ACTE II
1° Tableau (i). — Scène I. — Les envahisseurs ont conquis la place et installé leur atelier au Grand Nesle. Quand le rideau se lève, apprentis et ouvriers achèvent de monter une grande châsse d'orfèvrerie, destinée au couvent des Ursulines, comme l'indique une réponse du chœur (p. 144 [140], m. 7), constituant un Motif qui sera rappelé au quatrième acte, où il prendra le caractère plus défini d'une marche funèbre.
M. R. VII. — Les Ursulines.
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Pagolo, placé à l'intérieur de la châsse, ajuste les dernières vis, et tous chantent gaiement, tandis qu'à l'orchestre passe et
(i) Dans la version nouvelle, l'acte II ne comprend qu'un seul tableau; le deuxième tableau se joint au second tableau de l'acte suivant pour former l'acte III, dont le premier tableau disparait en partie.
repasse un dessin continu qui dérive peut-être du Thème du Travail (M.II.a\mais dont les éléments ont subi de si complètes déformations qu'on le retrouve à peine. Scozzone est là, encourageant les travailleurs, leur servant des refrains du pays natal, où la musique le dispute aux paroles en malice et en humour, par un scrupule qui Thonore, Saint-Saëns a pris soin d'avertir que cette mélodie était composée « d'après une chanson du xvi" siècle». L'emprunt demeure discret. Peut-être se borne-t-il, en somme, à l'entrée de l'air « Fiorentinelle ! ah ! qui m'appelle ?» ; la tonalité y semble archaïque, en effet, et rappelle le septième ton du plain-chant avec son si bémol introduit dans la gamme d'w^ majeur; mais tous les développements, modulations et rentrées ne doivent rien à l'antique, et le divertissement du milieu : « Fier galant à barbe grise, » prend même l'aspect voulu d'une tarentelle moderne.
Dans un esprit très analogue, le chœur lui répond, et M. Camille Bellaigue a raison d'écrire qu' « il y a dans cette réponse étincelante, populaire, triviale même (le mot est un éloge ici"), un véritable coup de soleil italien ». C'est une chanson d'atelier qui doit garder un tour exclusivement mélodique, et les roulades qui s'y mêlent contribuent encore à en accuser le côté vrai et presque réaliste.
Là se plaçait un épisode doublement intéressant, supprimé sans doute par égard pour les convenances traditionnelles de l'Opéra : misérable excuse.
Pagolo se voyait, pour rire, enfermé dans la châsse par ses camarades, qui chantaient ironiquement et dansaient une ronde autour d'elle et de lui. Il en résultait une opposition, voulue par les auteurs, entre le rôle inoffensif et plaisant que cette châsse jouait alors et le rôle fatal et terrible qui lui est résen'é par la suite. De plus, deux trombones exposaient alors pour la première fois un Motif d'allure bizarre, de tonalité indécise,
M. R. VIII. — La Châsse.
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