X. — La Politique positive. — Institution de la Religion
DE l'Humanité
Inspirée de la résurrection affective dont nous avons parlé, préparée par la rénovation philosophique qui l'avait elle-même précédée, la Politique positivey justement consacrée par son auteur à la mémoire de M™« Clotilde Devaux, constitue la principale création d'Auguste Comte, son œuvre essentielle.
Sa Philosophie avait accompli, au point de vue réel, la systématisation des idées humaines; pour construire la foi nouvelle indispensable à l'Occident, pour instituer le sacerdoce définitif, la Politique devait effectuer, d'après les données de la première, la systématisation des sentiments. Elle institua donc la coordination des affections, la théorie des devoirs, l'exercice normal de la sociabilité humaine, et prit ainsi possession définitive du domaine pratique. Car on ne peut régler l'esprit et le cœur sans diriger aussi les actes, sans atteindre la vie pratique, sans modifier les mœurs et les institutions, qui sont, au fond, le résultat de nos croyances et de nos affections. Voilà comment la systématisation morale, d'après la synthèse réelle, conduisit à l'institution d'une politique positive, et comment la saine philosophie, émanée de la science abstraite, put aboutir à la vraie religion.
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Mais malgré leur indissoluble connexité, ces deux grandes constructions d'Auguste Comte devaient différer entre elles, d'après la distinction même de leur objet respectif, les opinions et les mœurs. Tandis que le caractère intellectuel distinguait la Philosophie^ le' point de vue moral devait nécessairement prédominer dans la Politique. L'esprit devait prévaloir dans le premier traité pour y établir la supériorité du positivisme sur un théologisme quelconque, et le cœur dans le second pour manifester la prééminence morale de la vraie religion. Cette différence fondamentale rend compte aussi de la supériorité de la dernière élaboration sur la première, puisque la systématisation affective s'y surajoute à la coordination intellectuelle, qui reste la même, pour constituer la synthèse universelle.
La Philosophie et la Politique positives devaient en outre développer respectivement le point de vue dynamique ou statique; car, dans le premier ouvrage, il s'agissait surtout d'établir l'existence des lois sociales, la réalité de l'ordre humain, et, pour y parvenir, il fallait avant tout déterminer la marche du progrès, en ramenant à une évolution invariable l'ensemble des phénomènes historiques, ce qui exigeait la prépondérance de l'appréciation dynamique. Au contraire, dans le second, l'auteur s'adressant à des esprits déjà- convaincus de la nécessité des lois sociologiques, et persuadés de leur existence d'après les résultats obtenus par la Philosophie, l'étude abstraite de l'ordre devait y prévaloir sur celle du progrès qui n'en devait paraître que la conséquence naturelle et le complément nécessaire.
Enfin, le mode d'exposition propre à ces deux grands traités ne pouvait pas moins différer que leur esprit général. L'un ptésente surtout le caractère de recherche et de discussion nécessaire pour tirer de sciences dispersées les éléments de la philosophie réelle ; l'autre, uniquement préoccupé de construire la vraie religion d'après des principes déjà établis, prend le caraétère dogmatique conforme au régime normal.
Cette différence de forme se rattache surtout à la diversité logique qui constitue le principal contraste entre la Philosophie et la Politique. Tandis que dans la première élaboration, où il fallait prolonger l'investigation scientifique jusqu'à son terme normal (la sociologie), l'auteur avait dû employer exclusivement la méthode objective, qui convient seule à une initiation s'élevant toujours du monde à l'homme ; il lui avait fallu, au contraire, en vertu même des succès qu'elle avait précédemment obtenus, remplacer, pour la systématisation politique, où l'on descend constamment de l'homme au monde, cette marche préliminaire, par la méthode subjective qui, ens'exerçant sans cesse' et rigoureusement sur les résultais objectifs acquis par la première,
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peut seule permettre leur coordination nouvelle, pour une systéraatisation universelle. Le rélablissement de la prépondérance normale de cette logique supérieure, enfin régénérée et relevée par le positivisme, correspond naturellemeotp du reste, à l'ascendant spontané du cœur sur Tesprit, d'après rotïice réel du sentiment envers Fialelligence dans leurs relations ordinaires.
Au tieu donc de suivre de bas en haut les degrés successifs de Tordre universel, comme avait dfi le l'aire la Philosophie positive^ pour arriver à sa connaissance complète par la voie analytique, la Politique institue de haut en bas, et par la %'oie synthétique, tous les termes de la systématisation subjective» D'abord suffisamment pourvue de la connaissance des hls naturelles des phénomènes, elle établit, en vue de ['Humanité et au nom de Tamour unîverseï, le système de rhomme, de la société et même du monde; elle institue, d*après cette destination suprême, les conceptions scientifiques dont elle était primitivement émanée; elle fixe leur esprit général, leurs limites normales, leurs prétentions légitimes; en un mot, elle coordonne tout le système d'après le but morab
Les principaux résultats de celte reconstruction subjective sont d'abord riiistitution de la Morale comme science distincte, ajoutée en terme final à l'édifice abstrait. Celle tbndatioii capitale résulte, comme je l'ai expliqué précédemment, de la distinction de l'ordre bumain en collectif et individuel* Ce terme définitif, aboutissant nécessaire de toute science, rapproche autant que possible Tbomme de l'Humanité et nnit intimement, par son affinité natureUe avec Tart correspondant, la théorie à la pratique. Secondement, la systématisation subjective institue la théorie positive de la nature humaine individuelle, afiective, intellectuelle et active, la conception syslématique des relations du moral et du pliysîque de Thomme. Cette construction, base de la morale, de Téducation et de la politique, en démontrant la prépondérance naturelle du cœur sur rintelligence et ractivité, en élevant ta morale au-dessus de toutes les sciences et de tous les arts, provoqua aussi ravèiiement du culte avant le dogme et le régime, dans Tarrangement définitif des trois parties essentielles de la religion, conformémeiU à la fonnule la plus générale qui puisse représenter Texislence humaine : ainuu\ penser^ atftr.
Enfin, la systématisation finale enrichit aussi la philosophie positive d'un terme préliminaire extrêmement iraporlant, qui la complète et lui assure son indispensable universablé. Il s^agit du préambule abstrait qu'Auguste Comte a définitivement proposé sous le litre de Philosophie première et comme introduction générale à l'étude de la philosophie positive proprement dite, ou de la hiérarchie des sciences
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fondamentales, connue désormais sous )a dénomination de Philosophie stxande. Getto syslématisalion iiiiliale, que l'on doit regarder comme la réalisation d'un vœu confusément exprimé par Bacon, el qui satisfait en même temps aux aspirations les plus élevées de tous les vrais penseurs positifs ainsi que des grands métaphysiciens, comprend, nous l*a%'Ons déjà dit, outre rinstilution logique du dogme positif, l'exposition des principes universels , c esl-à-dire des lois abstr-ailes les plus générales, qui sont indépendantes de la nature même des phénomènes, et que l'on peut constater dans chacune des grandes catégories d'événements composant l'ordre réel.
Noos devons mainlenani analyser en lui-même le Système de Politique positive, ou Traité de Sociologie instituant la Religion de V Humanité^ après avoir résumé ses caractères généraux et ses dispositions essentielles. Il comprend quatre parties principales, quatre volumes.
Le premier contient un exposé général de la doctrine positiviste et une introduction à la fois scientifique el logique, Uexposé préliminaire, qui n'est autre que le Discours sur Vensemble du Positif visme, publié séparénient en 1848, résume successivement l'esprit fondamental de la nouvelle foi, sa destination sociale, son efficacité populaire, son iotluence féminine, son aptitude esthétique et sa nature religieuse. Quant à rinle'oduction, elîe établit d'abord la nécessité de la logique subjective, sa prééminence intellectuelle et morale envers la construction de la synthèse finale, puis elle procède à la régénération directe des théories scienlilu|ues (cosniologie et biologie) qui servent de base à la science sociale, L'unilé encyclopédique se trouvant instituée au nouveau point de vue logique, le tome second peut dès lors aborder la construction directe de la philosophie politique.
Il accomplit cette synthèse pinncipale en établissant la théorie abstraite de l'ordre humain, qui, en vertu de sa complication supérieure, offre un résumé nécessaire de Tordre universel. L'existence sociale y est étudiée dans tous ses éléments tbndamentaux, et Fauteur y détermine envers chacun, d'abord le régime normal qui lui est propre, ensuite la nécessité qui subordonne son avènement définitif à une longue préparation graduelle. Ainsi Taspect le plus général de l'existence collective, le sent universel, y est immédiatement considéré, et fournit la théorie positive de la religion, envisagée suivant sa double aptitude sociale à régler et rallier (1). La nature fonda-
(i) Cette théorie positive de l'unité humamc, où k religion «c trouve enfin disiioguéc de lii ttiéologie» avait été conçue pjr Auguste Comte dis 184 j, el indiquée par lui dans le* difiérents coati publics qu'it fn après cotte époque, ainsi que dans te Calttuh'w pottttvitli, te Discours sur Vensemhh et le Catêcbisinf^
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mentale et la destination défmitive de cette institution y sont donc cai'actérisées d'une manière complète, ainsi que les diverses phases qui durent successivement préparer son état normal» On comprend rimportance de cette systématisation décisive^ qui fournit le principe essentiel de la réorganisation moderne et qui constitue la partie fandamentale du Traité de politique. Toute l'œuvre est là.
Les autras chapitres de ce second volume exposent successive^ ment, et de la même manière, c'est-à-dire dans leur état déûnitif et leurs mutations progressives, la natui'e du problème humain, qui donne lieu à la théorie do la propriété matérieile; la théorie positive de la famille, comme élément naturel de la société et comme base indispensable de l'essor moral, son état normal et ses vicissitudes, suivant les temps et les lieux; fa transition naturelle de la famille à la société, d'après rinslitutiori fondamentale du langage, qui a surgi de la première et qui s'est développée dans la seconde ; la théorie positive de Torganisme social, analysé dans tous ses éléments essentiels, organes et Ibnclions communs à ions les temps et à tous les lieux; enûn la théorie positive des limites générales de varations propres à Tordre humain, qui permet de déterminer les modifications résultées de l'espace et du temps de celles qui sont dues à notre intervention.
Le tome troisième est consacré à la dynamique sQcialtj comme le précédent à la statique. Il expose la théorie du mouvement ou du progrès humain, et construit la vraie philosophie de l'histoire» Or, tout progrès réel n'étant jamais que le développement de Tordre, cette dynamique constitue le complément nécessaire de la sociologie statique, qui, considérée isolément, resterait incapai>le de guider la vie réelle, où son application exclusive susciterait souvent de graves perturbations. De même, il est indispensable de ne pas séparer Tétude du mouvement de celle de Texistence, sous peine de iTarriver à supprimer Tabsola qu'en consacrant l'instabilité. C*est pourquoi ces deux points de vue essentiels, quoique distincts et nécessitant une étude successive, nedoivent jamais être réellement séparés. C*est pourquoi encore, dans ce volume, les théories dynamiques sont toujours rigoureusement rapportées et subordonnées aux conceptions sta* tiques. Les lois de Tévolution collective se trouvent donc ainsi purgées de tout empirisme, en rattachant Tensemble du mouvement humain à la constitution même de notre nature, ce qui, après leur institution objective, leur procure une confirmation déductive qui les affermit doublement.
Le premier chapitre de la dynamique sociale, ou philosophie de Tbistoire, établit la théorie fondamentale des évolutions, d après la
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démonstration systématique des trois grandes lois sociologiques relatives à rintelligence, à l'activité et au sentiment. Il explique la marche originale résultée des mutations spontanées et successives des populations les plus avancées, et les modifications propres aux civilisations retardées, qui pourraient être désormais soumises à des impulsions vraiment systématiques.
Le second chapitre aborde directement, d'après un tel préambule, l'explication du passé, en commençant par l'étude du fétichisme. Cette indispensable appréciation, à peine indiquée dans la Philosophie positive^ est magistralement accomplie par la Politique; et l'on peut dire qu'elle constitue la partie la plus originale et la plus remarquable de la systématisation historique. Cet état fondamental, le seul qui ne puisse jamais être évité dans aucune initiation humaine, individuelle ou collective, spontanée ou systématique, et dont la prépondérance se fait sentir dans toutes les grandes phases historiques préliminaires, y est exposée avec une puissance et une pénétration vraiment admirables. Quoique étant le plus important à bien connaître, ce premier âge de l'Humanité était précisément le moins connu et le plus difficile à apprécier ; car, à défaut de renseignements historiques suffisants sur la vie de nos plus lointains prédécesseurs, il &llait, pour s'éclairer sur ses caractères véritables, suppléer par la méditation à la simple observation, en s'aidant des notions acquises sur la nature humaine, et de l'examen philosophique des civilisations les moins avancées. Ce travail fut effectué, nous l'avons dit, avec un plein succès, et l'étude de cette partie de notre histoire, qui arrache à une antiquité mystérieuse ses plus intimes secrets, offre au cœur, encore plus qu'à Tesprit, un attrait irrésistible. Les âmes vraiment humainea ne peuvent contempler sans une émotion profonde ce tableau à la fois touchant et solennel de l'existence de nos premiers pères, qui posèrent, au milieu de tant de difficultés et avec tant d'efforts, les fondements de l'état social dont nous jouissons paisiblement aujourd'hui.
Le troisième chapitre apprécie l'état théocratique, qui succéda partout à l'état fétichique, par l'intermédiaire d'une transition astrolâtrique. La théocratie constitue le seul mode durable de l'organisation théologique, dont tous les autres degrés ne sont que des modifications passagères et décroissantes. Ce régime est entièrement fondé sur la grande institution des castes, dont le principe procure à toutes les phases sociales suivantes la seule source de leur consistance religieuse et politique. La théocratie, ou polythéisme conservateur, offre le premier type de systématisation générale de toutes les forces humaines, et c'est de son action que procédèrent directement toui^
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les progrès ulténeors de la civilisation. A ce régime initial succède une immense transition, dont la terminaison révolutionnaire se prolonge jusqu'à nos jours. Ce mouvemenl n'est pas, du resle, commun à tous les peuples, mais il se cojiecnire successivement chez des populations d'élite, la masse dont elles se détachent restant à l'état théocratique, astroUUrîque ou ujiîrne fétichique.
La transition qui s'élond dts la théocratie initiale à (a sociocratie finale que vient instituer le positivisme reste donc longtemps organique, puis elle devient de plus en plus révolutionnaire. Sa première phase, que Ton peut regarder encore comme véritablement évolutive, se décompose en trois parties nécessaires, spécialement relatives au développement de rintelligenee, de Tactivité et du sentiment, et dont j la succession spontanée explique l'ensemble des temps compris entre* l'antiquité tbéocratique et Je mouvement moderne. Ce sont : Télaboralion grecque, l'incorporation romaine, et Tinitiation cathoHcoféodale, qui se trouvent respectivenienl appréciées dans les chapitres quatrième, cinquième et sixième du volume en question. Cet enchaînement représente le Moyen-âge comme étant spontanénient émané de Tenserable de la civihsation anti(jue, et comme constituant la moins durable des trois transitions organîquesj celle qui peut, pa conséquent, être le plu s facilement épargnée aux civilisation s retardées.
Cette dernière préparation une fois accomplie, le système théologique et militaire se trouve essentiellement épuisé; sa décomposition ultérieure ne peut donc plus tendre que vers une pure anarchie, devenue cependant inévitable, diaprés Tînipossibilité radicale d'instituer alors rétat tina!, dont la nature ne peut même pas encore être connue, vu le faible développement de la science et de Tindustrie. Alors surgit la révolution qui sépare du Moyen-age proprement dit» la crise finale où se trouve acï uêllement engagé FOccident. Le septième et dernier chapitre du troisième volun^e de la PoUikiue positive est donc consacré à l'appréciation des cinq siècles qui constituent la pbasij révolutionnaire de la transition générale; et il caractérise les deux^ mouvements simultanés de décomposition croissante du régime provisoire et d*élaboralion graduelle des éléments propres à Tordre définitif. « Unique issue de ce double mouvement, Favénement décisif « de la religion universelle devient aujoui'd'bui le résultat inévitable « de l'ensemble des préparations antérieures et la hase indispensable i« des eflbrts destinés à surmonter l'anarchie moderne. Il constate et ^ complète l'épuisement connexe du tbéologisme et de la guerre, de (t nianiére à calmer déjà toutes les sollicitudes, en montrant qu'une « courte transition nous sépare seule de l'état normal. Une |>olitique u pleinement homogène, fondée sur J'explicalion totale du passé,
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M nous guidera dirGctement vers Tavenir» sans craiodre le retour u d*orages essentiellemenl dus à rirnpossibililé de systéuiaUser ja « marche occidentale (1). i>
Aprêi? cette inébranlable systéinatisalion de^s lotâ de l'ordre et du progrès buinain dont tous les espjits sérieux comprendront Fi tnportance et le prix, en présence du désordre actuel, le dernier tojnc du traité de saciologie construit la théorie de Tavenir. Ce complément décisif consiste principalement à caractériser Tétat normal avec la précision qu'exige la pratique sociale, et que pouvait seule i>rocurer une sut'lisante explication du passé. Cette construction résulte donc de la combinaison des données statiquejs et dynamiques, par la morale, afin de respecter à la lois, dans la conception de Fétat lutur, les lois générales de la constitution humaine et la suite essentielle de nos antécédents, rapprochées en vue du meilleur progrès. La considération de rirïtelligence et de racUvité prévaut en sociologie, mais leur essor décisif pernietlant enfin leur vraie systématisation, fait exph'citement dominer, en politique, Je sentiment, qui constitue le domaine essentiel de la morale. Cette conception systématique de l'avenir est donc caractérisée surtout d'après sa correspoudaoce complète avec la connaissance exacte de la nature humaine, qui proclame Tuniverselle prépondérance du cœur. KUe est destinée à fonder une politique capable de guider systématiquement la marche spontanée de chaque population vers Tétat normal (scientilique-industriel) dont Tûpportunité a été précédemment établie, et de caractériser ce système linal ftans tous ses détails et sa précision. Pour cela, il faut exposer la religion de rilumaoité, guide universel de notre étal adultÇj dans son ensemble d'abord, puis dans chacune de ses parties essentiel ies. C'est pourquoi le premier chapitre de ce volume institue directement la ihéorie fondamentale du Grand-lvtre, d'où résulte le tableau simultaiié de la religioji universelle el de rexisteiice normale. D*aprés cette base systématique, les trois chapitres suivants exposent respectivement : le culte, d'après le tableau général de rexislence alTective; le dogme, d'après celui de l'existence théorique; enfin, le régime, d'après rensemble de Texistence active, de manière à régler les trois éléments tbndamenlaux de notre nature, le sentiment, l'intelfigence et l'activité. Le dernier chapitre vient alors mtercaler le présent, entre l'avenir et le passé, par la théorie générale de la transition extrême, pour terminer la révolution occidenlaleet prévenir sa reproduetîon chez les autres peuples. Voila comment ce dernier volume, résumé par une conclusion rigoureuse et suivi de la noble
(l) Auguste Comte, PoUtiqut posith'*, tome 111, pige 621.
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fis HAITGCSTC COUTC
action de grâces de Tauteur de la PoiUiqae positive envers M*« Cîotilde Devaux, qui complète la touchaote dédicace de Tœuvre tout entière, inaugure irrévocablemeol la religion démontrée d'après son exposition directe, dirigeant une application décisive.
Tel ^st l'ensemble de cette systématisation sans pareille» qui dépose les générations présentes sur le seuil de l'avenir, qui place son immortel auteur dans Tauguste phalange des grands fondateurs religieux, parmi les plus glorieux bienfaiteurs de rHumanité, ei qui même Télève au-dessus d'eux par la puissance intellectuelle et pa le sentiraerit religieux, puisque la prééminence mentale et morale d la synthèse positive sur toutes les systématisations préliminaires ne saurait être contestée.