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Boileau, Satires , I, v

L’ÉCOLE MASSILEON

Celui-ci riposta :

Despréaux, grimpé sur Parnasse,

Avant que personne en sût rien,

Trouva Régnier avec Horace Et rechercha leur entretien.

Sans choix et de mauvaise grâce,

Il pilla presque tout leur bien;

Il s’en para avec audace,

Et s’en servit comme du sien.

Jaloux des plus fameux poètes,

Dans ses satires indiscrètes,

Il choque leur gloire aujourd’hui.

En vérité, je lui pardonne;

S’il n’eût mal parlé de personne,

On n’eût jamais parlé de lui.

Le trait est sanglant; mais Boileau ne se tint pas pour battu, et il répliqua par cette épigramme plus lourde, et qui laisse moins siffler l'ironie que celle de Saint-Pavin :

Alidor, assis dans sa chaise,

Médisant du ciel à son aise,

Peut bien médire aussi de moi.

Je ris de ses discours frivoles;

On sait fort bien que ses paroles Ne sont pas articles de foi.

Malgré la prédiction de Boileau, Saint-Pavin se convertit et mourut réconcilié avec Dieu. Dans sa lettre du 1 1 avril 1670, Guy Patin annonce que le curé de Saint-Nicolas obligea le fameux athée, avant sa mort, à employer en legs pieux le bien qui lui restait. L’histoire du xviic siècle est remplie de ces changements qui rapprochent soudainement l’âme de

GASPARD DE FIEU BET

Dieu, et la tournent, pacifiée et sereine, vers l’éternité qui s’entr’ouvre. La foi pouvait bien, pour des années même, être ensevelie sous toutes sortes de ruines. Mais un jour, elle jaillissait comme une flamme trop longtemps étouffée, et à ses clartés la vérité demeurait victorieuse.

Saint-Pavin fut pleuré par Fieubet, qui fit graver sur sa tombe cette épitaphe, où une mélancolie voilée se marie au ton enjoué à la fois et ému :

Sous ce tombeau gît Saint-Pavin.

Donne des larmes à sa fin.

Tu fus de ses amis, peut-être ?

Pleure ton sort, pleure le sien.

Tu n’en fus pas? Pleure le tien, Passant, d’avoir manque' d’en être.

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