‹ Notice sur l'œuvre et la vie d'Auguste Comte (volume 2)Chapitre 53 sur 103 · DOCUMENTS RELATIFS A LA VIE D'AUGUSTE COMTE · texte numérisé non relu

DOCUMENTS RELATIFS A LA VIE D'AUGUSTE COMTE

No 11 CiTATIOiNS RELATIVES A L'APPRÉCIATION DE SAINT-SIMON.

§ I®''. Préparation et capacité scientifiques de Saint-Simon,

— « Le second ouvrage de Saint-Simon fut publié en 1808 sous le titre d'Introduction aux travaux scientifiques du xix® siècle^ 2 vol. in-4", tirés à cent exemplaires seulement. Cet ouvrage était suscité par le programme de travail que Napoléon assigna à l'Institut : « Rendez-moi compte, avait dit l'Empereur, des progrès de la science depuis 1789, de son état actuel, et ditesmoi quels sont les moyens propres à les activer. » Question immense, qui donna lieu à de beaux mémoires publiés par les secrétaires de chacune des classes de l'Institut. Saint-Simon n'entreprit rien moins que de traiter à lui tout seul et à sa manière le sujet tout entier. Son ouvrage est une vaste f'bauche, une énorme bouteille à l'encre^ dont la partie scientifique ne vaut rien : il a lui-même déclaré plus tard qu'il avait renoncé à cette entreprise, parce que, dit-il, « je me suis aperçu que j'avais mal commencé l'exposition de mes

PIECES Jtî5TïnC4TIVFS

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t que J0 n'étais pas encore mûr pour rédiger oL conlexturer Touvrage que j*a vais conçu. » — [Galerm des contfimpùravis ilki.stres^ par un homme de rien : Biof/rfip/tie dt Saint-Simon^ P- ^)-

— « Si Vlntroductirtn aux tramiux xcientifiques du xix"* îiècie mérite, par Ja grandeur et la nouveauté des vues générales dont le principe s'y trouve déposé, de devenir l'objet des méditations de tout esprit philosophique, il faut reconnaître que la question purement scientifique y ext traitée nvtc une grande faiblesse; Saint-Simon y critique les théories de l'École sans avoir même pris au prénlaUe le temp.^ et le nain néeessairet pour .^*» mettre mt rourant tle^ sujrts dont il entreprend la discussion : il relève, par exemple, chez Newton^ une contradiction dans laquelle ce grand physicien n*est jamais tombé; et dans le second volume, il hasarde une théorie cosmogonique qui contredit sur plusieurs points des vérités incontestables en mécanique. Tn—iŒurrrs choive^ de C.-ff, de Saint'Simùn, précédées d'un essai sur sa doctrine, 3 volumes in-12;

Bruxelles» 1859. Chez Fr. Van Meenen et C, imprimeurs, rue de la Putrierie, 33- Introduction, p, xxxv» etxxxvni].

— « Saint-Simon publia alors ses Lettrtâ au bureau des longitudes^ qui ne furent pas saisies davantage. Elles contenaient, en outre d*un examen plus approfondi de Tutilité d\m nouveau système scientifique, quelques observations sur rimportanco on physique des idées du vide et du frottement. I.a critique, à cette époque, dédaignait toutes les idées générales, quelles qu'elles fussent, aussi ne chercha-t-elle point à approfondir Fidée capitale énoncée dans V Introduction et dans les Lettres au bureau des low/itudes^ pQur la faire accepter et passer dans le domaine pubhc; elle s*cn prit justement k ces observations particulières que Saint-Simon du reste abandonna dans la î^nile, et qu*il ne produisait que comme hypothèses; car il pensait, lui aussi, ipie toutes les lois physiques, pour être reconnues vraies, ont besoin d'être vérifiées par le calcul, et il s*était abstenu de vérifier celles qull avait énoncée?. C'était, de la part de la critique, bien mal comprendre son rôle, ear Sfiini- Simon n\t jamnii prétendu faire de science proprement dite: il visait à la philosophie des sciences, et doit être considèriVcomme un philosophe, non comme un savant ou comme un érudit, » — [Saint-Simon^ sa vie ei ses iravatijc^ par M, G. Hubard; suivi de fragments des plus célèbres écrits de Saint-Simon. Chez Guillaumin et G% hbratres,rue Kichelieu, 14» Paris, 1857,1 voL in-12, p. 46 et 47).

— c Aussitôt que jVnig rompu avec lui (M. de Redern), je conçus le projet de frayer une nouvelle carrière à rintelligence humaine, la carrière physicupiditique. Je conçus le projet de faire faire un pas général à la science, et (//' rerulre l'inilintire à f école française, » — (Sai at-Si mon, /*rrmt>r fragment sur \n vie écrite par Im-métne [ïdÙS) \ édition des Œuvres de Saint-Simon, par 0. Hoilrigues, p. xx),

— » J*ai employé mon argent à acquérir de la science : grande chère, bon vin, beaucoup d'empressement vis-à-vis des professeurs» auxquels ma bourse était ouverte, me procurèrent toutes les faclHlés que je pouvais désirer. ^ — [Ibidem^ p. xxi).

, — « De ret^uir do cr^s voyages, je me suis marié; j^'ai uaé du mariage

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viK o'auouste comte

comme d'un mo^en poûr étudier les savants, chose qui me paraissait nécessaire |>our rexécutioii de mon entreprise; car, pour améliorer rorganisatton du système scientifique, il ne mffit pas de bifn connaître în sttuutiùn de k rotummtmce hummmj il faut eocore savoir Teffét que la culture de la science produit sur ceux qui s'y livrent » — {Ibidem^ p, xxiii).

— ot On voit que je ii*ai rien négligé, rîen t^pargné pour assurer le succès de mon entreprise scientifique; c'est après avuir lerminï* tous les travaux préparatoires dont je viens de rendre compte que j^ai pris la plume.

« J'ai d'abord fait imprimer deux volumes ayant pour titre : lniroducU0i aux travaux scientifiques du xix* sièdt\ J'ai ahmidonné cette entreprise parce que je me mis aperm fpte favaù mal corameneé l* exposition de meji idées. Cette rxjièrierice m*ajjant prouvé que je n^étais p^ii encore mûr p$mr cttutexturer et rédiger t'ttuvratfe que j*avnis conçu (1), j*ai pris le parti de publier des lettres |2) où j'ai traité âéparéiiient les questions dont les solutions parlieHcs sont les principes que j'emploierai à l'organisation du système scientifique.* — [IbidenA,

§ IL Émancipation îhéoiogique de Saint-Simon^

— a C'est Dieu qui m'a parlé: un homme aurait-il pu inventer une religion supérieure à toutes celles qui ont existé? li faudrait supposer qu*ancime trelle* n"a été imtituée par la Ditnnité : Regardez comme le pn^cepte est clair dans la religion qu:i m'a été révélée, voyez comme son exécution est assurée

<i Je ne m'étendrai pas davantage à ce sujet : tout homiae qui croit à la rêvé' lut ion sera nécessairement convaincu que Dieu seul a pu donner à rHutnani té le moyen de forcer chacun de ses membres à suivre le précepte de Tanaourdu prochain, w — (Saint-Simon, Troincme lettre tf un habitant de Oemre à ses contemporai/is^ 1802).

— « A Tépoque la plus cruelle de la Révolution, et pendant une nuit de .ma détention au LuxembourfÇ, Charlemagne m'est apparu et jn'n dit / Depuis

que le monde existe, aucune famille n'a joui de Fhonncur de produire un héros et un philosophe de première ligne. Cet honneur était réservé à ma maisoD. Mon fifs, tes succès^ comme philosophe^ égaleront ceux que /ai obtenus comme mililaire et comme politique, et il a disparu. »— (Saint-Simon» Prospectus d'une nouvelle Encyclopédie^ 1810),

— « Le conservateur. Croyez-vous en Dieu Y <i Le novateur* Oui, je crois en Dieu.

a Le conservateur. Croyez-vous que la religion chrétienne ait une ongine divine?

a LENOVATEURt Oui,je lecrois. 10— (Saint-Sîmon,iVoiifeo« chri!!tinnisme^iS2^),

— ft Oui ^ je crois que le cfmstianisme e^f une institution divine^ et je suis persuadé que Dieu accorde une protection spéciale à ceux qui font leurs efforts pour soumettre toutes les institutions humaines au principe fondamental de cette doctrine sublime :je sui9 convaincu que moi~méme f accomplis une mission

(1) C'est cet écrit que plusieur» des panégyrisleij actuels de Stiint-Simon coosi* dèfenl comme son œuvre fondamentale, tandis qu*il l'a regardée lui-même comme une lenlalive avortr^e (Note du biographe).

(2) Généralement désiiînees souâ le titre de hettrea au bureau des longitudes (fd.)*

divine y en rappelant les peuples et les rois au véritable esprit du christianisme. Et, plein de conGance dans la protection divine accordée à mes travaux d'une manière spéciale, je me sens la hardiesse de faire des représentations sur leur conduite aux rois de TEuropc qui se sont coalisés, en donnant à leur union le nom sacré de sainte-alliance ; le leur adresse directement la parole, j'ose leur dire :

Princes,

a Quelle est la nature, quel est le caractère, aux yeux de Dieu et des chrétiens, du pouvoir que vous exercez? etc. • — (Nouveau christianisme, 1825).

§ III. Capacité philosophique de 'Saint-Simon.

— « Le seul moyen pour faire faire des progrès positifs à la philosophie est de faire des expériences. Les expériences philosophiques les plus capitales sont celles qui portent sur des actions neuves, ou sur de nouvelles séries d'actions. Toute action neuve ne peut être classée que d'après des observations faites sur ses résultats ; ainsi, l'homme qui se livre à des recherches de haute philosophie doit, pendant le cours de ses expériences, commettre beaucoup d'actions marquées au coin de la folie.

« Enfin, il résulte de la nature des choses que, pour faire faire un pas capital à la philosophie, il faut remplir les conditions suivantes :

« i^ Mener, pendant tout le cours de la vigueur de Tâge, la vie la plus originale et la plus active possible ;

<r 2<> Prendre connaissance avec soin de toutes les théories et de toutes les pratiques ;

« 3^ Parcourir toutes les classes de la société, se placer personnellement dans les positions sociales les plus différentes, et même créer des relations qui n'aient point existé ;

a 4® Enfin employer sa vieillesse à résumer les observations sur les effets qui sont résultés de ses actions pour les autres et pour soi, et à établir des principes sur ces résumés.

« L'homme qui a tenu cette conduite est celui auquel l'Humanité doit accorder le plus d'estime ; c'est celui qu'elle doit classer comme le plus vertueux, puisqu'il est celui qui a travaillé le plus méthodiquement (!) aux progrès de la science, seule véritable source de la sagesse. »— (Saint-Simon, Troisième fragment de sa vie écrite par lui-même (1810), p. xxxui et xxxiv de l'édition O. Rodrigues).

— « De tout ce que nous aurons dit dans ce second mémoire, nous conclurons :

« 1^* Qu'on peut déduire d'une manière plus ou moins directe l'explication do tous les phénomèes, de l'idée de la gravitation universelle ;

a 2^ Que le seul moyen pour réorganiser le système de nos connaissances est de lui donner pour base l'idée de la gravitation, qu'on l'envisage sous le rapport scientifique, religieux ou politique ;

« 3^ Que l'idée de la gravitation n'est point en opposition avec celle de

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Dieu, puisqu'elle n'est autre chose que Tidée de la loi immuable par laquelle Dieu gouverne Funivers ;

ff 40 Qu'en y mettant les ménagements convenables, la philosophie de la gravitation peut remplacer successivement et sans secousses, par des idées plus claires et plus précises, tous les principes de morale utile que la morale enseigne. » — (Conclusion du second mémoire inséré par Saint-Simon dans son Travail sur la gravitation universelle; Paris, 1813. Ce travail avait été dédié par lui à Fempereur Napoléon, et présenté au Sénat conservateur, au conseil d'État, et aux trois premières classes de l'Institut, sous ce titre : Moyen de forcer les Anglais à reconnaître Vindépendance des pavillons, par Henry de Saint-Simon, cousin du duc de Saint-Simon, auteur des Mémoires de la régence; décembre 181 3),

— • • Nous conclurons de ce que nous aurons dit dans ce troisième mémoiret qu'il est possible d'organiser une théorie générale des sciences, tant physiques que morales, basée sur Vidée de la gravitation considérée comme loi à laquelle Dieu a soumis l'univers^ et par laquelle il le régit. •—(Saint-Simon, conclusion du troisième mémoire, dans le même travail).

— tt Enfin, nous sommes certain de faire paraître, avant un an, notre troisième mémoire qui sera une bonne ébauche d'une théorie scientifique générale basée sur ridée de la gravitation universelle considérée comme loi générale^ unique et immuable à laquelle Dieu a soumis Punivers^ et par laquelle il le gouverne, ébauche suffisante pour donner à la corporation des savants les moyens de faire application de cette nouvelle théorie générale à la science politique. •— (SaintrSimon, conclusion générale du Travail sur la gravitation),

% IV. Désintéressement et sincérité théoriques de Saint-Simon,

— « Je croyais qu'une somme de 144,000 livres me suffirait

pour pousser mon entreprise à bout, et que j'obtiendrais une place scientifique honorable avant de C avoir épuisée. » — (Saint-Simon, Deuxième fragment de sa vie écrite par lui-même, 1808).

— « L'Empereur aurait besoin d'un lieutenant scientifique capable de comprendre ses projets et d'en seconder 1 exécution; il lui faudrait un second Descartes. Sous de pareils chefs, les travaux de l'École seraient prodigieux. »

— « Descartes, s'il sortait du tombeau, n'aurait pas à envier le sort d'Aristotc : Napoléon, mieux qu'Alexandre, sait apprécier et utiliser la capacité des savants. »

«c Les errconstancos actuelles sont éminemment favorables pour Texécution d'un prrand projet scientifique. Tout ce qui est grand, tout ce qui est beau, tout ce qui est bon, tout ce qui est juste, est puissamment protégé par FEmpercur. »

« Faire une bonne encyclopédie est un travail qui exige le concours des premiers savants du globe, vingt ans de travaux et cent millions. Ce projet est digne d'être présenté à FEmpereur. Il est la seule réponse convenable à* la question qu'il a faite à l'Institut. C'est un fruit provenu du gram qu^il a

semé. » — (Saint-Simon, Introduction aux travaux scientifiques du xix® sièclcy t. II; Paris, 1808).

— « La capacité de TEmpereur ne pourra être jugée d'une manière très exacte que par la postérité; mais ses contemporains peuvent, en avoir conscience d'une manière plus ou moins forte. L'homme le plus fort, après l'Empereur, est incontestablement celui qui Padmire le plus profondément, »

« II existe trois actes de hautes dispositions organisatrices napoléoniennes, pour lesquels je suis plus exalté d'admiration qu'aucune personne que je connaisse: la constitution du royaume d'Italie, rétablissement de la Légion d'honneur, la combinaison des deux établissements scientifiques. «—(Saint-Simon, ibidem) .

^ i<^ A Sa Majesté VËmpereur.

r. Sire.

ft Voici le moyen de forcer les Anglais à reconnaître l'indépendance des pavillons :

« Que Votre Majesté rende le décret suivant :

« L'Empereur décrète :

tt 1** // sera accordé une récompense de vingt-cinq millions à fauteur du meilleur projet de réorganisation de la société européenne, etc. »— (Saint-Simon, Moyen de forcer les Anglais à reconnaître Pindépendance des pavillons, placé en tôte du Travail sur la gravitation, 1813).

— « Je connais plusieurs personnes qui croient à la nécessité d'une religion pour le maintien de l'ordre social, et qui sont convaincues que le déisme est usé; que la religion fondée sur le déisme ne peut pas être rajeunie, et qui travaillent en conséquence de cette opinion, à organiser une religion fondée sur le physicismo. Ces personnes se trompent sur un point essentiel : l'organisation d'une nouvelle religion n'est pas encore possible. Il n'y a d'exécutable que ce que fait le gouvernement : ce sont des concordats entre les différentes sectes déistes. » — (Introduction aux travaux scientifiques du xix^ siècle, t. II; 1808).

— c Mon opinion n'est pas autre chose que le résumé des réflexions que j'ai faites sur les dispositions de l'Empereur. »

« Je crois à la nécessité d'une religion pour le maintien de l'ordre social • je crois que le déisme est usé, je crois que le physicisme n'est point assez solidement établi pour servir de base à une religion.

«L Je crois que la force des choses veut qu'il y ait deux doctrines distinctes : le phijsicisme pour les gens instruits, et le déisme pour la classe ignorante. »

— a Ma conduite est conforme à mon opinion ; je travaille à perfectionner le physicisme; mais je ne publie point mes idées; je ne les communique qu'aux personnes suffisamment éclairées pour envisager les choses de ce point de vue, sans qu'il en résulte aucun inconvénient pour la société; je ne mefs point mon ouvrt/ge en vente, je nen fais point parler d'tns les journaii.r, yi l«î fais imprimer, mais je n'en fais tirer qu'un très ptdit nombre d'exeni-

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vitt d'augustiî comte

plairejâ; et je ne les place qu'en ïiiains sûres. Enfin, je respecte ostensiblement le déisme, comme étant et devant être encore pendaal longlempà la doctrine publique* Je dis que c'est la conduite que je tiens, et je dis vrai ; mais je ne dis pas que je Tai toujours tenue; j*en ai suivi une tout à fait opposée, jusqu'à Tépoque à laquelle les disposilions de TËmpereur ont fait tomber la cataracte qui m'aveuglait, p — (Sainl-Simon, ibùlmt).

— m Je dis, je croisa avoir prouvé que IMdée Dieu ne doit point être employée dans les sciences physiques, mais je ne dis pas qu^elîe ne doit pas servir dans les combinaisons politiques, au moins j>endant longtemps. Elle est la meilleure manière qu'on ait trouvée de motiver ïi!S liaules dispositions li^slatives. m — (Saint-Simon, iùidem],

— « Je le répète el je le répéterai encore souvent : j'admire te^ dispos itton:> du gouvernement relativement à la religion. Je suis pénétré du plus grand rcï^pect pour la profonde sagesse dont il a donné cette éclatante preuvr\ J'éprouve pour rErapereur cette tendre aflection ot celle vive reconnaissance dont l'ûme du bon écolier se sent Toluptueusement agitée pour le professeur transcendant dont il a compris la leçon. »^ (Saint-Simon, îbidem),

— ^ a Je dis qu'il existera incessamment deux doctrines bien distinctes : celle des savants» ils seront phyjiicistes ; celle du peuple, iï restera déiste. Je le dis avec confiance» parce que telk^ est ropînîonque fEmpereur a manifestée dans ses dernières dispositions, »

' -- st Peu de jours après, l'Empereur a fondé l'Uni versi té. Il a placé à sa tète un pbilosopbe sage, bien capable d'apprécier les travaux des physiciens f't de faire passer dans Cinstructmi de lit jeunesse {out ce fjui peut y être introduit de phijsiciftmc sam troubler fordre socitff. w ^ (Saint-Simon, ibidt^m),

— « Ce n'est plus ridée Dieu qui doit lier les cunceptîonï^ des savants, cesl Vidée de la gravitation tomidérée comme îm de Dieu^ pour ne point entrer en opposition avec les idées stàperstitieuses de la clnssepauvrey qui, faute tVinsiruetion ou DE FORCE D'lNTELHGK^fCE^ ne peut s*éiever à la hauteur des grandes abstractions, u — (Saint-Simon, Travail sur la ffravitathn^ 1813).

Cl Je vois bien clairement que le pouvoir des tbéologîens passera dans les mains des physiciens et qu^il se revivinera à cette époque; mais je ne suis nullement en état de dire quand ce passage aura lieu ni de quelle maoière il s^opérera.

c J'attends que le chef des travaux de Tesprit humain, que le grand Napoléon ait parlé. Ses dispositions seront un trait de lumière qui éclairera mes recherches. < — (Saint-Simon» Introduction aux tramux mentifiques du XIX» siècle, t. 11, 1S08).

' « LMdéc de partager le corps scientifique en deux classes. Tune chargée du perfectionnement de la science, Tautre chargée de renseignement^ est sublime. Cette idée trouvée, cette vérité découverte par l'Empereur servira de base à toutes les combinaisons scientifiques que je présenterai. T»--(Saînt- Siuîon, ïntmd* aux trav^^ etc., t. 11, 1808),

ptic&s juaTtncATJVES

— Fixité politique dt Saml-Sinion^ L Sur la Révolution,

17&0- — «1 Jg suis Lrès HaLté» Messieurs, d'avoir par votre choix rhonneiir de TOUS présider; une seule chose trouble la joie que j*en ressens, c'est la crainte que j'ai qu'en me nommant vous ayez eu l'intention de marquer un égard à votre seigneur, et qu^ ce ne soient point mes qualités personnelles qui aient déterminé vos sulfragesJI n'y a plus de seigneurs, Messieurs; nous sommes ici tous parfaitement égaux; et pour éviter que le titre de comte ne V0U3 induise en rerreur de croire que j'ai des droits supérieurs aux vôtres, je vous déclare que je renonce à jamais à ce titre de comte que je regarde comme très inférieur à celui de ciloyeni et je demande, pour constater ma

renonciation, qu'elle soit insérée dans le procès- verbal de rassemblée »

— (Saint-Simon, Disrours prononcé à rassemblée étt'Cforafe fia 7 f&vrier ilBO, fï Fulvij^ district de Péronne).

*— a Frappés d'admiration à la vue de chaque article de la Constitution, pleins d'une noble fierté en pensant que notre volonté a créé le grand code de la justice et de la raison, pénétrés pour rAssemblée Nationale du plus grand respect qu'une petite partie doit au grand tout dont elle dépend, les électeurs du carïton de Marchelepot ont arrêté à runaniuiilé de consacrer les premiers moments de Texislcnce politique qu'elle noua a donnée à la féliciter du sublime usage qu'elle fait du pouvoir suprême, de la volonté générale dont elle est l'organe.

iK Nous vouons entre, ses mains le plus souverain mépris à ces dé vols mondains qui osent appeler Dieu au secours de leurs richesses, feignant de craindre pour la religion, à Tinslant mtïme que vingt-cinq millions d'hommes, donnant le grand exemple à l'univers de se rappeler que l'Éternel les a tous indistinctement créés à son imago, cessent enfin d^insulter à la majesté dosa toute-puissunee par les distinctions imjne.^ de la naissance, et que, ne voulant plus obéir qu'à ceux tC entre eux qui se rapprochent te ptm de ises divinvs perfections^ ils déclarent que tous les citoyens sont également admissibles à toutes les dignités, chairges et emplois publics, selon leur capacité, et sans autres distinctions que celles de leur vertu et de leurs talents. Que l'Assemblée Nationale n'imagine pas que la chaleur avec laquelle nous sentons le principe religieux d'égalité cl des droits des hommes, nous porte à voir avec chagrin qu'elle ait laissé subsister jusqu'à présent ces litres qui nous rappellent l'ordre hiérarchique de la tyrannie. Nous B^xom admiré au contraire sa prudence, en anéantissant tous les privilèges qui y Ôlaieut attachés, de nous avoir précisément conservé le moyen facili? de distinguer ceux d'entre nous que Tinlérét séparait do la cause comniutie. Mais en ce jour que l'empire de la justice solidement établi ne craint plus les puissants efforts de quelques adversaires, nos nugustes ié^isiaieurs ne trouvtront'iU pas que f époque heureme à taquetle ils ^ieuvent sans inconvMetti e/fncer justiu'au souvenir de Pancien régime est enfin arrivée? u — (Saint-Simon, adresse rédigée par lui, sur sa demande, et envoyée à l'Assemblée Nationale, le 12 mai 1*90, par rassemblée primaire du canton deMarchelepot)*

Mi

VI£ DAuauSTS COMTB

Huit mois après, VOratcur du Peupk, par Martel (FrérOD), journal répablicain, donne, à la page 87 de son XI" numéro, t. 4, 'comniencw en janvier 179t, le nom do Saint-Simon dans la liste des membres du Club monftrchifjue , société archi-arïsto»'rati(|ue et archi- rétrograde présidée par Stanislas de Clermonl-Tonnerrc.

1807. — « J'écriïi parce que j*ai des choses neuves à dire; je présenterai mes idées telles quVHes ont été forgées par mon esprit; je laisse aux écrivains de profession le soin de les limer; j^écris comme un gentilhomme, comme un descendant des comtes de Vf;rmandoiï=, comrap un héritier jle h* plume du duc de Saint-Simon.

« Ce qu'il y a eu de pîus grand de fait, de plus grand de dit, a été fait, a été dit par des gentilshommes : Copernic, Galilée, Bacon, Descartes* Newton et Leiboitz étaient gentilshommes. Napoléon aurait mis par écrit ïes conceptions qu*iî exécute, si le trône ne s'était pas trouvé vacant, p — (Saint-Simon, întroductùm nuj traraiix sdentififpies <lu xix« siècle^ i, I, 1808).

1808. — a La révolution était commencée lorsque je revins en France (1789) ; je ne voulus pas mVn meler^ parce que^ d'un côté, j'avais la conviction que Fancien régime ne pouvait pas être prolongé, et que, d'un autre côté, j'avais de Taversion pour la destruction, et qu'il n^élait possible de se lancer dans la carrière politique qu'en s'attachant au parti de la cour qui voulait anéantir la représentation nationale, ou au parti r+' volutionnaire qui voulait anéantir le pouvoir royal. Mon activité se porta du côté de a spéculntiom finati' citres^ Je me livrai à des spécula timts sur la vente des doitinincs nntionttur^ je m^'associai un Prussien nommé le comte de Redern

« J'ai travaillé dans cette direction financière jusqu'en 1797, avec ardeur, confiance et succès. » — (Saint-Simon, premier fragment sur sa vie écrite par lui-môme).

« C'est en Ï798 que je suis entré dans la carrière scirntiJique; je possédais à cette époque une somme de 144,000 livres. Cette somme n'était qu'un bien petit prélèvement sur les bénéfices auxquels j'avais droit; car ces béruficcs h montaient à cent ctnquunte mille livres de rentes en. immeubles^ fortune qui existe entre les mains du conate de Redern qui n'avait droit qu'à la moindre partie de cette fortune, puisque mon industrie qI les risques que j'avais courus avaient infiniment plus contribné a son acquisition, que les faibles capitaux versés par lui dans mes spéculations. » — (Saint-Simon, deuxième fragment sur sa vie écrite par lui-même, 1808).

1813. — « La Révolution française commence peu d'années après la publication de rEncyclopéfJie; la lie s'élève jusqu'à la partie supérieure, elle y monte en écume; la classe ignorante s'empare de tous les pouvoirs et par sou ineptie vient à bout de constituer la famine au milieu de l'abondance (1). Un homme de génie réalise les souhaits de tous les gens instruits en réorganisant la monarchie, et en lui donnant Je Sénat et le Corps Législatif pour

(1) Est-ce donc l'ineptie dee Prieur, d<-M Camhon, des Lindel, des Catnol, elc, qui aurait affamé la France républicaine, plutôt que Ta^iolage de* Redera cl dca Saint-Simon? — (Noie du biographe)*

limitos constitutionnelles. » — (Saint-Simon, Mémoire sur la science de rhomme, 1813).

1814. — « Les novateurs cherchent un appui dans la populace qu'ils échauffent; des sociétés populaires s'établissent... Tous les pouvoirs étant placés entre les mains de la classe la plus ignorante sont mal administrés, l'anarchie s'établit, la guerre civile et la famine achèvent le malheur public... Le désordre est à son comble, les esprits fatigués cherchent à revenir à Tordre et à la subordination, le despotisme d'un seul paraît moins fâcheux que le despotisme populaire, quiconque osera régner est sûr d'être accueilli. Alors s'élève de la foule un ambitieux hardi, un Cromwell, un Bonaparte qui, armé d'une volonté ferme et fort de la nécessité publique, arrache le pouvoir des mains de la canaille et le concentre dans les siennes ; et comme la force militaire pouvait seule écraser la puissance du peuple, une domination toute guerrière s'élève sur les ruines de l'anarchie démocratique

« Quel est parmi nous l'homme parvenu à cinquante ans qui n'a pas conservé des souvenirs divers et des beaux jours de l'Assemblée Nationale, et des folies de l'Assemblée Législative, et des atrocités de la Convention? Quel est celui que n'a pas indigné la tyrannie dont la France est délivrée, et qui ne s'est pas senti émouvoir de joie en voyant les fils de Louis XII et de Henri IV nous rapporter d'un long exil, avec les vertus de leurs aïeux, des institutions convenables à nos lumières. » — (Saint-Simon, Be lu réorganisation de la société européenne^ etc., par M. le comte de Saint-Simon et par A. Thierry, son élève; publié en octobre 1814, sous la première Restauration).

1822. — « Quant à moi, mon opinion a toujours été que la forme du gouvernement monarchique est celle qui nous convient le mieux, et que le trône doit rester héréditaire dans la maison de Bourbon. » — [Du contrat social, par H. de Saint*Simon, introduction, page 9; Paris 1822).

1823. — a L'institution de la royauté a un caractère de généralité qui la « distingue et qui la met au-dessus de toutes les autres institutions. Son « existence n'est point liée au système politique actuel, à un système (( politique quelconque. Cette institution conviendra également à tous les « sytèmes d'organisation sociale, dont les progrès de la civilisation pourront

« nécessiter l'établissement

« Ainsi, le changement que nous proposons n'est point hostile à l'égard de a la royauté, de la légitimité et même du droit divin; il tend au contraire « directement à donner au roi plus de tranquillité, et à lui procurer par 0 conséquent plus de bonheur positif. • — (Saint-Simon, Catéchisme des industriels, premier cahier).

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