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BREF DE Sk. SÀIKTETé LÉON XII SUR LES ORDOISNAKCES DU 16 JUIN 1828.
Depuis je commencement de la lutte la Commission des Evêques n’avait pas cessé de dire, de répéter en écrivant aux divers diocèses de France , que la cause des Ordonnances était portée à Rome, que le Mémoire et les -autres pièces du procès y avaient été adressés , et cependant aucune décision du Saint-Siège n’arrivait , à moins d’appeler de ce nom la trop fameuse lettre du Cardinal Bernelti . C’est alors que Mgr d’Amasie, Administrateur du diocèse de Lyon, prit la résolution de consulter lui-même le Souverain Pontife , et d’envoyer directement à Sa Sainteté toutes les pièces relatives à
cotte grande affaire. Le 12 juillet, il avait déjà écrit au Pape , en lui envoyant les deux Ordonnances et ses ob- •servations rapportées plus haut. Mais parce qu’il n’avait reçu aucune réponse le 17 août, il écrivit de nouveau , ce joui^là même, en adressant à Sa Sainteté le Mémoire des Evêques, la note cpii raccom|)agnait, et ses propres réflexions sur ce Mémoire. Nulle réponse n’éUint encore arrivée, il écrivit à Rome une troisième fois, le 24 octobre, et il joignit au dossier adresséà S. S. Léon XII, le projet d’accommodement imprimé , ainsi que ses réponses au Cardinal de Latil et à Mgr rArchcvê<[ue de Paris, telles qu’on les a lues dans le précédent paragraphe. Dès que les deux premières lettres de Mgr d’Amasie ne sont point parvenues au Pape, elles n’offrent plus autant d’intérêt; qu’il suffise donc de citer la dernière qui a été très-certainement reçue, et à laquelle le chef de l’Eglise s’est empressé de répondre. La voici traduite du latin :
«Très-Saint-Père,
« Tandis que dans une première et seconde lettre « je répandais dans le sein paternel de Votre Sainteté < ma profonde douleur sur les Ordonnances royales du « 1 6 juin dernier, quelques Prélats français s’occupaient • .avec sollicitude, s’efforçaient, hélas! à amener leurs
• l'ullt^ues dans rË))isropat , à ce qn’ou nppcltc des « moyens termes ; et voilà que leurs eiïorts se irou- « vent tout à fait eorrol)orés ]>ar une lettre d(ï S. E. le « Cardinal Bernetli. Pourtant, relie lelire n'a pas été « eoinniimiqnée aux Evêipies de France , et je ne sais « eonimcnt les promoteurs des deux Ordonnances « royales en tirent l’indiiction, si on les eroit sur parole, « que Votre Saintelc elle-même approuve ces moyens « termes. Es assurent cela confidentiellement dans « l’exemplaire de la lettre imprimée que j’ai cru né- « cessaire d’annexer ici, et ils insistent fortement pour O me la faire signer. Mais, puisque cette grave affaire « a été portée devant le Saint-Siège, j’ai jusqu’ici « constamment résisté , et je résisterai jusqu’à ce que V Pierre ait parlé parla bouche de Léon XII. Et comme, « dè.s le coaimcncement de cet orage, mon coeur n’a pu U différer un instant de clierdier un refuge aux pieds « de Votre Sainteté, comme auprès du Père très-aimant « et tri»-aimé de toutes les Eglisi's; pour la même raison, « maintenant , j'ai répondu aux Prélats de Reims , de <1 Paris et de Nancy, ainsi qu’il apparaîtra à Votre O Sainteté dans les copies de mes trois lettres ci-^jointes, •I que je ne désire rien plus ardemment, dans im doute « aussi grave , que d’étre affermi, confirmé, en m’ap-
• pnynni sur le bras de Votre Béatitude , et d-lairé
0 (II,' lu iiimioro sii|><Ti(‘iirt.' cio voire eiiscûgiieiiieiil. Col « enseignement et o(“s rc“gles île eoiitluitc je les nttends,
« je les ultenilrai , bien qu’un grunil nombre de mes eollègncs dans l’Episeopal aient déjà approuve et « souscrit ces moyens termes, afin de pouvoir avancer • sûrement, à la clarté des rayons qui desi-endcnl du M haut de la Chaire de Pierre. l’aide de celte lumièi’c « propice et de celle direction digne do* toute confiance.
Il je ne craindrai pas le naurrage, je ne craindrai pas « de voir à la place des (leurs, les c[)ines et les ronces « diflicilcs à démêler , transplantées dans le jardin de « l’Eglise.
« En attendant , je prie de tout mon cieur le Dieu « tout bon, tout-puissant, de conserver Votre Sainiclé « dont je suis le irés-humble , très-dévoué, très-soumis « serviteur et fils , etc. »
Mgr d’Amasie reçut enfin de Rome ce qu’il attendait depuis si longtemps , avec toute l’Eglise de France.
Lesage et courageux Prélat avait fait équivalemmeni an Souverain Pontife la demande qu’on mettait naguère diins la bouche d’un supérieur-général d’Oi'dre : « Je prie, Très-Sainl-Père , Votre Sainteté de ne pas « livrer nos alTaires à la diplomatie , même la plus " honorable ; mais cpi’Elle veuille bien nous permettre t de ne recevoir d’ordres du Saint-Siège , que par un
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« Bl'ef ou par une Biillt*. • Eh liieii ! le Bref arrira , fit effet , i>our iraiielier la question des Ordonnances.
Nous ne pouvons différer davnntagt; de pi-oduire eu entier ce Bref de Eéon XII , dont une ou deux phrases seulement ont été rendues publiques. Le voû'i daus sa Ibrnie et teneur ;
lÉOX XII , PXPE.
« Vénérable Frère, salut et bénédiction aposto- » liquo.
« Nous avons reçu les lettres de votre fraternité, du « 24 (M’iobre dernier, ainsi que les copies des lettres « que vous avez, écrites sur le luéiiu; sujet à trois de vos « vénérables frères les Evêques. Comme l’une et l’autrt; « de ces confidences sont un témoignage nouveau de « voire sincère affectioii pour nous et de votre profoml M dévouement au Saint-Siège, qu’elle est vive lajoieqiie « nous en ressentons I Combien nous vous en louons , « et avec quel empressement nous vous exhortons à « demeurer ferme dans un sentiment qui, au milieu O des angoisses qui nous pressent de toutes parts, nous a console en quelque manière, comme étant un gage « certain de votre foi.
« D’abord , ce que nous voulons , c’est que vous ac-
repliez etrs prrinièi'es lignes , eoniine l’expression de raffeclion intime de notre cœur. Maintenant
quant à l’objet de cette lettre, soyez perenadé que
nous avons parfaitement compris tonte la force de» notes mises de voire main à l’écrit imprimé que vous nous avez envoyé ; mais nous devons vous ûiirc remarquer qu’il a échappé à votre vigilance un mot , dans cet écrit , qu’il aurait fallu signaler. Vous reconnaîtrez ce mol à une note semblable aux vôtres , que nous avons ajoutée de notre propre main à ce même écrit. Elle toml^ sur un mot qn’on ne peut certes tolérer dans l’Eglise du Christ, surtout dans l’élendiie du sens qui peut lui être donné , et qui a été réprouvé d’une commune voix ])ar plus d’un concile. Voir maintenant un tel mot admis et employé par un corps d’Evêques aussi disiingué, cela ne peut être sans un grand scandale et nnealteinle profonde aux droits de l’Eglise.
« Quant à la question des séminaires , instruire le gouvernement du nombre des élèves qui s’y trouvent , et de celui beaucoup plus graml «pie l’on présume nécessaire, donner les noms des supérieurs et des di recteurs en les désignant par le nom depréires séculiers , faire connaître les subsides pécuniaires et les autres secours temporels dont ils ont besoin, outre que
toute» ces déiuardies sont un luuyeii. offert aux Evi\quespour conserver ces établissements, moyens qu'ils doivent rechercher par toutes les voies licites , elles sont en elles-mêmes innocentes , et dans les circonstances actuelles , inévitables, si l'on veut préparer, di-8 l’enfance, une [>ariie delà jeanesse pour le sanctuaire. Vous pouvez donc, sans hésiter, instruire le gouvernement de ces choses , en (piehiiie sorte temporelles , sans vous mettre en peine d’y ajouter les autres choses demandées par vos frères les Evêques , puistpic la nécessité n’en fait pas une loi et que l’exactitude de la doctrine ne les permet pas à des hommes d’un jugement droit.
« Du reste , vénérable Frère, quoiqu’elle soit louable la précaution que vous avez cru devoir prendre, avant de donner votre suffrage à la demande de vos frères ; comme cependant vous y avez recouru , appuyé sur un fait qui n’est pas de tout point exact , nous pensons qu’il est de notre devoir de vous faire connaître comment la chose s’est passée. Vous vous êtes persuadé , et peut-être le croyez-vous encore que nous avions été consulté sur les fameuses Ordonnances, par tous ou par la (dupart des Evêques de France, et qu’ils nous avaient prié d’en porter notre jugtr nient; un tel fait nous est enlièreincnt inconnu. Nous
• »iUYuns sculeuieiil que trois ou quatre se sont adresses « à nous , et parmi eux , votre fraternité , montrant « en eeia sa grande prudence. Nous attendions pour « donner notre réi>onse que la plupart des Evétpies « au moins nous eussent écrit à leur tour , afin que « connaissant p;u‘ les rapports du grand nombre , ce
• qui se passait avant ces décrets , ce qui les avait « accompagnés , quelles en pouvaient être les conse- « quences, nous puissions, toute chose mûrement « pesée, faire connaître notre jugement, et prescrire
• la conduite r|iii nous eût |)aru dans le Seigneur , de- « voir être tenue : mais nous avons été trompe dans « notre attente. Le seul Mémoire, signé par notre vc*- « nérable frère le Cardinal de Clermont-Tonnerre, « nous a été transmis par notre Nonce , et encore? « après avoir été déjà imprimé et présenté au Iloi , à « qui il était destiné. Or, cela peut-il s’appeler consul- « ter le Saint-Siège? N’est-ce pas plutôt la preuve qu’il « n’u |>oint été consulté ? En vérité , nous avons jug<>
O ainsi de ce Mémoire ; et comptant, à la fois , et « sur la mr» piété et les promesses du Roi notre ü-ès- « cher fils en Jésus-Christ , et sur la science , les ver- « tus et le zèle pour 1a Religion du corps épiscoi>al ;
« n'ayant nul doute, ayant même les plus fortes r.ii- « sons d’espérer qu’on trouverait, le Roi cl les conv
Di«
Uil
« mis-viiri's des Kvèciuus ol;iiil tl’an-ord , le ino\rn « il':i|Xiis(‘i' tout CCI orage , nous avons pensé ([ue nous « ne devions pas rorapi'e un silence que res|)oir ei la O prudence nous peraundaient en même temps de g-arci der , tout en implorant du Seigneur la lumière iii- « térieure et le conseil qui étaient nécessaires aux pa: - « teurs, et pour conduire le troupeau avec soin, et |)oiir » goùt(,T une joie sainte (Lins son avancement. Maiii- « tenant , ipioiquc les chosc.s , autant que nous le sao vons, ne soient pas aussi prospères que nous le dési- •I rons , elles sont cependant de nature à ne nous pas n Oter la ferme confiance de les voir s’améliorer à « l’avenir.
« Que celle espérance soit pour nous , dans le .Sei- « gneur , une mutuelle consolation ! Vous connaisse/., « vénérable Frère , quelle a été et (pielle est noire mao nière de voir : nous n’avons pas même hésité à « vous la découvrir ; c’est à vous désormais à obser- « ver avec le plus grand soin , et selon les circonslau- « ces, ce que nous vous avons écrit. Nous ne ])oiivoiis « pas , avant de terminer cette lettre , ne pas vous « témoigner, encore une fois , toute noti’e joie , et ne « pas vous féliciter luiulement sur la foi et le respeci O consianis avec le.sipiels vous déedarez vous allaclier n au cenire callioliqiie de ITiiilé. Que le Seigneur
a coiifii'iiie par sa grâce des sentiments si pieux et si a saints, et (|u’il rende dui'ahles les elTorts par lesquels « vous tende/, à préserver votre troupeau de la cor- « ruption du siècle tléjà croissant partout sans mesure, M et à l’embraser d’amour et de zèle pour la paix, a C’est en demandant de toute notre âme cette grâce au a Dieu, père des miséricordes et de toute consolation , a que nous donnons , avec l’affection la plus tendre, a à vous et à votre trou[>eau , notre bénédiction a apostolique.
a Donné à Rome , au tombi.-aii de saint Pierre , le a 15* jour de novembre de l’année 1828 , et de notre a Pontificat la sixième année.
a P. S. Ayant terminé et presque cacheté ces leta très , nous apprenons avec la plus vive douleur que a les petits séminaires de votre diocèse venaient d’étre a fermés aux étudiants et soumis au régime de l’Unia versité , parce que vous n’auriez pas voulu envoyer a votre déclaration. Après une si triste nouvelle, une a consolation nous reste ; car nous avons confiance a qu’ayant reçu bientôt notre réponse , vous pourrez , a si vous le voulez , détourner de votre Eglise une si a grande calamité» (1).
(t) Voir aux pièces ju^tilicalbfs, le texte latin, n“ %.