Le Maire. Paris ancien et nouveau, j 685 ; t. III
L’ÉCOLE MASSILLON
rèse1. Les écuries, les communs , s’espacaient à l’endroit où aujourd’hui se trouvent les cuisines de l’École Massillon. Au pavillon de gauche sis sur la cour, après avoir gravi cinq marches, on rencontrait le grand escalier, que Germain Brice dit « être percé fort avantageusement, orné de bustes sur les trumeaux entre les croisées2 ». Il montait jusqu’au premier étage seulement, — ce qui avait permis de disposer les appartements en enfilade ; — le plafond en était cintré avec une calotte ovale, autour de laquelle une bordure en pierre vive rappelait les armoiries des Fieubet et des Ardier. Une rampe en fer forgé et sculpté s’élevait légère et gracieuse, comme un cep de vigne qui déroule sa verdure autour d’un arbre au tronc vigoureux.
La chapelle actuelle s’appelait la salle des Glaces. Neuf grandes glaces y éclataient, hautes et brillantes; deux trumeaux, chacun de douze glaces, complétaient ce féerique ameublement. Au-dessus, la corniche de marbre renfermait les portraits des reines de France; des lettres d’or redisaient leurs vertus et leurs gloires. Les fenêtres de cette salle, qui était probablement la galerie des Fêtes, donnaient accès à une balustrade d’où l’on découvrait « de nombreux lointains richement décorés3 ».
1 . Archives nationales, O' 3714. « Trésorier général de nos maisonset finances, vous paierez au sieur de Fieubet, conseiller ordinaire au conseil d’état du Roy, notre très honnoré seigneur et époux, et notre chancelier, la somme de cinq cents livres pour son remboursement delà nourriture et entretenement d’un suisse, vestu de nos livrées, servant à la garde de la porte du logis de notre dit chancelier, pendant ladite présente année et dudit jour. 12e jour d’avril 1678, signé : Marie-Thérèse, Colbert. »