Panégyrique
L’ÉCOLE MASSILLON
« Le confesseur extraordinaire de Mmu de Grignan, écrit Mme de Coulanges à Mme de Sévigné, le 16 septembre 1695, viendra demain me lire l’oraison funèbre qu’il a faite de ce saint homme. » Le i5 octobre 1695, Mme de Sévigné envoie à Coulanges son appréciation sur cette oraison funèbre : « Nous venons de lire un discours qui nous a tous charmés et même M. l’archevêque d’Arles qui est du métier : c’est l’oraison funèbre de M. de Fieubet par l’abbé Anselme ; c’est la plus mesurée, la plus sage, la plus convenable et la plus chrétienne pièce qu’on puisse faire sur un pareil sujet; tout est plein de citations de la sainte Écriture, d’applications admirables, de dévotion, de piété, de dignité et d’un style noble et coulant 1 ».
Anselme composa aussi l’épitaphe de Fieubet : il écrivait habilement en latin, et, après avoir prononcé l’oraison funèbre de ses héros, il résumait leurs vertus dans cette langue lapidaire dont aujourd’hui nous avons perdu le secret, mais que le xvne siècle possédait à fond. Les épitaphes de Jacques II et du maréchal de Lorges ont été traduites en vers français par le chevalier de Girardin ; un secrétaire du roi, Haudiqué, traduisit celle-ci de Fieubet :
JUSTITIAS. JUDICANTI.
Expectat hic donec veniat immutatio sua Illustrissimus vir D. D. Gaspard de Fieubet,
Consistorianus cornes ,
Theresiœ austriacœ, Ludovici Magni conjugis Cancellarius ,
Quo non liabuit