‹ Notice sommaire des monuments égyptiens exposés dans les galeries du MuséeChapitre 16 sur 32 · PTAH · texte numérisé non relu

PTAH

(Tétait le dieu suprême à Mempbis. Sa forme habituelle est celle d'un homme, la tête rasée, enveloppé comme une momie. Les traits de la figure sont ordinairement très-fins car Ptah était surnommé le dieu au beau visage (1). Parmi

(1) Une tôle de Ptah, en terre émaillée, provenant du Sérapéiun, est fortout remarquable par la finesse des traits.

ses autres titres, on remarque ceux de Seigneur de la justice et Roi des mondes. Le mot Ptah, en égyptien, signifiait ouvrir^ comme en hébreu. Dans son rôle de père des dieux, il portait le nom de Totonen^ qu'on pourrait peut^ être traduire par donnant la forme. Aussi Ta-t-on figuré quelquefois portant Tœuf humain comme iVoum. On trouve des figures de Ptah en toutes sortes de matières : les belles figurines de bronze doivent surtout attirer Tattention. Le dieu porte comme Ammon, le sceptre avec la tête du quadrupède analogue au lévrier.

t^'est sans doute à cet œuf que faisait allusion la seconde forme du dieu Ptah, décrite fidèlement par Hérodote. U dépeint le dieu de Memphis comme un nain monstrueux, analogue aux patèques des Phéniciens. On peut dire plus exactement que cette forme est calquée sur celle de Tembryon. Elle porte habituellement sur la tête le scarabée, symbole de génération, auquel se joignent quelquefois une foule d'autres emblèmes qui forment des groupes, dont l'ensemble et les détails se rapportent tous à la mystérieuse naissance de ce dieu embryon, dans lequel le créateur semble s'identifier avec la création.

Champollion paraît avoir confondu ce type avec un troisième caractère de Ptah, le caractère infernal, où il porte les noms de Ptah-Sokar- Osiris Dans ce type, qui apparaît sur quelques stèles, et plus habituellement dans les rituels funéraires, le dieu n'a pas ordinairement le corps d'un embryon. C'est un corps adulte, emmailloté comme une momie, avec une tête d'épervier portant le disque solaire. Il paraît identifier Ptah, dans les enfers, avec le Soleil et avec Osiris.

Nous avons dit, à la salle d'Apis, que ce taureau sacré portait les titres de Vie nouvelle de Ptah et de fils de Ptah . La vache qui le portait était censée avoir été fécondée par la radiation solaire. Les figures le représentent ou au

MONUMENTS RELIGIEUX. vu

naturel, dans sa forme de taureau, ou bien avec un corps d'homme svelte et jeune, surmonté de la tête de taureau. Il a cette même forme dans les figurines funéraires provenant du Sérapéum. Les beaux taureaux en bronze, disposes sur la tablette inférieure, proviennent presque tous du Sérapéum.

Mais Ptah avait un autre fils, nommé, en égyptien, Imhotep^ que les Grecs nommaient Imouthèsy et qu'ifs assimilaient à Esculape (1). Les figurines de bronze ou de faïence le représentent comme un jeune homme à la tète rasée, vêtu d*une longue robe et chaussé de sandales; il lit dans un volume déployé sur ses genoux. 11 semble caractériser par là le dieu de toute la science. Il était particulièrement adoré à Memphis, où il remplissait une partie des fonctions que les Thébains attribuaient à Khons, fils d*Ammon. La plus belle figure du dieu Imouthés est une statuette de granit; le nom du dieu est écrit sur le volume qui est déroulé sur ses genoux*

RA, ou LE SOLEIL.

Le soleil était adoré dans toute TËgypte : son nom, Ra^ ou, avec Tarticle masculin, Fhra^ s'ajoutait à celui des divinités locales lorsqu'on voulait les identifier avec cet astre. Les types du dieu Ea sont assez variés : dans son expression la plus générale, il est représenté par un homme à tête d'épervier, coiffé <i*un disque sur lequel se relève la tête d'un urœus. Le dieu était figuré, ou debout, dans l'attitude de la marche, ou assis sur un trône. Cette seconde attitude se rapporte à la royauté qu'il était censé avoirexercée en Egypte. Ce règne du dieu Ra était regardé

(1) Jarablique le nomme Emeph; ce n*est qu^une autre transcription du mot égyptien Imhotep* *

comme le commencement des tempâ. On disait : depuis le temps du dieu Ra, Comme soleil levant, il porte ordinairement le nom d'IIorus des deux horizons.

Le soleil couchant, ou plutôt le soleil avant son lever, se nommait Toum ou Àtoum. Cette forme avait précédé Tautre dans les idées cosmogoniques. Atoum était la source de Télre et l'échelon le plus élevé de la divinité. C'était le soleil avant sa manifestation par ses œuvres. Atoum est représenté ici sur une stèle de bois peint. Il a la forme humaine, son corps est peint en bleu ; il porte un diadème d'or ainsi que des périscélides et un collier de même métal. Son costume se compose d'une tunique verte et d'un justaucorps qui semble représenter une cuirasse de bronze. La déesse du ciel s'étend au-dessus de lui, en formant une voûte avec son corps allongé. Dans une seconde figure, peinte sur un cartonnage, on voit la tête à^Àtoum dans une fleur de lotus; c*est de là que sort le dieu rajeuni figuré par le soleil levant.

Le nom du soleil variait suivant les divers lieux où il était adoré ; ainsi, à Edfou, il se nommait Hout, et c'est le nom qu'il reçoit ordinairement dans le disque ailé qui décore le sommet de toutes les portes des temples. Dans les scènes qui ornent les monuments funéraires, le soleil voguant pendant les heures nocturnes, prend ordinairement la figure du dieu Noum, avec sa tête de bélier, couronnée du diadème atew. Dans les tableaux des heures du jour, il revêt successivement diverses formes, parmi lesquelles celle du griffon indique ses pi us grandes ardeurs. Comme soleil levant, un jeune enfant sortant d'une fleur de lotus est son expression la plus remarquable.

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