‹ Notice historique sur l'hôpital de FeursChapitre 8 sur 11 · ïï · texte numérisé non relu

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Outre ceî^ rentes , dont les redevances nous sont

parfaitement connues, quoiqu'elles aient plusieurs fois varié » l*hospice en servait encore au prieuré de Bellegarde , sous le nom de Notre-Dame-des-Farges; au chevalier de Thélis, ancien possesseur de (Jialel, sous le nom de rente de Vaure el Savigneux ; enfin» au seigneur de Magneui-le-Gabion » sous le nom de rente du Saint-Esprit. Cette dernière était rachetée, en 1774, par une somme de 36 livres; quant aux deux autres, leur importance en est aujourd'hui in* connue. Les rentes annuelles payées par l'hospice s'étaient successivxmijfit accrues devant les noiabreuses exigences des propriétaires de fiefs, et en 1789 leur chiffre s'élevait à plus de 1 ,500 livres.

Les redevances en nature payées par chaque fonds étaient sans doute une conversion des dimes , qui , plus anci^uiement , étaient prélevées sur le produit de la terre.

Les propriétaires de ces rentes n'en faisaient pas eux-mêmes le recouvrement, mais ils affermaient à des tiers le droit de les prélever. Ainsi, M. Plasson, ancien commissaire à terrier, était IVrniier de la rente noble de Sury-le-Bois. M. Reygnier était fermier de la renie de Bigny qui appartenait à Tabbaye de la Bénissons-Dieu , et de la rente du prieuré de Qepé, dont le titulaire était M. de Foudras, comte de Saint- Jean-de-Lyon. M. Guéreau était fermier de la rente du. prieuré de Rendans, qui appartenait au curé de Savigoy, abbé commaudulaire de ce prieuré.

A compter de l'entrée de M, Pariât dans l'admi-

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nistration de l'hospice (1753), jusqu'en Tannée 1791, où une révolution , à laquelle il était entièrement hostile, le força à prendre sa retraite, après quarante années de fonctions publiques , nous voyons toutes les délibérations du bureau de l'hospice présidées par liii et probablement écrites sous sa rédaction, car on y reconnaît autant le jurisconsulte habile que Fad-* ministrateur zélé. Toutes les créances, tant actives que passives, sont liquidées ; il règle les cens et servis dûs à divers seigneurs et parvient à débrouiller ce vrai cahos de réclamations féodales; les receveurs rendent leurs comptes plus exactement. En 1754, il force les religieuses à reprendre le service gratuit de renseignement des filles, interrompu depuis plusieurs années; suspendu de nouveau en 1770, M. Paiiat force encore les religieuses à le rouvrir en 1780. Travailleur infatigable, juge éclairé, magistrat sévère, il s'occupe de tout et n'épargne à personne les remontrances , pas même aux religieuses , auxquelles il reproche délaisser c les maîtresse» portes de l'hôpital € omertes pendant la plus grande partie de la nuit, ce € qui est contraire a l'ordre, aux mœurs et à l intérêt € de la maison, »

Ce zèle et peutrétre la supériorité de H. Pariât lui suscitèrent un ennemi dans M. Jean-Antoine Kélogue, avocat en Parlement et procureur du Roi à la châtellenie de Feurs , et , le 16 mars 1760 , on voit ce dmiier entrer subitement dans la salle des délibérations de l'hospice et réclamer, en sa qualité de pro— ' . cureur du Roi, le droit d'assister aux séances et cdui de voix déiibéiative au bureau, il fut imii)édiap

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temcnt fait droit à celte réclamation, et à partir de " celte époque jusqu*en l'année 1791, on voit M. Relogue prendre part à toutes les délibérations ; il était ne?ea de Claade Henrys, le célèbre jurisconsulte forézien ; fils de notaire, comme M. Pariât, il s'était élevé à la seconde charge de la chàtellenie de Feurs ; peut-être aspiraît-il à la première? Quoi qu'il en soit, en février 17G8, une plainte lut portée au Par- im* lement de Paris, par M. Relogue, contre M, Pariât, président de la commission, et MM. Andllon, maître chirurgien ; Jean-Marie Gandin, avocat en Parlement, receveur des gabelles, et Jean Gayot, curé de Feurs, tous recteurs de Phôpital. Cette plainte signale des griefs insignifiants, tels que : manque par les admi- . nistrateurs de s'assembler régulièrement tous les quinze jours, défaut d'adjudication dans des réparations de peu d'importance, signature des mandats de payement et des billets d'admission par un seul recteur lorsqu'ils auraient dù l'être par deux, et autres reproches de cette nature, annonçant plutôt un esprit taquin ou jaloux qu'un administrateur zélé pour le bien des pauvres. M. Pariât, au nom de la commission, se disculpa facilement de reproches aussi futiles.

Quelques années plus tard, en 1772, un fait quelque peu scandaleux vint défrayer les commères de Feurs : sœur Colombe de Laforge, entrée à l'hospice en i745, déserta la communauté. Alors âgée de 45 ans, elle ne put avoir sa jeunesse pour excuse. Sourde aux invitations qui lui furent faites de revenir» die refusa avec obstination. Comme moy^ sans

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irts. doute de ramener la brebis égarée, les recteors réclamèrent le paioment de sa dot. Son frère, Abraham de Laforge, ancien oiBcier au régiment d*Aunis, demeu* ranl à Roanne» demanda la na1]iié de oei engagement. Un procès fut entamé, mais, le 5 mars 1773, intervint une transaction , par laquelle la dot de M"' de Lafoi^e fut réduite à 2,000 livres, payables seulement à son décès , et sans intérêt jusqu'au jour où elle consentira ù rentrer dans son couvent, ce qu'elle ne.fit jamais.

Le 15 mai 1773, un*' ( ontestation s*élova mire les recteurs et M. de la Clialire, vicaire général du diocèse de Lyon, au sujet d'une prérogative. M. de la Cbabre, à l'exemple de M. le comte de Chevrières, son prédécesseur, écrivait aux recteurs pour leur annoncer que, le 19 mai 1775, h 10 heures du matin, il se rendra à l'hôpital de Feurs, pour y tenir une ass( inhlée, en dresser acte et procéder a Vapurement des comptes. Les recteurs se réunirent aussitôt, et M. Pariât rédige lui-même une courte délibération par laquelle la commission déclarait : qu'elle ne reconnaissait pas à M. le vicaire général le droit d'assembler, ni présider un bureau, ni d'y rien contrôler. Cette décision fut signifiée à M. de la Chabre, qui , mieux avisé , répondit qu'il s'abstiendra d'assister k la séance. Ce n'était pas avec des hommes comme MM« Pariât et Retenue qu'il fallait empiéter sur leurs droits.

Les chirurgiens de Feurs éprouvèrent, à leur tour, leur fermeté quelque peu rigoureuse. Depuis l'année

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1745, OÙ M. Gauthier ayait, le premier, généréuse^ iffl.

ment oHert de visiter gratuitement les malades, ce service avait été fait successivement par MM. Ancillon, Girard et Tamain , tous chirurgiens , et par MM. Soldat et de Bonnefoy, docteurs en médecine. En 1786, M« Girard, oubliant que l'hospice avait admis sa nièce, Françoise Levernet, avec une dot réduite à 600 livres, en considération des services gratuits de son oncle, déclare quil réclame un traitement de 300 livres, ou refuse ses soins aux malades. Une lettre de M. Pariât suffit pour l'engager à reprendre son service ; mais cette prétention se renouvela avec plus d'énergie en 1789; alors ce n'est plus à une lettre amicale que M. Pariât eut recours, mais au langage de la loi. 11 invoqua, en ftiveur de l'hospice, une ordonnance royale de Louis XV, du 4 février 1730, qui obligeait les chirui^ens à faire, dans les hôpitaux des petites villes, le service gratuit des malades. Toulefois, avant d'agir rigoureusemenl, il en écrivit au procureur général de Lyon, et, sur sa réponse approbative, MM. Ronsin, Girard et Tamain furent elles devant le bureau de l'hôpital. Le dernier seul comparut et consentit à reprendre gratuitement son service. Mais, à la fin de 1791, alors que chacun songeait à réclamer ses droits plutôt qu'à remplir ses devuirs, les chirurgiens demandèrent de nouveau et obtinrent un traitement. 11 n'y avait plus alors à la téte des recteurs le vieux président de la chàtellenie.

L'année 1770 vit mourir M"' Guillet, sœur Saint- ^fy^. Bazile, prieure de l'hospice depuis l'aimée 1729.

jtM. QuéDe dût être pieme de mérite TexisteiiGe de eéll«

qui, pendant près d'un demi-siècle, administra avec tant de sagesse une œmmunauté naissante! M*"* Guy- Pellîssier, de Lyon, sosur Saint-Maarice, rdigieiue hospitalière admise le 3 mai 1736, lui fut donnée pour successeur. Nous n'avons pu retrouver aucune note sur les formes de cette élection.

L*aniiée 1780 vit réaliser une amélioration des plus importantes pour la ville de Feurs» et qui produisit en même temps une augmentation notable dans les revenus de riiûspice : ce futrouvcrture, sur ses terrains, de la route qui conduit de l'église à la Loire. Par un édit de 1790» enr^stré au Parlement, les hôpitaux avaient été autorisés 'à vendre leurs immeubles pour augmenter leurs revenus, La commission de Thospice de Feurs comprit de suite les avantages qu'elle pourrat retirer de la vente de quelques terrains autour dm la ville et l'agrément qui en résulterait pour les habitants, car Feurs était, à cette époque, resserré dans une ceinture trop étroite par les domaines des hospices de Feurs et de Montbrison et ceux de la seigneurie du Rozier.

On essaya donc de vendre aux enchères le vignoble de Pouilly, situé aux portes de cette petite ville, ainsi

que le clos Tricaud:, situé à Feurs , au couchant de l'église et comprenant tout l'espace occupé par les maisons et jardins qui bordent la rue Saintp-Pierre et la route de Bordeaux, depuis la place de l'Eglise jusqu'à la Croix-de-Mission , alors appelée la Croiac- Minet, compris la surface de la grande route non

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encore ouverte* Les enchères s'élevèrent à peine k

5,809 livres, et pour le vignoble de PouiHyà 6,200; les recteurs, ne trouvant pas les offres suffisantes^ refusèr^t d'adjugé. Hait jours plus tard, de nouvelles enchères portèrent les offres à 7,800 livres * pour le clos Tricaud, et à 7,600 pour le vignoble de Pouilly. Ces offres semblaient en rapport avec le fermage de cet enclos, qui était de 310 livres, et celui du vignoble qui arrivait à peine à 500 livres ; néanmoins les recteurs refusèrent une seconde fois d'adjuger et eurent l'heureuse idée de vendre l'endos en plusieurs parcelles. Un plan fut donc dressé de tous les immeubles que Thospice possédait depuis l'église jusqu'à la Loire , ainsi que de son domaine de la Barre, dont les fonds sont situés au levant et auprès i des dernières maisons de la ville. Ce plan, dressé en 1780, par M. Gorgeret, notaire à Feurs, existe encore. U serait convenable que l'hospice en lit dresser un semblable pour chacun de ses domames; on préviendrait ainsi bien des empiétements.

Les espérances des recteurs furent dépassées par la vente du clos Tricaud, fractionné en 14 lots. Les enciières réunies arrivèrent à 12,91 5 livres, et le vignoble de Pouilly fut adjugé à M. Relogue, au prix de lS,âOO livres. Ce dernier immeuble était conGné au nord par le chemin tendant de la chapelle Saint- Benoit au Chaffat, et au soir par le chemin de Pouilly à Civens*

C'est dans celte môme année que Thospice céda à la commune une partie de la terre de l Herse, pour y transporter le cimetière qui, jusqu'alors, avait existé

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autour de l'église. Dm partie du clos Tricaud fut encore cédée gratuitement pour ragrandissement de

la nouvelle place créée par la suppression du vieux cimetière, devant les maisons Ory et Lapra et devant la grenette.

Encourapjés par ce succès, les recteurs vendirent encore, en 1 785, en huit lots, c un vaste champ de terre € el graioien peu propre à la culture et <fun revenu € presque nul, » situé au couchant du clos Tricaud et compris entre les terres de la. Minette, alors à M. Pariât, le fleuve de la Loire, une terre au sieur Pauche et rendes de H. Decbàtelus, aujourd'hui à M. d'Assier. Ces terrains, divisés en neuf lots, furent adjugés au prix de !2,18û fr. , et la grande route, ouverte jusqu'à la Croiœ-Minet, fut alors continuée jusqu'à la Loire«

L'ouverture de celte route fut certainement une des améliorations les plus importantes de la viUe dft Feurs , surtout aiqaurd'hui que , terminée par un beau pont en fil de fer, suspendu sur la Loire, oette route présente une avenue digne d'une grande ville.

L'augmentation de revenus que l'hospice trouva dans ces ventes lui permit d'améliorer, d'une manière notable , le service , déjà ancien , mais incomplet, de la pharmacie. Les médecins de Feurs, qui fournissaient, à cette époque, les remèdes à leurs malades, avaient fait une opposition oonstabte à son établissement et s'étaient coalisés contre demoiselle Marguerite Perraud , de Saint-Etienne , pharmacienne laïque, attachée à l'hospice depuis plusieurs «nnées ; plusieurs fois même fls avaient demandé son

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renvoi , mais les recteurs , préférant les intérêts deô i^i** pauvres à celui des médecins de la localité, la défendirent contre leurs attaques et même ils lui allouèrent» le 15 juin 1785, un petit traitement de 72 livres par an. En 1788, elle fut remplacée par demoiselle Baluzet» et la pharmacie s'enrichit, à cette époque» d'une clollectidn complète d'instruments de chirurgie, achetés à Lyon.

Depuis rétablissement régulier d^ l'hospice & Feurs»

trois enfants nouveaux-nés seulement avaient été exposés à la porte de la maison et avaient été mis en nourrice dans la ville » quelquefois même chez leur mère^ aux frais de l'administration; mais, depuis Tannée 1780, le numbrt^ allait toujours croissant, au point que les recteurs» craignant de voir, par cette nouvelle charge « dénaturer l'institution de l'hôpital» s'entendirent, en 1788, avec l'hospice de Lyon, où l'on avait établi un bureau des cas fortuits, et il fut convenu que les enfants exposés à Fhospice de Feurs seraient admis à l'hospice de Lyon, moyennapt cent livres une lois payées.

La révolution qui approchait non-seulement se

signalait par un relâchement dans les mœurs, mais encore elle paralysait les intentions les plus charitables. Ainsi» le octobre 1789» M. Guimety» curé de Saint- Martin-i.eslra, avait offert de verser, dans la caisse de l'hospice» un capital de 3,600 livres pour rétablissement» à perpétuité, d'un lit pour les malades pauvres de sa commune. Cette offre avait été amptée» mais la

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révolution tjui edala peu de temps après empêcha, sans doute, la réalisation de cette bonne œuvre, car nous n'avons trouvé aucune trace de son accom>plissement ; et si nous Tavons consignée ici , c'est pour conserver le souvenir d une intention charitable.

En 1790 , une grande inondation , causée par le

débordement de la Loire , ravagea d'une manière désastreuse le domaine Raveret, situé à Bigny. La Loire se creusa un nouveau lit au milieu des meilleures terres et divisa en deux le territoire dit des Grandes- Malhées,

DE FEUAS.

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