CHAPITRE IIK
Donation par M-* de Carvillr noe du Vcrncy, 1723. — M. Cliambon, curé de Feurs, 1726. — L'hôpiîal c?t ronflé atix bospitalièrps de Salnl- Augustin. 1726 — M— de la lioriiarv. priciiit', 1726, — M" Guillet, prieure, 1729. — Règlement du i'ailcnicat de Paris, 1735. — Kouvelle urganisation. 1735.
Nous yoici arrivés à la donation la plus importante qui ait été faite à l'hôpital depuis celle du seigneur du Soleillant, à celle de M"* de Carville , dont le nom est si populaire à Feurs qu'il a passé pour celui de la fondatrice de l'hôpital • Si des recherches minutieuses nous ont fait connailre son existence bien antérieure à celle de cette dame , et nous ont permis de rendre à chacun le mérite de sès œuvres» la part de M"* de Carville reste bien assez belle parmi les bienfaiteurs de notre hôpital , sans craindre de raffaiblir en lui enlevant l'honneur de la fondation.
Nous avons vu que Denise du Verney , après la mort de son premier mari , Jacques du Verney, seigneur de la Varenne, passa, en n07, k de secondes noces avec le chevalier de Carville. Après la mort de ce dernier, arrivée en 1722» M"* de Carville songea à
938. se retirer du monde; mais, avant elle lit deux parts» tant de ses biens paternels que de ceux dont elle ayait hérité parles testaments des seigneurs de la Varenne et de Carvillc , l'une pour sa nièce Claudine du Yerney, mariée à noble François Gérentet» conseiller du roi et son médecin en la ville de Monfbrison , et Taulre pour les pauvres de Feurs ; à la première elle donna, par acte entre vifs, devant M' Orlando , notaire à Lyon, le 9 juillet 17^, le château de la Varenne , avec le domaine appelé de la Grande- Varennc et le moulin conligu ; aux. pauvres elle donna , aussi par acte entre vifs, reçu par le même notaire le 7 juin de la ihême année, tous ses autres biens qui consistaient : V en une maison à Feurs , avec un jardin et toutes ses dépendances. (Cette maison située sur la rtie de la Sorcellerie , qui tend de la place Grenette & celle du Puits^de-rAuIne, prenait quelques jours sur In première de ces places et avait son jardin, écurie et dépendances sur la rue de la Boiterie ; ces désignations ne peuvent s'appliquer qu'à Tancienne maison Rochefort , occupée aujourd'hui par les sieurs Boissonnet, Philibert, Maillard et Rang.)
^ Une petite maison et jardin situés dehors la ville
de Feurs, au lieu appelé h Fonl-qui-Pleut. (Ce bâtiment, après avoir longtemps servi au recteur des écoles gratuites, rétribué par la. générosité de M'"'' de Carville, tomba en ruines, et, le 5 janvier 1750, le jardin fut vendu à Jean Chartier, au prix de 540 livrer.)
3*" Une autre maison appelée du Grand-Jardin ,
VE FEURS. * 39
aussi sitaée hors de la ville, atee un pigeonnier» six itM* métérées de terre à froment et deux prés. (Ces immeubles, appelés plus tard clos Tricaut, furent vendus en détail, en 1780 et 1785, pour faciliter l'ouverture delà route qui tend de Téglise à la Loire.)
4* Et cinq domaines situés aux environs de Feurs, appelés : la Barre, Putel, Gharvin, Petite-Vare/me et Pouilly*
Les revenus de l'hôpital , avant cette donation ,
s'élevaient à 1,570 livres; les biens seuls donnés par M*"" de Garville produisaient alors 1,8^1 livres.
Cet acte, qui, en augmentant dans de si fortes proportions les ressources de Thopilal , permit de lui donner une nouvelle et meilleure organisation, nous a paru trop important pour ne pas être transcrit dans son entier^
€ Pierre Demasso , chevalier, seigneur de la Perrière, de Lissieu et du Plantin , sénéchal de Lyon , savoir faisons que, pardevant les conseillers du Roi, notaires à Lyon, fut présente dame Denise du Yerney, veuve de messire Jean Barjot, chevalier, seigneur de Carville, demeurant dans la ville de Feurs en Forest, étant présentement en cette ville, laquelle ayant considéré depuis longtemps les grands biens que fait rhèpital de Feurs dans la ville et dans la paroisse, et ceux qu'il fera dans la suite , lorsqu'il y aura audit hôpital des filles de la charité en suffisant nombre, et ladite dame de Carville souhaitant d'y contribuer, elle a volontairement donné, par donation entre vifs et irrévocable, audit hôpital de Feurs, lesdits notaires
40 vèmkh
1923. acceptant pour messieurs les recteurs dudit hèpital» lesqods accepteront mcessamment la pr^ente donation par acte en bonne forme, et en remettront expédition à ladite dame de CarYiUe , pour son entière eiécation ;
c A sayoir : une maison où ladite dame de Garyîlle
demeure en laiiUe ville de Feurs , arec un jardin et toiites ses autres dépendances ; une petite maison et jardin situés dehors la ville de Feurs» au lieu appelé la Font ' qui -Pleut ; une autre maison appelée le Grand-Jardin, aussi sise dehors la ville, avec un pigeonnier garni de pigeons , six métérées de terre à froment on chanvre oontîgus à ladite maison, et deux prés peu éloignés dudit ténement de terre, et dont les foins servent à 1 usage de la maison de ladite dame; comme aussi cinq domaines situés aux environs dudit Peurs, appelés les domaines de la Barre , le domaine Putel , le duiiidine Cliarvin, le donuiine de la Petite-Yarenne et le domaine de Pouiliy , dont la maison est située dans la ville de Pouilly-les- Feurs, avec les jardins, terres, prés, vignes et bois, et les étangs apoissonnes ou non apoissonnés , s'il y en a qui ne le soient pas , et autres fonds dépendant desdits domaines , sans aucune exception , ensemble les cuves , tonneaux , meubles et linges étant dans ladite maison de Pouiliy, et les bœufs, vaches, chevaux et brebis qui sont actuellement dans lesdits domaines» sauf toutefois le profit ou la perte sur le cheptel du bétail qui regarde les grangers , suivant les baux et conventions iieutes avec eux. De plus, ladite dame de Carville donne audit hôpital ses meubles et effets
DX FEURS. 41
étant dans ladite maison de Peurs» à la réserve toute- ivis* fois de ceux qui sont dans sa chambre ayant Tue sur
la cour et sur la rue, et de ceux étant dans les autres appartements de ladite maison, qu'elle trouvera à propos de choisir, soit pour son usage, soit pour les donner à qui et quand <He voudra, se réserva ni aussi sa vaisselle d'argent dont elle pourra pareillement disposer, de même que de son argent comptant» Gomme eneore ladite dame donne audit hôpital le vin , les grains et autres denrées qui se trouveront dans lesdits maisons et domaines, lorsque lesdits sieurs recteurs en entreront en possession; jusqu'à ce temps ladite dame pourra disposer desdites denrées ainsi que bon lui semblera ; pour commencer à jouir par lesdits sieurs recteurs dudit hôpital de Feurs des susdits maisons et domaines et de leurs dépendances au premier novembre prochain, et des meubles delà maison de la ville de Feurs dans le temps que ladite dame trouvera bon de les leur remettre.
« Ladite donation faite aux charges , réserves et conditions suivantes :
c Premièrement : ledit hôpital supportera toutes les charges imposées sur lesdits maisons et domaines ; par exprès, il sera tenu de délivrer annu(;lleraent deux années de vin au maître d'école qui instruira les garçons dudit PouiUy , ainsi que ladite dame s'y est engagée par acte devant notaire : comme aussi de payer la rente annuelle de dix-huit livres, dont ladite dame a été chargée par ledit seigneur de Carville, son époux, par son testament du 3 mars 1722, reçu par M* Rigaud, notaire royal audit Feurs, pour Texercice
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19 sa. (ie la préparation à la bonne mort, qui sera fait k perpétuité par M. le curé de Feurs» ou par td prêtre qu'il Youdra choisir, dans la chapelle dudit hôpital, le premier lundi de chaque mois, ainsi qu'il se pratique dans l'église de la Propagation de la Foi de Lyon, suiTant les intentions dudit seigneur de Carville.
« En second lieu : lesdits sieurs roctciirs dudit hôpital appelleront et recetronl , audit jour premier novembre prochain , trois filles de la charité établies à Paris, faubourg Saint-Lamrent, qui sont conduites par M. le supérieur général de la Congrégation de la Mission, pour servir les malades dudit hôpital» auxquelles on fournira tout «i qui est néce^re pour leur nourrilure, entretien, meubles et livres, comme l'on fait dans les autres hôpitaux oà elles sont établies, et lesquelles pourront se nourrir séparément et se conduire suivant leurs rè^es, sans qu'on puisse les gêner pour cela, même ledit hôpital payera les frais de leur voyage ; et d'autant qu'il y a audit hôpital trois filles qui y ont servi jusqu'à présent fort utilement , dont il y en a deux avancées en âge , ladite dame de Carville veut et entend que lesdites trois anciennes sœurs dudit hôpital se limitent à prendre soin de l'école des pauvre» filles dont ledit hôpital est chargé , et ([u'ellrs n'entrent point en ce qui regarde la conduite des mala40S, qui doit être confiée entièrement aux susdites somrs de la charité; bien entendu néanmoins que lesdites trois anciennes sœurs dudit hôpital continueront d'y être logées , nourries et entretenues, sans qu'on poisse rien leur refuser de tout ce qui leur sera nécessaire» ^ santé qu'en
m vstms. 43
maladie» outre les rentes dont sera parlé ci-après qui. leur seront fiayées jusqu'à leur décès; auquel temps lesdits sieurs recteurs dudit hôpital seront tenus d'appeler deux ou trois filles de la charité , soit pour servir les malades conjointement avec les trois autres filles de la charité , soit pour tenir l'école des filles de la ville de Feurs ; et comme une des principales considérations qui ont porté ladite dame de Carville à faire la présente donation audit hôpital est d'7 attirer lesdites filles de la charité , elle charge lesdits sieurs recteurs de ne rien oublier pour que cola s'exécute dès à présent et à Tayenir» et à cet effet d'employer, si cela est nécessaire, l'autorité de monseigneur Tarciicvt'ique de Lyon , et de faire tout ce qui dépendra d'eux pour lever tous les obstacles qui pourraient Tenir de la part de MM. les supérieurs desdites filles de la charité ou d'autres personnes ; et, où il arriverait que, nonobstant tous les soins desdits sieurs recteurs, il ne leur serait pas possible, dès à présent ou dans la suite» d'avoir audit hôpital des filles de la charité, en ce cas, et non autrement, ladite dame de Carville entend qu'il y ait toujours audit hôpital six filles comme celles qui y sont à présent, soit pour la conduite des malades, soit pour tenir l'école des filles, et à l'égard desquelles lesdits sieurs recteurs en useront de même qu'ils font actuellement pour lesdites anciennes filles; Fintention de ladite dame de CarviUe étant que celles qui pourraient être reçues audit hôpital, à défaut des filles de la charité, ne soient point de la ville ni de la paroisse.
En troisième lieu : hdite dame de Carville se ré-
If sa. serre d'aller loger, lorsqu'elle le soahaitera, dans la
maison dudil hôpital , où lesidits sieurs recteurs lui donneront un apparlemeni convenable , tant pour die que pour demoiselle Elisabeth Beaupoy, fille demeurant avec ladite dame» dans lequel appartement elle fera porter ceux de ses meubles et effets de sa maison de Feurs dont elle s'est ci-dessus réservé Tusi^ et la libre disposition, et j restera jusqu'à son décès, si bon lui semble ; entendant ladite dame que • tant elle que la demoiselle Beaupoy seront nourries et entretenues aux frais dudit hôpital, jusqu'à leur décès; et que lesdits sieurs recteurs auront attention que les choses se fassent avec bon ordre et l'honnêteté requise, en santé et en maladie; se réserve en outre ladite dame de Garville une rentie annuelle et viagère de la somme de mille livres, qui lui sera payée par lesdits sieurs recteurs , en quatre payements de deux cent cinquante livres chacun, de trois en trois mois, à commencer le premier payement le premier février prochain , et continuer toujours de trois en trois mois consécutivement, jusqu'au décès de ladite dame de • Garville ; ladite rente franche et exempte de toutes charges royales, de ville et autres , par exprès du dixième s'il était imposé, et sans qu'on puisse diminuer ladite rente pour quelques causes que ce soit, ni que lesdits sieurs recteurs puissent payer ladite rente à ladite dame autrement qu'en espèces d'or ou d'argent, et non en billets ni autres papiers royaux, quelque cours qu'ils puissent avoir , ce que lesdits sieurs recteurs exécuteront de bonne foi, quand même il interviendiait des éditis^ déclaratioiis et aiTéts à ce
contraires; entendant aussi ladite dame que lesdits ^^nn.
sieurs recteurs lui fourniront des bœufe desdits domaines pour toutes les voitures qu'elle voudra faire iaire. même, pour mener son carrosse. £t en outre, lesdits sieurs recteurs demeurent chargés de payer à ladile demoiselle B<\iapoy une rente annuelle et viagère de cent livres par quartier» dont le premier payement lui sera £iit audit jour premier février prochain et sous les mêmes conditions expliquées au sujet de ladite rente de ladite dame; et au cas que ladite ■ dame de Carville vienne à décéder avant ladite d^ moiselle Beaupoy, elle logera dans la chambre qui aura servi à ladite dame, et aura l'usage, pendant sa vie, du linge, lit et meubles qui s y trouveront; et où ladite demoiselle Beaupoy serait dans le dessein, après le décès de ladite dame de Carville , de sortir dudit hôpital pour entrer dans une communauté, et non ailleurs, lesdits sieurs recteurs lui payeront une rente annuelle et viagère de deux cents livres, pour tenir lieu du logement, nourriture et entretien qu'ils sont obligés de lui fournir, jusqu'à son décès, faisant, avec la susdite rente de cent livres, celle de trois cents livres payables aux susdits termes et conditions. Comme encore ladite dame veut que son cabinet de noyer, fermant à quatre portes et deux tiroirs, tout le linge servant à sa personne et ses habits de laine appartiennent, à son décès, à ladite demoiselle Beaupoy, pour en disposer dès lors ainsi que bon lui semblera.
c En quatrième lieu : lesdites trois anciennes sœurs dudit hôpital survivant aussi à ladite dame de Carville, lesdits sieurs recteurs seront tenus de payer à sœur
if ia« Jeanne Perronnet la rente annuelle et viagère de cent
cinquante livres ; à sœur Denise Lapra soixante livres de rente, aussi annuelle et viagère, et à sœur Geneviève Blein cinquante livres de pareille rente , en quatre payements de trois en trois mois, dont le premier leur sera fait trois mois après le décès de ladite dame de Carvilie, outre les sommes que l'hôpital s'est chargé de leur donner annuellement, et leur seront lesdites rentes payées jusqu'à leurs décès, soit qu'elles demeurent dans ledit hôpital, soit qu'elles en veuillent sortir, ladite dame étant persuadée qu'elles ne quitteront pas l'hôpital sans de bonnes et justes raisons.
« En cinquième lieu : lesdits sieurs recteurs feront inhumer ladite dame dam le cimeHère des pamres dttdit hôpital, sans fête ni pompe, souhaitant qu'il soit dit à son intention une grand'messe des morts le |our ou le lendemain de son enterrement, un annuel de messes basses des morts pendant l'année de son décès, et une autre grand'messe du même office le jour de l'an révolu dudit décès, et sera ledit annuel de messes célébré dans la grande église de Feurs, ou s'il arrivait qu'il ne pût y être exécuté ponctuellement chaque jour, lesdits sieurs recteurs le feront dire en telle autre église qu'ils verront être bon ; veut aussi ladite dame que lesdits sieurs recteurs distribuent aux pauvres de Feurs trois cents bichets de blé seigle, mesure de Feurs, savoir : cent cinquante lors de son décès, et les autres centdnquante pendant l'année de son décès, à des pauvres honteux, le tout de l'avis de M. le curé dudit Feurs.
DE FEims. 47
€ En sixième lieu : lesdits sieurs recteurs demeureut chargés de faire dire, dans la chapeUe dudit
hôpital, à perpétuité, les messes suivantes : une messe de i'oi&ce des morts tous les vendredis de Tannée , une messe chaque jour de l'Octave de la féte du Sacré* C!œur de Jésus, une le jour de TAnnondation de la* Sainte-Vierge, une le jour de la Conception , une le jour de saint Joseph , une le jour de saint Denis , patron de ladite dame; une le vingt-cinq juillet, féte de saint Jacques , patron de feu M. de la Varennc , son époux en premières noces, et une le jour de saint Claude» laquelle fondation de messes commencera d'être exécutée le premier vendredi dudit mois de
novembre prochain.
c En septième lieu : lesdits sieurs recteurs seront tenus de payer, chaque année, aussi à perpétuité» la somme qui sera réglée ei-après par M. le curé dudit Feurs, à un prêtre destiné pour administrer les sacrements aux malades dudit hôpital» les enterrer» domm les bénédictions du Saint-Sacrement et faire toutes les autres fondions de son ministère qui seront nécessaires audit hôpital; voulant aussi ladite dame de Carville que le même prêtre qui sera chargé de faire lesdites fonctions audit hôpital dise toutes les messes par elle ci-dessus fondées, dans la chapelle dudit hôpital» et que la rétribution lui en soit payée par lesdits mm recteurs, sur le pied de douze sols pour chaque messe ; et pour coiamencer d'exécuter lesdites conditions , ladite dame de Carville a choisi et nommé M. Antoine Puniet» prêtre vicaire dudit Feurs» en qui elle a une entière confiance» et auquel elle entend que
4S bApital
lafzs. lesdits sieurs recteurs payent aonueUmeoi et par quartier la aonmie de oeot cmquanle livres pour lesdites fonctions audit hôpital , outre la rétribution desdites messes, laissant même lopUon au sieur Puniet de recevoir desdits sieurs lecteurs h somme de cent cinquante livres oo d'être nourri par ledit hôpiUil , en santé et en maladie , pour tenir lieu du payement desdit«s cent cinquante livres , à laquelle option lesdits sieurs recteurs seront tenus de déférer, et au cas qu'on voulût ftîre quelques difficultés audit sieur Puûiet, sur lebdiles ionctious, néaDmouib lesdits sieurs recteurs lui payeront, sans discontinuation, ladite somme de cent cinquante livres chaque année, ou bien il sera nourri audit hôpital, à son choix, sans que l'on. puisse s'en dispenser, sous quelques prétextes que ce soit, dont ladite dame de Carville charge expressément lesdits sieurs recteurs; sans toutefois que les prêtres qui succéderont audit sieur Puniet puissent demander d'être nourris audit hôpital , ni prétendre que la somme qui sera ré^ée par M. le curé pour lesdites fonctions ; ladite fixation de cent cinquante livres et ladite option d'être nourri par ledit hôpital regardant uniquement ledit sieur Puniet, par des considérations particulières , le tout conformément aux intentions de M. Duguet , curé dudit Feurs; et après le décès dudit sieur Puniet, ledit sieur curé et lesdits sieurs recteurs nommeront un autre prêtre pour faire lesdites fonctions de la même manière qu'elles auront été exécutées par ledit sieur Puniet, et continueront de nommer d'autres prêtres pour lesdites fonctions» de même à perpétuité. •
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c En huiti^ liea : ladite dam« de Garville Mi les > vta. fondations suivantes, que lesdits sieurs recteurs demeurent aussi chargés de faire exécuter à perpétuité : premièrement, elle fonde deux lits pour les malades dans ledit hôpital, outre ceux qui y sont à présent; de plus, une retraite de huit jours, chaque mois, dans ledit hôpital, pour une fille ou veuve qui n'aurait pas de quoi payer sa dépense» et que ledit hôpital nourrira pendant lesdits huit jours , et quatre places dans ledit hôpital pour de jeunes filles que leurs parents ne seraient pas en état de nourrir , entretenir et laire instruire, et qui n'auraient ni père, ni mère, ces dernières préférées étant de la ville ou de la paroisse de Feurs ; lesquelles quatre filles seront nourries, entretenu^ et instruites dans ledit hôpital, depuis l'âge de sept ans jusqu'à ce qu'elles soient en état de travailler pour gagner leur vie; invitant, en outre, ladite dame de Garville, lesdits sieurs recteurs d'avoir attention» lorsque lesdites filles sauront travailler et qu'elles sortiront dudit hôpital, de les faire placer chez des personnes de sage conduite, qui aient inspection sur elles jusqu'à leur établissement; déclare, en outre, ladite dame de Garville que son intention est que Ton reçoive dans ledit hôpital tous les pauvres malades qui demeurent dans les maisons et domaines qu'elle possède à présent , en quelques mains qu'ib puissent passer par la suite. Et enfin elle charge lesdits sieurs recteurs, sitôt après que M. le curé et eux auront arrêté de faire prêcher pendant le carême dans l'église paroissiale dudit Feurs , de nourrir le prédicateur durant chaque carême, lesquelles fondations com-
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if S9. mettceront d'être exécutées audit jour premier novemr bre prochain et seront oonfînuées à perpétuité.
€ Et en neuvième lieu : lesdits sieurs recteurs demeurent tenus de payer à Denise Tourtière, sa filleule, demeurant audit Feurs, la somme.de cent livres» une année après le décès de ladite dame de Carville; et d'acquitter, à la décharge de la demoiselle Arthaud, veuve du sieur Pâturai, demeurant aussi audit Feurs, pendant ^ vie seulement , la rente annuelle de dix livres qu'elle doit à Véglise et société de Feurs, et de lui en remettre les quittances après l'échéance de chaque année. Promettant ladite dame de Carville de remettre auxdîts sieurs recteurs, aussitôt après qu^ils auront accepté cette donation, les titres et papiers qui sont en son pouvoir concernant lesdites maisons et domaines , faisant, en conséquence, en faveur dudît hôpital, les dévestîtures et investitures, avecles autres clauses translatives de propriété, et fruits, en tel cas requises. Et pour requérir ou consentir , si besoin est, rinsinuation des présentes; ladite dame de Carville a fait et constitué son procureur le porteur de l'expédition, avec tous pouvoirs nécessaires , promettant, obligeant, soumettant, renonçant.
« Fait et passé à Lyon, en la demeure de M"* Or-* lande, Vun des notaires soussignés, l'an mil sept cent vingt-truis, et le septième jour du mois de juin, après midi, et ladite dame a signé à la minute,! restée audit M* Orlande.
« Contrôlé à Lyon le dix juin mil sept cent vingttrois ; reçu deux cent quarante livres, sans renvoi aux marges. Renvoyé le centième denier au plus prochain
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bureau où les biens sont situés, dans le temps et sous > les peines portées par les règlements.
€ Signé : PaiLis. »
Je ne sais ce que Ton doit le plus admirer dans la
donation de M"* de Carville, ou du renoncement que celte dame fait à la position élevée qu'elle occupait k Fears, pour vivre dans un couvent, en compagnie de six pauvres religieuses , ou de sa cbarité pour les pauvres, qui la porte à se dépouiller, même de son vivant, des biens que d'autres n'abandonnent qu'après leur mort et au préjudice de leurs héritiers, ou enfin de sa grande humilité qui lui fait demander k être inhumée dans le cimetière des pauvres de l'hôpital , sans fête ni pompe.
Nous voyons par cet acte que M™* de Carville avait résolu d'appeler trois dames de la charité de Paris, pour aider les trois anciennes sœurs , dont deux étaient très^gées , sans doute les sœurs Lapra et Perronnet dont les services dataient depuis près de 40 ans (1687j ; juais les sœurs de la charité mirent à leur entrée dans l'hôpital, des conditions si dures pour M'"' de Carville, qu'il fut impossible de les accepter, et, par un nouvel acte, reçu M" Plumet, notaire à Feurs, le 14 septembre 1726, elle modifia deux conditions qu'elle avait mises à sa donation : elle permit aux recteurs d'appeler, à la place des sœurs de charité, trois sœurs hospitalières , vi réduisit à 400 livres la pension de 1,000 livres qu'elle s'était réservée pendant son vivant.
Malgré ce dernier acte de désintéressement, la do-
nation de M"* de Carville , tout avantageuse qu'elle était» rencontra des opposants et même des détracteurs, et un petit impDiiié de l'époque, sous forme de libelle , osa tourner en ridicule les intentions si éminemment charitables de cette dame ; mais les oppositions de quelques esprits chagrins ou jaloux sont tombées dans l'oubli, tandis que le bienfait de M"" de Carville prend chaque jour de plus grands développements.
I/intérèt si légitime qui s'attache à ce nom nous a porté à faire les recherches les plus minutieuses dans les archives de Thèpital , sur la vie de M"* de Carville, mais nos recherches ont été inutiles. Après Tinstallation des trois nouvelles sœurs hospitalières, en 1726, il n'est plus question de M*" de Carville ; on sait seulement, par la lecture d'un dossier volumineux, relatif au procès intenté à l'hospice, en 1732, par M. et M™ Gérentet, héritiers naturels de M"** de Carville, qu'elle se retira dans l'hospice, y adopta le costume des reti* gieuses et y mourut en 1751, âgée d'environ 60 ans. Son portrait, dont il est fait mention dans un inventaire du mobilier de l'hôpital, nous la représente avec son habit religieux ; les recteurs, en 1857, Font fait restaurer et il orne aujourd'hui la salle des délibéra- , tions, plutôt par le précieux souvenir qu'il rappelle que par le mérite de Ta peinture, qui est plus que médiocre. Quant à l'autre portrait qui lui sert de pendant et que l'on r^arde comme étant celui de M. de Carville , je crois que Ton est dans une grave erreur : H. de Carville, en e&ét, était un simple die-
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vdier; or, cette toile bous représente un maréchol de l'ss- Firance» cuirassé comme Tétaient Yiltars et Yauban, et
étudiant le plan d'une ville fortifiée. 11 porte, du reste, une très-belle figure , et , au dire d'un artiste , c'est une bonne toile.
Le nom de M. de Carville , son second mari , est étranger à Feurs ; on ne le voit figurer sur les registres de rhèpital que depuis son mariage avec M"° du Vemey ; il semble même , par sa terminaison, se rattacher à Vancienne province de Normandie. Il n'en est pas de même de celui de du Verney, c*est un nom répandu dans notre province : Guillaume du Verney, à qui appartenait le château du Vemey, près Saini- Galmier (Loire), était, à la fin du xiii* siècle, sixième doyen du chapitre de Notre-Dame» à Montbrison, et chanoine et comte de Lyon : ce dernier titre supfiosait seize quartiers de noblesse. Son tombeau , avec sa statue, se voit dans la nef gauche de relise de Montbrison.
André du Vwney était, dès Tannée 1604, capitaine châtelain à Feurs. Une de ses lilles, Jeanne du Vemey, était mariée avec le sieur Baudyilard, propriétaire de Fhôtel de Saint-Ohristophe, au Êiubourg de l'Hôpital, quand ce dernier fut assassiné, en 1651, » par les sieurs Tavernier, Plumet et Berthon, commis du sieur Adrien Montagne, fermier des aides à Feurs.
Guichard-^oseph du Temey , célèbre médecin de Paris, professeur d'anatomie au Jardin-des-Plantes, membre de TAcadémie des Sciences, né à Feurs en 1648» mort à Paris en 1730, posait, à la fin du xvn* siècle., les fondements de la science anatomique. 11
pourrait être le père ou l'oncle dé de Carville.
iNous avons vu qu'une autre demoiselle du Yerney, mariée à un médecin de Montbrison» hérita du ûef de la Yarenne et le posséda jusqu'au 7 juillet 4773,
époque à laquelle son fils le vendit à M""* du Rozier.
Un des premiers soins des recteurs^ après l'importante donation de M"' de Carville, avait été de faire
approuver rétablissement do riiùpila], par ordonnance royale ou lettre-patente du mois d'août 1725. 11 parait que jusqu'alors aucune autorisation régulière n'avait été obtenue en dehors de celle donnée, en 1690, par l'archevêque de Lyon ; ce qui porte à le croire, c'est la prétention qu'un habitant de Feurs éleva en 1715, de retirer des mains des religieuses lés bâtiments du monastère, que son père avait donnés pour la dot de ses sœurs, en soutenant que les religieuses n'avaient point obtenu de lettres-patentes de Sa Majesté.
Un arrêt le débouta de sa prétention avec dépens. Le mémoire d'où cette note est tirée ne fait connaître ni le nom du réclamant, ni celui de l'objet réclamé ; mais il est à présumer que c'était le fils de Jean Jacquelin, fondateur du couvent des Ursuîes , qui , après la suppression de cette communauté, réclamait la propriété des bâtiments donnés par son père.
1Î26. ' Conformément au\ intentions de M"" de Carville, un traité fut passé entre les recteurs de l'hôpital , M. Chambon, curé de Feurs, Donzy, capitaine chÂtelain, et Claude de Girard , écuyer , seigneur de Beauvoir, et M"* Point, sœur Sainte-Marthe, prieure
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du monastère des reUgieuses hospitalières de Sainte- Etienne, devant Trablaisc^- notaire en cette ville, le 10 novembre 1726. Par ce traité , deux religieuses de cette communauté» MM'"'* FJonne Bemou de la Bernary, sœur Sainte-Cécile, et Benoîte Guillet, sosuir Saint-Bazile, furent installées à riiospice de Fcurs.
Voici quelques articles de ce traité :
l"" Les religieuses hospitalières auront le soin, à perpétuité , du régime des pauvres de l'hôpital deFeurs, serviront les malades suivant leur règle , à l'exception des maux suspects et incurables , dans la salle à deux rangs de lits, pour la différence des sexes»
2" Sera payée auxdites religieuses , annuellement , et à celles qui pourront être reçues à l'avenir, à chacune d'elles la somme de cent dix livres^ pour leur nourriture, entretien d'habits et autres nécessités. 11 leur sera payé, pour la nourriture de chaque malade; six sous par jour, outre les médicaments.
5* La dotation des religieuses qui seront reçues à l'avenir ne pourra être moindre de deux mille livres, qui appartiendi'ont audit hôpital, seront reçues par les recteurs pour être par eux employées en fonds ou en rentes.
Voilà donc enlin l'hôpital de Feurs légalement établi et régulièrement constitué; il est composé des sœurs Perronnet , Lapra, Blein et Guillet , sous la
direction de M"" de la Bernary, prieure. Cette dernière administra peu de temps cptte nouvelle communauté ; la mort l'enleva en 1729, et M*"' Guillet lui fut donnée pour successeur. Mais ce vide lut iaenlot
S6 vl^màls
• comblé par les nombreuses professions de foi qui eurent lieu jusqu'en 1794» époipie de triste mémoire, où ces pieuses femmes, un instant dispersées par la
tempôte, cherchèrent en vain, au retour du calme, à se réunir autour de leur ancien foyer. Nous Terrons plus tard» en 18âl, cet ordre des hospitalières» après avoir pendant un siècle dirigé et fait prospérer l'bdpital, languir et s'éteindre, pour liiire place aux religieuses de Saint- Charles , tant il est vrai que les institutions les plus charitables peuvent faiblir» mais non la charité.
La première donation à l'hôpital » après celle de de Garville, Ait celle de M. Antoine Puniet» vicaire
à Fcurs et aumônier désigné à Fhopital par cette darno; il ût, en 17^7» don à Fhospice d'une maison et jardin situés à Feurs ; mais les conditions étaient tellement onéreuses qu'une assemblée générale» tenue le 15 sepleiiibre 1726, refusa d'accepter cette donation. Puis vint celle de demoiselle Claudine Denos» veuve de sieur Jean Ghàlons» chirurgien, demeurant à Feurs, faite le 21 septembre 1729, d'une maison située en la ville, sur la place du Puils-de-la-Boucherie, confinée au levant par la rue de la Porte-Chardon» au nord par la rue tendant de la place à l'église, au couchant par la maison des mariés Delorme et Maillard. Cette maison» évaluée à 595 livres , parait être celle occupée aujourd'hui par le sieur Ichalette. Le produit de cet immeuble n'a jamais figuré dans les recettes de l'hôpital. En effet, dès l'année 1730, les recteurs répudièrent cette donation » à cause du mauvais état
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d6 la maiflon donnée et des grandes réparations qu'il ^99é, &]laiiy&ire«
Jusqu'en l'année 1755» l'hôpital avait étf^ administré, conformément au testament de M. du Soleil-* lant , par le curé et le châtelain de l'époque , qui s'adjoignaient un notaire de la localité, à litre de secrétaire-trésorier; mais le 4 juillet 1735, sur une plainte portée par noble Etienne Thoinet, procureur
du Roi à MonlLrison, intervint un arrêt du Parlement de Paris portant règlement de l'hôpital de Feurs, et le 2& août 1735, M. de Meaux, lieutenant^éral au baillage et sénéchaussée de Forez, à Monlbrison, se rendit à Feurs et y convoqua une assemblée générale des habitants, en présence de M. Thoinet et de M* Etienne Verd, avocat à Montbrison, vice-gérant du juge châtelain de Feurs, M. Donzy, qui allait être mis en cause. Cette assemblée fut des plus solennelles; tous les corps d'état de la ville y furent convoqués et y votèrent par Tentremise de leur chef et dans l'ordre assigné à chaque corporation; les curés et prêtres sociétaires de Féglise, au premier rang; les notaires, au deuxième rang; le corps des bourgeois, représenté par M. Dupont , au troisième rang ; MM« Milhot et Gayet, au nom de la corporation des diirurgiens et perruquiers, au quatrième rang; M. Régnier, au nom de la corporation des marchands, au cinquième rang : le sieur Rey, pour les cabaretiers; le sieur Josserand, pour les tailleurs; le sieur Chatelet, pour les boulangers ; le sieur Combe, pour les cbarpentieni; le sieur Julien, pour les cordiers;
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ivan. le sieur Pitre pour les serruriers; lé sieur Relave, pour les maréchaux; le sieur Pauche, pour les bouchers; le sieur Merle , pour les tisserands; le sieur Farjon, pour les selliers, et le sieur Laadrivon, pour les tanneurs.
Par cette assemblée , furent solennellement éhis recleurs de Thèpital MM. Relogue, Gagnière et Rey. Lecture y fut faite de Tarrét du Parlement du ^ août 1735. n contenait révocation des deux recteurs de cette époque : M. Donzy, juge châtelain, et M. Chambon» curé, pour avoir, contrairement à l'ordonnance royale du 12 décembre 1698, seuls administré l'hospice , de concert avec M. Plumet, notaire et receveur, depuis Tannée 1723 jusqu'à ce jour, et notamment pour avoir, de leur gré et sans aucune autorisation d'assemblée générale, aliéné une maison située à Feurs, celle de M'"*" de Carville, et le domaine de Yilietle donné par M. de la Varenne, au prix de 5,600 livres , en faveur de H, Froget , seigneur de Noailly, de PouilIy-les-Feurs, par acte reçu Rigaud, le 4 avril 175:2.
Les principales dispositions du règlement de 1%35 portent : 1* que le bureau ordinaire de direction de 1 hôpital sera composé du premier officier de la chàtellenie de Feurs, et en son absence de celui qui le représente, du substitut du procureur du roi, du maire ou premier consul ou écherin, et de l'un d'entre les curés et les trois sociétaires de la paroisse, qui y entreront chacun pendant trois années consécutives et tour à tour; ^ outre les directeiirs nés ci-dessus aommés, il sera choisi, dans une assemblée générale»
DE FSURS.
trois d'entre les principaux bourgeois et habitants de l's^* ]a ville , lesquels auront entrée et séance après les
directeurs nés, et voix délilx rative dans le bureau pendant trois anni ( s el pourront être réélus ; 3** il sera tenu des assemblées générales deux fois par an; elles seront composées, outre le bureau ordinaire, de tous ceux qui auront été directeurs dudit hôpital et de tous ceux qui auront passé par les charges de consuls ou échevins; 4"* les délibérations prises dans les assemblt os générales ou dans le bureau de direction seront écrites sur un registre paraphé par le premier officier de justice.
C'est à cette dernière et sage disposition que nous devons la connaissance détaillée de la vie intérieure de rhdpital» des nombreuses donations qui lui ont été faites, des religieuses qui successivement ont composé son personnel, et enfin des charges et revenus de cet établissement. Jusqu'en 1735^ nous ayons retracé les principaux événements àTaide de vieux titres, souvent ini Uiiiplets, de notes éparses et de volumineux dossiers de procédure. Mais, à partir de cette époque, nous avons des registres régulièrement tenus, et notre tâche, rendue plus facile, se réduit à analyser.