DEUXIÈME
de la Cathédrale de Rouen. , 7 DEUXIÈME PYRAMIDE ,
Construite au commencement du 12 e . siècle, et incendiée en 1 5i 4.
On chercha d'abord à tirer quelque parti des ruines de la tour de Maurile (,), ou , selon plus d'apparence , on ne fit que les réparations urgentes , telles que les exigeait la nature du mal ; et les choses durent en rester là pendant une assez longue suite d'années. Autrement il se présenterait ici une question peu facile à résoudre : l'érection de l'avant-dcrnièrc pyramide , consumée par les flammes en «5.4 , fut-elle antérieure ou postérieure à l'incendie de 1 200? En admettant qu'elle lui fût antérieure, elle eût été très-certainement
heures ) , et ne rew qui le soir ( Chrtm. ceci beat. M. ). La c!,ron de Normandie, imprimée par Mcsgissîcr , rapporte cet événement a Pan i ia6.
L'année ii 7 3,sous le règne de Henri II et l'archiépiscopal de R otrou qui , dan» cette circonstance , se trouvait employé près du monarque , le feu prit le Jeudi-Saint t lorsque Gîlîe* , évoque d'Evreui f consacrait le saint-chrême , en l'absence de l'archevêque. Quatorze paroisses furent consumées. Pbmmemye , hitt. des arthevéf. ,U Rouen . p. 366. La Chronique latine delà Cathédrale , qui ne porte qu'à i3 le nombre des paroisses détruites alors \ ajoute que beaucoup de personne, perdirent la yi c dans ce'
(t) Y. Pommerayc, p. 45.
i8 Notice stjr l'ikcettoiii
détruite dans cet embrasement général ; il est donc impossible de ne pas croire que sa construction fit partie des entreprises immenses auxquelles donna lieu , dans le cours du treizième siècle , cet épouvantable désastre , dont le cartulaire de la Cathédrale ne rappelait pas le moindre souvenir , comme nous l'avons déjà dit plus haut.
Le père Pommeraye , qui paraît n'avoir trouvé nulle autre part aucune relation très-circonstanciée d'un événement cependant si mémorable , n'en dit que fort peu de mots , et s'exprime de la manière suivante :
« Un manuscrit de la Cathédrale (1) remarque « que l'an i aoo , le 9 Avril , la nuit de Pâques , a le feu prit à l'église Cathédrale , qu'elle fut « brûlée avec ses livres et ses ornements , et les « cloches fondues ; le feu ayant môme gagné les « maisons de la ville et de là quelques églises , •t dont il y en eut plusieurs de consommées par « cet incendie , ce qui est attesté par Hoiïeden ,
(1) M. J. Ribard , qui m'a dît avoir tu ce manuscrit , prétendait qu'il datait d'une époque Lien postérieure a crt incendie. Voici comme s'explique sur ce déplorable événement la Chron. lot. de la Cathédrale :
Anîco dm. mcc. iv»., idiu AprilU « In nocte Pnsche corn- « busta est TOT A ccclcsia Rothorn. , cum omnibus campant 1 et » Ubris , et ornamentis ecdesiœ, et maxima pars dvitatis et multat « ecclesice ».
de la. Cathédrale db Roueu. ( g
« historien anglais (1) , et Robert t abbé du « Mont (2) ».
Malgré le document précédent et les témoignages dont il est fortifié , quelques personnes se sont prévalues du silence absolu du carlulairc de Notre-» Dame , non pour invalider entièrement , il est vrai , la réalité de cet embrasement , mais pour avancer au moins que la Cathédrale n'en avait que très-partiellement souffert.
Cette opinion , dont nous allons dévoiler le peu de solidité , est la conséquence d'une erreur assez commune , qui consiste à voir dans le corps de l'édifice actuel , celui de l'église consacrée en io63. Nous croyons devoir combattre aussi cet
(I) Roger de Hovcden , natif" d'Yorck , sortait d'uni- famille illustre , et vivait en 1200 Sa grande rapacité dans le droit civil et canoo le fit extrêmement considérer par Heuri II, «après la mort duquel il se retira de la cour. II coropo.a , dans sa retraite, des œuvres historiques, des commentaire* de droit, des poëmcs , etc. On ne sait en quelle année il mourut.
(*) Cette citation de Robert du Mont est manifestement erronée, puisque cet historien, mort le Juin n8t», n'a pu parler, dans sa continuation de Sigebcrt, d'un fait arrive quaturse ans plus tard. Nous avons an reste vainement cherché quelque mention de l'incendie de la Cathédrale de Rouen dans les autres continuateurs, de Sigebert , postérieurs au commencement du 12 e . siècle , de sorte qu'il nous est absolument impossible de nous rendre compte de la méprisa qui a pu donocr lieu & cette allégation du père Pomraeraye.
ao Notice sun l'i^ceidik
absurde préjugé. Mais avant de lui opposer des titres irrécusables , émanés de l'autorité royale , nous ferons observer de nouveau que l'ensemble de la Catbédrale de Rouen ne présentant presqu'aueun vestige du style des constructions normandes des il*, et 12*. siècles, dans lesquelles d'ailleurs l'arc ogive était encore généralement inusité (i) , le
(l) On ne connaît dan» ce vaste monument, que la tour de Saint-Romain, dont la ba*o parait remonter à de» temp» fort recules, qui présente , du cAlé delà cour d'\lbane, de» frustres en plein cintre et décorées dans le gont qui dominait dans le II', siècle et le suitant.
On a désigné les divers si} le» qui précédèrent l'introduction du gothique dans l'architecture drs temples (rançais et normands , par des nom» qu'on a quelquefois multipliés à plaisir , tels que le Ijuintiart! , le Front n— Ijtunfmrd , l' Angltt-Suxoti , le Pïormanil , I' Anglo-Tiormoiul , etc. Notre peu d'érudition elle» bornes étroites de cet ouvrage ne nous permettent pas d'analyser ici de» subdivisions aussi savantes. Nous croyons cependant pouvoir avancer que la description succincte d'un seul de ce» genres doit , en raison de la plus nu moins grande affinité qui régnait entrVu» , suffire pour donner une idée des autres.
D'abord, l'architecture romaine abâtardie subsista dans no» temples jusqu'à l'époque où Charlrmagnè' lui imposa quelques formes nouvelles empruntées aux églises de l'Italie ; le style qui résulta de cette association fut le Lombard. Successivement soumis a plusieurs modifications locales, il se maintint spécialement en Normandie jusqu'au i3«. siècle exclusivement , et fut pendant cette longue période du moyen Age , le type radical des monuments élevés dans cette province.
Nous allons indiquer plusieurs exemples encore subsistants
de la Cathédrale de Rouen. ai seul examen de cette église démontre évidemment
de ce$ antique* constructions dans lesquelles il est difficile , je pense , de discerner les moindres conformités avec la Cathe'dralr actuelle de Rouen.
Avant l'érection de celte dernière , nos églises se distinguaient par la lourdeur souvent excessive de leur ensemble , par leurs arcs en plein cintre , ordinairement arrondis en fer à cheval , dont la retombée reposait sur des piliers , UntAt monostyles , tantôt polystyles: les fuis se groupaient alors en faisceaux ronds, losanges , ou parfaitement carrés. Ces colonnes souvent courtes
et massives,étaient surmontées de chapiteaux chargés de bas-reliefs historiques , de figures bi Mires et d'ornements qui présentaient , malgré leur barbarie , de fréquentes réminiscences de l'art antique.
Dans ces mêmes édifices les archivoltes des voussures étaient ourlées de moulures unies ou rordelées, renfermant des bandeaux décorés de guillochîs , de losauges grossièrement ébauchés , d'entrclas ou de bâtons rompus en forme de dents de scie ou de xig-ug. (*)
Je le répète encore , peut-on reconnaître notre Cathédrale k ce» différents caractères qui , très-certainement , constituaient l'édifice élevé par Robert et Maurilc, et détruit en non.
(•) Beaucoup d'anglais qui voient dans ce dernier ornement le principal trait du atyle AngloSuAcn , ne balancent paa a classer dan» ce genre les monuments fianças dans lesquels on en a tait ie .noindre emploi. La chose par clle-mémo vaut peu la peine d'ette contestée i mats pouvons-nous , en conscience , laisser enlever i nos aïeux le mérite d'avoir imagine 1 , pour leur propre compte , un motif puisé dan» les forme s les plus triviiles de la nature , et reproduit jusque sur les arme» et le» ustensiles des sauvages du nouveau monde ? Admettons cependant avec les archasologues dont nous venons Je parler, que le» principe» (pi prési lérent a la construction de nos ancienne» églises normandes , émanaient de leur Anglo-S jxen , miii est-il bi«n c rtain que les artistes continentaux ne passèrent jamais la Manche sous le» •.uccesscun d'Egbert ? Est- il enfin bien clairement prouvé qsie cetse architecture féconde , i laquelle on donne une »i nombreuse rostérité , n'est pas originairement grecque , staminé ou française , ou peat-étr«an peu de tout cela .»
ii Notice si p. l'ivcendib
une reconstruction romplcle , postérieure aux grands travaux de Robert et «le Maurile. Les plus
Non seulement beaucoup «le personnes , instruites d'ailleurs , suivrnt à cet égard la route » ic icusc que leur ont tracée no» devanciers , in.tis encore , grâce a la musc populaire du inodrrm- trouvère Jhirier dit le boiteux , il n'est pas jusqu'à no» paysans m fane qui ne fassent parade de cette fausse érudition.
Dans une chanson du rimeur précité , renfermant Vhistoirr de Hinten définis la prise de Trttye fustjiies au consulat de Botuifuirte , le tout rntassé piMc— mêle il.ui» qa rnuplelf, on trouve le» deux suivants qui coiutnenccnt la cinquième partie du poème :
Enfin le temps se p.issr De ces divers malheurs , Robert I er . remplace Le tronc et ses honneurs ; Faisant la Cathédrale , De hennir sans rgott , Comme elle est à présent ; Puis sans aurnnc crainte , Fut dans la terre sainte , Mourir en combattant.
Plusieurs saintes reliques Furent envoyée» par lui , Aux temples magnifiques Que t'tm voit aujourd'hui ; Son fils Guillaume ensuite , Sur U* tronc au plus vite Montant comme un César , Par une longue guerre , Subjugue l'Angleterre Malgré tant de hasard.
Loin de reprocher au pni'te de substituer dans ses vers le duc Robert I er . a l'archex èque de ce nom , nous userons envers lui , sur ce point et le reste , de l'indulgence que lui accordaient le» bénévoles auditeurs de ses chants.
Il est présumddc que l"ar< hiiccture gothique s'introduisit avec ses formes élancées et ses ogives, beaucoup plus tard en Normandie que dans les provinces dont se composait proprement le domaine de la couronne de France ; il ne l'est pas moins que la conquête de Philippe- Vngusfe fut l'époque à laquelle ce nouveau système usurpa totalement chez nous la place de
de la Cathédrale de Roueu. *3
simples notions archéologiques ne suffisent-elles pas alors pour empêcher de croire , avec Pom-
l'ancien , aux formes duquel il n'allia les tiennes que rarement et pendant peu de temps.
La pliu grande partie de nos anciens monuments n'existe plus aujourd'hui ; «cependant Cacn possède toujours les admirables églises des abbayes bâties par Guillaumc-le-Conquérant , et l'on peut dire que la Basse-Normandie est généralement plus riche en constructions de la vieille architecture normande , que le reste de la province. Quant à Rouen , il n'en offre guères à présent d'autres vestiges que la tour dite la Chambre-aujc-C/ercs , adhérente à l'église de Saint-Oucn , et le chœur de Saint-Paul ; mais à deux lieues de cette ville , un monument extrêmement remarquable de ce gmre , subsiste heureusement dans une parfaite intégrité v c'est la magnifique église de l'abbaye bénédictine de Saint- Georges , fondée à Saint-Martin-de-Boschcrvillc en io63 , par Raoul de Tancarville , chambellan de G uillauiuc-lc-Conquérant. Cet édifice et la salle capitulairc qui l'avoisine , sont , aux yeux des artistes et des antiquaires , deux précieuses reliques à la conservation desquelles ils prennent le plus vif intérêt.
« Dans le prieuré dcGràvillc, situé entre HarQeur et le Havre f « j'ai parfaitement reconnu ( m'écrivait en 1821 M. Hylander , « jeune savant suédois ) l'architecture de Saint-Gcorges-de— « Boschervillc ; les arcs sont en plein cintre ; les chapiteaux « présentent des figures encore plus grotesques que ceux de cette « dernière église : on y voit des monstres engloutissant des gens « qui portent leurs l£tcs dans leurs mains ; des centaures tenant « leurs arcs tendus, des hommes armés dans différentes postures , « d'autres à cheval , etc. , etc. Les corbeaux ressemblent assez à m ceux de Saint-Georges , et se composent de têtes effroyable» « montrant leurs gosiers ouverts.
• Au reste , je n'ai point remarqué à'ubsenna , etc. ».
a4 Notick srn i/nvfTnxPTB
mcrayc et Farin , que l'édifice élevé par les deux archevêques dont nous venons de parler , et complètement détruit en iîoo , existe encore presqu'en son entier dans la basilique actuelle ?
Au reste , nous n'embarrasserons pas notre texte de ce point de critique qui irlève de l'histoire de
Il nYtait cependant pas rare de rencontrer des images de cette nature dans no» tempW » , « t 1rs rorbr.iux «le la nef de Saint— Gcor ; ;fs , bien adrntn cment observés , ru offrent deux exemple* «tsex bizarres.
La chapelle du parc de S .int- Julicn-nux-Bruyèi es , bàlic par Henri 11, Iloi d'Angleterre , est Tort digne aussi de l'attention des antiquaires. Déeore'e , avant la révolution , de fresques fort Anciennes , un voit encore aujourd'hui briller l'or et l'acur sur les nervures de ce joli monument, situe aux portes de Roue n.
A quatre ou cinq lieues de cette ville , l'église de Pavîlly et le pot uil de celle de LJry près le Pont-de-l" Arche sont , a nqsrc avis , li s rdifires qui présentent avec ceux dont nous avons parle plus haut f les caractères les plus saillants de cette architecture dont l'Angleterre possède encore quetqprs morceaux plus ou moins remarquables par leur conservation et l'importance de leurs dimension».
Aux fenêtres arrondies, employées dans 1rs styles semîrirculain s , su< c. clerc nt , dans une foule de monuments , des espèces d'einhrdsures fort alongers , terminées en fer de lancetie. Ce nouveau système dut peut-être son assez longue durée à ce qu'il facilitait les moyens do prolonger les ouvertures des verrières aussi haut que pouvait le permettre le rapprochement progressif de» sections de la vouie des absides , sur-tout dans les pans généralement fort étroits des anciens cheveu polygones. Au reste,
de la Cathédrale de Rôuen. a5
re grand monument , considéré sous les rapports de l'art (1) ; et pour ne pas nous écarter de l'objet de cette Notice , au lieu de nous livrer à de longs raisonnements fondés sur les règles générales d'une science peu répandue , nous allons citer des faits clairs et positifs , en produisant enfin les pièces inédites que nous avons annoncées plus haut (a).
Ici , nous invitons nos lecteurs à remarquer, dans le début de la seconde charte , la phrase vraiment décisive qui , malgré sa concision , nous apprend à quel point fut fatale pour la ville de
cm espèces de fenêtres qui se rapprochaient fort des meuttrterrs de nos forteresses gothiques , imprimaient un caractère très-singulier aux édifices religieux. Nous en retrouvons encore aujourd'hui plusieurs exemples; nais un des plus remarquable* , était celui qu'offrait aussi naguères l'église de l'abbaye de Notre- Dame-de-Bon-Port , fondé* en 1 190, par Richard-Cœur de-Lion.
Il est. peu douteux que les fenêtres du chœur de la Cathédrale de Rouen , agrandies en , ne présentassent des ogives en fer de lancette.
(1) Ce sujet , qui deviendrait fort curieux s'il était bien traité f est encore entièrement neuf. Il exigerait , il est vrai , une foule de recherches , de confrontations et un temps dont le sacrifice serait peu profitable , infructueux même , s'il n'était utilisé par l'étude approfondie des constructions affectées aux différente* phases du moyen Age.
(a) Nous devons ta communication de ces chartes à l'obligeance de M. Auguste Le prevost , qui les tenait lui-même de son savant ami M. l'abbé Delarue , de Caen , connu par ses vastes connaissances archéologique*.
aft Notice stn i/fscf-ndib
Rouen et ses monuments l'année complémentaire du i a*, siècle.
Don de Jean-sans-Terre , roi d' Angleterre et duc de Normandie , à l'église métropolitaine de Rouen, incendiée en laoo.
Re.r , Garino de Glapion , senescallo Normanniœ , et baronibus de scaccario Cadomi , etc.
Sciatis quod dedimus ecclesiœ Rothomagensi ad reparationem ejus duo millia librarum andegavensium persolvenda ad quatuor terminos scaccarii , et terminus solutionis incipiet ad festum
u Le Roi , à Guérin de « Glapinn , sénéchal de « Normandie , et aux ba- « rons de l'échiquier de
*< Caen , etc Sachez
« que nous avons accor- « dé à la Cathédrale de « Rouen , pour sa répart ration , deux mille « livres angevines (i) , tt payables en quatre ter- « mes de l'échiquier ,
( l) 3,000 livres valaient alors 38,5*7 fr. 48 c - de notre monnaie actuelle ; ainsi, chaque ternie de payement /tant de 5 00 livres avait , compare 1 au taui de nos jours , la valeur de 9,63 1 fr. 87 c.
De l'an 1 1 58 a 1133 il n'y eut pas de variation dans la valeur des monnaies , mais après la dernière de ces époques , 5 00 livres se réduisaient a 9,010 fr. 37 c. Au reste , le marc d'argent, du tempa de Jean-sans-Terre , était pris pour 1 3 , 1 4 et 1 5 sols de la monnaie d'Anjou , et cette monnaie avait U même valeur que celle de Rouen ; l'une et l'autre sont , dit M. l'abbé Dclarue , prise* synonymement dans les rôles et les cliartes du temps.
DE LA CATHEDJ
Sti. Michaelis proximè Juturum ; et ideb vobis mandamus quatinàs ad idem i". scaccarium de festo Sti, Michaelis faciaù's eidem ecclesiœ habere quingentas Ubras , et ad Pascha sequens quingentas libras , et ad festum Sti. Michaelis sequens quingentas libras , et ad Pascha sequens quingentas libras. Teste me ipso. Apud Falonias , xxiv die Septembris , anno regni nostri secundo ( 1200 ).
iLE de Roue*. 17
« dont le premier écher- « ra à la Sl.-Michel pro- « chaîne ; c'est pourquoi « nous vous ordonnons ce de délivrer à ladite « église cinq cents livres « à ce même prochain « échiquier de la St.-Mi- « chel , cinq cents livres « au jour de Pâques qui « suivra , cinq cents 1*- « vres à la St. - Michel « suivante , et cinq cents « livres au jour de Pâ- « ques suivant.
« Témoin , moi-même.
« AYalogne&flc *4*« j our « de Septembre , la sc- « coude année de notre « règne m.
Ex rotulo controbrevium Norman, lit. an. régis Jotian. , in turri Londînensi repasU*.
Notice sur l'iscejdii
Quêtes autorisées par Jean-satis-Terre , en iaoi r pour la reconstruction de l'église de Rouen.
Rex,etc, omnibus, etc.
Ad * >estram credimus notitiam pervenisse qualiter ecclesia Rothomagensis , mater ecclcsiarum Normanniœ et magistra , cum totâ ci vitale flammis irruentibus sit eversa. Nos autem eamdem ecclesiam tenere diligimus et sincère, tum quod fratrum et amicorum nostrorum sepultura nobis eam venerabilem in perpetuam commendat,tum qui à florent in ca bénéficia sanctorum quorum meritis regni nostri et honoris prosperitas augeatur ; ea propter vos rogamus et exhortamur in domino quatinks nuncios
« Le Hoi à tous, etc...
«< Nous supposons qu'il « est parvenu à voce tre connaissance comcf ment la Cathédrale de « Rouen , la mère et la « maîtresse des églises « de Normandie , a été « avec toute cette ville « la proie des flammes.
« Nous aimons tendre- « ment cette église , « tant parce que la sépultc ture de nos frères et « de nos amis nous la « rend à jamais véné- « rable , que par l'éclat « dont l'environnent les « bienfaits des saints , « par les mérites d este quels puisse s'accroître « la prospérité de notre « royaume et de no»
DE LA CATHÉDR
ejus , cùm ad vos venerint, benignè recipere et efficaciter audire velitis, et elecmosinas vestras ad teparationem ejus , intuitu dei et beatœ Mariœ virginis in cujus honore dedicata est, transmittere velitis , formant et exemplum nostris subditis vobiscum tribuentes , qui eijuxtà regiœ dignitatis munificentiam subvenimus ; talem igiturad preces nostras eisdem nuntiis liberalitalem impendatis , ut de. impensd vestrd mérita nostras preces sibi gaudeant affaisse , et nos debeamus vestram devotionem in Domino considerare.
Prohibemus autem ne quis prœdictis nunciis molestiam faciat -vel injuriam , et si quis in aliquo eis foris fecerit,
lle de Rouen. 19
« autres états ; c'est poux- « quoi nous vous prions « et nous vous exhortons « dans le Seigneur , de « recevoir avec bonté « ses envoyés quand ils « viendront vers vous , « d'exaucer leurs deman-
« des et de leur remettre « les aumônes que vous « voudrez consacrer à « sa réparation , pour « l'amour de Dieu et de « la bienheureuse vierge « Marie ; vous fournis- « sant nous-mêmes, ainsi « qu'à nos sujets , le mo- « dèle et l'exemple de « cette aumône , par la « manière conforme à « la munificence de la « dignité royale dont « nous la faisons. Agissez « en donc libéralement « envers ces envoyés , « d'après notre recom- « mandation , afin qu'ils
3o Notice su
id eis sine dilations faciatis emcndare ; et duret ista prœtlictio à die purijicationis beatœ Mariœ , anno regni nostri iv Q . , in duos annos.
Teste me ipso. Ap.
BotJiomagum , xvi die Octobris.
i l'incendie
ce puissent se réjouir de « son efficacité , et que « nous-mêmes puissions « juger de votre dévoie tion envers le Sei- « gneur. Nousdéfendons « que personne leur fasse «« éprouver aucune in- « jure ou mauvais traite- « ment ; et nous vous « ordonnons , si quel- « qu'un les offensait en « quoi que ce soit , d'y « mettre ordre sur le « champ : notre volonté « est que cette quetc « dure deux ans , à partir « du jour de la PuriBca- « tion de la bienheu- « reuse vierge Marie , de «la 4"« année de notre « règne.
« Témoin, moi-même, ce A Rouen , le 1 6 Oc- « tobre».
Ex mtuiopattrètium IY*. ann.
régis Juhan. , memb
de la Cathédrale de Rouen. 3i
Ordre donné par le même Roi, en i ao3 , de payer le restant de la somme accordée à l'église de Rouen , par le premier de ces titres.
Rex baronibus de « Le Roi aux barons
scaccario Cadomi, etc. , « de l'échiquier de Caen,
mandamus vobis quod « etc.... Nous vous or-
sine dilatione reddatis « donnons d'acquitter
residuum de promissione « sans retard le reste de
nostrâ factd adfabricam « ce que nous avons pro-
ecclcsiœ sanctœ Marias « mis pour la construc-
RoÛiomagensis , scilicet : « tion de l'église de
cccc et lx libras ande- « Notre-Dame de Rouen,
gavenses. « savoir : CCCC lx livres
Teste IVillel'mo de « angevines (i).'
Braosd. Apud Moliuel- « Témoin , Guillaume
los , II*, die Aprilis. Pcr « de Brieuse. À Mouli-
eundem. «neaux , le 2*. jour
« d'Avril. Par le même».
Ex rvtulo contrabrtvium Norman/lia. Anna IV o. Juhan.
régi*.
Le mauuscrit de la bibliothèque royale , ( cité
page 1 5 ) , relate aussi de la manière suivante ,
(l) 8,%i francs 3a cent'uue*.
5 s Notice sur l'incendie
l'incendie à la suite duquel Jean - sans - Terre accorda les charte* précédentes : « L'an m. il*. , « la nuyet de Pasques, l'é^lize de Nostre-Dame « de Rouen fut toute brûlée , et cloches , et tous « les livres , et nornemenlz , et fiertés et reliques , « et grande partie de la ville et églizes ».
Danssa chronique latine ( cit. p. 16 ) , Delamarc , qui n'a point omis cet événement , le rapporte sous le même millésime , mais . comme on va le voir, se trompe dans le quantième et la désignation
du mois. « Anno i 200 , quarto idus Octobris y
« insens ignis per noctem exortus primariam « basilicam Jlothomagensem miserando absunipst't « incendio , et majorent civitatis partent cremavit.
« L'an 1200 , 4*« jour d'Octobre , un incendie
« déplorable éclata violemment pendant la nuit , « et dévora la basilique métropolitaine de Rouen , <« avec la plus grande partie de la ville. »
La fausseté des dates employées dans ce dernier élirait , étant unaniment démontrée par le manuscrit cité par Pommcraye , par celui de la bibliothèque royale , et la première charte de Jean-sans-Terre , accordée le 24 Septembre 1200, nous nous dispenserons de tout commentaire à cet égard.
Si la fin du 12*. siècle fut pour Rouen une époque d'horreur et de désolation , le commencement
de la Cathédrale de Rouen* 35
cernent du siècle suivant ne lui fut pas moins funeste.
« L'an du Seigneur , 1 ao3 , le 3 des nones d'Oc- « tobre , pendant la première véille de la nuit , « le feu prit hors la porte de Robec , et brûla « l'église de Saint-Maclou et presque toute la « paroisse : celle de Saint-Denis et la grande tour « de Rouen (i) furent également consumées , ainsi « que la plus grande partie de la ville , en prête sence du roi d'Angleterre». Chr.eccl. b. M*
<c En 1210 , dit le père Pommeraye (a) , plu- * sieurs maisons des deux paroisses Saint-Cande «et Saint- Denys furent brûlées, et Tannée « d'après , une autre horrible incendie désola « presque toute la ville de Rouen et brûla l'hostel m archiépiscopal. L'église de Nostre - Dame fut « conservée comme par miracle, aussi bien que « celles de Saint-Ouen , de Saint-Lo et quelques « édifices de pierre qui furent exempts de ces « embrasements ».
Suivant ce que nous venons de voir , il parait que , pour ce qui concernait la Cathédrale , non seulement une grande partie des ravages de l'incendie de î aoo avait été très-promptement réparée ,
(i) Cette tour prodigieuse par son diamètre et son élévation , fut totalement rasée par ordre de Philippe-Auguste, (a) Histoire des archevêque» de Rouen n p. 4 {a.
34 Notice sur l'^cenbib
mais que ce monument était même à peu près
entièrement reconstruit.
On peut je crois deviner en partie les causes qui favorisèrent cette étonnante célérité ; car si des opérations d'une aussi haute importance languissent ordinairement pendant des siècles entiers , il est présumable, quant à celle dont il s'agit, que la politique accourut avec ardeur au secours de la religion.
En effet , Philippe- Auguste , qui s'était emparé du duché de Normandie dont il avait entièrement chassé les Anglais , venait de réunir à la couronne de France cette belle province si long-temps regrettée. Quatre ans s'étaient à peine écoulés alors depuis le fameux embrasement de îaoo , et ce prince étant trop habile pour laisser échapper rien de ce qu'il savait propre à lui concilier les cœurs de ses nouveaux sujets , la réédification complète de leur église mère fut sans doute un des principaux moyens qu'il employa pour arriver à son but. D'ailleurs , 6a dévotion très-particulière envers la Vierge dut aussi naturellement le déterminer à mettre en oeuvre toutes les ressources de la puissance royale pour achever ce grand travail entrepris antérieurement à sa conquête. Ainsi , Gautier-le-Magnifique n'étant mort qu'en 1207 , trois ans après la dépossession du Roi Jean, ce célèbre archevêque dut avoir
de l a Cathédrale de Rouen. 3 S
la consolation de voir , sons la domination française , son église s'élever rapidement au-dessus de ses ruines.
Au reste , la législation nouvelle ne put remédier à la fréquence des incendies qu'on doit attribuer à la mauvaise police de ces temps reculés ( i ) , comme à l'emploi général du bois dans la construction des habitations particulières (2) ; car si nous n'avons en effet rencontré jusqu'alors que désastre sur dé* sastre , le père Pommcraye que nous allons faire
( l ) ■ En 1 aao , Rouen incendié dans le* environ» de Robec »,
Chr. eccl. b. Maria.
« L'an iaa5 , incendie de la ville dans les quartiers de Saintj* Sauveur. Idem.
(2) Voyez l'ouvrage intitule : Description historique des maisons de Rouen , les plus remarquables par leurs décorations extérieures et intérieures , et par leur ancienneté' , dans laquelle on a fait entrer Us édifices civils et religieux devenus propriétés particulières , par E. Dclaquérièrc , ornée de vingt-un sujets inédits , dessinés et gravés par E. - H. Langlois. Paris , imprimerie de Firmin Didot f 1811^ in-8«. de 360 pages.
Cette production d'un genre absolument neuf , est précédée d'une introduction importante , offrant le tableau historique et fidèle des variations de l'architecture du moyeu Âge. On trouve dans le cours de l'ouvrage une foule de faits curieux et peu répandus, relatifs à l'état des arts cher nos ancêtres, aux usages les plus singuliers de leur vie domestique et civile ; la description d'un grand nombre de sculptures, de peintures et de vitraux de couleur dont les sujets présentent un intérêt piquant et très- ' des planches de ce recueil sont consacrées à b
36 Notice sûr i/iticeudib
encore parler lui-même , Ta fournir un article de plus i celte fatale chronique (i). « La ville de « Rouen qui a esté si souuent désolée par l'acci- « dent du feu , souffrit encore vne horrible « incendie en iaa8. La veille de S. Laurens, la « pluspart des maisons qui sont depuis la paroisse « de Saint-Patrice jusqu'à la riuière de Seine , « ayant été" ou consommées , ou extrêmement « endommagées par cet élément impitoyable (2) «.
rue générale tt aux curieux bas-reliefs de l*hotel du Bourgtbcroulde , un des édifice» les plus magnifiques et les moins connus de la renaissance ,ct plusieurs belles sculptures, appartenant à la même époque, sont représentées dans 1rs autres gravures , ait» que les plus anciennes maisons en bois et en pierre , remarquables par l'élégance ou l'originalité de leur structure , etc. Le mérite de cet ouvrage est garanti par le succès qu'il a obtenu dès le moment de m publication.
(t) Histoire des archevêques de Rouen.
(a) La Cbroniqu. latine de la Cathédrale rapporte d'une ma—
relatons les passages littéralement traduits : •
« L'as du Seigneur, ia38, embrasement de la ville de Rouen
« depuis la rue aux Juifs jusqu'à la source Gaalor , le lendemain
m de SS. Gervais et Produis.
« Cette année 1*4%, le feu commença près la porte de Beauvais
m ( ou Beauvoisine ) , brûla l'église de S.-Laurent , de S.-Godard
« et toute l'abbaye de S^-Ouen.
« L'an du Seigneur , l*5l , le jour de Piques , et vers le milieu
« de la nuit , le feu se manifesta dans la rue des Prétresses
• (Saccrdotissarum) , et la consuma tout entière ».
de la Cathédrale de Rouen. $ 7
Peu de temps avant ce nouvel événement , les travaux de la Cathédrale avaient été terminés complètement , selon toute apparence , sous la direction d'un habile architecte , nommé Ingelrame ou Enguerrand , que Richard , abbé du Bec , avait chargé en 1214 de la construction de la nouvelle église de son monastère (,). C'est à ces mômes époques que nous croyons pouvoir rapporter l'érection de notre seconde pyramide , dont malheureusement il ne nous reste aucune figure autour* d*hui. Tout ce que nous savons , c'est qu'elle était d une pique ou de 1 5 pieds plus haute que celle qui vient d'être incendiée (a) , et construite en charpente comme cette dernière, par laquelle elle fut immédiatement remplacée (3).
Les restaurations et les changements opérés postérieurement au -dedans et au -dehors de la
(i) Apparemment trop occupé par les travaux de 1
a métro-
pole de Rouen, dont il faisait alors bâtir la chapelle de la vierge , Engncrrand ayant cessé de s'employer à lVglise du Bec arec rardeur qu'il avait montrée d'abord , l'abbé* Richard confia U continuation de cette entreprise à Gautier de Meulàn , qui vint à bout de l'achever avant la fin de 1117 ; mais cette église rut écrasée U jeudi 1S Février 1374 , par la chute de la grosse
JSabillon , Amu Sened.
(a) J. Dadré, Chronologie des archevêques de Rouen, p. 33£ (3) La flèche en charpente , brûlée en i5i4 , s'élevait sur une
base de pierre, construite au-dessus de la lanterne, et qui fu,
JS Notice sur l'incendie
Cathédrale , ont singulièrement influé sur la structure aujourd'hui mixte de cette basilique , qui participe des différents styles affectés aux monuments des i3". , i4 e ., i5'. et 16'. ficelés. Mais ses dimensions actuelles sont encore à peu près ce qu'elles étaient lorsque l'architecte Enguerrand eut mis la dernière main à cette immense construction.
Sa longueur en dedans , depuis le grand portail jusqu'au fond de la chapelle de la Vierge , est de 4o8 pieds ; cette chapelle en a 88 , le chœur 110, et la nef 2 10. La largeur de la nef en dedans , sans y comprendre les sous-ailes ou collatéraux , est de 27 pieds, et la hauteur de 84. Les collatéraux, y compris 1rs chapelles , ont chacun 28 pieds de large et /,2 pieds de haut. La croisée depuis le portail des Libraires jusqu'à celui de la Calende , est longue de iG.Jpieds. A son centre se trouve la lanterne élevée de 160 pieds (1) sous clef de voûte , et soutenue par quatre grands pilier* portant chacun 58 pieds de tour , et composés de 3i colonnes groupées en faisceaux. Il y en a encore 54 autres principaux , savoir : 10 de
(l) Et non i5a comme Tout écrit plusieurs auteur» : la hauteur que nom donnons ici, d'après Farin, est tout récemment confirmée par les observations de M. Alavoiuc , architecte habile , chargé nar 1« gouvernement , de U restauration actuelle de la Cathédrale.
de la Cathédrale de Rouen. 3<»
chaque côté de la nef, à 9 pieds 6 pouces de dislance l'un de l'autre (i) , et 14 pour le chœur. Ceux-ci sont de figure ronde , et ont un peu moins de diamètre que les autres ; en sorte que le chœur est d'environ 4 pieds plus large que la nef. Enfin , ce magnifique vaisseau est éclairé par i3o fenêtres (2). 11 sera nécessaire de se rap-
(1) Peu de personnes peut-être se «ont aperçue» d'une singularité dont je dois U remarque à mon ami M. Frédéric Mackenzic , très-habile peintre d'architecture anglais. Cet artiste me convainquit , en mesurant exactement devant moi la largeur des travées de la nef , que plusieurs d'entr* elles sont très— inégalemcnt espacées , irrégularité d'autant plus extraordinaire , que , sans motif apparent , telle de ces travées se trouve beaucoup plus étroite ou plus large que celle qui lui correspond du coté de l'aile opposée (*).
M. Mackenùe auquel nous sommes récemment redevables d'un dessin exact de la partie incendiée et du plan de ses six étages gravés , ptandie i« rc . , recueillit à la mime époque un grande nombre de vues intérieures et extérieures de la Cathédrale et de l'église de Saint-Ouen , dont l'admirable burin de MM. Le Keux doit exécuter les gravures. Cette belle collection offrira de précieux et fidèles souvenirs de notre magnifique» pyramide ; mais le dessin qui la représente du coté du palais archiépiscopal m'a paru sur-tout un chef-d'œuvre d'exactitude.
(a) Voycx aussi la Description historique de Notre-Dame de Rouen , par A.-P.-M. Gilbert. Rouen t cher Frère, i%l6. Cet ouvrage , orné de gravures, décrit exactement les riches tombeaux , (*) Non teulesnent M. Alavoine vient de faire le» mène» remarque» , mais en antre il a reconnu ptaàtjnr» défauu d'alignement que l'art i rte anflait aora
éir
40 Notice sua lihcbudie
peler les dimension* de cet édifice , afin de pouvoir , lorsque nous arriverons à l'incendie de 1 822 , se rendre compte de celles des parties que les flammes ont parcourues et dévorées.
En 1284 , la (Cathédrale fut encore foudroyée , mais aucun incendie ne résulta de cet événement que le père Pommcraye rapporte de la manière suivante , dans son histoire des archevêques de Rouen , p. 488 : « Guillaume de Flavacour , « arebevésque , célébrant la messe dans Nostre- « Dame , le jour de Pasques , et le chantre enton- « nant l'introïtc , le tonnerre tomba devant le « crucifix qui tat au milieu de 1 église , blessa « quelques personnes et frappa du moins d'eston- « nement le reste de l'assistance : la frayeur de « plusieurs fût si grande qu'ils en tombèrent à « terre et perdirent l'vsage de la parole , qu'ils « recouurercnt après auoir esté releuez et conte duits deuant le grand autel. Huit ans aupara- « uant il estoit arriué un pareil accident à «t Basqueuille-la-Martel , en présence de nostre « archeuesque , comme il paroit par la ebronique « de Rouen (1) ».
le* bas-reliefs et les autres productions des arts qui décorent cette basilique ; il indique et rapporte les epitaphes des persoona K r célèbres inhume*» dans son enceinte , etc. , etc.
« (1) L'an 1384, le Jour de Pasques, ainsi comme Parthevea
db la Cathédrale de Rouen. 41
En 1 353 , la pointe de la flèche souffrit beaucoup d'un ouragan impétueux qui jeta par terre la croix et le coq dont elle était surmontée , et l'année suivante , un habile charpentier (1) , au moyen de grands échafaudages ingénieusement dressés, y fit les réparations nécessaires. Mais le mercredi
« que de Rouen chantoit la grand'incssc à Nostro— T)ame , U « foulure chaït ( tomba ) dcuant le crucifils; aucuns de» assistants «1 s'enfouirent ( s'enfuirent ) en U chappellc Nostre-Dame c m furent sauuci et les autres chairent a terre, blessez tant au « chefs comme au bras et jambes , mais par la grâce de Dieu « furent garîs ( guéris ) et est certain qu'en icelle heure , en « chaït en plusieurs Heux aux églises tant à Pauvillc , que à m Longucvillc, au Neuf-Chastel et en plusieurs autres places *t ( Manuscrit de la bib. royale, précite* page i3. ) m Anno ia84 , die Paschd , in adt majori , cùm GuilUlmus
* archieuisconus sacra nrraireret . cetidit fidmen . ex auo multi m aUoniti et ttiipefacti in terram corruerunt , oui interierunt». Qur. lat. de Delamarc.
« L'an 1184, * a moment ou l'archevêque Guillaume célébrait « l'office dirin , la foudre tomba dans la Cathédrale; plusieurs
* personnes en forent renversées, privée* de sentiment , et en
Jean Dadré dans son Hist. dea arch., p. a55 , parle de ces mêmes personnes offèncées et mutilées par un foudre , lesquelles. dit cet auteur , estant comme mortes , après avoir reçu la communion , rtcouurerent santé.
(1) Il s'appelait Pierre Viel , et le Menil-Esnard était son pays natal , suivant Farin , qui parle aussi des établies admirables qu'employa ce constructeur. Le poinçon de l'aiguille qui se trouva nourri , fut renouvelé dans cette même circonstance.
4a Notice sur l'iiïcctdie
4 Octobre 1 5i 4 , un élément bien plus terrible que l'air, consomma entièrement la perte de cette pyramide, qu'où désignait spécialement alors sous le nom de l'Aiguille de Rouen (i). C'est encore an père Pommeraye que nous emprunterons la relation de cet effroyable incendie :
» Des plombiers , dit-il , qui travaillaient à res- « souder quelques ruines dans ce clocher , mirent « \v feu , par leur négligence , «à la eharpente. « On vit sortir sur 1rs dix heures du matin , un « gros tourbillon de fumée de cette pyramide , « qui 6t connaître dans la ville que le feu était « dans le cloeber. Le peuple y accourut aussitôt ; « mais le vent ayant poussé les flammes avec « violence, elles s'augmentèrent de moment en « moment , de telle sorte qu'elles semblaient me- « nacer d'un embrasement général tout ce grand m et vaste temple. Le mal étant donc devenu sans « aucun remède humain , on eut recours dans la « ville à ceux du ciel ; il se fit plusieurs prières « publiques, processions où les reliques des saints « furent portées avec une dévotion extraordi- « naire. Cependant le feu qui s'était attaché avec « plus de fureur à cette belle pyramide, la réduisit
(i) Anna i5ii{, die Sancti Francisci , incendiuni in primariâ basiîicd Rotkomognui , çuo flammis obtumpta est turris j opaii in medio e/tupouta, Chr. Ut,
de la Cathédrale de Roue*. 43
« en cendres à moins d'une heure ; de «orte que m l'on voyait couler les ruisseaux de plomb de « dessus les toits et par dedans les gouttières, mêlé « avec le métail des cloches qni étaient dans le ■ clocher. Le vent portait les charbons et les « flammes non seulement sur les maisons voisi- «t nés , mais jusque dans l'abbaye de Saint-Ouen , « et même la croix de fer qui faisait le couron- « nement de l'église , étanL tombée sur la charpente « du chœur et de là sur les voûtes qu'elle avait « percées , quelques-unes des chaires du chœur et a le crucifix furent brûlés ; de sorte que cette « même couverture , qui brûlait déjà , semblait « menacer non seulement le reste de l'église « ( comme j'ai dit ) , mais toute la ville , d'un « horrible incendie. Toutes fois , Dieu permit « que , sur le midi, l'impétuosité du vent, aussi « bien que celle du feu , se modérèrent , et « avec le prompt secours que tonte la ville y a apporta , en fournissant d'eau que l'on avait « arrêtée jusqu'à la hauteur de trois ou quatre m pieds dans la nef de l'église , le feu fut entiè- « rement éteint».
Une seconde version de cet événement', puisée dans l'Histoire des archevêques de Rouen , par le même auteur , nous a paru mériter d'être également rapportée , ne fût-ce que par les indue-
44 Notice sue l'ihcewdie
lions qu'on en peut tirer sur la véritable figure de l'avant-dernièrc pyramide.
« Cette année de 1 5 ■ 4 eust esté funeste à l'église m de Rouen , si la magnificence de son. arche— « uescrue, et de ceux dont je parlerai tantost (i) , « n'eust reparé si glorieusement les ruines , qu on « peut appeller heureux l'incendie qui les causa. « Le feu y ayant pris à huit heures du matin , « le 4 Octobre , par la négligence de certains « plombiers qui trauaillaîent sur les toits de la « grande église, l'éguille et la tour de la croisée « de l'église fut brûlée jusqu'à la 'voûte , et la « charpente du chœur souffrit la même disgrâce ; « les couuertures estoient de plomb , qui furent « fondues, et quatre cloches pendues au beffroy « de cette église. Le feu dura seulement l'espace « de cinq heures, et toute l'église estoit en grand « danger et une partie de la ville , si on n'y eut « promptement apporté remède. Messire Robert m Raulin , procureur du Roy en la ville de Rouen , « fit amasser beaucoup de terre le long de l'église m et du cimetière , pour conduire l'eau dedans « l'église qui y entra , et surmonta la sépulture « de M. d'Estouteuille, cardinal, située
(i) Le Roi t Uon X , le. »bbé, du dioefee, le» «t le» officie»^ h Cathédrale et de Urcboôché.
de la Cathédrale de Rouen. 45
« de la nef (1) , ce qui contribua beaucoup à m esteindre le feu , bien que quelque diligence « qu'on y pûst apporter , il fut impossible d'em- « peseber que le feu ne brulasl uue partie des « ebaires (2) , la tour qui estoit très-haute, auec « les galeries et les quatre tourelles d'alentour , « en forme de eouronne impériale (5). Ce fut un « bonheur dans cette disgrâce qu'il n'y eut per- « sonne de blessé , et ( comme remarque le manus- « erit ) disoi t alors la messe un nommé M* . Estienne « Haro, ehanoine et pénitencier de cette église».
Nous ferons observer que la description de la pyramide brûlée dans cet incendie , est précisément celle que le même auteur donne .de la tour de Saint Maurile, d'après le dessin de MINI. Deudcmare et le manuscrit d'Emeric Bigot , d'où l'on doit conclure que cette description est improprement appliquée à l'un ou à l'autre de ces deux clochers , ou que la forme du premier a pu servir de modèle pour la structure du second. Sans nous arrêter à cette dernière idée, qui ne présente
(1) Ce tombeau pouvait avoir «le 3 pieds et demi a 4 pieds d'élévation , le cardinal y était représenté en ronde bosse. Ce monument exécuté en fort beau marbre , se voyait au milieu de la nef, entouré d'une grille de fer, et fut détruit en i56z, dans les troubles de religion.
(a) Les stalles du chœur.
(3) Farm donne cette même description , t. a , p. 4 , édit. de 1668.
après tout , rien d'improbable , nous avouerons que ers tourelles ornées de couronnes impériales, nous paraissent convenir bien davantage à la seconde époque de construction , qu'à la première; d'ailleurs, les contre-forts qui fortifient les angles de la tour de pierre, portant évidemment le cachet du 16'. siècle, il est certain qu'on les substitua aux tourelles détruites par l'incendie et sur les arrachements desquelles on les construisit.