SOURCES DE LA CHRONIQUE
La Chronique de Richard , qu'on Tétudie dans la première, la deuxième ou la troisième rédaction, n'a de valeur que dans ses dernières pages. La plus grande partie de cette histoire universelle, qui a pour point de départ la création, et met bien longtemps à atteindre le douzième siècle , serait pour nous absolument dépourvue d'intérêt , s'il n'y avait quelque utilité à rechercher les sources auxquelles pouvait puiser un compilateur du moyen âge. En ayant plus ou moins souvent recours à certains auteurs , en introduisant dans son récit des éléments qui ne figurent pas dans les compilations antérieures , l'historien ne faisait qu'obéir au goût de son époque ; à ce titre , les parties même les plus fastidieuses de son livre méritent quelques moments d'attention.
La deuxième rédaction, en ce qui regarde l'étude des sources, est aussi complète que la troisième, et naturellement bien plus complète que la première. C'est elle que nous allons analyser, le plus brièvement possible, en donnant pour objet à cette étude le ms. 4934 de Paris et l'édition de Muratori.
Cela fait , nous étudierons les passages originaux et les morceaux empruntés à des sources perdues , en prenant l'une après l'autre la deuxième rédaction , puis la troisième', et enfin le dernier remaniement, dont Richard, comme on l'a vu, n'est pas l'auteur.
La Chronique de Richard rappelle , par son ordonnance générale, celles d'Isidore de Séville et d'Adon de Vienne ; bien qu'il n'ait pas , comme eux, divisé l'histoire du monde en six âges, la marche qu'il suit est à peu près la même. Après l'histoire des premiers hommes et à côté de l'histoire des Juifs, l'auteur passe en revue les rois de Sicyone, les rois d'Assyrie, les rois du Latium. Aux juges des Juifs succèdent les rois d'Israël et de Juda, aux rois des Latins les rois de Rome, aux rois d'Assyrie les rois de Perse;