‹ Notice historique sur les ordonnances du 16 juin 1828Chapitre 11 sur 20 · C. , Evéïjue d’Evreux · texte numérisé non relu

C. , Evéïjue d’Evreux

J. -J. M. , Evéquc de Meaux.

Charles, Evêque de Nancy et deToul.

P. , Evê(pie de Coulanees.

L. F. , due de Rohan , Archevêque élu dWuch , nommé à Besançon. — Certifié conforme à l’original.

Hyacinthe, Archevêque df Paris (\).

Voilà donc ce projet d’épitre, lequid , adopté par bon nombre d’FAcqiies , a si fort déplu au Papi‘

(1) Mgr. (le .Nancy .unit prob.ihlrnncnl rccommamlé c<!ttc lettre de l'.Vrclievétiiie de Paris à Mgr. d'ainasie ; car nous irouYons parmi les pitces auiographcs une réiKiuse de celuici ipii est un nouveau Irait de lumitre par rapport .N la dépi'chc du Ministre de l.éon XII , laquelle, en rompant l’iuiilé Episcopale, a été la pi incipale cause du projet d’accommiHlcmcnl ou même de rexéeution des pernicieuses Ordonnances. Présiiuiaul bien que cette réponse a été l'expression des sciiliiiicnls de plusieurs autres Prélats, non> devons , pour l’intégrité de l'bisloirc. lui donner place, du moins à la lin du volume. Voir pièreii jusiifiriilivct , n°

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Li’-im \1I , l'I dont Sa Saiiileté a üigiiald [>li:sii‘urs ex- |irfssioiis qii'flk' jugeait lrès-réi)rélu‘ii.sibles. L’Airlietèiliie de Paris prélcndait iiietlre à couvert sa respoiisidûlilé inir la leilre Bernelli, <|iril inter|irélail dans le sens d’un ai'eommodemenl. \insi eetle lettre continuail à produire ses nr.tllieui-eux fi’uits , et le texte , Home le veut , mis eu avant par le Canlina! de Latil , ]>uis répété j)ar l'Arelievê<|ue de Paris, seta désormais li' refrain banal de la Commission. Si le travail de celle-ci a plus d’une fois consolé, encouragé l’Eglise de France, maintenant elle semble avoir pris à üiclie de porter le découragement dans les cœurs; et tout en faisant ses réserves sur les principes qu’aucun Evètiue ne saio rail en conscience abandonner, elle ne vise qu’à en linir ave*e le Ministère par des arrangements qui devront »‘tre particuliers [lour li’s tliocèses ou jtour les Evêques dociles à scs avis. Enfin nous en sommes à la dernière note de cette Commission. On v reinaivpiera de l’embarras et des longueurs; mais on eût été plus court , si on eût suivi constamment la ligne droite.

Ca,'tle note, censée secrète , était pour appuyer, pour faire accepter la lettre précédi-nle ; il faut nous résoudre ;i la lire ici tout entière.

« l.a note adressée à MMgrs les Evéïpics , ’mius la

HO

« (lato du 8 ocl(jbro 1828, n’a |K>iiil (‘lé nuiiicroloo, « \Kiixp qn'aijant été communiquée au goiirernement , « ollo n’a point paru devoir (5tre comprise dans la stM'ie « des notes purement confidentielles.

« On V’roit utile d’envoyer celliMâ pour mettre Nos- « seigneurs nii(>nx à nn’me de juger la position des « elioses, et continuer, autant (pie possible, cette pré- « cieuse unanimitii de conduite et d’expression de « sentiments en des actes d’une si haute importance. « Sans doute, il reste libre à chacun de penser que • l'opinion du Souverain Pontife a [m (Hre inlluenctie « par les envoyés du gouvernement ; que Sa Sainteté « a pu ne iiasêlre infornuie bien exactement du véri- « table état politique et religieux de la France , et de « r(*(Tet plus ou moins favorable de la résistance des « EvéqiUïs, comme aussi des conséipicnces probables « (pii en résulteraient pour l’avenir. Mais , indépen- « damnienl de ces réflexions , toujours est-il que l’F,- « piscopat semble être à couvert par les insinualionx m et les désirs qu’a manifestés la cour de Rome. On « sait (jiie (lès le commencement de ces tristes affaires , « le zèle et la fermeté des Evêques ont été loués par O le Souverain Pontife ; toutefois l’espwe d’obscurité » qui envi'loppe les motifs de la conduite présenté du « Saint-Si(-ge , a bien son avantage , en ce que les Evé'^

« (|ues ne l('ruiciit inaintenaiU par l«‘iir déférence « (lu’lioiioi’iT l’aulorilé prépondéranlc du chef do « rE},'lis(: , t'i (•onserveraienl inlarls leurs droiis pour « l’avenir. Ce ne serait (|u’une condeseendanec lein- « i)oraire qui répondrait à une nécessité actuelle « ou présumée telle par le Souverain Pontife. La « (piestion de droit demeure entière , puis<{u’il est eer- « tain qu’il n’est intervenu de la part]du Sainl-Siéf'e « ni jugement, ni decwionqui combatte ou redresse les « principes posés par les Evêques dans leur Mémoire,

• et que Rome n'a fait non plus aucune concession « réelle , rien qui puisse légitimer ou consacrer pour « la suite les derniers empiétements du pouvoir civil « sur les droits incontestables de l’Episcopat. Le parti « proitosé dans la note et la lettre du 8 octobre signé « |wr Mgr rArtdievêquc de Paris , semble offrir l’a- « vantage de conserver jiliis facilement l’unité dans le « corps des Evê(jiies de Fiance , et de retrouver plus

• facilement cette presque unanimité de conduite et de « défense dans tous les graves intérêts religieux <pii « pourraient encore nous menacer.

« Il est d’ailleurs facile d’apprécier à combien peu « de chose se réduisent les concessions des Evêques , « s’ils suivent le mode indiqué ( mode qui a été « communiqué au gouvernement, et dont ou saitipi’il

i'rl

« St- omii'nici-.i , s'il esl ^riuTüli'moiil iidoph'-), siir- II limt, si ('omii)c le jugent néeessîiires les sept Prébis « dont les noms sont inserils, on s’en tient rigoiirense- II ment à ne se servir d’ancnn des lalileanx dn !\linis- II tre, mais à donner par forme de lettre les seuls renu seiynemenis (I) désignés dans la note du 8 oetobre, « savoir : un exposé libre de la situation du ou des « petits séminaires, (jiii eontieiulrait le nombre actif •I lies élèves , le nombre présumé nécessaire , les noms Il des supérieurs ou directeurs (|ui seraient qualifiés Il (lo prêtres séculiers, enfui un mot génér.d sur les « ressources péniniaires du diocèse (|ui ferait eonnai- •I tre (|iie la |»lus forte somme de si'eours serait encore « bien au-dessous des besoins.

" On aurait donc gnind soin 1“ de ne pas pro|K)- « ser à l’agrénient du l\oi les noms des su|iérieurs ou « directeurs de eliaque petit séminaire. On pourrait , n |)ar exemple , se borner à dire : J’ai confié la direc- » lion de l’cbblissement à M... (prénom et nom) ,

;i) Par les mots ; seuls renseignements , on n’entend point exclure ceux qui ne concerneraient que le matériel des établisseincnU , tels que l.''nr ca|>acilé, les titres de propriété cl autres édaircisscmciiLs qui paraîtraient néeessaires pour faire connaître les licsoius du diocèse, ou servira la juste répartition des secours alloués par le gouvernement. (Su: au manuscrit.]

B pi’êtn' séculier île mou diocèse. Si par la suite le « Ministre envoyait Vayrémenl royal, on n’en accuse- « rait pas réception; on ne préviendrait pas non plus B le Ministre des eliangements de supérieurs ou direc- « teurs qui pourraient survenir ; 2” ipiant à la décla- « ration que les professeurs n’ appartiennent a aucune « congrégation, on garderait un silence absolu, et non- « seulement on n’enverrait aucune déclaration ni par- « ticulière, ni générale, mais on ne se servirait même B point des expressions plus vagues indiquées par le B Ministre dans sa circulaire du 30 août, savoir : qu'à B cet égard les inletUions du Roi ont été remplies , et B dans le cas où par la suite on voudrait exiger de la B part des susdits profess.''urs des déclarations in- B dividuelles , on les leur interdirait formellement ; « 3® on ne donnerait aucune liste pour les demi-lxnir- B ses, la loi des 1,200,000 fr. laissant toute latitudeau B Ministre iionr la répartition des secours ; 4® supposé B que le Ministre insistât pour obtenir quelque attire B renseignement que ce soit, relatif aux Ordonnances « du 16 juin, on en préviendrait le centre ; et vis à vis B du Ministre, on s’en tiendrait à cette réponse : qu’on B a donné tous les renscigncini'uts convenables , con- « certés avec le gouvernement , acceptés par lui , con- B sentis par le grand nombre des Evêques, et bien stif-

• lisants d’ailleurs poiu- remplir les iiileiitions d'uii

• Prince dunt la haute piété a toujours donné lieu « d'attendre les modifications si Justement réclamées « par le corps épiscopal. On observerait , enfin , que « c'csf à celle condillon seule qu’on s’esl délerminé « à écrire la lellre qui renfermait les susdils renseigne- « tnenls ; 5“ si môme à l’avenir quoique lettre particu- « lièrc des Ministres prescrivait d(!s mesures d’uu « grave intérêt , on engage à ne rien accorder, sans on « prévenir le centre. Cette union de défense et do con- « duitc parait plus que jamais indispenstdde.

« On est prié de vouloir bien répondre sur le « champ. — Pour éviter tout retard dans les opéra- « tions, dès que le centre aura la certitude d’une ina- « jorité quelconque, il en fera part à ÎSosseignciirs, pour « que dès lors ils puissent agir avec plus de liberté, et B envoyer leur lellre au Ministre ; ce que les sept « Evêques SC proposent de lu? faire eux-mêmes que « lorsqu’ils auront connu l’opinion de la majorité.

« La présente note a été concertée avec les mêmes « Evêques qui ont souscrit la lettre signée par Mgr l’Ar- B clievêque de Paris. »

Combien cette note des Evêques réunis .à Paris ressemble peu .à la première tpii était si positive et si résolue! Combien surtout le projet concerté entre les

sept Prélats s'éloignait du Mémoire souscrit par tous les Evêques de France ! La dépêche du Cardinal Bemetti, bien ou mal entendue , avait fait faire en peu de jours tout ce chemin à la question des Ordonnances; et c’était la résoudre en faveur du Ministère que d’avoir consenti à un accommodement, sans avoir obtenu les modifications si justement réclamées , du moins par rapport à quelques articles de leur texte jugés généralement condamnables. La Commission a beau vous dire que ses concessions se réduisent à peu de chose, elle en gémit ellemême , elle en est humiliée. Est-ce peu de chose, en effet , que d’abandonner la résolution exprimée tout d’abord par l’Episcopat , de demeurer purement passif devant les prescriptions ministérielles ou de leur opposer la force d’inertie , alors qu’on va au-devant des Ordonnances , et qu’on leur prête son action pour les faire exécuter dans chaque diocèse? Quoi! vous maudissiez avec toute l’Eglise de France les mesures hostiles du Ministère; vous avez signalé hier, mis au grand jour leurs vices d’usurpation, de violation des droits de l’Episcopat , et aujourd’hui c’est peu de chose d’accepter les dispositions de ces malencontreuses Ordonnances ! Est-ce donc bien logique , bien rationnel que de réprouver le principe en théorie, et d’en subir les conséquences dans la pratiipie , vous résignant à ses funestés effets?

Toutes ces considérations n’empéchfcreiit pas Mgr l’Archevêque de Paris d’adresser, le 20 octobre, à ses collègues la lettre suivante :

m Monseigneur,

« J’ai l’honneur de vous adresser la note et le pro- < jet concernant nos petits séminaires, et de vous faire « connaître les réponses jusqu’à ce jour :

« 1® Ont adopté le projet et vont exécuter 48 « Parmi ce nombre 10 s’en rapportent à

• la majorité

« 2® N’ont point adopté et n’exécutent pas 2

« 3® N’ont point répondu 8

« 4® Ont terminé avant le projet, beaucoup

■ l’ayant déjà approuvé 22

« Total 80

■ Vous verrez , Monseigneur, par ce résultat, que les « deux opérations qui n’ont qu’un même but donnent

• jusqu’à ce jour une majorité de 70, et conservent ainsi

• notre précieuse unanimité. 11 ne reste donc plusmain- « tenant qu’à mettre à exécution ; le temps presse et

• les embarras sont grands.

■ Plusieurs Evêques ayant témoigné beaucoup de

• peine d’employer l’expression de Prêtre séculier, on ■ fteut la retrancher d’autant plus facilement qu’il est < certain que le Ministère ne l’a pas exigée pour plu- « sieurs diocèses dont les noms sont cités au Moniteur.

« Agréez, etc.

• Signé Hyacinthe, Archevêque de Paris.*

Vous venez d’entendre l’Archevêque de Paris se flatter auprès des Evêques de province d’avoir obtenu une majorité réelle ou factice ; mais, quand même le président de la Commission ne se fût point trompé dans ses calculs , serait-il fort surprenant qn’une foule de Prélats eût abondé dans le sens de la dernière note , donnant un suffrage de confiance jusqu’à en référer purement et simplement à la majorité que chaque Evêque pourtant était appelé à former? Le grand nombre ne devaitil pas naturellement s’en rapporter à une Commission regardée comme un foyer de lumières , alors qu’elle assurait qu’on avait mis les principes en sûreté, qu’on avait dressé le plan , tracé la marche à l’Episrxipat , d’après une décision de Rome, et d’après les rassurantes promesses du Ministère ? Autant d’erreurs de faits qui avaient trompé la Commission elle-même, et qui à plus forte raison.pouvaientbien $éduire,eutralnerla multitude des Evêques éloignés du centre. Car lorsque les Prélats

français pour sortir de l’impasse des Ordonnances et assurer l’existence de leurs (>ctits séminaires, avaient la perspective d’un moyen qu’on présentait aux consciences alarmées comme légitime , comme canonique , comme fondé sur la volonté même du Pape, pouvaient-ils en général repousser un arrangement en apparence si favorable , si opportun ? Qu’eusuite l’Archevêque s’applaudisse de réunir à son système une précieuse unanimité , pour le coup c’est trop fort 1 Heureusement , tous les Evêques de provinces ne furent pas aussi unanimes , et il resta assez de voix énergiques pour réclamer et soutenir la cause des vrais principes.

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