AV ROI
Les réponses des MctropoiiUiins à la première note étaient arrivées à Paris , et une seconde note leur fut bientôt envoyée pour être également communiquée à leurs comprovinciaux. Jusque-là on n’avait Ëiit que préluder au fameux Mémoire présenté au Roi , et cette dernière note , datée du 2 août, annonce le fait comme accompli ; la voici :
« Le résultat des réponses à la note envoyée « confidentiellement à MMgrs les Métropolitains, et « par eux à leurs comprovinciaux, a donné 1® une ■ parfaite unam'mité (1) , pour qu’il fût adressé au « Roi de respectueuses observations , au sujet des « deux Ordonnances ; 2® une très - grande , mais « extrêmement grande majorité, pour que l’on ne
(f ) Moins, sans doute, les quelques voix qui ont été signalées plus haut par un des membi-es les plus actifs de la commission de Paris.
« coopérât pas d’uue manière active. Dix où douze
■ Evêques seulement ont dilTérc d’opinion sur la con- < duite à tenir dans le cas où les choses seraient « poussées à l’extrémité , et de ce petit nombre encore « plusieurs annoncent qu’ils suivront l’avis de la ma- « jorité.
• En conséquence , les Cardinaux , Archevêques et « Evêques qui se trouvent actuellement à Paris se sont « crus autorisés par l’Episcopat tout entier à présenter « un Mémoire au Roi. Ce Mémoire , rédigé par l’un
■ d’entre eux , revu par une commission , a été una- « nimement approuvé dans tous ses points et adopté « dans une réunion générale. Le Mémoire , signé par « S. E. le Cardinal de Clermont-Tonnerre , doyen « des Evêques , au nom de l’Episcopat français, a été « présenté à Sa Majesté le 1" août ; il a été ensuite « imprimé pour plus prompte expédition. Deux exem- « plaires en seront incessamment adressés à chacun « des Evêques qui sont priés de renvoyer un de ces « exemplaires muni de leur signature en signe d’ad- « hésion , le plus tôt possible , au centre commun.
« MMgrs les Métropolitains sont priés de faire con- « naître promptement cette disposition à leurs compro- « vinciaux. Le Souverain Pontife est instruit de la « conduite des Evêques jusqu’à ce jour ; des conseils
• - -Digilized by Googlc
« lui ont été demandés pour l’avenir. On pense que
• le Mémoire ne doit pas être rendu public , du moins
• pour le moment : ce serait en compromettre le « succès » .
Ce Mémoire , qui ne devait pas être rendu public , fut néanmoins aussi tût publié que présenté au Roi, sans doute par l’indiscrétion de quelque secrétaire de Chancellerie. Tout d’ailleurs contribua à lui donner le plus grand retentissement : d’abord l’importance de la question débattue , et ensuite la qualité des auteurs ; c’étaient, comme le porte la signature, hs Cardinaux, Archevêques et Evêques de l’Eglise de France, Si nous ne pouvons reproduire en entier ce long Mémoire , nous ne pouvons non plus , à cause de sa haute importance , nous dispenser d’en faire ressortir les principes dans une analyse succincte et substantielle. Le Mémoire du 1" août peut donc se réduire aux. six propositions suivantes et à des raisonnements à l’appui qu’il importe surtout de rappeler ici.
Première proposition. — Le principe qui seit de base aux Ordonnances est celui-ci : Aucune école ecclésiastique ne peut subsister sans l’autorité du Prince. Or , dit le Mémoire , pages 5 et 8 , nous regardons ce principe comme contraire aux droits accordés à l’Eglise , en vertu de la mission divine que les Apétre»
Digilized by Coogle
et leurs successeurs ont reçue de Jésus^hrist. Les Evêques, en effet, ont par leur titre le droit divin d’assurer et de perpétuer la prédication de l’Evangile , l’administration des sacrements et les autres bienfaits du ministère. Ils ont donc celui de créer des écoles à cette fin. Jamais les empereurs chrétiens ne sont intervenus dans le règlement spirituel de ces écoles. La pratique de l’Eglise est ici prouvée par tous les monuments de rhistoire ecclésiastique ; et si elle a quelquefois reconnu un droit de patronage , c’est un engagement qu’elle s’est imposé librement.
Deuxièxe PROPOsiTtoiH. — L’art. 2 de la première Ordonnance énonce ce principe : L’Etat peut exclure de l’enseignement des écoles ecclésiastiques certains prêtres , pour le seul fait qu’ils appartiennent à une congrégation privée de l’existence légale. Or , le Mémoire , page 1 0 , repousse un tel principe par la raison que les Evêques , d’après le droit divin , jouissent d’une entière liberté sur le choix des directeurs de leurs écoles ; aucune loi civile ne peut restreindre cette liberté par rapport à des ecclésiastiques soumis comme tous les autres prêtres diocésains à la juridiction de rOrdinaire.Les Prélats font justice du prétexte de la non-existence légale de ces prêtres auxiliaires, paire que la loi n’a pas à s’enquérir des liens spirituels qui
atlaehmt les individus à telle eoiigré{;aiioa ; elle ne peut donc exclure pour ce seul fait ces prêtres de l’enseignement des écoles ecclésiastiques , du moment qu’ils sont appelés à cette fonction par les Evêques.
Troisièxe proposition. — L’art. 6 de la seconde Ordonnance soumet ci la sanction du Roi , la nomination des supérieurs et directeurs des petits séminaires. Or, aux termes du Mémoire, page 10 , ce principe parait répugner à la conscience. Rien , en effet , ajoutent les Evêques , n’appartient plus strictement à l’autorité spirituelle que le droit d’examiner la vocation des clercs et de les former aux vertus de leur saint état. Il appartient donc à la même autorité de choisir les hommes chargés de faire cet examen , de juger ces vocations, de former à ces vertus, et ne serait-ce pas en quelque façon placer ce droit au nombre des attributions de la puissance séailière que de se prêter à l’exécution de l’art. 6 de la dite Ordonnance ?
Quatrième proposition. — L’art. 2 de la première Ordonnance exige des directeurs des petits séminaires, la déclaration individuelle de n’ appartenir à aucune congrégation religieuse non légalement établie. Or , dit le Mémoire , page 1 1 , cette obligation ne parait pas pouvoir se concilier avec l’indépendance dn ministère Episcopal , puisque ce seiait , de la part
des Evêques, s’interdire la Eaculté de donner au\ direo leurs de séminaire une règle spéciale eide les assujettir à des vœux. Dès qu’on ne peut concevoir rien de plus spirituel qu’une congrégation fondée de cette manière, comment le pouvoir civil en ferait-il un acte d’administration ?
CiNQUiÈvE PROPOsmoN. — Selon les art. 1 et 3 de la seconde Ordonnance , U nombre des élites des petits séminaires est limité , et l’on en exclut les externes. Or, d’après le Mémoire, page 12, les Evêques ne peuvent coopérer à ces articles , parce qu’ils ne pourraient en agir ainsi sans reconnaître la puissance séculière comme juge compétent du nombre des vocations et de l’étendue des besoins spirituels de l’Eglise. D’ailleurs les Evêques ne peuvent pas repousser du sanctuaire les jeunes gens appelés à l’état ecclésiastique , ni comme externes ni comme excédant le nombre déterminé par la loi humaine.
StxiÈUE PROPOSITION. — L’art. 3 de la seconde Ordonnance tend à interdire rigoureusement I’occm des écoles ecclésiastiques aux jeunes gens qui se destinent à des professions laïques. Or , le Mémoire des Evêques, page 14 , estime celte mesure funeste à la foi et aux mœurs; car , disent-ils , c'est là que la doctrine est présentée avec plus de pu-
reté , qu’on prend plus de précautions pour conserver sans tache l’innocence du jeune âge. Pour les mêmes raisons , ajoute le Mémoire , la Religion trouve un juste sujet d’affliction et d’effroi dans l’art. 1" de la première Ordonnance qui répudie de l’instioiction publique une congrégation si digne d’y présider.
On trouve encore dans le Mémoire , pages 8 et 10, la réponse à deux objections trop souvent répétées , en faveur des Ordonnances. La première , par laquelle on allègue que l’enseignement des lettres humaines est du ressort de la puissance civile , tombe devant cette simple remarque des Evêques, savoir : que l’enseignement dont il s’agit n’est qu’un accessoire dans les écoles ecclésiastiques, et que toutes les autres connaissances qu’on y acquiert sont évidemment du ressort de l’autorité spirituelle. N’aurait-on pas pu ajouter, 1“ que cette raison banale est fausse à tous égards , attendu qu’en tout temps et en tout pays, les lettres et les sciences ont été du domaine commun aux enfants des hommes , comme le soleil destiné à éclairer toute la terre, et dont nulle puissance au monde ne saurait enchaîner les rayons ou seulement les obscurcir ; que l’Etat par conséquent n’a jamais eu en cette matière d’autre droit que celui d’encourager et de protéger ; 2® que les langues, les lettres, les sciences humaines étant
un moyen indispensablement nécessaire à l’acquisition de la science ecclésiastique , leur enseignement ne peut pas plus tomber dans le domaine de la puissance temporelle que celui de la Religion ellemême.
A la deuxième raison par laquelle on objecte que les Evêques sont déjà soumis à des formalités semblables à celles de l’art. 6 de la seconde Ordonnance , en ce qui concerne la nomination des curés , on répond que c’est en vertu d’une clause formelle du Concordat de 1 801 et du consentement exprès du Souverain Pontife à qui appartient, dans les cas de nécessité, le suprême pouvoir de restreindre légitimement l’usage de la liberté de l’Eglise.
Certes, il ne nous appartient point de juger ce grand Mémoire , ouvrage de l’Episcopat ou de l’Eglise de France , il est au-dessus de toute critique particulière ; mais puisque plusieurs Evêques ont cru pouvoir apprécier sa rédaction , ne nous sera-t-il pas permis de répéter, toucliant quelques défauts de forme, ce que nous trouvons dans nos manuscrits ? De l’aveu de tout le monde , le Mémoire est plein de force et de dignité dans son ensemble ; pourtant , dans ses détails , il présenterait de l’hésitation , des tâtonnements, des faiblesses qu’on aurait peine à comprendre dans
de semblables circonstances. Par exemple : les illustres Prélats vous disent que l’atteinte la plus déplo. rable est portée par les Ordonnances d la Religion catholique, en France-, qu’elles renferment des attaques contre l’honneur et la dignité de V Episcopat. Or, assurément ce sont là des motifs plus que sufllsanls pour légitimer sinon des résistances , du moins l’action d’un zèle tout apostolique, pour arrêter ou neutraliser les effets de ces actes pernicieux. Eh bien 1 ne se contentet-on pas d’annoncer , page 6 , l’inaction des Evêques? ne dit-on pas, page 12, que se soumettre d’une aAitiÈRE PASSIVE aux Ordonnances , c’est tout ce qu’on peut exiger d’eux?
On aurait encore trouvé bien vagues , bien faibles
ces expressions , il nous semble. ...,il nous parait ,
ces principes nom semblent, ces Ordonnances nous
paraissent, — qui reviennent souvent sous la plume des Evêques dont le devoir est d’instruire avec autorité. Quels que soient ces défauts , ils s’effacent , ils disparaissent devant ces magnifiques paroles qui ont entraîné l’assentiment universel :
« SIRE , les Evêques ont examiné dans le secret du sanctuaire , en présence du souverain Juge , avec la prudence et la simplicité (pii leur ont été recommandées par leur divin Maître , ce qu’ils devaient
à César comme ce qu’ils devaient à Dieu. Leur conscience leur a répondu qu’il valait mieux obéir d Dieu qu’aux hommes. Lorstpie celle obéissance qu’ils doivenl prcmièremenl à Dieu ne snurail s’allier avec celle que les hommes leur dcmandcnl, ils ne résislenl poinl ; ils ne profèrent pas tumullueuseraent des paroles hardies ; ils n’expriment pas d’impérieuses volontés ; ils se conlenlcnt de dire avec respect comme les apôtres : Non possumus, nous ne pouvons pas; et ils conjurent Votre Majesté de lever une impossibilité toujours si douloureuse pour le cœur d’un sujet fidèle vis-à-vis d’un Roi si tendrement aimé. .
« Jusqu’ici nous n’avons considéré dans les nouvelles Ordonnances que ce qu’elles nous paraissent avoir de contraire à la liberté du ministère ecclésiastique relativement à l’éducation des clercs et à la perpétuité du Sacerdoce; mais , Sire, nous n’aurions pas satisfait à l’un des devoirs que Votre Majesté aime surtout que nous remplissions auprès d’elle , celui do lui faire connaître la vérité sans déguisement , si nous lui taisions les autres funestes conséquences que ces Ordonnances peuvent avoir pour la Religion. Pasteurs du troupeau de Jésus-Christ , notre sollicitude ne doit ()as se borner à former les guides qui seront destinés à le conduire , sous notre direction , aux pâturages
de la vie éternelle. Le soin du bercail tout entier nous regarde , et ce serait pour nous une illusion et une erreur impardonnables , si nous croyions avoir acquitté tout ce que demande la charge pastorale, du moment où nous n’avons rien négligé pour assurer de bons prêtres à nos églises. C’est sans doute la première et la plus essentielle de nos obligations , pour laquelle nous ne saurions faire trop de sacrifices; mais tout ce qui peut avoir quelque influence sur la sanctification des âmes réclame aussi de nous une vigilance, une attention et des efforts continuels. De quel effroi la Religion n’a-t-elle donc pas dû être saisie? que de larmes n’ a-t-elle {>as dù répa nd re en entendant l’arrêt qu i exclut à jamais de la perfection de scs enseignements les enfants de tant de familles honorables, qui auraient voulu confier à une vigilance plus maternelle ce qu’elles ont de plus cher et souvent ce que l’Etat à de plus précieux 1 Mais combien cet effroi a-t-il augmenté , combien ces larmes sont-elles devenues plus amères , lorsqu’elle a vu répudier de l’instruction publique les maîtres les plus ca|>ables de former la jemiesse aux vertus du christianisme , quand même ils ne seraient pas reconnus comme les plus habiles pour enseigner les lettres humaines 1 Déjà elle n’avait pu voir , sans pousser de profonds soupirs, l’usage de l’autorité qu’elle
doit exerrer sur l’éducation de l’enfance affaibli , restreint et presque réduit à une simple voix consultative ; elle u’avait pu que s’affliger de la nouvelle humiliation (]u’on lui a lait subir , en lui retirant la confiance que lui avait témoignée le feu Roi , quckpies années auparavant : ses alarmes redoublent avec sa douleur , depuis qu’elle voit écarter avec tant de précaution d’auprès des générations qui s’élèvent ces infatigables et zélés précepteurs de l’adolescence.
« Mais , SIRE , quelque profonde que soit l’affliction des Evêques de se trouver dans la pénible nécessité de contrister |)cut-étre Votre Majesté , en lui demandant d’apporter aux mesures qu’elle a ordonnées des tempéraments qui dissipent leurs alarmes , ils se consolent ce|>endant et se rassurent |iar la pensée que ces mesures n’ont été prises qu’à regret; et dans cette persuasion que , si elles pouvaient s’allier avec les devoirs du christianisme , elles devenaient indis|)cnsables à cause de la rigueur des temps. Ils ne s’abusent donc pas en espérant que les conseils de Votre Majesté, plus éclairés par les observations de l’Episcopat , s’empresseront de lui proposer des modifications capables de satisfaire à la fois c-e qu’exigent la dignité souveraine et l’autorité de la conscience , la paix publicpie et les trop longues douleurs d(> la Religion.
Oui, SIRE, ce sont tous les Evêques de France qui sollicitent de Votre Majesté le remède à des maux dont ils portent tous ensemble le poids accablant , et non plus seulement quelques Evêques isolés qui cherchent à détourner un malheur prochain. S’il en est parmi eux , quoiqu’en très-petit nombre , qui diffèrent d’opinion sur la conduite à tenir dans ces circonstances difficiles , il n’en est pas un seul qui ne partage les sentiments de l’affliction commune, et qui ne croie fermement que la piété du ffls de saint Louis ne repoussera pas les respectueuses doléances que l’Episcopat tout entier ose prendre la confiance de lui adresser.
« Plus d’une fois , SIRE , les Evêques de votre royaume se sont vus obligés de défendre ainsi par leurs supplications au 'pied du trône la cause sacrée de leurs Eglises contre les envahissements de la puissance séculière, déposée entre les mains de ces corps antiques si respectables et si utiles à la monarchie , mais qui , malheureusement pour la Religion et pour l’Etat , se croyaient quelquefois autorisés à soumettre à leur juridiction l’autorité du prince et celle des Pontifes, réunissant ainsi en une seule main le glaive de la justice , la houlette des pasteurs et le sceptre des Rois. L’Episcopat alors , protégé par ses privilèges ,
soutenu [><ir son crédit , placé par sa situation sociale dans une parfaite indépendance , luttait en quelque sorte à force égale avec la magistrature ; il lui était donné de réunir dans une seule et même action tous ses moyens , et de soutenir avec avantage les attaques livrées. à l’indépendance de son ministère. Alors , SIRE , il suppliait ; il implorait l’assistance de l’autorité souveraine ; il lui parlait toujours avec une dignité pleine de mesure ; toujours il en était écouté avec bienveillance et souvent avec succès : aujourd’hui , privé de ses anciennes ressources, dispersé sans pouvoir se concerter d’une manière facile, mais toutefois investi des mêmes droits spirituels , et responsable de l’atteinte qu’il y laisserait porter par négligence ou par faiblesse, il supplie encore, et la voix de ses prières et de scs larmes sera d’autant plus puissante sur le Roi très-chrétien , qu’il u’eviste plus aucun prétexte qui puisse faire soupçonner les Evêques de vouloir employer d’autres moyens jK)ur le fléchir.
c Si, malgré cette situation humble et respectueuse, capable de réduire au silence les langues les plus imprudentes, il se trouvait encore des hommes qui osassent prêter à notre zèle et à nos instances les couleurs de la révolte , et nous traduire devant la France et devant Votre Miyesté comme des sujets rebelles , relevant
alors nos fronts humiliés nous repousserions , avec une juste indignation , d’aussi odieuses calomnies : tons ensemble nous répéterions avec assurance ces expressions de fidélité que nos pn'“décesseurs portènmt autrefois au pied du trône de votre auguste aïeul, à là suite d’une de ces assemblées générales dont la discipline ecclésiastique et les plus chers intérêts de la Religion appellent si imi)érieuscment le retour ; nous vous dirions , SIRE , « qu’au milieu des maux qui « nous afiligent, votre prospérité et votre gloire sont « le sujet de nos plus tendres et de nos plus vives « acclainaiiuns ; que soutenir et défendre les droits • sacrés de votre couronne sera toujours pour nous » l’objet d’une noble et sainte jalousie ; que plus nous « sommes obligés de chercher à conserver la liberté « d’un ministère cpi’on ne saurait essentiellement nous « ravir , plus nous nous croyons engagés à donner « l’exemple de la soumission ; que cette obligation « ne nous servira jamais que pour porter plus loin B notre obéissance , et lui donner plus de mérite ; que « nul ne peut nous dispenser des moindres devoirs « de véritables Français ; et qu’enfin, dans ce royaume B où Votre Majesté est partout chérie et révérée, nous B ne lui connaissons d’autres ennemis que ceux qui B nous accusent de l’étrc, et qui n’oublient rien pour
« décrier auprès d’elle nos respects, notre amour et « notre inébranlable fidélité. > ( Harangue au Roi pour la clôture de Vaesemhlée de 1730. )