PTAH
C’était le dieu suprême à Memphis. Sa forme habituelle est celle d’un homme, la tète rasée, enveloppé comme une momie. Les traits de la figure sont ordinairement très-fins, car Ptah était surnommé le dieu au beau visage (1). Parmi ses autres titres, on remarque ceux de Seigneur de la justice et Roi des mondes. Le mot Ptah, en égyptien, signifiait ouvrir, comme en hébreu. Dans son rôle de père des dieux, il portait le nom de Totonen, qu’on pourrait peut-être traduire par donnant la forme. Aussi l’a-t-on figuré quelquefois portant l’œuf humain co:r me iVoum. On trouve des figures de Ptah en toutes sortes de matières : les belles figurines de bronze doivent surtout attirer l’attention. Le dieu porte, comme Ammon, le sceptre avec la tête du quadrupède analogue au lévrier.
C’est sans doute à cet œuf que faisait allusion la seconde forme du dieu Ptah, décrite fidèlement par Hérodote. 11 dépeint le dieu de Memphis comme un nain monstrueux, analogue aux patèques des Phéniciens. On peut dire plus exactement que cette forme est calquée sur celle de l'embryon. Elle porte habituellement sur la tête le scarabée, symbole de génération, auquel se joignent quelquefois une foule d'autres emblèmes qui forment des groupes, dont l’ensemble et les détails se rapportent tous à la mystérieuse
(l) Cnç tête de Ptah, en terre émaillée, provenant du Sérapéum, rst surtout remarquable par la finesse des traits.
naissance de ce dieu embryon, dans lequel le créateur semble s'identifier a\ec la création.
Champollion parait avoir confondu ce type avec un troisième caractère de Ptah, le caractère infernal, où il porte les noms de Ftah-Sakar-Osiris. Dans ce type, qui apparait sur quelques stèles, et plus habituellement dans les rituels funéraires, le dieu n’a pas ordinairement le corps d'un embryon. C'est un corps adulte, emmailloté comme une momie, avec une tête d’épervier portant le disque solaire. Il parait identifier Ptab, dans les enfers, avec le Soleil et avec Osiris.
Nous avons dit, à la salle d’Apis, que ce taureau sacré portait les titres de Fie nouvelle de Ptah et de fils de Ptah. La vache qui le portait était censée avoir été fécondée par la radiation solaire. Les figures le représentent ou au naturel, dans sa forme de taureau, ou bien avec un corps d’homme svelte et jeune, surmonté de la tête de taureau.il a cette môme forme dans les figurines funéraires provenant du Sérapéum. Les beaux taureaux en bronze, disposés sur la tablette inférieure, proviennent tous du Sérapéum.
Mais Ptah avait un autre 01s, nommé, en égyptien, Imhotep, que les Grecs nommaient Imoutliès, et qu'ils assimilaient à Esculape (1). Les figures de bronze ou de faïence le représentent comme un jeune homme. à la tête rasée, vêtu d’une longue robe et chaussé de sandales; il lit dans un volume déployé sur scs genoux. Il semble caractériser par là le dieu de toute la science. Il était particulièrement adoré à Memphis, où il remplissait une partie des fonctions que les Thébains attribuaient à Chons, fils d'Ammon. La plus belle figure du dieu Imouthès est sur la cheminée de celte salle : c’est une statuette de granit ; le nom du dieu est écrit sur le volume qui est déroulé sur ses genoux.
RA, ou LE SOLEIL.
Le soleil était adoré dans toute l’Égypte : son nom, f?o, ou, avec l’article masculin, Phra, s’ajoutait à celui des divinités locales lorsqu'on voulait les identifier avec cet astre. Les types du
(1) Jamblique le nomme Emcph; ce n’est qu’une autre transcription du mot égyptien Imhotep,
dieu Ua sont assez variés : dans son expression la plus générale, il est représenté par un homme à tête d’épervier, coiffé d’un disque sur lequel se relève la tête d’un urœus. Le dieu était figuré, ou debout, dans l’attitude de la marche, ou assis sur un trône. Celte seconde altitude se rapporte à la royauté qu’il était censé avoir exercée en Égypte. Ce règne du dieu Ra était regardé comme le commencement des temps. On disait : depuis le temps du dieu lin. Comme soleil levant, il porte ordinairement le nom d’IIorus des deux horizons.
Le soleil couchant, ou plutôt le soleil avant son lever, se nommait Toum ou Atoum Celle forme avait précédé l’autre dans les idées cosmogoniques. Atoum était la source de l’être et l'échelon le plus élevé «le la divinité. C’était le soleil avant sa manifestation lumineuse, comme symbole de la divinité dans son existence première avant toute manifestation par ses œuvres. Atoum est représenté ici sur un stèle de bois peint. 11 a la forme humaine, son corps est peint en bleu; il porte un diadème d’or ainsi que des périscélides et un collier de même métal. Son costume se compose d’une tunique verte et d’un justaucorps qui semble représenter une cuirasse de bronze. La déesse du ciel s’étend au-dessus de lui, en formant une voûte avec son corps allongé. Dans une seconde figure, peinte sur un cartonnage, on voit la tète il' Atoum dans une fieur de lotus; c’est de là que sort le dieu rajeuni figuré par le soleil levant.
Le nom du soleil variaitsuivant les divers lieux où il était adoré; ainsi, à Edfou, il se nommait Ilout, et c’est le nom qu’il reçoit ordinairement dans le disque ailé qui décore le sommet de toutes les portes des temples. Dans les scènes qui ornent les monuments funéraires, le soleil voguant pendant les heures nocturnes, prend ordinairement la figure du dieu Noum, avec sa tête de bélier couronnée du diadème atew Dans les tableaux des heures du jour, il revêt successivement diverses formes, parmi lesquelles ccLc du griffon indique ses plus grandes ardeurs. Comme soleil levant, un jeune enfant sortant d’une fleur de lotus est son expression la plus remarquable.