CHAPITRE Yl
Sii|»pre8sioii de la dsfttellenie royale de Fenrs, 1791. — Nouvelle administration présidée Par MM. de la Combe, Gorgeret etBertboel, maires, 1791. Snppiression du courent des Minimes, 1791. — H. Romarain- Bruyère, maire, 1793. — Spoliation des églises de Feurs, 1793.—
Fondation pieuse parla marquise de Saint-George», 1761. — ÏTasion de H. d'Allard, de Montbi ison, 1794. — M. Mondon, maire et président
des recteurs, 1794. — Confiscation des revenus de l'hôpifal, 1794. — Los rcliij;ieuscs sont forcées d'abandonner le couvent, 179G. — Leur retour, 1799. — Nouvelle administration, 1804. — M"'^ Ropique, supérieure, 1806. — M. Montagne de Poncins, maire, 1808. — Donation par . le sieur Joly de Randans, 1812. — M. d'Assicr aîné, maire, 1816. — Duiiution par Justine Seyve, veuve Carpe, 1819. — Ilcnouvelîement du p . rsonnel de l'hôpital par l'admission des sœurs de St-Cliarles, 1821.
L'année 1791 commença par la révocation de BIM. Pariai et Relogue; la chàtellenie TeDait d'être supprimée, et en même temps le vieux juge châtelain, M. Parinî ijui, depuis quarante années, gouvernait avec tant de zèle le bien des pauvres.
Ici commence une nouvellle administration; M. Plasson de la Combe venait d'être nommé maire et, en cette qualité, appelé à présider le bureau de l'hôpital» au lieu et place du président de la chàtellenie de Feurs, qui venait d'être supprimée ; les nouveaux recteurs lurent, avec lui, MM. Maillard, Lapierre, Achard» Relaye, Metton et Michel Vial, curé* La même
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aimée TÎt M. Gorgeret, notaire, succéder à M. Plasson
do la Combe, puis M. Gras de la Be.iuche, et enfin M. Berthuel. M. Yiai, auquel on avait surpris le serment exigé parla nouvelle constitution, s'empressa de se rétracter; Tabbé Vendemont, vicaire de Feurs, le prêta et lui succéda dans les fonctions de curé et de recteur de Thospioe.
Conformément au décret de l'année 1790» qui supprimait les couvents et rendait la MhevtA aux religieuses , la nouvelle municipalité se transporta à l'hospice, et parmi les dix religieuses interpellées sé* parément, huit déclarèrent refuser d'abandonner leur couvent , et les deux autres , MM"" de Boisvert et Delorme, se retirèrent dans leur famille.
La même année vit aussi supprimer, à Feurs, l'ordre des Minimes, fondé, en 1619, par Gilbert de Rivoire, marquis du Palais, et Gabrielle de la Barge, sa mère; et le prieur de cette communauté, le vieux père Pluche, fut obligé de quitter son couvent, le 18 mai 1791 , le jour même où les cies en furent remises à M. de Boubée, qui en était resté adjudicataire lors de la vente des biens nationaux.
Les recteurs, d*accord avec la municipalité, avaient d'abord formé, en septembre 1790, le projet d'acquérir en commun le couvent des Minimes , pour y établir Thopital, la mairie et la caserne de la maréchaussée , mais ce projet fut abandonné , et M. de Boubée en devint adjudicataire.
Ce couvent , qui avait été rebâti en 1760, sur un beau plan, n'était plus habité, en 1790, que par deux religieux, le père Pluche , supérieur, âgé de 7^
DE FEUBS. 95
iBs, et ]e père Tesle d'Armand, âgé de 45 ans. Leurs revenus, outre le produit de leurs messes^ s'élevaient
à 1,970 livres et se coiiiposaient :
l"" Du produit de leur vaste enclos, évalué par eux-
mêmes à 585 lîv.
2* Du domaine Ricon, à 1 1 urs .... 550 5" Du domaine des Granges, à Saint-
Cyr-les-Vignes 260
4" Du domaine Bruchet , à Civens. . . 280
5° De quelques t( rres, à Misérieux. * • 1*20
6' D'un jardin, à Feurs 36
7* D'un étang» à Feurs 24
8° De quel(£ues rentes sur particuliers • 115
Total 1,970 liv*
Tous ces biens furent vendus au profit de l'Etat;
leur belle bibliothèque, composée de 459 volumes, presque tous in-folio ou in-quarto, et de quelques
manuscrits précieux, fut piïïée et dispersée, elle père Pluche se retira dans la maison qui forme l'angle de la place du PuitSrHle-rAune et de la rue de la Boiterie, appartenant aujourd'hui h M. Galland. De la pieuse fondation du marquis de Kivoire , il ne reste plus aujourd'hui qu'un souvenir.
L'ordre des Minimes et celui des Récolets avaient eu, jusqu'à ce jour, h* privilège de fournir le prédicateur qui, chaque année, prêchait le carême dans la ville de Feurs, depuis la fondation faite par M"* de Carvîlle, et, conformément à Tarticle 8 de cet acte, le prédicateur recevait de l'hospice la gratification de 90 livres, en remplacement de la nourriture qui lui
1 m. était due pendant le carême. Cette utile et pieuse
fond.ition fut religieusement observée pendant près de 70 ans , jusqu'au jour où l'on crut , en France, que les moines et les sermons étaient choses superflues.
Un autre couvent venait aussi d'être supprimé, le prieuré de Rendans, à Feurs, dont la fondation remonte h une époque très-reculée. II appartenait à Tordre de Sainl-Benuit, et le prieur nommait à la cure de Feurs. Un Talaru en était prieur en Tannée 1121; Tabbé Anisson Tétait en 1757: le dernier prieur commaiiil«ilaire avant la révolution se nommait Dantoine ; il était curé de Savigny. Les bâtiments du prieuré, situés sur une petite éminence , dominaient la Loire qui coulait à ses pieds. L'église, sous le vocable de Saint-Martin , était surmontée d'un clocher ayant la forme d'une haute tour carrée; au premier étage de cette tour existait une petite chapelle dédiée à sainl Clair, dont la statue était respectueusement saluée par les mariniers qui descendaient la Loire.. Le clocher a été démoli en 1825, et la main de Thomme n'a fait que devancer de quelques années l'action des eaux du tleuvc, qui a creusé son lit sur Templacement même de Téglise. Quelques tombes de moines, creusées dans des blocs de granit et dépouillées des cendres qui leur avaient été confiées, quelques fûts de colonnes, quelques pierres monumentales éparses sur le sol , un rieux pont suspendu sur les fossés desséchés qui protégeaient autrefois Tenceinte du prieure, voilà tout ce qui reste de Tabbaye de Rendans.