X. — Tristesse (Ascanio
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Comme on le voit, tous les héros du drame ont, suivant le mot pittoresque de Baudelaire, leur « blason musical »;et, de plus, presque tous ces Motifs se subdivisent, afin de traduire diverses particularités dont l'ensemble constitue le caractère et dessine le type du personnage.
Ainsi Benvenuto Cellini est, avant tout, l'artiste épris d'idéal, esclave de son travail et maître en son art. Sa vieille affection pour Scozzone et son caprice naissant pour Colombe d'Estourville ne forment point le nœud de la pièce et ne sauraient fournir le prétexte d'un motif conducteur. En revanche, il aime d'amitié Ascanio, son élève ; il le protège et va jusqu'à se dévouer pour lui : — de là, les Thèmes du Maître, de V Affection, du Dévouement.
Ascanio est le disciple du maître, artiste lui aussi, quoique son talent demeure au second plan de l'action, tandis que son pur amour pour Colombe passe au premier : — de là, les Thèmes de V Elève, de V Artiste, de V Amoureux.
Scozzone est l'Italienne ardente, plus enjouée que coquette, amoureuse et jalouse à la fois, heureuse près de l'artiste auquel elle sert de modèle, mais souffrant de sa passion même ; bonne enfin, au point de sacrifier sa vie pour sauver celle d'une rivale innocente : — de là, les Thèmes de la Tendresse et du Bonheur, de la Jalousie, de la Souffrance, du Sacrifice.
La duchesse d'Etampes est une figure séduisante et tragique ; belle, mais fourbe et hautaine, elle essaye de prendre le naïf Ascanio dans les filets de son amour ; le dédain qu'on lui oppose est une injure à sa fierté ; elle ne reculera pas devant le crime pour se venger : — de là, les Thèmes de la Coquetterie, de la Passion, de la Fourberie et de la Fierté, de la Veni^eancc.
D'autres personnages, Colombe et d'Estourville, par exemple, sont plus élémentaires ; un seul Motif leur suffit, comme à quelques idées ou choses secondaires qui se mêlent à l'action et comportent des indications musicales : tels V Atelier, la Lettre, le Crime, le Nesle, etc.
Par contre, François I" et Charles-Quint ne jouent dans la
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pièce qu'un rôle subalterne. Ce n'est plus leur âme qu'il s'agit de peindre, c'est leur figure qu'il suffit d'évoquer par instant : de là, simplement un motif rappelé. Le même fait s'observe pour Hébé, la fine statuette que Benvenuto modèle en secret, les Fiançailles des deux jeunes amoureux, la Châsse, instrument du crime qui amène la péripétie finale, enfin divers sentiments, comme la Tristesse d'Ascanio, VImpatience de la Duchesse, la Détresse de Scozzone, qui donnent lieu à quelque rare et exceptionnelle allusion.
Il reste à montrer comment tous ces éléments se complètent, se transforment et se combinent pour former le tissu symphonique de l'ouvrage.
ANALYSE THÉMATIQUE