‹ Notice historique sur l'hôpital de FeursChapitre 2 sur 11 · CHAPITRE P · texte numérisé non relu

CHAPITRE P

i«a«. sèment de charité n'était-iî autre chose que la Dialadrehe de SamtrAntome , fondée, en 1284, par la comtesse de Forest, Jeanne de Montfort; quoi qu'il en soit , le titre authentique le plus ancien qui soit arrivé a notre connaissance est un terrier latin signé Ponchon, de Tannée 1420, où il est parié d'un chemin fendant de la porte de l'hôpital h la rivière de

Loise (Itcr tendf*)is de porta hospitalis ad aqxiani de LoysyJ, Dans un autre terrier, écrit en français, du i9 janvier 1555, signé Boyer, on lit que Bernard Pictre, prêtre, possède un jardin hors de la ville de Feurs, au faubourg appelé l'Hôpital, joignant au couchant le chemin puhUc tendant de la ville de Feurs à Rigny.

La maison de l'hospice était alors située dans le local, devenu plus tard le presbytère, voisin de la porte de ville à laqudle il a donné son nom, et au couchant de cette porte, mais dans l'enceinte des for«* tiûcalîons; cet emplacement est occupé aujourd'hui par les maisons de veuve Girar 1 et du sieur Miloud, en face de la porte nord de Téglise.

102». Auguste Bernard, dans son Histoire du Forez, page 268, vol. 2*, dit que» suivant un extrait d'une pouillie royale de 1647 , l'hôpital de Feurs avait alors un

revenu annuel de 4,000 livres. Je voudrais pouvoir accepter ce chiffre; mais il existe dans les archives de l'hôpital un cahier, sous la date de 1629» avec ce titre • Etat des revenus de VhôteUJHea de Fewrs, dressé par Géroffier, notaire, et recteur ^ qui porte ces revenus au chif&e de 183 livres 15 sols seulement. Ces revenus.

niB vEuàs. 3 d'après ce vieux titre , consistent : 1^ en une somme lo*^^de 115 livres 3 sols » due en rentes perpétuelles par Jean Boîchon, JeanPoncet, André Montagne, cordier à Feurs, Pierre Chassin, serrurier, Jeanne Yarillon, Robert Cliàlons, Benoit Gcrofïier, Benoit Mazet et par M. Gaude Giraud, avocat au baillage de Forez, qui a doimé 9 livres à ThAtel-Dieu de Feurs par son testament ; 2* et en une somme de 70 livres 10 sols, prix de fermage de cinq terres appelées clos Corday , la Grùmle, U Goret, Ckex-^oquet et la Makdière, le tout situé au territoire de Bigny, commune de Feurs.

Uanalyse de ce vieux registre nous montre que les revenus de Thèpital de Feurs, en 16^, ne s'âevaient qu'à 185 livres 15 sols. 11 y a loin de ce chifire à celui de 4,000 livres fixé par Bernard pour Tannée

Nous voyons plus tard qu'en 4G68 les revenus de i**®rhôtel-Dieu étaient à peu près les mêmes ; ainsi les înnneubles étaient affermés» devant Chalancon, notaire royal, le SM) décembre 1668, au prix de 65 livres, à maître Antoine Destendeau, bourgeois de la Motte, par MM. Ënnemond Loire, notaire, et Claude Lebœuf, chirurgien à Feurs, tous deux recteurs de Thôpital.

Dans une note écrite par M. Loire, en Tannée 1669, on voit que dès lors Tliôpital, comme aujourd'hui, payait les nourrices de quelques enfants pauvres, à raison de vingt sous par mots, et distribuait quelques secours en argent aux indigents malades. Dès cette époque aussi, les terres de Thospice payaient aux seigneurs les cens ou servis ;. ainsi, un des im-

1668. meubles, situé à Bigny, devait, en 1669, à titre de dimes, 5 boisseaux et demi de froment , qui étaient

rachetés à raison <riine livre chacun.

Nous venons de hre, dans la nomenclature des revenus mobiliers de l'hôpital , le don de 9 livres de rentes qui lui avait été fait par M. Giraud, avocat à Montbrison, antérieurement à 1629. C'est le nom du plus ancien donateur qui soit arrivé jusqu'à nous. Avant cette époque, toutefois, le 17 octobre 1624, M. André Fresne, par acte reçu Milhot, notaire royal h Feurs, fit donation aux prêtres sociétaires de l'église de Feurs de son domaine de la Gloriette , situé à la Salle, commune de Feurs , avec uiie clause qui pouvait, un jour, procurer un grand avantage à l'hospice; c'est que , dans le cas où MM. les sociétaires cesseraient de dire les vêpres fondées dans leur église , l'usufruit de ce domaine était donné à l'hôtel-Dieu; en 1794, la célébration des vêpres fut interrompue et le domaine vendu comme bien national.

En 164S, le 9 décembre, par acte reçu Géroffier, dame Claudine Deribe, éponse de M. Lassalle-Pellissiere, lit donation d'une somme de sia) vingts livres, pour être employée à la nourriture des pauvres nécessiteux ; cette dame mourut le 6 février 1648. A son exemple, sans doute, son mari fit, à son tour, par son testament du 17 septembre iOol , reçu Chalancon, donation à l'hôtel-Dieu de Feurs d'une somme de cent livres ; il mourut à Paris, le 4 mai lOai.

En IGiU, nouvelle donation d'un capital de UO liv. par M. Jacques Brulliot , contrôleur des rentës sur rhôtel-de-vîlle de Paris et commis à recettes du grenier à sel de Feurs,

DE FELRS. 5

En 167â, autre doDation d'une rente et pension ^•'sannuelle de 30 IWres , au capital de 400 livres , par

M"* Marguerite de la Rivi(Vo , tlauic de Pellussioux. Cette donation devint l'origine d'un procès, que l'hôpital intenta, pour refus de payer la rente, à M*^ Anne» Louise de Belcastel, demeurant à Pellussieux, ycaye et héritière de Jean-Baptiste Gaston de Monchanin, chevalier, comte de Malzac , héritier de M*"* de la Rivière. Le capital de cette rente ne fut recouvré qu^en 1744, lors (l'un règlement fait entre M. Pariât, recteur, et le marquis de Saint-Georges, propriétaire de la terre de Pellussieux.

Nous avons tu que, jusqu'à ce jour, aucune dona- loîo. tion importante n'avait été faite à l'hôpital , et ses revenus réduits à la modeste somme de deux cents

livres ne lui permettaient pas de soulager beaucoup de misères ; mais voici venir le véritable fondateur de

notre hôtel-Dieu : noble Jean lissier , seigneur du Soleillant, La Brosse etMontolivet, conseiller et maître

des eaux et forost au comté do Foroz, par son testament reçu, le 26 novembre 1071i, par Abraham de Laforge, notaire à Néronde, lègue à l'hôtel-Dieu de Feurs ses deux domaines appelés Baveret, situés à Bitïnv , d'un revenu annuel de 789 livres. Cet acte étant, pour ainsi dire, la charte de fondation de notre hôpital, nous pensons qu'il est utile de le transcrire en son entier :

c Au nom de Dieu, amen, je Jean Tissier, seigneur du Soleillant, La Brosse et Montolivet, désirant dis-

1099. poser des biens que Dieu m'a doiinés, j'ai fait de mon plein gré et avec sens et connaissances de mes ai&ires» mon testament solennel en la fonne qui s'ensuit : et ne pouvant facilement écrire, j'ai requis M'" Abraliam de Lalorge, notaire royal de Nérondc, de l'écrire, et j'ai Mi ioellui comme s'ensuit : premier, je me suis fait, sur ma personne , le signe de la croix , recommande mon âme à Dieu, prie la Sainie-Yierge d'intercéder pour mon salut , j'élis la sépulture de mon corps au-devant de la chapelle de saint Joseph érigée en l'église paroissiale de Feurs, et au tombeau de mes prédécesseurs; item, je veux qu'il soit dit et célébré pour le repos de mon ème, le jour de mon enterrement, quarantaine une grande messe de Requiem à diacre et sous-diacre, une autre qu irante jours après, une autre au bout de l'an, en ladite église, par les prêtres curés sociétaires dudit Feurs, et que chaque jour de Tenterrement et an révolu , il soit fait aumône par mon héritier de quatre-vingts bichets blé seigle, faisant en tout .douze vingts bichets mesure de Feurs, aux pauvres; item, je veux et ordonne qu'il soit dit, pour mon salut, mille messes basses aussi de Requiem le plus promptemeût qu'il se pourra, et par tels prêtres qu'il plaira à mes exécuteurs testamentaires ; item, je fonde aux révérons Pères minimes dudit Feurs , à perpétuité , une messe basse des trépassés, que je veux être dite tous les lundis do chaque semaine, à- commencer le premier lundi après mon décès et ainsi à continuer à perpétuité sans interruption ni prescription de temps : et pour ce, je leur donne et lègue la renie annuelle, perpétuelle et foncière de dix-sept livres dix sous tour-

DE F£UfiS. 7

nois, au sou principal de 580 Kvres, à moi dûe par

Antoine Bringean, assisi; et imposée sur un petit domaine appelé la Côte^ situé en la paroisse de Saint- Barthelemy-Lestra, Tendu par moi audit Bringean, par contrat reçu par M* Esparon, notaire royal , lequel je veux être remis auxdits Pères Minimes par mon héritier après nommé, incontinent après mon décès, à la charge qu'ils feront reconnaître de nouTeau ladite rente, de temps à autre, afin qu'il n'arrive pas prescriptiou.

c Item, je donne et lègue à la chapelle des Pénitents

dudit Feurs une somme de 150 livres payable sitôt mon décès , pour être employée aux réparations qui seront nécessaires dans ladite chapelle; à la charge que lesdits sieurs Pénitents feront dire, pour mon salut, dans icelle, une messe de Requiem, priant les sieurs confrères d'y assister.

€ Item, je fonde, à perpétuité, dans l'église paroissiale de Valdlles , une prébende , dont celui qui en sera pourvu sera prêtre célébrant nicsse, et de laquelle la nomination et collation appartiendra à mon héritier, à ses descendants qui porteront le nom de Tissier, et à leur défaut , aux sieurs du Rozier et aussi leurs descendants portant le même nom , et des uns aux autres» soit mâles ou femelles , à préférer les mâles aux femelles, et les ainés aux puînés ; à la charge que le prébendier habitera dans ladite paroisse de Valt;illes et qu'il dira, tous les dimanches et fêtes, la première messe dans la chapelle de Saint-Clair, à moi appartenant, érigée dans ladite église, savoir : en été entre 4 et 5 heures du matin, et en hiver à 7 heures, pour

ie9»« la commodité des habitants dudit lieu. Lesquels il exhortera, après l'évangile, de dire un Pater et un Ave

Maria à rintention de moi testateur, de défunte demoiselle Micolle Bouchand ma première femme , et de dame Marguerite Saconin à présent mon épouse ; et de plus, célébrera ledit prébendicr deux autres messes de Kequiem, toutes les semaines, savoir : le mardi et le samedi, pour le repos de mon âme, de celle de ladite défunte et de celle de ladite dame de Saconin. Que si ledit prébandiiT vient à être pourvu de quelqu'aufre bénéfice, eu ce cas, il sera permis d'en nommer et pourvoir un autre en sa place , par mon héritier et autres descendants, à la forme susdite ; que si mon héritier et descendants n*en voulaient pourvoir un autre, sera loisible au sieur curé de ladite paroisse, conjointement avec les luminiers et habitants d'îcelle, d'en nommer un. Et pour raison de laquelle prébende et entretien du prêtre prébendier qui en sera pourvu, je donne et lègue mon domaine du Tatier, situé audit Valeilles , consistant en bâtiment et maison , grange , étable, terres, bois et autres dépendances, garni de bestiaux et semences , à la forme qu'il se trouvera à mon décès, dont sera fait inventaire, et le sieur prébendier tenu de s'en cliarger, pour être conservés et rendus aux sieurs prébendiers qui succéderont des uns aux autres à perpétuité, en sorte que le domaine demeure toujours garni de ses bestiaux et semences ; outre quoi, je donne pour ladite prébende une terre de la contenance d'environ une septérée, que je distrais par le présent de mon domaine Domingeon, situé sur la paroisse de Valeilles, joignant à la terre de la cure du-

DE FEURS. 9

. dît Valeilles de matin, à la terre de Jean Gonin-Mong}r aussi de matin , mes terres ei bois appelés les Pressia

de soir el l)ise, et h choinin de Valeilles à Sury ou h la Pradelièrc de midi ; plus une vigne, sise au Vignoble et paroisse de Pouilly , au pont Stamrambo , de la contenue d'environ dix joumalées, joifînant les vignes de M. le mar(|uis de Pellissac de nialiii , la terre appelée Pré-du-Treuil, do M. de Rocliefort-Lavorette de Tent, et le chemin de Pouilly à la Tuillère de soir, sauf y)lus vrais confins; lesdits fonds chargés de leurs simples cens et servis et autres droits seigneuriaux non arréragés jusqu'à mon décès ; plus^ je donne à ladite prébende la rente annuelle et foncière de trente-sii livres onze sous , à moi dùe par Claude Cambray dit Le Ray, dudit Valeilles, pour vente de fonds , par contrat reçu M' Géroffîer, notaire royal, lequel je veux être remis audit sieur prébendier, à la charge aussi de la faire reconnaître de temps en temps par les débiteurs; et si elle était rachetée, d'employer le sou principal sur bons et suffisants fonds, pour en être les fruits perçus [)ar ledit prébendier, et de dûment ménager et conserver le tout ; et de tous lesquels héritages et pensions les prébendiers jouiront toujours , perpétuellement, et consécutivement des uns aux autres, en faisant les ibnetioii^ ^usdites.

« Item , je donne et lègue à l* hôpital de Feurs mes c deux domaines appelés Raveret, joints ensemble, € situés au lieu de Bigny, paroisse dudit Feiin^ co/i- €.sistant en bâtiments divers, prés et chambons et < autres dépendances, lesquels le sieur Feillardm timt € à présent en ferme, au pria> amuel de 789 livres, ,

10 BÔPTTÂL

i«f « chargés aussi des ninpJes cens et servis, dus, et au- € ires droits seigneuriaux non arréragés jusq^à mon

€ déch, lesquels je veuo) être remis et relâchés, sitôt « mon décès, audit hàpital, garnis de bestiauaa, jusqu'à € la somme de SOO livres, et aussi de leurs semences, c suivant que le fermier peut en êtreéhargé, pour en « jouir par ledit hôpital à perpétuité, à la charge de c tenir et avoir ordinairement, aussi à perpétuité, dans c ledit hâpitàl, huit pauvres malades, soit dudit lieu € de Feurs ou autres, lesquels seront nourris, aUifienfés c et traités jusquâ guérison,- et pour cet effet, les € recteurs d^icdui tiendront deux femmes veuves, c âjées^ pour servir lesdits pauvres, et tant que le re- € venu desdils domaines pourra suffire; et, à mesure c que lesdits pauvres guériront et qu'on ks mettra hors € dudit hospicê, on en prendra, à même temps, iauF- € très à leurs places, en sorte que le nombre de huit

< soit toujours complet. Je nomme pour recteurs à per^

< pétuité dudit hâpiteU et exécuteurs de ladite fondai € Item MM. les curés dudit Feurs, consécutivement les « uns aux autres, avec un officier on bourgrois dudit € Feurs , lequel officier ou bourgeois sera nommé de € deux ans én deux ans, par assemblées des habitants € de la ville, et prie MM, les recteurs et admmistrar- € teurs de ladite ville d'avoir la bonté de tenir la main € à ce que ladite fondation soit bien exécutée, et leur

. € donne pouvoir de faire rendre compte, de deux m € deux ans , du revenu desdits domaines et de la dé-- € pense qui se fera pour V entretien desdits pauvres, » € Item» je donne et lègue à demoiselles Mioolle et Madeleine Mayosson mes nièces» à chacune la somme

DE FSURS. 11

de deux mille livres tournois, payables lorsqu'elles se

njdrieront ou seront en âge d'en passer quittance valable.

€ Item, je donne et lègue à demoiselles Gabrielle

el Marguerite Tissier, aussi raes nièces, à chaeune pareille somme de deux mille livres tournois, payables lorsqu'elles se marieront ou seront majeures , à la charge qu'elles ne feront aucun procès à mon héritier, pour raison du compte qui doit être rendu de la gestion et administration que j'ai eue de leurs personnes et biens, pour le manqument de quelques diligences que je n'ai pas lait faire , ledit manquement n'étant proveiui que pour leur éviter des frais et dépenses qu'elles auraient supportés, et qu'elles se tiendront au compte qui leur sera présenté, et au cas où elles le voudraient débattre, et brouiller mondit héritier, dès à présent, lesdib legs dtuieurent pour révoqués et comme non faits, et ne leur en sera payé aucune chose.

« Item, je donne et lègue à demoiselle Madeleine Tissier, ma sœur, la rente annuelle el perpétuelle de cent livres, à moi due par Âymard-Jean Pictre, de la paroisse de Virigneux , en principal de 1,800 livres, par contrat reçu Javogue, notaire royal à Bellegarde, lequel je veux être remis à madite sœur, sitôt mon ' décès, pour exiger le paiement et au premier terme qui échéra.

« item , je donne et lègue à Alexandre Bouclon, mon domestique, la somme de cent livres , payable sitôt mon décès.

« item, je donne et lègue à Gaspard Mercier, mon

il HÔPITAL

im. yalel, autres cent Knes , outre ce qui lui est dû de

salaire.

« Item , k Jean Gay , aussi mon valet , dix livres toonuMs, aussi outre son gage , payables sitôt mon dée6s.

€ Item, je donne et lègue à Jeanne Boissonnet l'ainée la somme de dix livres.

c A Jeanne Boissonnet, la jeune» ma servante, la somme de cinquante livres, pour récompense de service, outre son salaire.

c Plus, je donne à Marie, d'Hauterivoire, aussi ma servante, la somme de dii livres tournois, outre son gage. A tous lesquels valets et servantes, ainsi qu'à ladite Boissonnet l'ainée, je veui lesdits legs être payés sitôt mon décès.

< Item , je donne et lègue à mon laquais , vulgairement appelé La Joie, la somme de trente livres, pour être employée à lui Mre apprendre un métier ou autrement, comme il trouvera à propos, et payable sur sa quiUance, lorsqu'il le désirera.

c Item , je donne et lègue à .Jacques et MicheUe Jacquemet, frère et sœur orphelins^ à chacun la somme de cinquante livres, payables lorsqu'ils se marieront ou seront en âge d'en passer quittance valable.

c item, je donne et lègue à M. Jean Kadisson, notaire royal, résidant à Feurs, pour les services qu'il m'a rendus, la quantité de huit septiers neuf bicbets de seigle, qu'il me doit par obligation, laquelle je veux lui être rendue sitôt mon décès ; plus, je lui donne et remets, à prendre chez les sieurs Jean et Louis Chavand, la quantité de trente-quatre bicbets blé

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seigle, . qu'ils me doivent aussi par obligation» que je ^^'**

veux lui être remise pour en exiger le paiement desdits frères Chavand» ainsi qu'il verra et sans garantir-maintenir.

€ Item , je donne et lègue à Marie Radisson , ma fiMeule, fille dudit Jean Radisson, la somme de trois cents livres, payable lorsqu'elle se mariera ou sera majeure.

« Item, je donne et lègue à ladite dame Marguerite de Saconin, mon épouse» à savoir : tous les immeubles, meubles et domaines que j'ai dans le Roannais, situés aux lieux et paroisses de Renaison et de Saint- Germain, appelés de Montolivet, avec les domaines , papeieries et généralement toutes les dépendances; comme encore ma maison , oii je suis présent^ent

détenu iiialiu](*, sise au faubourg de la porte de Lyon, avec les étables, j.irdin, et autres bâtiments qui en dép^dent; aussi tous les meubles meublants que j'ai dans lesdits bâtiments et héritages, toute ma vaisselle d'argent, h la forme qu'ils se trouveront dans lesdits bâtiments lorsque je décéderai, avec pouvoir de rete- . nir ladite vaisselle d'argent en quelque part qu'elle soit; lesdits héritages chargés de leurs simples cens, servie et autres droits seigneuriaux non toutefois arréragés jusqu'à mon décès. Plus , je lui donne mon carrosse, avec mes deux meilleurs chevaux de carrosse, deux des meilleures vaches que j'ai au Soleillant, et les deux meilleurs lards qui sont audit château du Soleillant, et aussi une des balles de chanvre que j'ai en cette maison , et que Je veux qu'elle puisse s'en saisir, les prendre, .jouir et garder pour en dis-

>t». poger par eOe comme de choses à elles domiées et inoommutablement acquises en toute propriété, en vertu du présent; à la charge aussi qu'elle payera treize cent trente^trois livres, ou quoi que soit, la lente qui en est due aux révérends Pères Minimes de Roanne, hjrpothéquée sur les biens de Montolivet, non toutefois arréragés jusqu'à mon décès; moyennant lequel susdit don et légats de tous lesdits bien ci-spécifiés, ladite dame ne pourra prétendre paiement, ni rien demander à mon héritier des sommes, deniers et avantages que je lui ai donnés et faits par notre contrat de mariage, reçu par ledit M* de Laforge comme notaire royal.

€ Item, je donne et lègue à tous mes autres parents et prétendants droit en mes biens» à chacun cinq sous, payables sitôt ihon décès.

€ Tous lesquels susdits légataires, et chacun et chacune pour les sommes et héritages sus-spéciâés que je leur ai donnés, je fais et institue mes héritiers ou héritières et légataires particuliers.

« -Et au résidu de tous mes biens meubles et immeubles desquels je n'ai ci-dessus testé, je nomme et institue pour mon héritier universel Tenfant postume dont ladite dame de Saconin peut dès à présent ou pourrait ci-après être enceinte de mes œuvres, et où 9 y aurait deux enfonts, je les institue pour mes héritiers par moitié et égale portion, et où il surviendrait que j'aie plus de deux enfants , je veux et entends que les autres, après les deux premiers , aient leurs droits et légats suivant la loi et valeur de mes biens, et qui leur seront payés par mon héritier ou héritiers.

DE FEUBS. 15

lorsqu'ils seront majeurs ou qu'ils se marieront , et mv**

comme sera plus amplement réglé par mon exécuteur testamentaire ci-après nommé, auxquels j'en donne plein pouvoir et puissance» et audit cas que j'aie un ou plusieurs enfants qui viennent en nature et qui puissent rocuoillir ma succession, je révocjuo tous lesdits légats que j'ai ci-dessus faits à mes nièces et sœur, lesquels elles ne pourront exiger. Et pour être connus de mon vaillant, à savoir : de mes effets mobiliers en mon château du Soleillantet domaines ci-j oints et non ' donnés et légués, je requiers à ce qu'inventaire en soit fait, sitôt mon décès, par M. Montagne, capitaine de Sury-le-Bois, où sont silue^ lesdits domaines et château » en la présence de Jacques du Rozier, écuyer seigneur dudit lieu^ lequel je nomme et requiers d'être mon exécuteur testamentaire, et auxquels sieurs Mon* tagne et du Rozier, pour leurs vacation et peine , je donne la somme de deux cents livres à chacun, et à prendre sur les plus clairs de mes biens pour une fois.

c ïéi où je n'aurais aucun enfant qui puisse recueillir ma succession, j'institue ou nomme pour mon héritier universel , à leur défaut, M. Guillaume Tissier, mon

frère, lieukiiant de la chàtellenie royale audit Feurs, lesquels biens je veux lui appartenir de plein droit d'héritier ; et seront mesdits héritiers tenus de payer et supporter toutes lesdite» charges et légats, aux charges et réserves toutefois ci-dessus et d'accomplir mon intention selon que j'ai ci-dessus exprimé et qu'il se pourra et devra de droit.

• Et au cas que mon frère ne veuille pas accepter

mon hoirie parement et simplement^ comme je le veux et désire , je Tenx et entends que Jean -François

Mayosson, mon neveu, fils de noble Louis Mayosson et de ladite demoiselle lissier, ma sœur, soit mon héritier universel, et lequel, audit cas, je nomme à Texclusion de mundit frère et aux charges ci-dessus.

< Et, après avoir lu et relu ledit présent testament, persistant au contenu d'îcelui, je casse, annule et révoque tous autres testaments, codidles, donations et actes à cause de mort que je peux avoir ci-devant faits, voulant que le présent seul vaille par droit de testament solennel ou autrement, ou par droit de codicile, fidéi- commis et par tous autres meilleurs moyens que testament et dispositions de dernières volontés peuvent et doivent valoir, priant tous messieurs les officiers et magistrats de justice de le maintenir ci l'a ire subsister.

« Et ai signé de ma main le présent, écrit de celle dudit de Laforge > auquel je veux , ouverture faite d'icelui, qu'il soit remis, pour en faire les eipédîtions à qui il appartiendra.

€ Fait en ma susdite maison, au faubourg de Feurs, ce jourd'hui dimanche , vingt-sixième novembre mil six. cent septante-neuf. — Signé : Tissier.

€ Scellé et enregistré à Feurs, le cinquième décembre mil six cent 8eptante-*neuf. — Signé : Plaisakçon. »

Ce testament , par la clarté et la sagesse qui ont présidé à toutes ses dispositions, nous fait connaître le seigneur du Soleillant, plus remarquable par sa piété, sa générosité envers ses nombreux domestiques.

DE FKtmS. 17

sa bienfaisance envers les pauvres, que par la grande fortune dont il jouissait dans les cantons de Feurs et deRenaison. On cherche vainement aujourd'hui, dans le faubourg Saint-An(oin(î à Feurs, la maison où s'est écoulée Texistence si large du seigneur du Soleillant, et dans Téglise de Feurs la chapelle de Saint-Jacques où ses restes furent déposés dans le tombeau de ses ancêtres. M. du Soleillant devait être un très-riche seigneur de l'époque » à en juger par ses nombreux domestiques et surtout par le carrosse mentionné dans son testament. Car une voiture était alors un meuble si rare, que Saintr-Foii, écrivain du xvii* siècle, a cm devoir conserver les noms de quelques personnes , autres que les princes, qui possédaient alors des voi- . lures à Paris ; il cite le maréchal de Bois-Dauphin, le duc d'Ëpemon et le président de Thou, les autres se servaient de litières. La famille du Soleillant, dont la descendance màle est éteinte depuis longtemps, survit à peine dans un rejeton sans enfant, marié, à Paris, avec M. le comte Suffren de Menon. Mais le bien&it et le souvenir du bienfaiteur subsisteront longtemps dans nos contrées.

Les domaines donnés par M. du Soleillant avaient été acquis par le donateur des frères Jean et Etienne Raveret, dont ils portent encore le nom, par acte reçu Milhot, notaire à Feurs, les 14 et 30 mai 1650 et 13 juin 1641 ; ils étaient réunis, en 1679, en une seule exploitation et affermés au sieur Yeillardon, au prix annuel de 789 livres.

M. du Soleillant mourut peu de jours après son testament, sans laisser d'enfants de ses deux mariages

i«8o. avec demoiselles Nicolle Bouchand et Marguerite Sa-

conin ; son frère Guillaume Tissier , lieutenant de la cbàtelleaie royale de Feurs, fut son héritier.

Cet accroissement subît des revenus de Vhôpital,

qui par une seule tlunalion se trouvaient élevés do deux cents livres à mille livres, imposaient de nouveaux devoirs aux recteurs. Aussi , le 27 décembre 1680 , une assemblée générale des habitants de Feurs, convoqués au son de la cloche , à l'issue des "vc^pres , fut tenue sous les halles de la boucherie, lieu ordùaaire des assemblées, sous la présidence de noble Jacques du Vemey, seigneur de la Varenne, conseiller du roi, capitaine chàtellain de la chàtellenic royale de Feurs, écuyer et maitre des requêtes de monseigneur le duc d'Orléans. Parmi les membres présents, nous voyons figurer, en première ligne, noble Guillaume Tissier, seigneur du Soleillant , frère et héritier universel du donateur;^ après lui viennent : Jean-Marie Farjot, curé, Antoine Porte, Pierre Girard, Pierre Jacquelin, Jean Pastoral , tous prêtres sociétaires de Téglise; Jacques du Rozier, écuyer et seigneur dudit lieu; noble Jacques du Yemey, médecin; Guillaume Rigaud, Goichard et Christophe Baudillard frères, André Lebœuf, de Beauchamp, Mich(^l Perouuet, Germain Veillardon, Grégoire Relave, Rollin Thillon, Jacques Valier, Simon Merle , Jacques Bodard , Jean Porte, Pierre Julien, Jacques Dupont, Denis Poncet, Claude Vemey, Jean Radisson , Imbert Rerlhier, etc. , etc.

11 fut résolu dans cette assemblée^ et sur les propositions du seigneur du Rozier, agissant comme exécuteur

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DE FEURS. 19

testamentaire du seigneur du Soleillant, qu'on ôtiibli- i^s^fait dans l'hôtel-Dieu de Feurs, des filles de la charité,

qui sont sous la direction de MM. de Saint-Lazare de Paris, par la raison qu'outre les secours qu elles donnent aux pauYres malades, elles instruisent encore les jeunes filles indigentes. Dans la même assemblée , furent nommés recteurs et administrateurs de l'hôpital : le seigneur du Rozier, le seigneur de la Varenne et le sieur Radisson, notaire, avec pouvoir de passer tous actes et contrats avec MM. de Saint-Lazare et autres, fournir aux frais de voyage des filles religieuses et de faire tous règlements conYenables avec leurs supérieurs.

Les seigneurs du Rozier et de la Yarenne administrèrent l'hôpital naissant avec beaucoup de zèle, le prenÛOT jusqu'en 1697, et le second jusqu'en 1704.

Tout était à créer dans cette nouvelle administra- lesii* tîon, et en même temps que les nouveaux recteurs faisaient des démarches pour appeler à Feurs les filles

de Saint-Lazare, ils s'occupaient d'approprier le local à l'établissement des huit lits fondés par le seigneur du Soleillant. Ainsi, Tannée suivante, le 9 mai 1681, ils acquirent, devant Radisson, notaire, de dame Louise Pauche, veuve de Barthélémy Dupont, bourgeois de Feurs, au prix de 200 livres, une maison, confinée au nord et au couchant par les bâtiments et le jardin de l'hôtel-Dieu, et au levant par la rue de l'Hôpital, , et y firent construire une salle de 50 pieds de longueur» dont on voit encore les belles proportions sur un plan de la ville de Feurs , dressé, en 1768, par le

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1669. sieur Brissat, et déposé aux archives de la mairie par M. MoDdoD» en juin 1857.

Les administrateurs rencontr(Vont chez MM. de Saint-Lazare des obstacles qu'ils ne purent surmonter, et après bien des démarches infruetueiises, ils durent renoncer à leur premier projet et confier le soin de leurs malades , au milieu de l'année 1687 , à deux saintes filles de Feurs, nommées Jeanne Perronnet et Denise Lapra, sœurs lais, sous la direction de dame Marie Guyot, de Néronde , religieuse de rhôtel-Dicu de Lyon ; et le 3 avril 1689, devant M* de Laforge, intervint un acte entre ces trois^ religieuses et M. Jean- François Duguet , curé de Feurs , docteur en théologie , écuyer , Jacques du Rozier et Jacques de la Varenne, portant engagement par les sœurs de soigner les malades, comme elles le font depuis plus de dixhuit mois, et parles recteurs de pourvoir à leur entretien et de leur payer en sus 25 livres de gage par an. La sœur Denise Lapra était spécialement chargée de la pharmacie et du pansement des malades. Ces deui saintes femmes ont bien rempli leurs engagements ; elles servaient encore les malades en 1723, et nous ' Terrons BiM*^ Thoinet et de Carville témoigner de leur estime pour ces deux sœurs en leur léguant une pension. Sœur Jeanne Perronnet liiourut le 25 mai 1742, après cinquante-cinq années employées au soulagement des pauvres. C'est une des plus longues carrières de dévouement que nous présentent nos archives.

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