ER
divergences ; et nous nous en rendrons compte en comparant les deux débuts d’après un ms. de la Bibl. d’Este 1 et
le ms. de Paris 1096.
Version II *?
(Ms. d’'Este)
Je qui seul diter e escrire
Les livres de haute matiere
Et d-estude avoye la flour,
Fais or dis de dueil et de plour.
Les musetes qu’aus premiers ans Enseignent rimer les enfans
Que je ting pres en ma ionece
Me confortent en ma uiellece.
Tant ai ie au mains de compaignie En ceste dolereuse uie
Qu'en grant chetiver sui venus Foibles escharnez et chanus.
L-en devroit moult prisier la mort, Que home qui a son confort
Ne sousprent ne tolt sa leece; Mais quant il vient en tel tristece, Qu'il est anuiez de sa vie, Tantostle prent quant il I-em prie...
Version III (Ms. de Paris)
Je qui sueil diter et escrire
Les livres de haute matire
Et d-estude avoie la fleur,
Fais or diz de duel et de pleur Les muses qui aux premiers anz Ensaignent rimer les enfans,
Que j-amay mout en ma jonnece, Me confortent en ma veillece ; Tant ay au mains de compaingnie En ceste douloureuse vie
De viellece qui s-est hastee
Quar la douleur l-a tost amenee.
Je suis ia fronciez et chenuz Aincois que temps en soit venuz.
L-en devroit moult priser la mort Qui homme qui a son confort
Ne sourprant ne tolt sa leesce Mais quant il chiet en tel tristesce Qu'il est annuyez de sa vie Tantost le prant que il l-en prie...
L'examen de ces divergences servira à établir à laquelle des deux versions Renaut a puisé. Dans ce but,
je compare ici quelques passages
(ms. d’Este.)
Je qui seul diter e escrire Les livres de haute matiere.
II] (ms. de Paris)
Je qui sueil diter et escrire Les livres de haute matire..
1 Ce ms. renferme la version n° Il. Cote : G. 3, 14 des mss. Campori. ? La version n° Il a été publiée en 1507 et c'est à cet imprimé que
M. Nagel a emprunté ses passages ;
mais le texte en est mauvais et il aurait
mieux valu avoir recours, p. ex., à un des nombreux manuscrits conservés
en France, à la Bibl. Nationale.
PR Een
Renaut (ms. A)
Je soloye jadis penser
Ditter enseigner et escripre Les livres qui sont a prisier Et qui sunt de haulte matiere.
Il II
(Ces vers manquent.) De viellece qui s-est hastee Quar douleur l-a tost amenee !.
Renaut (A)
Ma vielleche s-est mout hastee (Elle m-a sourpris en m-enfanche N-a pas attendu sa journee Angoisse dolour et meschance) La viellesse m-ont amenee ?.
Il (nl Qu'en grant chetiver sui venus Je suis ia fronciez et chenuz Foibles escharnez et chanus. Aincois que temps en soit venuz ÿ.
Renaut (A)
Et les cheveus sunt tous chenus….
Devant que le temps soit venus.
Il III
L-en devroit moult prisier la mort L-en devroit moult priser la mort
Renaut (A)