CHAPITRE iV
Donation par le marquis de Giirton du Palais, 1737. — Donation par M. Germanand, curé Uc Civens, 1741. — Donation par M"« Antoinette du Rozier, 1744. — Ecliange entre l'hôpital et M. Tholnet de Bigny, 1742. ~ Beyenus de l'hôpital en 1743. — Ferme de la boucherie de carême. — M. Gauthier, premier médecin gratuit attaché à Thépital, 1745. - M. Donzy, juge diftlelain. — H. Parlât loi sœoàde «a 1753 et préside la oommlBaioii Juaqa^ 1791. — fieoointniGtioii do bâtiment deatlné aux religieuses, en 1751. — ProfessUni de foi deseiserell* gienses liospitallèrttSp de 1729 à 1807.
En 1737, M. de Curton, marquis du Palais, parent sans doute à M"* Thoinet née de Hivoire du Palais, et peut-fifre à son inspiration, fit don à l'hôpital de 4«000 liTres qui lui étaient dues par M. Chalaye, prévôt de Montbrison.
Ce n'était pas seulement la noblesse de cette époque qui dotait l'hôpital, la bourgeoisie elle-ménie s'en
faisait aussi un honneur : en 1737, M. Plumet, notaire à Feurs , lui faisait donation d'une somme de 100 lim8«
Les services rendus par Thôpital n'étaient pas seulement appréciés par les habitants de Feurs, les communes voisines ambitionnèrent bientôt la faveur d'y fidre admettre leurs pauvres malades; et un prêtre,
M. Georges Germanand, curé de Civens, donna le premier un bel exemple de sa charité pour ses pau-
i»8g. vres, exemple qui a trouvé dans la suite plus d'un imitateur. Le 25 avril 1741, M« Germanand ût don à rhôpital d'un capital de 1,200 livres , à la condition de recevoir à perpétuilé un malade pauvre de Civens , pendant quatre mois de chaque année , de suite on par intervalle, sur la présentation du curé de cette commune. Les recteurs acceptèrent cette condition , et , la même année , l'acte en fut dressé devant M" Jacquemetton, notaire et contrôleur à Feurs.
Quinze ans plus tard, le 9 octobre 1756, le même pasteur, appréciant le bienfait qu'il avait procuré à ♦ ses paroissiens , voulut l'augmenter et lit à l'hôpital une seconde donation de âOO livres , sous la même condition d'admettre à perpétuité ses pauvres malades pendant un mois de plus; convention sacrée qu'aucune prescription ne viendra interrompre.
if M. Après le don du modeste curé de campagne vient
celui d'une grande daiue , porteur d'un nom aimé dans la ville de Feurs. M"** Antoinette du Rozier de Magneux, veuve de M. de Beauvoir, seigneur d'Artliun , « voulant augmenter ses bienfaits envers « les pauvres de Feurs, » fit, par acte reçu Jacquemetton, le 19 septembre 1744, donation entre vifs, à l'hôpital , d'une rente de 88 livres » au capital de 3,520 livres, qui lui/^tait due par l'Hôtcl-de-Ville de Paris, sur les aydes et gabelles. Non contente de cette libéralité, Antoinette du Rozier, dame de Magneui, comme on l'appelait ordinairement, fit, vers le même temps , une nouvelle donation d'un capital de 999 livres; et comme sa générosité prenait sa source dans
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ce seniiment délicat qui inspire aux femmes les soins qu'elles savent si bien prodiguer aux malades, elle
veut € que cette somme soit employée à chauffer la salle € des malades , avec du charbon de pierre, depuis la c Tatissaint jusqu'à Pâques de chaque année, > M*"* du Rozier avait sans doute visité souvent la salle des malades de rhospice; elle avait compris qu'une grande salle, pavée de carreaux humides, recevant le jour par d'étroites et sombres fenêtres, renfermait une humidité dangereuse, qu'un feu de bois ne pouvait parvenir à dissiper. Les iiiuladi-s m' jouissaient pas alors du confortable que la charité a su leur procurer depuis ; ainsi , on lit , dans une délibération du 10 octobre 1756, que M""' (aullet , supérieure, demande aux recteurs : « qu il lui soit [ourni, chaque année, mngt c livres de chandelles , pour éclairer la salle des mac lades, »
La cliarité de M""" du iiozier de Magneux ne se borna pas là : par son testament , ouvert le lendemain de sa mort, ^ mars 1749, elle institua l'hôpital de Montbrison pour son héritier ijni>crsel, mais h la condition expresse, et sous peine de révocation, qu'on recevra dans cet hôpital les pauvres de la paroisse de Feurs. C'est par cet acte sans doute, que l'hôtel- Dieu de Montbrison est devenu propriétaire des domaines qu'il possède aux environs de Feurs et du château de Magneux.
Antoinette du Rozier était fille d'Arnaud du Rozier, écuyer, seigneur de Magneux, du Mazoyer et de Taix; dès Tannée 1681, il possédait en franc aleu, noble et exempt de tous droits et devoirs seigneuriaux, le chà»
teau du Mazoyer, consistant en maison forte haute et basse, tours , fossés et ponts-levis. Il était de la famille des du Rozier de Feurs et portait le même titre d'écuyer.
M"* du Rozier de Magneux avait été mariée avec Claude Desgirard de Beauvoir, seigneur d'Artbun» qui était un des administrateurs de l'hôpital de Feurs en 1726; elle mourut le 28 mars 1749, âgée de 80 ans, et fut enterrée dans l'église de Feurs, en la chapelle de sa ftmille. M. Henry Boubée Labatie fut nommé son exécuteur testamentaire et héritier institué.
En 1742, eut lieu entre l'hospice et noble Henry- Joseph Tboinet de Bigny^ conseilla du to\, lieutenant en l'élection de Forez et subdélégué de l'intendant de Lyon, un échange de quelques parcelles de terre dépendant de leurs propriétés de Bigny. M. Thoinet , que sa parenté a?ec l'abbé Téray avait placé sur la route des honneurs et de la fortune , avait acquis , depuis peu d'années, la terre de Bigny de l'abbaye de la Bénissons-Dieu ; il venait d'y faire construire lé château qui existe aujourd'hui, mais si près des terrains de riiospicc qu'il fallut faire un échange avec cet établissement pour donner au château les jardins et dépendances nécessaires. C'est cet échange et l'établissement de ramiers ou barrages en bois , sur le Lignon, qui donnèrent naissance à un long et volumineux procès» dont nous parlerons plus tard*
Vers la même époque, 22 juin 1745, que Thé»
pital acquit, par acte reçu Relogue, notaire à Feurs, de Guillaume Landrivon et Denise Lapra, sa femme, une petite maison» avec cour joignant au levant et au
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midi le clos de Thopital, au couchant le chemin de Feurs à Roanae» au prii: de 324 livres.
Ici oommenoe une longue interruption dans les donations faites jusqu'à ce jour à rhopilal. Les dépenses du règne de Louis XV» Famour efiréné des plaisirs, qui, de la cour, gagnait, en descendant, toutes les classes de la société, les symptômes de dissolution sociale avaient-ils fermé les bourses et tari les sources de la chanté? Je l'ignore; mais aucune donation ne parait avoir été fidte à Tbôpital jusqu'en l'année 1806.
Toutefois, les revenus de cet établissement étalent dès lors , en 1744, assez considérable , relativement au nombre de lits, qui n'était encore que de huit, et relativement surtout au prix des subsistances à cette époque. Ces revenus se composaient :
1* Du domaine de Bigny, affermé . . • 880 liv.
2* Du domaine de Labarre ou Saint-
Antoine 320
3* Du domaine Putel 300
4° Du domaine Ciiarvin 168
5* Du domaine Petite-Varenne 205
6^ Du domaine Ghalaneon 190
T Du domaine d'Echalou i
8'' Du domaine Milhot ) ^
9" Du vignoble de Pouilly 280
10* Du grand jardin dit clos Tricaud • • 140 H* De la maison et jardin de la Font-
qui-Pteut ' 12
À reporUf 2,97Sliv,
Report 2,978
là"" De l'écurie , hangar et jardin de la
Boiterie 24
15* Des pensions ou rentes. 647
14" Eniin de la ferme du droit de boucherie 100
Total 5,746Uv.
Huit lits existaient» à cette époque, dans la salle de l'hôpital ; le service en était confié, ainsi que celui
des petites écoles, à huit dames hospitalières ot deux domestiques, sous la direction de M'"" Guillel, supérieure. A chaque trimestre, l'administration payait à la supérieure, pour l'entretien des malades et des religieuses, une somme qui vaiiail entre 400 et 500 liv., suivant le nombre des malades admis, à raison de six sous par jour.
La livre de viande était alors fournie à Thospice par un boucher de la ville, à raison de deux sous six deniers la livre ; et, comme à cette époque Tabstinenoe du carême était mieux observée que de nos jours, les bouchers étaient obligés , pendant la sainte (jiiarantaine, de fermer leurs boutiques, à Texception du fournisseur de Thospice, qui seul avait le privilège de vendre au public; mais ce privilège était, tous les ans, vers la fin du carnaval, adjugé à l'enchère, moyennant une somme payée à l'hospice. Cette prime qui , en 1725, s'élevait h peine à 40 livres , monta successivement jusqu'à 150 livres en 1791, dans la proportion sans doute de l'usage de la viande pendant le carême. CiCpendant le boucher privilégié rencon-
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trait quelquefois des concurraits dans les ruses de
ses confrères, qui vendaient de la viande en secret, et cet abu^ était arrivé à un tel point, que le 5 février 1777 il ne se présenta aucun boucher pour acquérir le privilège. Alors les recteurs présentèrent requête aux oi&ciers de la police de Feurs, aux fins d'obtenir défense , contre tous autres que Tadjudicataire , de tuer aucun bétail, dans le cours de carême, à peine d'une amende.
Un pareil privilège avait été accordé très-anciennement h rhôtel-Dieu de Lyon, ainsi que cela résulte de l'article 24 des letlres-pn tentes accordées à cet éta- ' blissement, en 1729, ainsi conçu :
c Confirmons ledit hôpital dans le droit et la fa- € culté de la vente exclusive, pendant le carême, de « toutes les viandes de boucherie, volailles, gibier, c pour la consommation de la ville et faubourg de c Lyon, laquelle faculté il pourra céder à tel boucher, i volailleur, rôtisseur et poulailler qu'il trouvera à < propos. >
Ce privilège rappelle celui non moins bizarre qu'avait, en 1654, le commandeur de Saint-Jean de Jéru- ' salem , à Montbrison , de prendre tous les pieds et langues de bœufs, vàches, taureaux et génisses abattus à Montbrison, à la réserve des mois de mai et d'août.
Aucun médecin ne parait avoir été attaché au ser- ivm.. vice des malades jusqu'en l'année 1745, oh l'on
trouve, dans une dclibcration du 1\ scj)lcmbre de cette année, que M. Philippe Kcbourgeon-Gauthier , chirurgien juré , demeurant à Feurs , fut admis , sur $m offre, à visiter et panser les malades gratuitement.
Conformément au règlement fait par le Parlement de Paris, en 1735, pour l'hôpilal de Feurs, les recteurs et le tfésorier-secrélaire étaient nommés dans ime assemblée générale annuelle, convoquée dans les bâtiments de Thospice, au son de la grosse cloche de la YÎUe, composée des recteurs en fonctions, des principaux habitants et présidée par le juge-chètelain. M. Donzy les présida pendant longues années, puis vint M. Pierre-Etienne Pariât, son successeur en l'année que nous Terrons à la téte de Tadministration jusqu'à la fin du siècle, et avec lui, tour à tour, on voit figurer parmi les recteurs : MM. higaud, Dupont, Destandeau, prêtre; Relogue, notaire; Pitural, prêtre; Brun, 'Gorgeret, Rey, Gagnère, de Laforge , Rejgnier , Jérôme Colcombet , Guéreau , Ghambon, curé; Gayot, son successeur; Escalier, Gaudin, Halaine, Landrivon, Berthuel, Mondon, Boissonnet, Chàtelet, Plumet, notaire; Jacquemetton, aussi notaire, et plusieurs autres dont les descendants existent encore , ou dont le souvenir survit dans la mémoire des vieillards.
Les recettes de cet établissement furent longtemps confiées k MM. Plumet, Reygnier, Relogue et Pauche.
Les fonctions de recteurs demandaient , à cette époque, du courage et de Ténergie pour résister aui réclamations incessantes des nombreux propriétaires de fiefs environnant Feurs , qui tous prétendaient avoir droit d^exiger de l'hospice des c^ns, servis, lods et demi-lods trentenaires pour les fonds qu'il possédait sur leurs fiefs. Ainsi, depuis le haut et puissant seigneur Qaude de Saint-Georges, marquis de Saint-
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André-d'Âpchon , en Roannais, propriétaire de la rente noble de Pellussieux, jusqu'au plus petit écuyer, tous les nobles réclamaient à Vhospice le paiement de quelques droits seigneuriaux; et depuis le commandeur de Saint-Jean, à Montbrison, jusqu'au modeste prébendic^r de Boisvert» tous les gens d'église réclamaient une dime.
La bonne harmonie ne régna pas toujours, comme elle aurait dû, panni les administrateurs : ainsi , en 1746, de longues contestations s*éleyèrent entre eui, au sujet de la construction du grand bâtiment qui sert aujourd'htii de logement aux religieuses ; ce bâtiment, entrepris en 1742, sans devis, sans autori* sation préalable demandée à l'assembli i gcneralc, el sans adjudication , parut aux administrateurs opposants renfermer des vices de construction. Une assemblée générale fut convoquée, sous la présidence de Claude Javogue, avocat en Parlement ez Cour de Forez» vice-gérant de la chàtellenie royale de Feurs, par le décès de M. Donzy ; le sieur Caristia, architecte à Roanne, fut appelé à faire un rapport h ce sujet et conclut à la démolition d'une partie des murs neufs. Toutes ces oppositions et ces rivalités arrêtaient les travaux, et l'on voit avec peine que m bâtiment, commencé en 1742, n'a été lini qu'en 1751.
Ces petites tracasseries ne nuisaient en rien au développement de ThApital , et lorsque les donations faisaient défaut , les ressources de rétablissement s'accroissaient toujours par la dot de 2,200 livres que diaque religieuse apportait le jour de sa prise d'habits.
• à titre d'aumône dotale. Yoîci la liste par ordre de
réception , des dix-sept religieuses admises dans la communauté , depuis l'arrivée des hospitalières , eu 17^6, jusqu'à leur remplacement par les dames de Sainlr-Charles, en IBf 1 :
1" ÔO Si p!f:'inbre 1729, profession de loi de sœurs Louise Piot et Glaire Jacquîn, âgées toutes deux de 20 ans.
"2" 10 septembre 1752, réeeplion de demoiselle Mane-Hélène de Luiiion , âgée de 17 ans, sous le nom de sœur Marie-Thérèse ; elle était fille de noble Louis de Lullion, seismeur de Thorigny, pr^s de Saint- J ni iea-sur-BibosL, et de dame Marie Guinand de la Bivière ; son frère^ en sus de l'aumône dotale de 2,200 livres, versa entre les mains des recteurs un capital de 000 livres , dont Tintérèt devait être payé à sa sœur, en ses propres maim,
S"" 19 septembre 1752» réception de Marie-Madeleine Gonnetier, âgée de 19 ans.
4* 5 mai 1756, réception de M"*' Guy-Pellissier, de Lyon, âgée de 18 ans, sous le nom de sœur Saint- Maurice ; c'est elle qui succéda à M"* Guillet, prieure, en Tannée 1776. Sa dot lut jjrètée, en rente perpétuelle, à M. ûamien de Laforge, receveur au grenier à sel, à Feurs, et celle de M™ Gonnetier fut placée . jusqu'à concurrence de 1,000 livres, chez M. de Brioude fils, de Montbrison , avocat qui venait de succéder à la charge de son père, conseiller au baillage, en ayant soin, dit la délibération qui autorise ce placement, de l'aire obliger M'"'" de la Bâtie, son épouse.
5"* 50 août 1756, réception d'Antoinette Gompa-
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gnon, soas le nom de Sainte-Cécile; elle était fille d'un aubergiste de Montbrîson ; elle mourut Tannée
suivante, h poino âgée de 22 ans. A l'occasion de ce décès, les sonneurs de la paroisse, obligés d enterrer gratuitement les morts de Thèpital » réclamèrent, en vertu d'un ancien usage , une gratification de trois livres qui leur est due au décos de chaque religieuse.
6*" 19 juin 1741, admission de Marguerite de Luilion, âgée de 17 ans, sous le nom de sœur Saint- Augustin. Son frère lui lit, comme k sa sœur qui Vavait précédée dans Thépital, une pension personnelle de 30 livres.
7" décembre 1715, prise d'lial)its do Marie de Laforge, âgée de 18 ans, sous le nom de sœur Sainte- Colombe ; cette religieuse, dont la vocation fut peutêtre un peu forcée, donna naissance, en 1775, à un procès scandaleux. Elle apparleiiait à une famille qui parait entourée de considération à Feurs et dont le nom se lit & chaque page dans les archives de rhôpitid. Elle (Hait iille de noble Grégoire de Laforge, écuyer, gendarme du Roi , et de Anne du Verney , parente peut-être à M"** de Carville. Un abbé de Laforge avait fondé , dans Téglise de Feurs , une prébende dans la ciiapelle dv. Sainl-.Nitolas, aujourd'hui démolie et remplacée par la chapelle où se trouve la petite porte méridionale; cette prébende existait encore en 17 Do, et M. (jayot, ancien curé de Feurs, qui avait, à cause d(^ son grand âge, résigné sa place à M. Michel Vial, en était alors le prébendier. Le fondateur de cette prébende était peut-être Florimond de Laibrge, chanoine de Monlbhson, en 1479.
It nùmàh tfém. 17 Juillet 175Î, fut admise Françoise Dubo^ de BoîsTert, âg^ de 18 ans» sous le nom de sœur Saint* Bazile ; elle était petile-fiNe de Maro*Aiitoine» dont le
nom se rattache à une importante donation faite à rfaôpital en 1701. La famille de Boisvert était une des plus considérées de Feurs et sans doute une des plus anciennes. Un de ses membres, frère Guillauiiie de Boisvert, prieur de Rozier-en-Donzy, avait obtenu de Louis M, duc de Bourbon et comte de Forez» le droit de fortifier son prieuré et de contraindre à sa garde les habitants du bourg de ce nom, en 1409, la même année qui vit aussi relever les remparts de Feurs, détruits pendant les guerres des Ân^ais. Un autre membre de cette fîj mille , Louis Dubost , était seigneur de Magneux-Haulerive, en 16ol» et allié à la famille de Bron de la Liègue.
9° 16 juillet 1759, réception de demoiselle Madeleine Papon de la r^oue, de Pouilly-les-Feurs, âgée de â5 ans y sous le nom de sœur Saint-Victor. Noble François Papon , son frère , avocat en Parlement , résidant au Buis, commune de Pouilly-les-Feurs, constitua, en faveur de Thospice, une rente annuelle et perpétuelle de 110 livres, au capital de S,9D0 livres, pour Taumône dotale dt^ sa sœur. Cette rente est encore servie par les représentants de François Papon.
Cette &mille, alliée à celle des du Veme]r« est comptée parmi les illustrations foréziennes : elle a fourni au xvi* siècle un jurisconsulte célèbre au baillage de Montbrison et un chanoine-poète au chapitre de la même ville.
lO** 8 novembre 1761 , réception de Madeleine
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Voiret, soeur Saint-Hilaire, âgée de 18 ans; elle était fille de Louis Voiret , bourgeois de Parigny » et de Jeanne Chanel, remariée au sieur Paul de Bléternas, écuyer, prévôt général des Dombes, le ûls peut-être de celui qui avait hérité du château de la VaieiiQe.
il'' 19 juillet 1702, réception de Marguerite Bro^ chay , âgée de 18 ans , sous le nom de sœur Saint- Rémy ; elle était fille d'un négociant de Trévoux.
1^ 5 juillet 1767» réception de Marguerite Goine, âgée de 19 ans, sous le nom de sœur Sainto-Iiosalie,
4 S'' 8 juin 1775, demoiselle Marguerite Delorme , âgée de ans » admise sous le nom de soour Saint- Louis ; elle était petite-fille de noble Pierre-Etienne Pariât , président de la chàtellenie royale de Feurs depuis Vannée 1755, et, à ce titre, président des recteurs de rhôpital.
14' Jusqu'à cette épiKiue , la dot des religieuses avait été invariablement lixée à 2,200 livres ; mais, le 14 avril 1784, < les sujets devenant rares Thospice admit, avec une dot réduite à 600 livres, demoiselle Marie Martin du Breuil, às^6p de 56 ans, sous le nom de s(Bur Saint-Prix, présentée par Antoine-Martin Caprey du Breuil , son frère , camérier de HH. les anciens Bénédictins de Notre-Dame -de- Ris (Auvergne).
15'' 19 janvier 1787, admission d' Anne-Françoise
Levemet , âgée de 19 ans , sous le nom de sœur Sainte-Victoire, nièce de sieur Jacques Girard, chirurgien de rhôpital, à la seule condition par son oncle, de lui servir une rente annuelle et viagère de 35 livres, € en considération des soins journaliers que ledit Girard € donne gratuitement aiuœ malades de l'hospice» »
• 16* Enfin» le H août 1807, prise d'habit de Catherine Buisson , âgée de ^ ans , sous le nom de
sœur Sainl-Viuceiit, iille de Martin Buisson et de Jeanne Charlier, marchands, demeurant à Feurs.
La profession de foi d'une religieuse admise à l'hâ* pital était imo cérémonie qui ne manquait ni de charme, ni de majesté. La novice , accompagnée de ses parents et amis , se rendait , en habits de fêtes , dans le chœur des religieuses; là, entre les mains de la supérieure, en présence de ses futures compagnes et de tous les recteurs réunis, elle lisait, à haute voix, la profession de foi qui suit : c Après aooir accompli
€ r année de mon noviciat et atteint la dix-huitième € année de mon âge , j'ai (ait profession solennelle- € ment, de ma franche volonté, voué et promis à € Dieu^ jusquà ma mort, pauvreté^ chasteté et obéisf sauce, et de m* employer, toute ma vie, à exercer c l* hospitalité, servant les pauvres filles et femmes c malades, dans nos couvents et hôpita/uso, et garder a la clôture selon la constitution de cet ordre, confira € mée par Notre Saintr-Ph^e le Pape Urbain VIU, c d*heureuse mémoire. »
Cet engagement solennel était transcrit sur un registre et signé par la novice, par toute la communauté et par un prêtre (ordinairement le curé de Feurs) délégué spécialement par Farchevéque de Lyon.
Aussitôt après, les habits du monde faisaient place à la robe noire et à la coiffe de taffetas ; la nouvelle jbospitalière faisait ses adieux à sa famille, se rendait au pied de Tautel et renouvelait devant Dieu le serment qu'elle venait de faire devant les hommes, puis
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rentrait seule dans le chœur, où une barrière de bois
la séparait à jamais des œuvres du siècle.
féte se terminait par un repas de noces ; la gaité n'était pas exclue de ces fêtes. Une personne présente i la prise d*habits de M"' Buisson , en 1815, m*a même assuré que les sons joyeux d'un archet vinrent égayer la lin de la cérémonie.
On vient de voir » par l'admission successive de MM'"^ Maric-Tliirèse et Marguorito de LiiJlion, ^ladeîeine Papon , Colombe de Laforge , Françoise de Boisvert» Madeleine Voiret et Marguerite Delorme, que les meilleures familles de nos pays et des environs venaient alimenter le personnel des religieuses et accroître par leur dot les revenus de l'établissement*