‹ Notice historique sur les ordonnances du 16 juin 1828Chapitre 10 sur 20 · I.a Quotidienne n’était pas la seule à flétrir les menées · texte numérisé non relu

I.a Quotidienne n’était pas la seule à flétrir les menées

«lu Ministère et tout le inarhiavéiisinc des intrigues em- |)loyées |)Our diviser les Evêques. Les personnages les plus reeoinmundables par leur caractère et leurs vertus s’en plaignaient avec la luêine amertume que les journaux rallioliques.

» Combien il serait à désirer, écrivait à un EviViue

le vénérable Abbé de la M.. , que tons Nossei-

« gneurs vissent comme vous le danger que l’on « court Cl les pièges que l’on tend à la Religion et « à l'Episcopat. La réunion de tous les Evêques de <• France formait une masse si imposante, qu’elle » écrasait tous les prétendus libéraux. Us avaient , « d’ailleurs, prononcé unanimement un mol solennel « *|ui semblait devoir fermer accès à toute con- « cession indigne de leur c-arartère et de leurs « principes : Aon possumun , et voilù que les « menées du Ministère , le tripotage d’un petit « avocat , le bavardage d’un favori, d’un Cardinal- « clerc,qui peut-être a été gagné comme les Caprara « ou les Consalvi , vient semer l’alarme, le trouble et B Indivision. Mais rien. Monseigneur, comme vous « me le dites très-bien , n’est au-dessus de la circu- « laire de Mgr le Cardinal de Latil. C’est un monu- B ment de plate adulation , de faiblesse, d’ignorance B et de sottise. Sans examiner une question délicate ,

« PII lilijîe, de oc tou tranchant dont sait si bien se « couvrir la médiocrité, sans citer, comme vous le re- « inanjucz très-justement , Monseigneur, une autorité, « une lettre dont il serait bon d’avoir le texte, il a l’air « de faire dire au Souverain Pontife, ou au moins à sou « confident, qu’il faut que les Evè<iucs de France mar- « chmt avec le trône. Cette proposition, aussi ridicule « que fausse, est dans sa généi alité susceptible de tou- « les les qualifications dont la vieille Sorbonne écrasait « autrefois une assertion erronée. Monscûgneur , qui a « de la mémoire, aura lu dans quchpic mauvais pam- « plilet cette phrase , aussi ridicule que triviale , qu'il « faut marcher avec son siècle, et, par une heureuse « imitation, il dit à l’Episcopat fi ançais, d’un air d’aulo- « rite , qu’il faut marcher avec le trône. C’est le ti ônc « alors, comme de raison , qui est enseignant , et le « corps épiscopal écoutant et suivant. Oh ! combien « nos Bishops anglais vont ètir réjouis d’une pareille « doctrine ; voilà nos Prélats à leur niveau ; bientôt « nous ferons le Roi , comme Georges IV : Defensn- « rem fidei. Le grand malheur. Monseigneur, c’est que « beaucoup de respectables Evètiues ne feront pas ces « réflexions , et qu’avec les meilleures intentions ils « jureront in verba magistri. De là, schisme , division, « séparation , et c’est là ce ipic nous avons seulement à

» crainilre : la j)t;rsécuüon n’est rien, quand on de-

« ineiire uni Je demanderais volontiers, Monsei-

« gncur, à son Eminence, si saint Ambroise marchait « avec le trône, quand il excommuniait un pieux cmu pereur ; saint Thomas de Cantorbéry, quand il résis- « tait à Henry 11, et le saint Evôque Fisherà Henry VllI. « Marcher avec le trône, c’est marcher avec le Minis- « t6re , avec le Constitutionnel; c’est marcher avec « Crammcr , c’est nous mener au schisme et à l’héré- « sie. Les Evôqucs de France marchaient-ils , eu 1790, « avec le trône , bien qu’ils aimasssent et respectas- « sent Louis XVI? »

On aime à entendre , sur le môme sujet , un homme jndicieux , et bien au courant de ces intrigues :

O Monseigneur, écrivait le digne curé de Genève, il est ■ ailligeant de voir comme tout va à la débandade parmi a ceux qui paraissaient si décidés et si unis dans les M représentations faites au Roi. Je ne comprends rien « à la mystiCcation opérée par le message Bcrnetti. Le » Cardinal autpiel un ami des principes avait transmis « une note , lui a répondu sous la date du 25 septem- « bre : Soyez tranquille au sujet des Ordonnances , « en ce qui concerne le Saint-Siège. Fiat lux! Et puis « c’est au nom de Rome que Mgr Feuirier triomphe ! a Le temps éclaircira ce mystère 1...»

M. (le LanuMinais, (|ui ù celle ép<x]ue était une puissance, se serait montré moins sévère cnvei’s le Cardinal Bemetti, ù cause de sa lettre, (ju’envers le Ministère au* <{uel il attribuait tout le mal , et spécialement l'abiLS monsti-ueiix fait des paroles les plus innocentes de Son Eminence le sccrétaire-d’Etat; il disait dune dans son ouvrage intitulé : Des progrès de la Rèrolution , p. 12.

« Cet écrit était achevé , lorsque nous avons ac<|iiis U la certitude que la lettre de Rome , dont le Ministère « a voulu se servir jmur diviser l’Episcopat , loin de « contenir aucune approbation des Ordonnances , « louait au contraire les réclamations et la fermeté des « Ev(V|ues , et ne parlait de la pieté du Roi , que « comme d’un motif d’esiMirertpi’il en modifierait l’cxé- « cution : et cette espérance eût été , certes , une eno tière et douce certitude, si le Roi avait été maître de

• suivre en cela les religieuses inspirations de sa con- « science et de son cœur. Les Ministi'es répondront « seuls de la violence qu’ils ont faite à ses sentiments « connus , ainsi que de l’indigne fonrlicrie p;tr la- « quelle ils ont essayé de tromper les catholiques

• français et leurs premiers pasteurs.

« Au reste, on ne. saurait trop admirer la noble « constance qu’ont déployée presque tous ceux-ci.

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O Koniic^ dans Iniir rcsisUtiice aux dis|)osiliuns atiti- « c!)i’étifiines ([u’ils avaient signalées dans les Oi'don- « nanees , il a fallti pins que du courage à M. Feu- ■ trier pour oser sup[Hiser leur adhésion , malgré les « déelaralious les plus formelles soutenues jusqu’à la « fin. »

Un dernier mot viendrait en eonfirmaliun de ce que dit l'aneien défenseur de la liix'rlé de l’Eglise , en faveur de la lettre du Cardinal Bernetli. Celle Eminence nous assurait, dans sa lettre du 5 juillet 1844, ipi’er.core qu’elle eût perdu le souvenir des mots et des phrases de sa lettre, elle ne s’était point é(“ari黑 du Bref écrit i>ar S. S. Léon XII. Tout partit , dit le Cardinal , de la même source , tout fut revu par la mime personne , tout fut corrigé de la mime main. Or, nous verrons bientôt ce que porte ce Bref d’une si haute importance , et alors toute ambiguité disparaîtra , et la moralité religieuse des Ordonnances sera jugée sans apiiel.

DERNIÈRES NOTES DE LA COMMISSION CENTRALE DES ÉA'ÉQl'ES.

Cependant les Evêques réunis à Paris n'étaient pas sans inquiétude sur le contenu et le résultat de la lettre arrivée au Ministère des affaires étrangères. La plupart d’eiilre eux n'étant point encore fixés sur le parti à prendre dans une circonstance aussi critique , la Commission se contenta d’envoyer aux Métropolitains line note très-laconique , en date du 24 septembre , laquelle était ainsi conçue :

« Divers cliangcments d’une grande importance dans « la situation des affaires étant survenus depuis peu , « on engage à ne point se presser pour répondre aux * circulaires du Ministre. D’ici .'i deux ou trois jours , « on recevTa du centre une ou deux notes dont on re- ■I gretterait de n’avoir pas attendu la connaissance , M avant de s’être décitlé à agir d’une manière quela conque.

O Jusqu’à présent , Cl réponses sont parvenues coii- « formes à la note 5; huit sont dans un sens opposé, O et onze ne sont point encore parvenues. »

On s’:ijici\oil dt’jàùla Iccluro de oclli* 7'iiotC(|ii’uii(? voix distjordanto nst venue ironbler riiarnionie épiscopale. Le centre appréhendait des arr.ingement.s partiels avec le Ministère, non j>as, liâions-nons de le dire, ipi’il supiiosàt les Evêques capables de chanter la paliiioilie sur des principes si solennellement profcss<'“s , mais parce tpi’il se réservait de diriger , de poser liii-mêmc les conditions d’un arrangement général , nnirorme , et probablement combiné d’avance par le président de la Commission. Du reste , cette note lut bientôt suivie de celle qui venait d’étre annoncée.

C’était la note n“ 8 ; elle contenait des renseigm*ments sur les différentes sortes d’établissements cpii pourraient être fondés par les Evêques , en dehors de leurs séminaires , sous le nom d’institution , de collège, ou de collège mixte. Elle se terminait par ces avis : « Quant ô la déclaration , il a été assez « généralement reconnu qu’on pouvait l’autoriser de « la part des laïques ou des ecclésiastiques placés « dans les collèges ou institutions autres que les « petits séminaires, ayant soin pourtant de leur indi- « quer une formule qui mette à couvert le respect dû « aux congrégations religieuses. Ainsi , par exemple , « quelques Evêques ont déjà indiqué celle-ci : Je A’... « déclare n’appartenir de fait à aucune congrégation

« rcUijkuae, nrnlentlant néanmoins, par crtle déda- « ration, improuver en aucune manière les congrèga- « tions religieuses non approuvées par l’Etat, protes- • tant, au contraire, de mon respect et de ma vénéra- « tion pour elles. — On sait que pour le diocèse de « Blois, Mgr de Valisménil , consulté sur ce sujet, a « approuve que la déclaration fût conçue en ces ter- « mes : Je déclare n’avoir Vkonneur , m' l’avantage « iPappartenir d aucune congrégation religieuse non « encore reconnue par l’Etat.

« D’après la résistance qu’on a opposée ù l’égard « de la déclaration pour les aumôniers qui sont dans « les collèges des espèces dt; Curés, uni(|uement cliar- « gés du spirituel , Mgr de Vatisménil a reconnu B qu’elle n’était point obligatoire pour eux , à moins « qu’ils n’exerçassent d’autres fonctions uniTersitaires.

« Mgr de Vatisménil a pareillement reconnu (|ue les « Comités n’avaient aucune inspection à exercer sur les « l>ctitcs écoles tenues par les religieuses. Il désire B seulement que la surveillance ait lieu par MM. les B Curés. »

Jusqu’au 8 octobre la Commission, toujours campée rermenient sur les règles et sur les |)i incipes, n’avait point encore fait de concessions , ni projtosc' aux Métropolitains d’acconiinodenieni av(‘c le Ministère ;

mais on voyait les Ministres en i)artirnliei', mais on [in^Uiil roreillc à dos propositions [ilns ou moins flatteuses, à (les explications (pii semblaient adoucir la rii;ueur des Ordonnances. Il l'aut l’avouer avec francliise : mallieurcusement la Commission suivait un cliel' qui, malgré ses belles qualités, n’était pas de foive pour la conduire à la victoire et pour tenir longteni])s a la briîclie, en face d’eumanis rusés, qui savaient les moyens d’aCfaiblir son courage ou de surprendre sa religion. Nous en sommes fâchés , nous , les amis de la gloire de l’Arclievéque de Paris ; mais le V’icairegénéral de la grande Auinùiieric, M. l’abbé Perreau, aurait assez bien jugé le caractère du Prélat , lorsque le 13 juillet, trois mois avant le triste dénouement de ce drame, il le jirédisait dans une lettre confidentielle ; « Entre nous , Myr ik Paris est faible , et il me semble O qu’on ne peut compter sur lui dans ce démêlé. ..v l.e Pri'dat, eu ell’et, avait troj) de piécédents ipii le liaient avec Mgr de Deauvais, et, tôt ou tard, d’auciens amis devaient finir [lar s’entendre. Mgr. de Quélen avaitsans doute un motif plausible , du moins en apparence , puis(pi’il iit'gociait |iour la conservation de ses petits séminaires ; mais comprend-on comment il osait, a peu piès seul , entamer celle m'gociatiou , et s(- poser eu pléuipoleutiairc , eu agent du (’h'fge de Irauce doul

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livs-UTkiiiu'iîicnl il n'uvuil pas revu les jwiivoii’s? Diles (|ifil U'aituit pour lui-uiéme ou jiour sou dioeèse; la pièee (ju’on va lii-e va prouver qu’ici il ne négociait pas seulement i>our son propre compte. Dans tous les ras , sa défection , ou , si vous aimez mieux , ses avances auprès du Ministère <levaient être une pierre iraehoppement , d’abord pour la Commission qu’il entraînait , puis pour les autres Prélats dont il était eu quelcptc sorte la boussole.

Enfin parurent les trois pages in-4® , imprimées , et signées de la nwin de rArclievèque de Paris. Elles l'taient adressées aux Evêipies sous la date du 8 octobre et portaient pour titre : Note à M.Mgrs lesEtiques ; elles s’exprimaient ainsi :

« Les communications qui ont été faites h Mgr l’Ar- « chevéque de Paris portent à croire que le Pa|w , « sans s’expliquer formellement sur les Ordonnances « du 16 juin, semble Irourer cependant qu’il y aurait « moins d’inconvénients pour la Religion, si lesEvéques « cédaient qucli|ue chose à la nécessité , que s’ils deo meuraient inllexibles. En donnant cette connaissimee « aux Evêques, on les prie de vouloir bien faire stivoir « au plus tôt, et de 1a manière la plus préeisi', quelle est « leur opinion, quelle sera leur détermination, la? ré- « siiltat di*s avis leur sei-a eommuniqué, aussitôt ([ii’il « M’ia possdile.

• Dans 1(* cas où les Evtk|iius adopteraient les icm- « péraments que l’on croit réclames par les circonm stances , on leur propose le mode d’une lettre coni- « inunc adressée au Ministre des affaires ecclésiasti- « ques.

A la suite de cette curieuse note de rArclicvèque figure au même imprimé la lettre qu’il proposait à la signature des Prélats français , toutefois après avoupris la précaution de la communiçuer augouvernemenr^

PROJET DE lETTRE^

« Monseigneur ,

« Je persiste à professer sur la juridiction et l’aulo- « rité spirituelle les princiijcs consignes dans le Mé- « moire du 1" août, qui a été présenté au Roi, au sn- « jet des Oi'donnaiices du 1 6 juin relatives aux écoles « secondaires ecclésiastiques ( principes que je crois « être ceux du Saint-Siège , et qui me sont communs « avec la presque unanimité des Evêques de France). < Je suis cependant loin de méconnaître les droits de « surveillance et de protection qui apprtiennent « Roi sur les établissements de son l'oyaume , (picls que

« soient leur ««turc et leur objet ; nu&si n’ai-je juinuis « mis en doute (|uc les Evêques ne pussent et ne dus- « sent fournir par forme de renseignements tous les « éelaircisscments convenables sur leurs petits semi- « naircs. Si j’ai hésité dtins la circonstance j>résente ,

« de [>eur do paraître entrer en contradiction avec « moi-même et trahir ma conscience, maintenant que,

« sans aucun déguisement, j’ai manifeste mes princi- « pes , j’éprouve d’autant moins de difficiiltcs ili vous « adresser les cclaircissemcnls ci-joints , que les cotu- « munications nouvelles faites à deux Arclievêc|ues de i

« France, laissent entrevoir que le Souverain Pontife « désire que les Evêques cèdent quehpie chose à la « nécessité.

« En vous adressant ces renseignements , je crois « remplir siillisummcnt les pieuses intentions du Roi ,

« me conformer aux désirs de Notre-Sainl-Père le « Pape, et ne dépasser en rien la ligne de la con- « science.

« Agréez, je vous prie, etc.

« P. S. On joindrait à celte lettre un exposé libre de la < situation des petits séminaires, qui contiendrait 1° le « nombre actif des élèves , le nombre présumé néces- « saire ; 2® le nom des supérieurs , ou directeurs qui « seraient qualifiés de prêtre.» séruUcrs \ 3" enfin, un

M mol yonénil sur 1rs i-i,‘ssouircs |M>ciini:nrfs tirs sémi- « nairi-s, (|iii ferait C()nnaîlre(|iie la |)liis forte somme de « secours serait encore bien au-dessous des besoins. •

« Ce projet a été adopté par MMgrs les Arclievè(|ues U soussignés :

Signé : Hyaeiiilbe , Arc!invè(|ue de Paris.

Louis sur. , Kvé(]ue <le Sl-Floiirs.

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