‹ Notice sur Ascanio, opéra de Camille Saint-SaënsChapitre 19 sur 22 · JU · texte numérisé non relu

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Allecrretto.

(Altos trs'et 2d9 Vns.)

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pour aboutir au Motit rappelé de XàDétresse (M. R. IX) avec ces mots : « Voici l'instant suprême ! » (p. 742, m. 20) [319, m.i].

Soudain un mouvement se produit au dehors ; on signale les gens du Roi, et Benvenuto se hâte de donner à Scozzone ses instructions : c( Tu sais bien qu'ici l'on t'aime, ajouta-t-il, tu me reviendras. » La malheureuse est désormais résignée à mourir, et c'est à part qu'elle répond : « Fasse Dieu qu'il me pleure autant que je l'aimais ! » Ces quelques paroles, ultima verba, sont simplement soutenues par le Motif de la Châsse (M. R. VIII), et le Thème de la Souffrance (M. V. d) que relie entre eux (p. 345 [321], m. 15), un court rappel du iMotif des Ursulines (M. R. VII).

Scène V. — Tandis que Scozzone et Colombe se retirent dans la chambre dont l'entrée est à demi cachée par la chasse, Benvenuto, sommé au nom du Roi, ouvre sa porte et laisse pénétrer d'Orbcc et son escorte, venus pour chercher la noble demoiselle disparue. « Faites votre devoir, dit-il ; pourtant souffrez aussi que je fasse le mien ! Je dois livrer aujourd'hui cette châsse ; Scozzone, à ma place, l'accompagnera. » « Soit! » répond d'Orbec. L'immense reliquaire est ainsi emporté ; à côté, marche une femme enveloppée dans sa cape ; Benvenuto la prend pour

NOTICE SUR ASGANIO

Scozzone et lui dit au revoir; mais elle s'éloigne sans se détourner ni répondre. Cette femme: est Colombe, et l'Italienne a pris sa place dans la tombe. « O les tristes adieux ! soupire l'artiste, et quel charmant passé s'en va loin de mes yeux ! » L'image de Scozzone revient naturellement à sa pensée ; le Thème de la Souffrance (M. V. d) reparaît, puis celui de la Tendresse (M. V. a), tristement brisé comme en un sanglot (p. 353 [329], m.iO :

(Cor angl.) ' (Bass.)

Moderato.

(Cor and 1 W

Toute la scène est, d'ailleurs, d'une vérité lugubre et d'un intérêt poignant. Sous les paroles insignifiantes ou comme négligemment jetées du dialogue, circule le Motif des Ursulines (M. R. VII), rythmé comme une marche funèbre. Sans arrêt, il poursuit sa course pénible et lente ; c'est le glas qui sonne l'adieu au bonheur et à la vie. La sobriété du procédé, jointe à l'intensité du coloria instrumental, donne à ces quelques pages (p. 347-353) [323-329), une incomparable valeur: on y peut lire le morne abandon du désespoir, on y voit passer le frisson de la mort.

Un brusque réveil de Benvenuto met fin à ce lugubre épisode. Pendant que d'Orbec et ses soldats fouillent la maison, il doit, lui, se consacrer à la tâche qui l'attend, à la fonte de cette statue qui lui vaudra la faveur royale. Déjà, par la porte, on aperçoit les lueurs rougeâtres du métal qui bouillonne. « Au travail! >> s'écrie-t-il en ôtant son pourpoint (p. 354) [330], et les Motifs se

pressent dans l'accompagnement avec une sorte de rage, tous vigoureux et frémissants, savoir : le Thème du Maître (M.I.a),

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les Motifs de Y Atelier (M. II. a et b),

AU». (Clar.)^ ^ (Ban > ,-0^ r-^i^

\Violonc.1 ^ (C. B.)

(Quatuor.)

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(Quatuor ) (B,i<ç.

et finalement le Motii de Jupiter (M. VIII) qui, chanté par le chœur des ouvriers à Funisson, éclate et s'élève comme l'hymne triomphal du ft Dieu superbe et tout-puissant ».

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