IG
OBSËRVATIO.XS Sl’H LE BREF DE S. S. LÉO."l XII.
Bref lie s<;rait pas assez clair pour loin le monde, si nous ne faisions quchpies remarques sur plusieurs points de la [dus haute importance.
1® Sa Sainteté déclare (pi'elle a très-bien compris la signification des traits de plume apposés par l’Archevéque-Administraleur de Lyon à la note imprimée qu’il a envoyée à Rome. Le Souverain Pontife faii remarquer qu’il a tracé lui-même, de sa main, des signes semblables sur certain mot qu’a laissé passer l’Archevêque d’Amasie. Or, quels sont ces traits ou ces signes apposés , et sur quel mot , en particulier , tombent ceux de la main du Pontife Suprême? Ces marques de rArchevéque-Administiatciir étaient des traits tracés sous quelques expressions que nous avons soulignées, à notre tour, en transcrivant la lettre de Mgr de Paris-; ce qui les a fait imprimer en caractères italûpies, pages 136 et 137.
Le Saint-Père souligne donc de la môme manière le mot échapim à r.Archevêque. Mainlcnaul , quel est ce mot si grave qui a offusqué les regards de Sa Sainteté, et qui, aux termes du Bref, ne peut être reçu dans l’Eglise de Dieu : mn ! , dit-il , rondnmné tout d'une seule voijc
par plus il' un cuncUe , rl qu'un curps épiscopal , aussi illustre que celui île France , ne peut admettre ou employer sans scandale, et sans une alleinte profonde aux droits de l'Eylise? Ce mol iiiur<|ué, cl deux fois soiili- {{iié (tür lu iiiuiii «le Léon XII , csl celui île siircrillance , uJmis comme buse îles Oriloimuiices , cl <|ui ligure tluns celle plieuse île lu lellre de rArclievètiue de l’uris, pro- |K)sée il lu souscriplioii de lous li“s Evètpies : « Je suis « cepeiiduiil loin de inéconnuilre les deuils desi'RVEll.- « u>CE Cl de peoleclioii qui uppuelieiil au Roi sur les » élabiissemenis de son royaume , ipicls ipie soienl M leur nature et leur ohjcl.... »
Les gouvernemenls civils ii’onl donc pas le droil de surveillance sur lous les élablissi'menis , quels que soienl leur nature cl leur objet ; par coiiséipienl sur les séminaires eu parliciilicr ei sur l'enseignemeul de la Religion calholique en général. Recomiuilre un Ici droil, soil dans les wrils, soil dans les élabiissemenis d'eilucalion (pielconqiies , en acceplunl pour examinaleiirs , pour iuspecleui's , pour réviseurs et par suite pour juges de reuseignemeiit religieux, les recleui's ou les doyens dans li's fuctillés universiiaires di^ üiéologie, tous agents du gonvernemenl , quels cpi’ils soienl et quelles que soient les écoles soumisi's à leur siirvi-illaiice , c’(*st , aux termes du Rref , faire une chose riut-
i/ainnéc tout d'une ruijc par plus iF un conrile , dumier uu uiüiidt; un yrare scandale , cl jujclcr visiblemciil ;m\ droits divins de l’Eglise une allein/e conskiérahic ; c’eslreconnailrcleiirincipepar lequel Henn' Vlli a fait le sehisine d’Angleierre , cl- d’où procède aujourd’hui l’empereur Nicolas |)our forcer la Pologne à l’aiioslasie.
2® Si , d’une part , le Souverain Pontife traite aussi sévèrement l’expression insolite de la lettre adi'ossée par rArclievèquede Paris aux Métropolitains de France , il approuve , d’autre part , comme licites les rensfûgiu;nients que le projet de conciliation invite à donner aux Ministres, savoir : 1® Le nombre actif des élèves , et le plus haut nombre présumé nécessiiire ; 2“ le nom de prdres séculiers pour désigner les supérieui-s ou directeurs ; 3“ l'état des ressources pécuniaires (les petits séminaires , jjropre à en montivr les besoins, et à leur obtenir des secours , sans se metti'c en peine de les faire accompagner de la lettre indiquée par le projet.
3° Mais ce qui mérite le plus l’attention dans le Bref, c’est qu’il n’y a pas un seul mol (pii [misse autoriser à regarder comme licite, et la déclaration , et la nomination ou aijréincnt d(> la [larl du Roi , des supi . rieurs, et la fixation par le goiiverneiiK'iil du chillVe des élèves de cliaipie école ccclésiasii(|iie. Dès lors tout
rc qui a été dit sur ces points par le Mémnirc des Étiques, et eu particulier [>ar l’Archevêque d’Amasic, consei've toute sa force , toute son autorité ; c’est donc par la plus déplorable des erreurs qu’à [trévalu l’opinion que les Ordonnances de 1828 avaient été approuvées par le Saint-Siège , et qu’on pouvait en sûreté de conscience reniplii- toutes les prescriptions qn’ellt;» imposent.
4° Le Souveitiin Pontife rend justice aux bonnes intentions des Evêques de Paris. Quoique raeconimodeinent proposé et accepté par le gouvernement ne soit pas aussi heureux que l’aurait désiré Sa Sainteté , il donne néanmoins , dit le Bref , Vespcrancc de voir les choses s'améliorer à l'avenir.
6° Oh 1 qu’il s’est fait attendre ce Bref de Léon XII, si nécessaire cependant pour fixer le jugement de la France catholique par ra[)port aux Ordonnances , et prévenir une funeste division parmi les Evêques ! Pouiquoi faut-il, qu’eu déplorant un tel retard , on ait aussi à déplorer la trop gninde i'éserve du Prélat qui , ayant reçu cette réponse de liome , aurait dû , ce semble , la communiquer de suite à l’E[iiscopat ! Peut-être l’Ailministrateur Apostolique de Lyon trouverait-il une exc.use plausible dans la recommandation ilu secret de la part du Xoncc ? 11 vous dirait donc
(pt'après In l•t■(■e^llion du Bref , il s’elait rendu à Pari» pour assister , comme Pair, à l’ouverture des Chambres , mais aussi avec l’iiiteulion de faire eounaitrc au plus tôt à la nonriaturc le Bref de Rome. Or , quelle ne fut |ias sa surprise d’entendre res vifs reproches de la bouche du Nonce : « Je sais , Monseigneur , que vous • avez reçu un Bref de S. S. Léon XII ; encore qu’il « dût être secret, vous l’avez rendu public. » La vérité est que ce Bref, qui n’était point une confidence du Pape, avait été communiqué par Mgr de Pins au Cardinal- Archevêque de Rouen, et peut-être à un ou deux autres Prélats. N’importe, le Nonce voulait qu’il eût été confidentiel , et il voulait encore qu’on eût manqué à S. S. Léon XII, par une communication amicale et partielle , qu’il lui plaistiit d’appeler une [lublicité ; il ajouta pour excuser son humeur auprès de Mgr d’Amasie ; « Met- « tez-vous à ma place, tandis qu’on vous envoyé un Bref, « je ne reçois, moi, du Saint-Père, aucune instruction. » Mais enfin, dira-l-on, pourquoi n’avoir pas, préfiirablement au vénér.dile Prélat , adi'essé le Bref à la commission de Paris , ou au corps Episcopal qui l'avait sollicité , et qui avait un si grand besoin qu’on fixâtauplus tôt les points des Ordonnances qu’on pouvait admeiire en conscience , et ceux qu’oii devait rejeter unanimement ? Celte solennelle décision du Saint-
Siège, en aeqiièi-aiit loiuo la piililieiiè pnssible , aurait assuré le triomphe île l’Eglise de Eranee sur les envahisseurs (le ses droits. Eh bien ! le Pape, par sou Bref à Mgrd’Amasio, résout lui-iiièiue celte question, puisipi’il vous dit qu’il n’a jioint été interrogé iwr les Evêques , qu’il n’a pas même reçu la plupart des pièces relatives .à cette gi-ande aiïaire. Pourtant, nous avons vu dans les lettres écrites de Paris, et deux notes de la Commission nous en donnent encore l’assurance, que tout était envoyé au Saint-Père, que Léon \11 était instruit, et que pour répondre au vœu de la majorité des Evêques qui demandaient d’en référer à Borne , on avait successivement informé le Saint-Siège de toutes les phasi's de cette affaire tn.ajenre. Plusieurs fois l’Evêque de Naney en avait assuré , en particulier , i’Archevêquc-Administraieur de Lyon; et l’Archevêipie de Paris avait , ;t son tour, ajouté de sa main, au bas d’une note du mois d’octobre envoyée à l’Evêque de Metz , cette autre assurance bien expresse : « Vos dé- « sirs qui sont les nôtres sont remplis; le Souverain ■ Pontife est instniil de tout , de l’origine , de la suite, « de la fin.... » Or, voici le grand problème à ré sondre : le Pape d’un côté vous dit qu’on ne l’a j>oint consulté, ipi’il n*a reçu d’autres pièces que le Mémoire signé du ('«ardinal de C.lermont-Tonnen e ; et d’un autre
Digilized by L.oüale
les Evôiiii's réunis pi'oli‘slonl ([ii’ils ont mis le Saiiil-Sié};(‘ :ui ronranl dp tout. Qui donr a pu ompéclipr iIps |>iépps orficipüps , parties de Paris , à dilTerenles épntptps , d’arriver à leur desliiiation ? Y aurait-il eu de la part d’un diitlomaie ou d’un secrétaire de bureau infidélité, soustraction de ces pièces? Quelqu’un a clierclié les coupables dans la Chancellerie même de Rome , et dans ce qu’on appelle le parti politi<[ue ; il aurait donc supjvosé que , là il y aurait eu iK's hommes capables de se laisser acheter, corrompre , et de trahir les plus chers intérêts de la Religion ; il aurait prétendu que celte ))erfide soustraction d’un dossier de la plus haute im- [lortance n’était malheureusement pas impossible , et il alléguait en preuve un exemple récent d’un Mémoire des Evêques d’Espagne adressé au Paix*, dans le but d’exposer aux regards de Sa Sainteté le véritable état d’une Eglise gémissant sous les coups d’une horrible révolution , et d(^ prévenir de nouveaux malheurs ; Mémoire néanmoins que le Pape a déclaré, comme par rapport aux lettres de la Commission des EvtV|ues thî France , n’avoir jamais reçu.
Franchement , la logirpie de celui tjui a mis en cause des membres influents de la cour de Rome, serait ici eu déraiit, s’il n’avait de quoi prouver le fait grave dont il veut éi.iyer son accusation. Quant à nous. Dieu nous
(,'tirde d’accuser personne d’un acie qui am-ait toutes les couleurs d’une lâche trahison; loin donc de notre esprit la pensée de faire planer un soupçon aussi odieux sur la Chancellerie romaine !
Un homme aux idées plus justes et plus modérées avait entretenu de cette affaire un illustre Archevêque et d’autres personnages également res[uH'tables : or il essayait de résoudre la question jiar ce dilemme qu’il nous a éi-rit et que nous transcrivons mot à mot : «Est- « ce la nonciature ou la commission qui a trompé le « désir et l’attente universelle? la postérité en jugera. « Ce qui est certain , c’est que le Nonce trouva fort « mauvais que rArchevèquc'-AdminisIratcurdu diocèse « de Lyon eût consulté directement le Saint-Siège, et « en eût reçu une réponse. 11 s’en exjiliqun même n d’une manière tout à fait inconvenante avec le vén nérahlc Frélat qui l’atteste à qui veut le savoir , et « c’est l’opinion de l’Arclievêque d’Amasie que son re- « cours direct à Rome, et sa résistance aux Ordonnan- « ces , ont été , aiiUint à Rome qu’à Paris , la cause se- « crête de son expulsion du Siège tle Lyon, à la mort « du Cardinal Feseh. »
Voilà aillant de réllexioiis qui surgissent naturellement de la lecture du Bref de Léon XIL II fallait les dire, sans acception de pei-sonne , pour ne (las manquer à la véracilé de l’Iiislnire.