‹ Notice historique sur les ordonnances du 16 juin 1828Chapitre 6 sur 20 · S IV · texte numérisé non relu

S IV

COmSSION DES ÉVÊQUES POUR CO.VCERTEH LES MOYENS DE DÉFENSE.

L’auteur de la vie du Cardinal de Cheverus raconte qu'à la nouvelle des mesures pré|)arées par le ministère contre l’Eglise, l’Archevêque de Bordeaux et les autres l’rélals qui se trouvaient alors à Paris se rendirent à la Cour, et représentèrent d Sa Majesté la grandeur du mal qui allait en résulter pour la Religion. (1) On a vu en particulier l’Archevêque de Paris, au moment du danger , se donner force mouvement et faire de solennelles démarches pour prévenir le coup menaçant des Ordonnances. Or, tous ces Prélats, dont le zèle s’était ému au premier bniit d’un pi-ojet malheureux , pouvaient-ils rester inactifs devant sa réalisation , son exécution , et alors qu’il s’agissait de prêter leur concours à des actes de violence contre une classe d’ecclésiastiques , qu’ils reconnaissaient irréjtrorhables , voire même contre leurs petits séminaires?

'!) Voir Histoire du Cardinal de Cheverus, page 17.t.

Le public un peu religieux était telleinent persuu* dé qu'en présence de faits attentatoires à renseignement catholique , l'Episcopat ne saurait se taire , qu'après la publication des Ordonnances par le Moniteur , il sc scandalisait de ne pas voir aussitôt une manifestation du zèle épiscopal pour la liberté religieuse; et les pères de famille , dont la confiance était acquise aux Jésuites à raison de l'éducation de leurs enfants , se demandaient avec anxiété : Les Evêques n'élèveront-ils pas la voix? Leur courage les abandonnerait-il , sous le prétexte que la perte des moillcuis instituteui's de la jeunesse serait consommée sans retour? Voilà ce qu'on disait dans le monde , entre fidèles comme entre prêtres ; et les premiers pasteurs durent se le dire entre eux plus énergiquement , ne fût-ce que pour l'édification du troupeau. Ceux des Prélats qui avaient vu . de plus près comment on avait circonvenu le Roi , et par quelles indignes manœuvres le parti était venu à bout de surprendre la religion du Prince , devaient à la position que leur avait faite la Providence de communiquer leurs idées aux Evêcpies des diocèses éloignés , de se mettre, pour ainsi dire , à leur disposition, pour indiquer les moyens qu'ils jugeraient les plus utiles, les plus convenables à la défense d'une cause commune à toute l'Eglise de France. Les uns et les autres avaient

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rompris qu'ils ne pouvaient, dans une telle circonstance, SC montrer impassibles, indifférents, sans faillir à leur haute mission. Etaient-ils libres, en effet, de demeurer dans l'inaction , au risque de livrer à la merci du pouvoir civil les droits sacrés de l’Episcopat? Fallait-il donc laisser tomber à des mains profanes l’instruction ecclésiastique , tarir la source du Sacerdoce en sacrifiant les séminaires à l’Université , et abandonner à un monopole irréligieux la jeunesse française , sans en ex<‘eptcr celle de nos écoles? Toute la question était là.

Aussi , dès l’apparition des Ordonnances , les Evêques présents 5 Paris se réunirent-ils le même jour à l’Archevêché pour former ime commission, laquelle devait se mettre en rapport immédiat avec les Métropolitains et par eux avec leurs vénérables collègues delà province. Cette commission était composés; de sept membres, savoir :

De l'Archevêque de Paris , Mgr de Quélen , président; Des Evêques de Meaux , Mgr de Cosnac ;

de Si-Flour , Mgr de Gualy ; d’Evreux , Mgr Salmon Duchatcliier ; de Nancy , Mgr de Forbin-Janson ; deCoutances, Mgr Dupont-Poursat ;

Et du duc de Rohan , Archevê<jue élu d’Auch, nommé h Besançon.

L’objet de la commission était de se concerter sur les moyens à prendre pour la défense des droits de l’Eglise. La Quotidienne , dans son numéro du 18 juin, annonça cette réunion des Evêques. « On assure , di- « saitrelle , que MM. les Evêques présents à Paris sont « convenus entre eux de prendre des mesures effi- « caces pour maintenir leurs droits. On nous en indique

■ même quelques-unes qui seraient sulHsantes pour je-

■ ter l’Université et l’Etat lui-même dans un extrême « embarras. » Le journaliste, ici, allait trop vite en annonçant des mesures déjà prises ou xndiquit*^ puisque la commission en était à son début , et que son premier acte fut la lettre adressée , sous le titre de Note, à tous les Evêques de France. Cette première lettre était ainsi conçue :

« Les Archevêques et Evêques qui se trouvent ac- « tuellcment à Paris ont employé tous les moyens qui « étaient en leur pouvoir pour prévenir le malheur « des Ordonnances du 16 juin 1828. Depuis qu’elles « ont été rendues , ils se sont plusieurs fois réunis afin « de se concerter sur la résolution qu’ils auraient à « prendre relativement au concours qui leur sera sans « doute demandé. Ils pensent que ce qu’il y a de plus « important pour la Religion , dans ces circonstances « difficiles, c’est que la conduite de l’Episcopat soit

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• uniforme et contenue dans les justes mesures de la « force et de la douceur. Leur douleur est profonde. « Hs ne doutent pas que ce sentiment ne soit unanime « dans le Clergé , dont ils n’hésiteraient pas à se faire « les interprètes , s’il ne s’agissait que d’exprimer des « doléances ; mais ils désirent savoir quel est l’avis des « Evêques de France , et quelle sera leur détermina- « lion pmsitive sur l’espèce d’adhésion qu’ils semble- « raient donner aux dispositions des Ordonnances , « s’ils consentaient à concourir à leur exécution de « quelque manière que ce soit. Doit-on garder un si- « lence absolu sur ce point , demeurer dans une inac- « tion complète , se refuser à toute espèce de coopéra-

■ tion , ne répondre à toutes les demandes que par un « accusé de réception ? Doit-on s’exposer à subir toutes « les conséquences d’une semblable inertie? Les Evè-

■ ques qui se trouvent à Paris pensent unanimement « que telle est la conduite à tenir. Si cette mesure était << généralement adoptée , il en serait donné connais- « sance au Souverain Pontife , au nom des Evêques , « en lui exposant contradictoirement les motifs de celte « résolution , et en le suppliant de vouloir bien, après « en avoir pesé les avantages et les inconvénients , y « confirmer les Evêques par son suffrage , ou les diri- « ger par ses conseils el son anlorité dans une cause

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« qui intéresse si vivement la Religion et la discipline a de l’Eglise.

« Le moyen de recneillir l’avis qui a semblé le « plus sûr , et en même temps le plus facile , est celui « de prier MMgrs les Métropolitains de vouloir bien « demander nominativement à leurs comprovinciaux « ce qu’ils pensent de cette mesure ; et ensuite , de « faire parvenir à un centre commun les résultats par- « tiels de ces avis. Après le dépouillement général , « la même voie sera employée pour faire connaître aux « Evêques le résuliatdélinitifqui serait à suivre. Avant « ce résultat définitif, qu’on espère obtenir avant le « délai fixé par les Ordonnances, au 1*' octobre, on « comprend combien il est désirable et même néces- * saire de s’en tenir à de simples accusés de réception « de toutes les lettres qui seraient adressées relative- « ment aux Ordonnances. >>

Le 18, l’Evêque de Nancy écrivit à l’Evêque de Metz :

* Je sors d’une réunion d’Evêques chez le Cardinal « de Latil.... Le dépouillement des lettres déjà reçues « a donné 42 adhésions et 8 opinions contraires , y « compris celles de Mgr de Beauvais et des Archevê- « ques de Bordeaux et d’Alby. Mgr d’Evreux a été fort « mal à propos placé entre les deux derniers : il est ,

« au contraire , une de nos colonnes. 30 avis des Evê- « ques ne sont pas encore arrivés. Jusqu’à présent ,

« les 6 Cardinaux vont bien avec nous. >>

Dans une lettre du même jour , adressée à Mgr d’Amasie , administrateur du diocèse de Lyon , le même Prélat , un des membres les plus actifs de la réunion des Evêques , écrivait plusieurs particularités qui dessinaient assez bien la position :

« Mgr d’Hermopolis a été consulté plusieurs fois par

• le Roi. Il a dit qu’il ne signerait pas les Ordon- « nances ; mais que si des raisons d’Etat existaient ,

• dont lui n’était pas juge , alors il ne croyait pas la

« conscience du Roi intéressée Voilà ce qu'cm re-

• garde comme certain , ainsi que l’adhésion à cet avis « de Mgr de Bordeaux, peut-être même de Mgr d’Alby.

« Ajoutez à ces Archevêques MMgrs d’Arras, de Troyes,

« de Poitiers , de Tarbes , de Vannes et de Beauvais, et « vous aurez tout ce qui, jusqu’à présent, parait vouloir « se soumettre aux Ordonnances purement et simple- « ment. Encore n’y a-t-il que MMgrs de Beauvais et de « Bordeaux dont le parti semble bien pris. On ne va pas « le soir, chez Mgr de Beauvais; mais on est convenu < de le voir le matin pour affaires , et de lui écrire « comme à l’ordinaire , en lui rendant ce qu’il nous « donne en politesse.

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« A ces noms , il faut ajouter celui de l’Evéque de « Dijon, Mgr Raillon, ancien prêtre jureur. Sa ré- « ponse , que j’ai sous les yeux , peut se réduire à cet « extrait textuel : G)nsidérant qu'il ne s’agit ici nt du « dogme , ni de la diecipline de VEglüe, mais seule- « ment de simples règlements et dispositions adminis- « tratives, céder, mais non concourir , voilà, conclut « l’Evêque, ce que l’on croit être en ce moment le désir ■ de l’Episcopat français. »

Cette lettre de Mgr de Nancy, qui rappelle la décision donnée au Roi par l’Evêque d’Hcrmopolis , nous fait apercevoir aussi ses tristes résultats. Tout en laissant deviner l’impression produite sur l’esprit du Monarque par celte grave décision , le Prélat exprime nettement une autre impression non moins fâcheuse chez plusieurs membres de l’Episcopat, qui s’étaient d’abord fortement prononcés contre les nouvelles mesures. Une telle décision, à cause de son immense portée, est un événement dans l’histoire des Ordonnances ; elle demande donc ici quelques mots de réflexion :

L’Evéque d’Hermopolis avait beau protester, cn'parlant au Monarque, qu'il n’entendait pas se faire’fe juge du cas de riécessité ou de la raison d’Etat , par rapport à l’émission des Ordonnances , il suffisait qu’il eût mis

en avant le principe général , pour que des politiques complaisants en fissent l’application , ou que le Prince se décidât lui-même sur la question de fait dont on lui exagérait la gravité. L’impartialité de l’historien doit exprimer ici la surprise ou le blâme dont la réponse de l’illustre Evêque à Charles X fiit alors l’objet. Eh quoi ! disaient des théologiens dont la morale n’a jamais passé pour tréisévére , il y aurait donc quelque raison d’Etat capable de rendre licite un acte reconnu essentiellement nuisible à la Religion ! Mais alors que devient le principe étemel : Nonsunt facknda mala ut eveniant bona P Certes , Mgr Frayssinous est placé trop haut dans l’opinion publique pour le mettre en parallèle avec des hommes vulgaires ; mais, puisque le savant Prélat a senti le besoin de justifier dans ses notes son principe trop large , par des exemples bien ou mal choisis , pourquoi ne serait-il pas permis d’en citer un autre qui prouve mieux , dans l’espèce , l’abus qu’un homme d’esprit peut faire de la politique appliquée à la morale? L’Europe ne fut-elle pas scandalisée, lorsqu’un ministre de Bonaparte, pour justifier aussi â sa manière l’envahissement de Rome, vint dire au Sénat- Conservateur : Ce que la politique conseille , la justice l’approuve. Passe encore pour le duc de Cadore de proclamer une telle maxime : le courtisan ne se pique jtas

d’avoir une morale toujours en harmonie avec l’Evangile ; mais on ne comprendra jamais qu’un premier aumônier du Roi se soit cru dans les termes d’une morale exacte, en déclarant qu’un Prince pouvait sacrifier à des vues politiques , à une raieon d'Etat quelconque , les plus chers intérêts de la Religion (1). 11 est vrai qu’aux termes des Ordonnances de Juin , il s’agissait d’une spoliation d’un autre genre ; car, si ce n’était pas 1« Pape qui perdait une souveraineté temporelle , c’était l’Episcopat qu’on dépouillait d’une attribution spirituelle et toute divine.

Voyez aussi combien U fesl facile d’étre entraîné par l’exemple d’un homme supérieur par son mérite et sa position. Ne croyait-il pas être de l’avis de Mgr d’Hermopolis , ce grand-vicaire dont la morale paraissait encore plus accommodante? Alors que les Ordonnances de 1828 consternaient tout le Clergé français, il s’était fait, lui , le défenseur et comme le courtier de l’Evêque de Beauvais , parcourant les diocèses de France pour faire prévaloir le fait et le droit de ces Ordonnances.

(1) A coup sùr, ni Bossuet dans sa Politise taerét, ni Fénélon dans ses Direcliont de l'examen de conecience d'un Roi , n'ont vu tes devoirs de la royauté avec les mêmes yeux que Mgr Frayssiiioiis.

Or, U se présenta à l’Archevêché de Lyon avec ces étranges doctrines. Quelqu’un lui proposa, en nombreuse compagnie, cette question : Veuillez bien nous dire , Monsieur , en vertu de quel principe vous trouvez les Ordonnances de Juin très-justes, trèsadmissibles , très-louables? — Par le principe , répondit-il , qui bit jeter les marchandises à la mer , au fort de la tempête , pour sauver le navire. — Par hasard , Monsieur, les droits de l’Eglise seraient41s vos marchandises pour les jeter à la mer? Permis au maître de faire de sa chose ce qu’il veut , au marchand de sacrifier sa fortune plutôt que sa vie ; mais les droits de l’Eglise sont un dépôt sacré confié à la garde des Evêques ; dès lors les dépositaires ne doivent-ils pas, avant tout, sacrifier leur vie pour défendre le trésor divin , selon le vieil adage : Fais ce que dois , arrive que pourra P Assurément Mgr d’Hcrmopolis n’avait rien de commun avec ce nouveau casuiste. Rendons justice à l’illustre Prélat : si , par excès de modération , il a pu cette fois s’égarer , c’est avec toute la conviction d’un honnête homme. Son cœur s’aMigeait qu’à proix>s d’une restriction dans sa réponse à Charles X, on l’eût soupçonné d’avoir fléchi à l’endroit des Ordonnances , et de s’être montré quelque peu courtisan. Or, Mgr Frayssinous a écrit scs notes à dessein de reiKmsser ces

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injustes soupçons, et de dissiper tout nuage sur son caractère d’Evéque. II veut donc qu’on sache qu’il s’est rendu cinq fois auprès du Roi , et toujours pour réclamer en faveur de l’Eglise contre les Ordonnances.

Quel dommage cependant que la malheureuse réserve du savant Prélat ait fait naître un commencement de division parmi lesEvéques dontil était censé l’oracle, surtout au moment où l’Episcopat avait le plus besoin d’agir avec ensemble , avec un concert unanime !

M. l’abbé Perreau , grand-vicaire de la Grande-Aumônerie, voyait avec douleur ces premiers symptômes de division. Le 26 juin , il écrivait à Mgr d’Amasie ;

• Le torrent grossit; je crains bien qu’il n’emporte « tout. Qu’on est heureux de rester fermement attaché « à la foi et à l’Eglise I il n’y a que cela qui restera le « même jusqu’à la fin des siècles , et introduira dans « notre vraie patrie ceux qui auront été fidèles. En at- « tendant , il serait essentiel que l’Episcopat agit cou- ■ rageusement, consciencieusement, comme un seul « homme. Demandons cette grâce au bon Dieu. »

Le cardinal de Clermont-Tonnerre^ faisant aussi allusion à ses collègues dévoyés qui semblaient faire bande à part et donner le triste spectacle de la défection , rappejait la belle devise de ses ancêtres : Etiam^i om-.

nés, «jfo non. Un autiv Prélat disait: Faut-il être surpris de ces opinions divergentes dans quelques membres de l’Episcopat ? L’arbre plein de sève n’en demeure pas moins avec la vigueur de son tronc et de ses rameant, quand même quelques branches s’en détachent d’elles-mêmes. Fréquemment , l’histoire de l'Eglise nous fait voir de ces désertions, de ces nuances, dans les siècles môme où les vertus épiscopales brillaient d’un plus grand éclat , et alors on ne s’étonnait point du laisser-aller de certains pasteurs plus ou moins complaisants, qui, par ambition, qui, par faiblesse, étaient timides au jour du combat et ne savaient pas faire face à l’orage. Le Saint-Esprit les a jugés : Non sunt de semineeorutn per quos salus facta est in Israël.

Dans tous les cas , il n’y avait pas lieu , pour les amis de la Religion, de s’alarmer, non plus que pour les ennemis de l’Eglise , de s’applaudir d’une obséquieuse soumission aux Ordonnances , comme d’une conquête des ministres. Est-ce à dire , en effet , que les huit Prélats qui , selon la lettre de l’Evêque de Nancy , prétendaient se ranger d F avis de Mgr <T ffermopolis , les aient approuvées ou qu’ils on aient été les partisans ? Nous venons de dire que Mgr Frayssinotis , tout le premier, avait été constamment opposé à cos pernicietises mosures ; Mgr de Chevents , archevêque

de Bordeaux , n’était pas au fond plus favorable à ces déplorables ordonnances, puisque, ainsi que nous l’avons dit, il s’était prononcé si fortement devant le Roi , et les avait condamnées, avant môme qu’elles eussent paru dans le Afoniteur. (1) Mgr de Brault, archevêque d’Alby , pensait et agissait comme son ami l’arclievéque de Bordeaux , et celui-ci , d’après son historien , le témoigne expressément. (2) Nous en poumons dire tout autant de l’évéque d’Arras ; car dès que le Cardinal a signé la réclamation de sa province pour la liberté d’enseignement, en 1844, le simple Evêque n’a pu lui être contraire en 1828. Ainsi, et c’est un fait à constater, les Ordonnances avaient contre elles tout l’Episcopat à l’unanimité. Si quelques Prélats de France ne se sont pas réunis à leurs vénérables frères pour les flétrir par un acte public , tous , excepté peut-être un ou deux , les ont improuvées. Or , cet accord unanime , qui aurait dû les briser entre les mains du ministère dont elles étaient l’ouvrage , doit suffire aujourd’hui , pour

(1] Kf. l’abbé Perreau écrivait à Mgr d'Amasie , le 13 juillet

1828 « Mgr. de Bordeaux , depuis quelque temps, s’absr

« tient d'aller à l’assemblée des Evêques; cependant il ne « va point chez M. Feutrier ».

(2) Voir histoire du Cardinal de Cheverus, page 175.

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les décrier , pour les stigmatiser aux yeux de la Religion.

Du reste , la plus grande injure qu’ait faite la Révolution aux quelques Evêques plus accommodants à r^rd des Ordonnances, a été d’accepter, pour son compte, leur docilité ou leur complaisance, et de les pousser plus tard aux dignités ecclésiastiques , comme s’il fallait paraître lâche pour obtenir les faveurs du pouvoir de Juillet , et qu’on n’eût pas trouvé de mérite plus réel à couronner chez des Prélats , d’ailleurs vertueux , même chez un ancien apôtre de l’Amérique.

U faut le dire pour résumer ce long paragraphe : Quand la commission centrale n’aurait fait autre chose que de donner lieu à la manifestation des pensées de tout l’Episcopat , au sujet des Ordonnances, elle aurait déjà rendu à l’Eglise un service très-important. Grâces à son appel, ces actes du ministère vont être jugés par les diverses réponses des Evêques à leurs collègues de Paris.

aéroMSES des étéques a u coxxission centrale.

Il est temps d’entrer dans le fond de lu discussion Mir les Ordonnances du 16 juin, de produire un grand

jour les griefs reprochés ù ces actes (>ar MMgrs les Evêques, d’entendre les réponses des Métropolitains et de leurs comprovinciaux , leur magnifique Mémoire ; en un mot, les principales pièces de la correspondance épiscopale , afin qu’on ne s’imagine pas que de vénérables Prélats ont pu faire une querelle à leur collègue, Mgr FeuU'ier, ou même au ministre de la Justice, M. Portalis; mais qu’il s’agissait plutôt d’une cause grave , laquelle ne tenait pas , comme on l’a dit , seulement à la discipline , mais portait encore atteinte à la foi ou au principe révélé , par plusieurs erreurs énoncées dans ces fatales Ordonnances.

La vérité seule peut nous mettre d’accord. Aussi tontes les réponses des comprovinciaux aux Métropolitains , et de ceux-ci à la commission des Evêques , séant à l’Archevêché de Paris , furent , en général , dans le sens qu’on prévoyait ; c’est-à- dire qu’elles réprouvaient à l’unanimité les Ordonnances, donnant presque toutes leur adhésion au plan proposé. Par la nécessité de nous borner dans cette notice , nous devons choisir les réponses qui semblent avoir mieux saisi la question , et qui y répandent plus de lumière. Celle de Mgr d’Amasic a , outre ces avantages , celui d’avoir obtenu l’assentiment du pape Léon Xll. En voici la teneur :

Qucallona |pra|><>»ée* par le* Éw«i|ac« réunis à Paris.

« DoU-‘on garder un silence absolu sur les Ordon- « nonces du 16 juin; demeurer dans une inaclioti • complète; se refuser d toute espèce de coopéra- « tion; ne répondre d toutes les demandes que par « un accusé de réception , dût-on s’exposer à subir « toutes les conséquences d’une semblable inertie?

Réponse :

I. « Le simple exposé de la question , l’affirmative « par laquelle elle est résolue , la proposition d’en « donner connaissance au souverain Pontife , etc. , « montrent clairement que les Prélats réunis à Paris « sont unanimes à regarder les Ordonnances du 1 6 « juin comme contraires aux intérêts de l’Eglise.

IL « Mais ces Ordonnances, contraires aux intérêts « de l’Eglise, sont-elles également contraires d ses « droits, d sa juridiction spirituelle? Voilà ce que les « Evêques ne disent pas , du moins d’une manière ex- « plicite. Or, la décision de ce point est trop grave, • |K)ur qu’elle ne doive pas précéder tout autre. C’est

« de là que dépend essentiellement la conduite à tenir.

III. « Il ne faut pas perdre de vue que tous les eflbrts « des auteurs des Ordonnances et du parti qui les « pousse , tendent à placer ces actes et tout autre de « même nature dans les attributions constitution- « nelles du Roi.

« C’est la même prétention qui dirigea les auteui'S « de la constitution civile du Clergé. « Ces dé- « cret* , disaient les Evêques, en 1790, ces décrets « sont établis comme les lois absolues d’une autorité « souveraine j sans aucune dépendance de l’autorité de « l’Eglisci »

rV. « En tel cas , s’il y a usurpation de l’auto- « rité spirituelle, les Evê(jues peuvent-ils trop tôt et O trop publiquement réclamer contre renvahissenient « des prérogatives qu’ils tiennent de Jésus-Christ ? Des « délais n’auraient-ils pas le double effet d’entre- « tenir l’erreur parmi les fidèles qu’on attaque par « toutes sortes de séductions , et de favoriser les « manœuvres des ennemis de la foi ?

V. « Mais qu’il y ait usurpation de la juridiction sj>i- « rituelle , c’est ce qui est manifeste.

« Il est une juridiction propre et essentielle à l’E- <■ glise, disaient les Evêques en 1790, dans VExposi- « tion des Prinriprs , une juridiction que Jésus-Christ

« lui a donnée , qui se soutient par elle-même dans les « premiers siècles , sans le secours de la puissance sé- « culière , et qui , se contenant dans les bornes, avait « pour objet l’enseignement de la doctrine et l’admi- « nistration des sacrements.

a L’Eglise conservait la doctrine , soit en établissant a ceux qui devaient la perpétuer dans tous les siècles, a soit en réprimant ceux qui voulaient en altérer la a vérité.

a L’Eglise exerçait sa juridiction par Vinstitution a des ministres de la Religion , et par les censures.

a Telle était la juridiction de l’Eglise sous les Ema pereurs païens et dans le temps des persécutions;... a telle elle doit être dans tous les temps. (Expos, p. 6 a et 7.)

a Donc, toute mesure de l’autorité civile qui tendra a à restreindre ou à contrarier le droit diétablir ceux a qui doivent perpétuer V Église dans tous les siècles a est une usurpation sacrilège.

VL a S’il en est ainsi, la conduite à tenir n’est-elle a pas celle qu’a tenue l’Episcopat dans des occasions a semblables, celle qui consiste à publier la véritable « doctrine , à en exposer les principes aux peuples , a afin de prévenir l’erreur dans laquelle peuvent être a entraînés les prêtres et les fidèles ; à réclamer solen-

« nellement contre VempUtement du pouvoir civil ; à « résister à ses exigences, en alliant au respect qui lui ■ est dû la fidélité à Jésus-Christ, pour la conservation « et la transmission du dépôt.

VU. « C’est un point de tradition ecclésiastique, « surtout parmi nous, que le premier jugement se rend M d’abord sur les lieux. L’autorité du Saint-Siège inter- « vient ensuite.

VIII. « Si Vuiurpation était douteuse , l’on conçoit « que ce fut un motif de consulter le Souverain Pontife « avant tout.

IX. « Mais si V usurpation est flagrante, visible, • renvoyer la question au Pape , c’est s’écarter des « règles suivies : c’est paraître vouloir se décharger « sur lui de l’odieux des mesures à adopter ; c’est sur- « tout , dans les circonstances ou nous nous trouvons,

> exposer Sa Sainteté à être accusée, comme étranger, « de mettre le trouble dans l’Eglise de France , par les

> décisions qu’elle donnera avant toute décision du •> Clergé français. Ces observations n’ont rien de con- « traire à la sage mesure d'avertir le Pape de l’état < des choses.

X. « D’un autre côté, si le parti que les Evêques pro- « posent n’est qu’uirparti provisoire, ce n’est qu’un •• premier pas dans le sentier de la résistance. Quel

« sera le second pas ? quel sera le troisième ? Lorsqu’il « faudra marcher , avancer ou reculer , il ne sera plus « temps de délibérer. Si l’on ne prévoit pas , si l’on ne « règle pas d’avance la ligne à suivre, chacun se troua vera réduit à cet état d’isolement qu’on redoute au- « jourd’hui et auquel on peut obvier.

XL ■ Ce n’est donc pas seulement sur la question « posée par les Prélats de Paris qu’il faut délibérer « et prendre un parti ; ce n’est pas seulement sur « cette question qu’il faut recourir à Rome et sol-

• liciter ses conseils et l'intervention de son autorité , » c’est la doctrine par laquelle on travaille à établir « une Eglise purement nationale, qu’il faut flétrir. « C’est de l’erreur de cette doctrine qu’il faut avertir « les peuples ; c’est sur la condamnation de cette doc- « trine, qui met le Sacerdoce entier à la merci du pou- « voir civil , qu’il faut appeler la confirmation du juge- < ment pontifical ; c’est sur l’ensemble de la conduite

• à tenir qu’il faut délibérer et consulter, en même « temps qu’on fera ses efforts pour amener la révoca- ■ tion des actes qui désolent et minent l’Eglise.

« Le temps presse; les ennemis ne s’endorment pas : « ils agissent avec une infernale activité. Tous les ef- « forts tendent à diviser; c’est le danger contre lequel « il importe le plus d’être en garde. Encore quelques « mois, il ne sera plus temps... »

Dlqilized b y Cioo^ le

Le même Prélat qui venait d’indiquer et les dangers de l’attaque du Ministère, et les moyens d’action ou de défense de la part des Evêques , jetait encore , dans une seconde réponse , les bases de la protestation épiscopale. Il demandait, avant tout , qu’on ne perdit pas de vue le droit divin , mis en question , violé , usurpé pr les deux Ordonnances. D’abord , par l’Ordonnance Feutrier : « La vocation à l’état ecclésiastique, dit « l’Archevêque d’Amasic, est le domaine souverain « de Dieu ; Nec quUquam sumit sibi honorem, $ed qui « voeatur à Dco tanquam Àaron. ( Hebr. 5,4.) Donc « le pouvoir civil , en limitant le nombre des voca- « lions à l’état ecclésiastique , d’après un ordre de « chiffres fixé arbitrairement par le ministre , usurpe « un droit qui n’appartient qu’à Dieu seul.

« Il n’est pas même , ajoute-t-il , dans le pouvoir « des Evêques de restreindre ou de limiter le choix « divin ou l’élection surnaturelle aux saints Ordres. « Tonte leur fonction se borne à reconnaître cette élco « tion surnaturelle dans ceux que Dieu en a favorisés , « de leur imposer les mains , de leur donner la mission « comme le divin Sauveur l’a reçue de son Père : Sicut « mûit me Pater , et ego mitto vos. (Joann. 20, 21.)

« Enseignez , est-il dit encore , toutes les nations , « les baptisant au nom du Père , du Fils et du Saim-

> Esprit, leur apprenant à garder toutes les choses « que je vous ai commandées , et voilà que je suis « avec vous jusqu’à la consommation des siècles. « Telles sont les prescriptions et les promesses de a Jésus-Christ à son Eglise. Donc, circonscrire dans c les limites des chilTres tracés par la main des hom- « mes , le nombre des ouvriers évangéliques qui sont « nécessaires à l’Eglise pour remplir sa mission di- € vine , c’est lui assigner le terme qu’elle ne pourra <1 point dépasser , et attenter à ces paroles de Dieu le

■ Père à Jésus-Christ , son fils : Je vous donnerai les « nations pour votre héritage, et j’étendrai votre « possession jusqu’aux extrémités de la terre.

N’oublions pas ces autres paroles dites aux Evêques : « Jttendite vobis et universo gregi in quo vos Spiri~

■ tus Sanctus posuit Episcopos regere Eccksiam Dei. » ( Âct. 20 , 28. ) Pascite qui in vobis est gregem Dei. a ( I Petr. 6, 13. ) Donc à nous seul de déterminer a le nombre des jeunes aspirants au Sacerdoce. Toute a l’antiquité reconnaît ce droit exclusif de l’Episcopat : a les rois , sujets de l’Eglise quant au spirituel , ne a se sont jamais ingérés de fixer le nombre des mia nistrcs nécessaires à l’Eglise.

a Aussi les décrets du saint Concile de Trente ( Sess. a 27 , c. 18, n. 6), rappellent-ils aux Evêques l’au-

torité de leur mission divine dans rétablissement des petits séminaires, et quant au conseil qu’ils se donneront pour les diriger selon que le Saint-Esprit le leur inspirera, Prout Spiritu$ Sanctu* suggesterit , et quant au régime intérieur de ces maisons , soit pour le choix des maîtres, soit pour le choix des élèves , soit pour les divers règlements qu’ils jugeront nécessaire et utile de leur donner.

« L’art. l"del’ordonnanceFeutrïer,concluel’Archevèque, en limitant le nombre des élèves des écoles secondaires ecclésiastiques; l’art. 2, en limitant le nombre des écoles elles-mêmes et désignant les lieux où elles doivent être établies; l’art. 6, en soumettant leurs supérieurs à l’agrément du pouvoir civil , sont donc attentatoires aux droitsde Dieu et ù la mission donnée par lui aux Evêques.

c L’art. 3, en excluant les externes, joint à cet attentat une insulte aux pauvres dont Jésus-Christ s’est déclaré le protecteur , et qu’il a généralement préférés aux riches pour les revêtir de son Sacerdoce.

« L’art. 4 , en imposant l’habit ecclésiastique après l’âge de quatorze ans , se substitue à l’Eglise et à ses Conciles.

« L’art. 5 arrache à l’Eglise les grades mêmes qu’elle avait fondés et confiés aux anciennes Uni-

• versités , pour investir du pouvoir de les œnférer et « d’une autorité suprême en cette matière, une institu- « tion laïque dont les clieCs peuvent être protestants , « déistes ou athées; et comme si cette flétrissure ne suffi- ■ sait pas, il déclare que les études, dans les petits sé- < minaires , ne compteraient pour les grades qu’à l’épo- « que des ordres sacrés, et qu’elles seraient regardées

• comme non avenues pour quiœnque ne persévérerait O pas dans la carrière ecclésiasti<]ue , avilissant ainsi « ces études aussi fortes qu’elles sont chrétiennes.

« L’art. 7 élève l’insulte jusqu’à l’Episcopat même, « en lui offrant de l’or pour la cession de sa puissance « et de sa mission divine.

a L’art. 8 enfin couronne l’envahissement de l’aua torité Episcopale sur les petits séminaires, en conféa rant au pouvoir civil le droit de les soustraire selon a son gré à la juridiction des Evêques pour les faire pasa ser sous le régime de l’Université ou de tout autre. »

L’Archevêque d’Amasie veut qu’on envisage la question sous toutes ses faces. Quoique les reproches adressés à l’Ordonnance sur les petits séminaires retombent de tout leur poids $ur l’ordonnance Portalis , à cause de la connexion qui existe entre les deux, toutefois l'auguste Prélat va relever dans celle-ci un vice grave , une erreur capitale. Voici , en résume, son jugement sur cette dernière Ordonnance.

Digillzectbï Copgl

t La demande de la déclaration d’après l’ordom * nance Portalis , la peine prononcée contre le refus « d’y obtempérer , donnent lieu à un développement

■ d’action dans le pouvoir civil qui présente trois « invasions distinctes sur les droits imprescriptibles « de l’Eglise de Jésus-Christ : 1° celle d’enlever aux « Evêques huit établissements ecclésiastiques qu’ils « dirigeaient en vertu de leur titre, pour les soumettre « au régime de l’Université ; 2® celle de déclarer inha- « biles à l’enseignement des petits séminaires des mal- « très investis de la mission Episcopale, mission divine < de laquelle seule ils relèvent d’après les SS. canons ; « 3® celle de flétrir les vœux de religion , lorsqu’elle « frappe des instituteurs-prêtres d’interdiction , sur « leur refus de déclarer par écçit qu’il* ne tiennent « à aucune congrégation religieuse.

« Or , ces trois invasions par le pouvoir civil sont « de tous points intolérables , et lorsque celui-ci dé- « pouille l’Episcopat de la direction de ses établisse- « ments ecclésiastiques qui lui appartient par le fait de « sa mission apostolique ; et lorsque dans la personne

■ des professeurs qu’il exclut de l’enseignement des « petits séminaires , il crée des incapacités à l’endroit « des sujets jugés capables par les Evêques, et flétrit les « liens sacrés par lesquels un chrétien se consacre à

< Dieu, selon la règle des instituts approuvés par « l’Eglise universelle; et lorsqu’il force les barrières « du domaine de la conscience par une investigation « sacril^e pour y arracher des déclarations dont on « ne doit compte qu’à Dieu seul.

« A mon avis , une telle doctrine est également « fausse, dangereuse, attentatoire au droit divin , « subversive des droits sacrés de l’Episcopat , et des

• saintes lois de l’Eglise, renouvelant par ses conséquen-

• ces les erreurs des sectaires des derniers temps que le « Saint-Esprit a frappes dans une multitude de conciles.

« Accepter donc , au prix de la déclaration exigée « par cette Ordonnance, les chaires ou la direction « de l’enseignement religieux dans les petits sémi- « naires, serait une espèce d’apostasie contre la doc- « trine de la foi catholique sur la sainteté des vœux de « religion ; ce serait reconnaître en quelque sorte , « dans le pouvoir civil, comme et légUimt l’exer- «cice d’un droit évidemment sacrilège, et comme € vraie et eehn Dieu la doctrine qui frappe d’une

• peine légale , l’affiliation à toute congrégation qui

• exigerait des vaux de religion (1) » .

(1) Mgr d’Amasie rédigea pour être envoyées aux Evêques et au Saint-Siège deux pièces importantes ; l'une intiuilée ;

Digitizod l)y CiOOitlf

Plusieurs Evêques écrivirent avec la même force ; et le premier de tous fut Mgr l’Evéque de Chartres qui , alors comme depuis , crut qu’il fallait produire au grand jour de la publicité ses énergiques réclamations , jugeant les deux Ordonnances au point de vue des libertés constitutionnelles. Mous regrettons de ne pouvoir citer ici qu’un extrait de la lettre du savant Prélat à M. de Vatisménil , ministre de l’instruction publique , à la date du 15 juillet 1828 :

« La Charte , disait-il , ne fouille point dans les « coeurs ; elle déclare tous les Français admissibles à « tous les emplois ; elle n’autorise pas à les en exclure ■ pour des opinions ou des engagements innocents ; • elle n’en écarte que les indignes.

« Remarquez de plus , Monseigneur , qu’un tel droit < implique dans les termes : du moment qu’une asso- « dation religieuse n’est pas reconnue par l’Etat , « l’Etat est donc censé l’ignorer. Mais , dites-vous ,

Ob$«rvatioTU sur l’Ordonnance relative aux petits séminaires, où se trouve, en regard de chacun des articles, une réponse brève et précise ; l’autre intitulée : Ma Pttuée, contient les réflexions les plus solides sur l’ortlonnance Portalis. Pour éviter des longueurs dans ce paragraphe et aussi pour fournir la facilité de les lire, nous renvoyons ces deux pièces a la fin du volume. ( Voir Pièces justificatives , n"' 1 et 2. )

» Mouseigueur , le gouvernement ne peut perdre son « droit de surveillance ; j’en conviens, sans peine; « aussi peut-il surveiller les membres de cette asso- « dation , mais non pas les repousser , mais non pas

• créer contre eu\ des incapacités légales. Cette con- « séquence est si évidente que si on la rejette , il sem-

• ble qu’il n’y ait plus de Charte , du moins pour les « Chrétiens.

■ En Angleterre, il y a des congrégations religieuses « catholiques ; le gouvernement n’y rend pas leur con- « dition pire que celle des autres non-conformistes. « Que dis-je ? sous les gouvernements les plus despo- « tiques , en Turquie , par exemple , les religieux « n’ont jamais porté, aux yeux du despote , un ca- « raclère particulier de réprobation. On ne les frustrait ■ point des droits qui étaient laissés à ce malheureux « peuple. Comment ne pas regarder après cela comme

• une chose inexplicable qu’en France , sous l’égide de « la Charte , au moment où toutes les libertés sont « dégagées des moindres gènes , les membres seuls des

• congrégations pieuses puissent être traités comme « une caste disgraciée?.... »

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