‹ Notice sur divers manuscrits de la Bibliothèque vaticane: Richard leChapitre 4 sur 26 · LES ŒUVRES DE RICHARD · texte numérisé non relu

LES ŒUVRES DE RICHARD

Dum méat et remeat, dum fugit atque fugat.

Cetera praetereo quia prœterit hora diei , Terminât hora diem, terminât auctor opus.

L'admiration de Richard ponr tout ce qui touche à l'Angleterre nous explique pourquoi la légende de Merlin et d'Arthur tient dans sa chronique une si large place. Soit qu'il ait connu de l'autre côté du détroit, soit qu'il ait trouvé en France cette œuvre déjà célèbre au milieu du douzième siècle, il est certain que son attention devait être attirée par l'histoire fabuleuse des anciens Anglais.

On vient de voir que sans doute Richard connut en Angleterre l'évêque de Winchester ; on sait qu'il dédia sa chronique à l'abbé de Cluny, Pierre le Vénérable ; il a donc été en relations avec les deux personnes qui, de son temps, ont le plus illustré l'ordre de Cluny. Nous ne savons rien de son existence au couvent ; c'est probablement en compagnie d'un do ses confrères qu'il traversa la mer (l); c'est à l'un d'eux sans doute qu'il adressa ses épîtres rimées; c'est à ses compagnons, moines de l'île d'Aix ou de quelque autre prieuré clunisien, qu'il fit lire sa chronique , avant de l'adresser à l'abbé : « Quoique nos frères, » dit-il dans son épître dédicatoire, « lisent dès maintenant avec plaisir cette œuvre, ils la rechercheront avec bien plus d'avidité, lorsqu'ils la verront inondée par les torrents qui jaillissent de votre esprit (2). »

Pour savoir à peu près à quelle époque remonte la mort de Richard, il faudrait connaître la date d'une révolte de La Rochelle contre Richard Cœur de Lion , à laquelle il fait allusion à la fin de sa petite chronique poitevine. Peut-être s'agit-il dans ce pas^ sage des événements qui arrivèrent en 1188, et en ce cas l'auteur aurait atteint un âge avancé.

(1) Pièce V, page 603.

Ambo salutati faim us, resalutat uterque.

(2) Ëpître dédicatoire ; ms. de Pérouse. « Quamvis enim fratres nostri jam libenter opusculum legant , multo avidius illad expetent , si de tui torrente iagenii respersum viderint. »

Page 1