FIÈVRE JAUNE
1. Momtiques el fiè<’re jaane (avec M. Borel). 1 vol. (Baillière, édit., 1905).
2. La fièvre jaune à la Nouvelle-Orléans. Hygiène générale et appliquée, janvier 1906.
3. Frontières et prophylaxie (avec M. Borel). 1 vol. (Doin, édit., 1907).
4. La Fièvre jaune à Saint-Nazaire. C. R. de l’Académie des Sciences, novembre 1908.
5. Instruction aux capitaines de navire pour la prophylaxie de la fièvre jaune. —Annexé au
nouveau règlement sanitaire maritime, approuvé par le Conseil supérieur d’hygiène.
6. Projet du nouveau règlement de police sanitaire maritime approuvé par le Conseil supérieur
d’hygiène.
Inspecteur général des services sanitaires, j’ai dû me préoccuper de la fièvre jaune qui a été plusieurs fois importée en France et dont la prophylaxie officielle, fondée sur une connaissance imparfaite de l’étiologie, avait entravé sérieusement le commerce sans aboutir jusqu’ici à une défense sanitaire satisfaisante.
Tout d’abord, j’ai voulu savoir si les admirables travaux de la mission américaine à Cuba se trouvaient en concordance avec les faits observés en Europe depuis un siècle.
Les archives de nos lazarets où sont inscrits depuis de longues années les faits épidémiologiques concernant les navires qui ont été victimes des maladies pestilentielles exotiques et qui les ont importées en France, nous permettaient de faire la lumière sur ce point. Elles devaient nous offrir aussi un renseignement important au sujet de la persistance delà contagiosité de tels navires. Sans doute, par sa situation au-dessus du 43® parallèle, la France continentale ne doit pas beaucoup redouter la fièvre jaune, mais il n’en est pas de même de l’Afrique française du Nord, qui n’a pas encore été visitée par la fièvre jaune, mais qui offre à son invasion des champs fertiles.
De cette enquête est résultée une confirmation éclatante delà théorie delà propagation de la fièvre jaune par le moustique, et dans une épidémie récente à Saint- Nazaire, j’ai pu saisir dans les cabines et couloirs du navire infecté le corps même du délit, le Stegomya fasciata, ramené de la Martinique. De ces constatations a dû découler une refonte et de notre Règlement sanitaire maritime et de nos méthodes de prophylaxie contre la maladie importée.
Au livre cité plus haut j’emprunte quelques tableaux. Mieux qu’une longue narration, ils font saisir sur le vif le mode de propagation de la fièvre jaune : sur un voilier, les éclosions épidémiques séparées les unes des autres par douze jours, et l’extension se faisant dans le voisinage et surtout dans le sens du vent. Modes épidémiques décevants et incompréhensibles autrefois, et qui deviennent limpides quand on sait qu’il faut douze jours pour qu’un stegomya infecté par le sang d’un homme malade devienne contagieux et qu’il faut aussi une température convenable pour que ce stegomya reste actif (tableau I).
Le tableau II montre un tait extrêmement important pour la prophylaxie de la fièvre jaune et par conséquent pour la rédaction d’un règlement sanitaire maritime. — Il démontre que ce virus amaryl (moustique) peut persister soixante jours dans les cales d’un navire — et se manifester tout à coup quelques jours après qu’on a ouvert les cales. Cet exemple fait comprendre que les quarantaines à la mode ancienne se soient montrées parfaitement illusoires.
Le tableau III expose l’évolution de la fameuse épidémie de Saint-Nazaire (1861). On y voit le mode d’expansion habituel sur les voiliers, mode par saccades, avec l’intervalle du temps nécessaire à l’incubation du virus chez le moustique. On y voit surtout un phénomène paradoxal et bien inattendu. Tandis que la fièvre jaune s’éteint vite sur les navires restés dans nos climats, parce que les conditions climatériques sont défavorables aux moustiques, sur un seul navire, 1’ « A requipa », l’épidémie persiste et manifeste ses éclosions tous les douze à quinze jours. C’est que r « Arequipa » ne reste pas en France, mais se dirige vers les pays chauds. Les conditions climatériques sont favorables au moustique qui a envahi le bateau et Saint-Nazaire apporte la fièvre jaune à la Guyane!
Lorsque les voiliers furent remplacés par les navires à vapeur, on émit la crainte que la diminution de la durée des voyages entre les Antilles et l’Europe
tableau 5 PERSISTANCE DES STEGOMYA fêvre jaune