‹ Notice sur deux manuscrits d'une traduction française de la Consolation de Boëce conservés à la Bibliothèque cantonale de FribourgChapitre 4 sur 13 · L-an mil quatre cent cinquante cinq · texte numérisé non relu

L-an mil quatre cent cinquante cinq

Est fait cy liure en pargimin.

Doctrina sapientie. Amen. L'écriture est bien diflérente de celle de nos deux manuscrits et de celle du correcteur.

1 Comm. « O filie, escoute les commandemens du maistre, encline « lorelle de ton cuer et recoy voluntier l’amonestement du bon pere, et si « l’emploie per bonnes ouures. pour tant que tu puisse a celui repeirier ».

Entierement et accomply.

Le premier iour entrant avry.

Par domp vildri dit chabordat.

Ly quel sa poine y donnat.

Quil s amonte tot a six liures.

Les quelx por dieu il y deliurez Ausy a donne(r) le pargimym.

Donne catherine de billin.

Quil s amonte tout en monoye.

Quatre bons floryns de sauoye.

Le ms. conserve aussi un obituaire du couvent de la Fille-Dieu, à Romont t, et se trouve, à présent, dans la Bibl. Cant. de Friboure.

1 Couvent de moniales cisterciennes fondé en 1264 par Juliette, Pétronille et Cécile, sœurs du chevalier Conon de Villaz, enseveli à Hauterive, et filles d’Aymeric, seigneur de Villaz. Je ferai suivre les premières lignes de cet obituaire :

« Jaques de billens doinc de syond « a donne eis .ij. chapellans qui « doyuent celebre la messe tous «les iours à change Ô convent « de la filie dieux .L. s. de cense « estauaie lo giblôx et laverieri le « chap. et le charre. Jt. a chascons «.i. mois de purs from. Jt. xliiij.

« s. de cense sus ung praz sist in « cotten. Jt. mais eis dessusd. .ij.

« chappell. .xi. s. i. chap. de cense « a sidel’. Jt. a donne © dessusd.

« convent les condemines. It. .i.

« grant pot de metal. It. a villar- « selleueq pôr iolie sa mere .xi. s.

« de cense pôr faire une pidance le iour de son anniuersaire. c est assauoir « le ioudi deuant la translacion de .s. nycholas. It ly pere du dessusd. doinc a « donne .x. s. cens. a villars’leuesq pôr une pidance le dimart deuant la « dessusd. feste. ‘et en celluy iour doit on faire son anniuersaire. ».

ESS es

Les recherches sur la personne de l’anonyme correcteur des ms. À et B sont donc demeurées infructueuses 1; il n’en est pas de même, heureusement, pour celles qui

vont suivre, sur les sources de Renaut de Louhans.

Renaut de Louhans déclare, dans son prologue, s’être servi, pour sa traduction, d'un livre dont il avoue « avoir fait son exemplaire » :

Qui le livre mult bien desclaire Qui du siecle porta l’abit De luy ai fait mon exemplaire.

Est-ce une autre traduction française, ou plutôt un commentaire latin que Renaut a eu sous les veux ? Je crois pouvoir affirmer qu’il s'est inspiré non seulement d’une version française (n° IT et III de M. Delisle), ainsi que l’a démontré M. Nagel, mais encore d’une interprétation latine de Boëce, souvent publiée au XVme siècle, sous le nom de saint Thomas d’Aquin. Je commence par la version française et je remarque, tout d’abord, que nous avons de celle-ci deux rédactions : l’une avec la dédicace de Jean de Meung à Philippe le Bel (n° Il) et l’autre sans dédicace (n° III). Entre ces deux rédactions, il n’y a que de légères

1 J'ai aussi examiné en vain l'écriture de deux mss. latins de la Consolation de Boëce, écrits à Fribourg au cours du XV" siècle et conservés à la Bibl. cantonale. L'un d'eux est dù à la main d’un certain « Petri Guillomeni de friburgensi Villa » et a été écrit pour « Jacobus Tubicen », c'est-à-dire Jacques Trompettaz. Voir DaGuEer, Archives et Mémoires de la Société d'histoire du canton de Fribourg, V (1856), p. 192.

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