MONUMENTS DIVERS
droites et brisées dont l’agencement produisait un excellent effet. Les deux feuilles de lotus variaient seules cette sévère ornementation. Tel était celui du roi Menkérès, trouvé dans la troisième pyramide de Giseh, et celui qui se voit aujourd’hui au musée de Leyde. Ceux du second empire sont de diverses formes; ils sont souvent couverts de scènes sculptées, et leur richesse alla toujours croissant jusqu'aux dernières époques de l’art égyptien. L’idée principale qui régit toute là décoration de ces beaux monuments est l’immortalité de l’âme humaine, doctrine nationale nu plus haut degré chez les Égyptiens.
Ordinairement, la déesse de l’enfer, qui s’appelait Amenti, est gravée au fond du sarcophage ; la momie reposait sur elle. Audessus s’étendait la déesse du ciel. Les déesses Isis et Nephthys veillaient à la tête et aux pieds du défunt. Les scènes gravées sur les parois intérieures et extérieures se rapportent toutes aux ■diverses régions du ciel infernal que les âmes étaient censées parcourir à la suite du soleil. On trouvera quelques détails de plus sur ce sujet à la description de la salle funéraire (1).
D 1. — Sarcophage en granit rose.
Celte cuve, taillée en forme de cartouche royal, a reçu la momie du roi Ramsès III (vingtième dynastie); elle fut trouvée en place dans son tombeau, et les inscriptions attestent sa destination. Le couvercle est à Cambridge. La décoration se compose des scènes relatives à la course du soleil dans les sphères du ciel infernal. Aux pieds et à la tête, les deux déesses protectrices, Isis et Nephlhys, reposent sur un graud cellier (2), symbole de l’or, et en même temps des salles qui contenaient
(1) Voyez à la page 81.
(2) L’idée rappelée par ce signe paraît être la fusion, le modelage nouveau par lequel l’action divine devait renouveler le type humain à la résurrection.
le sarcophage. Ce monolithe esidu commencement du treizième siècle avant Jésus-Christ.
D 2 et 3. — Sarcophage en granit de forme humaine. Dix-neuvième dynastie.
D 7. — Sarcophage en basalte, forme humaine.
Huitépcrviers à tète humaine décorent la poitrine; ils représentent certains esprits de la demeure des âmes. Le défunt, nommé Onchméri, les invoque pour que son âme vole vers la demeure où elle doit aborder et qu’elle puisse heureusement se réunir à son corps.
D 8. — Sarcophage en granit gris.
Il appartenait à un prêtre de Memphis nommé Taho t fils de Pétihaké. Vingt-sixième dynastie, sixième siècle.
D 9. — Sarcophage en basalte.
Ce monument , apporté en France par Champollion , est le chef-d’œuvre de la gravure sur pierre dure aux dernières époques de l’art égyptien. Les scènes qui le décorent rempliraient un volume entier. C’est toujours la course du soleil et la pérégrinatiou de l’àmc dans les régions infernales qui en font le sujet. Il a été destiné à un prêtre du dieu Imouthés, fils de Pbtbah, nomme Taho.
D 10. — Sarcophage en granit gris.
Il a été gravé pour Horus , fils de Tarot-en-Pacht. Sa décoration est analogue à celle des précédents, à l’extérieur. À l’intérieur, on remarque la série des quarante-deux juges infernaux qui assistaient Osiris dans le jugement de l’âme humaine.
DU. — Sarcophage de forme humaine, en pierre calcaire.
Le défunt se nommait Outahor. Son âme , sous la forme d’un épervicr à tête humaine, repose sur sa poitrine. L’oiseau porte dans ses serres l'anneau, symbole des longues périodes du temps, après lesquelles s’opérera l’union si désirée de l’àme avec le corps. Les divers génies protecteurs complètent la décoration.
D 13. — Sarcophage en basalte vert.
Les inscriptions élégantes qui le décorent montrent qu’il fut