui avaient gardé le silence. Le jour des révélations approche , et Thistoire, contrainte de descendre de sa dignité , attachera au poteau de rinfiiniie cette multitude de députations à qui on prescrivait de venir volontairement déposer leurs hommages aux pieds do trOne-, cette multitude d*adresses de félicitations » mendiées, commandées et rédigées dans les bureaux ministériels 9 d'où elles partaient pour aller dans tons les recoins de Tempire recueillir des signatures. Le fer rouge de la vérité imprimera en caractères ineffaçables la honte sur te front de ces écrivains soudoyés , qui, en vers , en prose, et par la rédaction de feuilles périodiques , pouvant exercer une sorte de magistrature honorable , n'ont cessé de prostituer leurs plumes : ils ont sans relâche prodigué les louange^ les plus viles au despote , les injures les ptes grossières à tous les gouvememens , et récemment encore à un illustre français , dont la nation Scandinave s'ap[]llaudit d'avoir {ait la conquête.

« Jamais peut-être le chef d'un état ne fut autant que Napoléon entouré de tous les moyens propres i opérer le bonheur d'un grand peuple *, et Ton peut douter 9'il n'est pas plus coupable encore à raison du bien qu'il n'a pas voulu faire que par le mal qu'il a fait , quoique la série de ses crimes soit telle qu'il est difficile de le calomnier.

« Irrité par la seule idée que sur le globe un individu

quelconque pût entrer avec lui en parallèle -, dévoré par la rage des conquêtes, et dévorant à Tavanee toutes les ré* gions du monde pour réaliser le projet insensé d'une ino« narchie universelle , dans toute, l'étendue que comporte l'emploi de ces termes \ comptant pour rien la vie des, hommes ; résolu , s'il le pouvait , de régner sur des déserts et des cadavres plutôt que de ne pas assouvir son ambition -, sans cesse parlant de paix «et toujours faisant la guerre , il a surpassé de beaucoup tous les Attila par l'effusion du sang humain. Du fond des tombeaux , douze millions d'hommte égorgés élèvent la voix contre lui. Il semble qu'en Europe, en France surtout , les mères , les malheureuses mères n'enfantent plus que pour fournir des victimes à sft fiâroçité. Actuellement des femmes désolées et des

viâllardft sans force remplacent les animaux pour traîner la charme et tracer les sillons de leurs champs arrosés de larmes. Une proscription générale, sous le nom de' conscription , est devenue l'effroi de toutes les familles : elle arradie du sein paternel et traîne dans les camps des millier» de Français à peine sortis de Tenfance. Ils vont courir tons leadangera à la voix d'un chef qui sait fuir tous les dangers-, ils vont périr en combattant pour river leurs fers , ceoxdci leurs parens , de leurs concitoyens , et consommer h désolation du pays qui leur donna le jour.

« Le saitimeiit de nos calamités devient plus doulou* reai en pensant que Napoléon a rendu la nation française

k tons \m peapbs ehec lesquels il a porté la dé- Tistatioa , rinoewUe el le carnage. Est-il en Eorope one seule proTÎnoe qui n*ait ressenti le coiitre-*€OBp de ses attentats? est-il anafimiHé qu'il n'ait pas tourmentée , es f portant le fer lioniieide dans les champs de FAllemagae, de la Prasse, de la Russie, et de cette E^iagne qui, désolée par une guerre sacrilège , a retrouré son «itiqoe Aiergie?

« En égorgeant les peuples , quelle fut sa conduite envers leurs che6? En eux , il Toulait iie voir que des es* claies ; il eut même Finsolente prétention de l'apprendre k la postérité. Deé artistes , proft»ant fo marbre « et Tsirain » ont multiplié lesmonumens de son orgueil , monumens qao4a Tcngesnce étrangère et nationale doit réduire* en pondre. Est^H un- gouTernement^ dont il n'ait Iromfé la loyauté et trabi la «onfianoe ? quels outrages s'a-t^ii ^as prodigués à tous , et surtout an chef yénéraUe de l'église eathoKqôe ! Après l'aToir dépouillé de ses étals de la manière la plus ini^pe , il Ta trafiné m captivité de kmanièvo k plus barbare ; «t cependant que de sacr^oss araient été faits par Pie YII «n firrenr d^un homme qui , aprèfrairoiriaitle^pfophète en Egypte , oili il simulait l'attacbément à l'islamisme , Toulut se faite passer pour le restaurateur des autels en Franco » oi , ayant même qu'il ftt'élevé au consuhf;, ptusde trente mille églises étaieni onyorles au culte ! Pour la première fois, depuis rétablis^

sèment da christienLsme y on a rédigé im catéchisme tooi exprès en iàjeuT dan individu , et pour consolider Uusarpation la pins réyoltante. La religion et le clergé , avilis par lui, sont devenus des ressorts de- m puissance^ il en est de môme de Tinstruction puj^liqne y organisée de manière à jeter toutes les t^es dapa Ifi moule pétri par le despotisme pour étouCfer toutes les idéeS' libéral^. U a asservi le pouvoir judiciaire , (fx% Tindépendanee seule peut investir de la confiamie et dn respect cpi lui sont dns.

« Tandis que^ dum le sein du premier corps de l'état, il créait deux commissions dérismres^ pour la liberté de la presse et U liberté individuelle, il foulait aux pieds. Tune et l'autre : le pouvoir d'émettre sa pensée par la voie de^ l'impression était restreint , ou plutôt anéanti ^ par une inquisition qniseraît ridicule si elle n'était tortionnaire. ▲ la liberté individuelle onti succédé les arrestations acbi<traires , et une bastille détruite a été remplacée par vingt antjNS, odi gémissent encore une foule d'innocentes victimes. 1^

a La ocmstitution d^uis long-temps n'était plus qu'une eliarte destinée à pallier les inficaction9 les plus étranges^ Il eaa déchiré les derniem lambeaux en ne convo^piant pas depuis plusieurs années les corps électoraux, destinés i présenter des candidats pour le Corps législatif» Ce retard était, une hostilité évidente contre la rcyrésentatioa

nationale y et Tœavro d'iniquité vient d*étrc consommée contre ce corps augnste , par une suppression déguisée sous le nom de prorogation.

<c Le serment du chef de Pétai loi défend dimposcfr au* cône taxe directe oo indirecte , aotrement qoe par la Yoie légale ; et néanmoins il a exigé arbitrairement des sopplémens d'impôts , et récemment publié le budget de 1814. Ce dernier attentat a le double caractère do parjure et de la réTolte contre le peuple français. La constitotion qui impose des droits respectif aux gouyemans et aux gooTemés est on contrat synallagmatiqoe qo*il a foulé aox pieds. Dès lors les parties contractantes sont respectivement libres ^ dès qoe le pacte social n^existe plos , l'obéissance forcée peot encore dans certains cas être one mesore de prudence, mais non un devoir de conscience^ et Taoteor de tant de crimes qu'il serait trop long de dérouler^ se plaçant ao-dessus des lob, s'est mis loi'-mème hors la loi.

« Des hommes dont Taotorité est imposante -prétendent sérieusement qu'il est en démence ; les soubrelpbts dé sa conduite incohérente , les explosions de sa foreur et l'àcenmolation mêiàe de ses forfiûts n'offrent à cet égard que de faibles conjectures : la conduite la ploè désordonnée , la plos immorale , sobsiste quelquefois avec les talens les plos distingués. DansV^ndivido dont nous parlons, les oon^ tradiciions même se rattachent à otf plan fortement conçu*,:

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qui atteste la dépravation la plus horrible et la profanation des dons de Tintelligence : on y voit sagacité dans le choix des moyens et persévérance dans leur emploi , invariablement dirigé vers le même but ; celui de museler, d'écraser la France et les deux mondes. L'acception reçue des mots machiavélisme 9 despotisme , tyrannie ^ ne présente que les élémens informes de la science infernale dont il a perfectionné la théorie et la pratique, à tel point que jamais aucun individu n'a versé tant de fléaux sur Tespëce humaine.

« Cet état de choses ramène nécessairement Tattention sur les droits et les devoirs de la nation française dans la circonstance actuelle » sur ce qu'elle peut et doit faire pour sa sûreté et son intérêt , devant lequel s'effacent tous les intérêts individuels. Ses droits, ils sont imprescriptibles ', inaliénables , et n'ont pour limite que ceux des autres na* tiens , qu'elle ne doit jamais blesser ^ car malheur à celle qui fonderait sa prospérité sur le dés(Mrdre des autres !

« Opposerait-on à ces droits un pacte social que le silence forcé et la patience du peuple couvraient du voile de l'assentiment? ce titre est lacéré par celui qui était te plus intéressé à le maintenir. Le gouvernement agonisant de Napoléon n'était plus qu'une anarchie organisée ^o* plutôt ce gouvernement n'existe plus^ l'intérêt de la France est que ce sceptre de fer soit arraché des bhobs de celui qui ne s en sert que pour victimer le peuphé Cette

niesure , commandée par la nécessité , ne pemet ptns aucun délai *9 si qaelqa'un était encore intimidé par des nenaceSy sabjagné par des promesses ^ ébranlé par des espérances f on n'y pourrait yoir que Iftcheté y hypocrisie oa ineptie : quinze ans d'expérience ont dû détrompe^ la yenx les phis fascinés : et d'aiUeors TopposHimi aeliyeoii passive de quelques hommes pent^elle contrebalaiacer le rtBu général > qni , dans les départemens » demande m ordre de choses avoué par la jnstiee ?

<c L'intérêt des antres peuples coïncide pahhileoMiit atec le nAtre; car quel gouyernemeat pownRMl tlait^ avec un homme pour lequel rien n'est sacié , do«t k po» Ktique épuiseiont oe fue peuvent inventer la Iraiberie et la perfide 1 S'il ratait un oabinet qui pftt eMemi^ confiera ses promesses , à ses sermens^ ce cahioel (iî* sons-le sans détour et sans réserve ), ce cabinet ser^ h type de la stupidité la plus incurable ; la paix avec w homme dévoré da besoin de nuire et d'opprimer m per nk jamais qu'un annisticc , pendant lequel son lO^gneil , aigri par les revers-» aigiiîserait de nouvelles armes pmr recommeacer le carnage) dès qu'il croirait entrevoir la probabilité d'un succession existence seule n^ennca ceik de tous les gouvememens.

«Dans rimpossitttlité d'émettre collectivement son v«en y 4a natiœi^anrail pour organe le Sénat, si ce corps a'éuA réduh à la nullité. Après* avoir accepté les feis

doal ii est diargé , on hii a ôié même le droit de s'iktisëiiÈ^ Mer sans rmt^rTention du gouyememeiity sauf le» 14 et 98 de chaque mois. L'étiquette de convooatioD porte que c'est pour s'occuper d'aCEûres intérieures , ce qui exclut toute discusâoû constitutionneUey et ces prétendues àf» fittres intérieures soiit Militaient circonscrites qu'il n'a jias mftme te droit éè.s'efeiqMtir de Papplication de ises fimdSs. On aurait pu donner l'imputeiem à l'aglricuktire , àlliidus^ trie f ou doter des écéles , dies liApi^MUc , ayee léa dépenses frites pour embellir le jardin èa. LuMmbo^rg et le pett-» pler de flitatues immotades. lies droits primitifs du Sénat, ensevelis tomtËe ceux de là nation dans un fatras d(s sénatns-tottsultes soi-disant organiques , ne luilaisseiit que te titre iililsoire de\cottSierTateur ^ et d'ailteurstma tu prfieédianiflient que sa composition aotaelte repousse lovtë

« ibb si quelques membres , que Popinion fftA)liijpue « todjoitrs discernés et qù^elte environne d'estime paroa qu'ib ii'bnt jamais préyariqné , preMient Me initiative qu^proTOque la cirtxinstance làfflus impérieuse, en se dé* darttkt les interprètes de là tolonté MtiouiAe, n'aura^t^oli paa tsiison de dite qn% empruntent teurs pouvoirs de la nécesiâté qui n'a pas de loi? un si noble motif Jostifie et absout ceux qui se dëYOUènt courageusement.

« Où outragerait la nation en la mpposantcapabte de Aésavûner oti d'abandonner à la rengéance d* tjran des

hommes qui /ne so dissimulani pas le danger auqael ils s'exposent , hasardent leur ^ie pour sauTer la chose publique ^ espérons que son bras s'armera sur-le-champ pour entourer ses défenseurs» et que la/orce volera au secours de W justice. Nous n'avons plus qu'un pays^ il s'agit de recomposer une patrie. Le cri ^ citoyens de Paris retentira dans tons les départemens. Le concours simultané et surtout persévérant des diverses sections de la grande Camille assurera le triomphe des mesures qui doivent opérer la résurrection de la liberté \ l'acclamation générale entraînera les hommes méticuleux, et jusque dans le Sénat , d'autres membres probes 9 mais indécis on égarés, s'empresseront d'associer leurs signatures aux nôtresce Les alliés, arrivés aux portes de la capitale et maîtres d'une partie du territoire firançais y ont réso^ de mettre l'Europe à l'abri des attentats de Napoléon , de la rasseoir sur des bases qui en garantissent le repos et le bonheur^ ib voudraient peut-être exercer l'influence de la victcure snr notre organisation politique : mais les principes de modération qu'ils ont manifestés dans leurs proclamations » et notamment dans celle du l«r décembre 1815 à Francfort» nous assurent que, généreux et magnanimes» ils laisseront aux Français le droit et le moyen de manifester librement le vœu national » sans lequel un goiivernement serait dès sa naissance frappé du^ vice d'illégitimité. Les alliés sentùront que c'«st le seul moyen de consolider leur

ourrage : car Tadoption commandée d'un nouveau chef ne promettrait à cet état forcé qn une existence précaire ^ cette oppression nouvelle révolterait avec raison la fierté nationale qui, tôt ou tard, se réveillerait , et ce réveil serait celui du lion.

« Or y quel plan adoptera la nation ? ce n*est point à nous de le pressentir ni de le diriger ^ et quel que soit le vœu de chacun de nous pour une constitution fédérative et républicaine y assise sur la liberté la plus étendue y nous nous rappellerons 9 quoiqu'avec regret , que Solon donna aux Athéniens les lois , non les meilleures , mais les pins appropriées à leur caractère et aux circonstances du temps o il fut leur législateur.

« D^âprès ces considérations , le nom de Dieu invoqué et 80U8 ses auspices , nous soussignés y vu Furgence des drconstances impérieuses qui exige des mesures promptes pour le sahit de la patrie , interprètes du vœu national noia- Bifesté de tontes parts , déclarons ce qui suit :

1. Les sénateurs soussignés forment l'assemblée constitotionneUe du Sénat , nonobstant l'absence de ceux des nembres qui n'auraient pu, ou n'auraient pas voulu, partic^r i nos délibérations.

S, Nipoiéon est déchu du trône et de toute prétention ta gmivemement de la nation française.

3. Les pouvoirs du gouvernement sont dévolus provisoicement au Sénat, jusqu'à la cessation de Tinterrègne.

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