II. Sur l'Empereur
1802. — « Quoi de plus beau, de plus digne de l'homme, que de diriger ses passions vers le but unique de l'augmentation de ses lumières ! Heureux moments que ceux où l'ambition, ne voyant de grandeur et de gloire que dans l'acquisition de nouvelles connaissances, laissera ces sources impures où elle cherchait à apaiser sa soif. Sources de misère et d'orgueil, qui serviez à désaltérer des ignorants, des héros, des conquérants, des dévast»«
ViK b ALGISTK CUMTK
tcuïVï lie rcspécc huiiiaine» vous tarirez p..r abandan, et vos philtres n eiiivreronl plus ces superbes Diorlclsî Plus d'honneurs pour les Alexandre : vi?enl les Archimèdel »> — (Saint-Simon, Lettres d*un habitant de Genève à seit coniempontins^ première lettre).
1813. — <t 11 faut iju*une nation réunisse deux sortes de supériorités sur toutes h's autres, pour être décidéoient classée ronmie premier peuple par les historiens impartiaux. Ces diur genres de supériorité sont la supériorité luililaire et la supériorité scicutiljque. » — (Saint-Simon, Mémoires sur la uience de r homme ^ 1813).
1808. — ii Charlemagn*^ avait organisé la fédération européenne. Luther, en la divisaiil» a travaillé à la dissoudre,
tt Cette belle fédération aurait été finéanlie; tous les peiiples dti continent auraient perdu leur liberté, ils suraient été asservis par les Anglais, si Napoléon ne les eût pas coalisés contre cette poignée d'insulaires, ii^-ilntra-duction aux trnvatu scieniiftqffes dn XIX° sièck^ par H* de Saint-Simon, t. U}.
— <« L'Empereur conquerra le monde et lui donnera des lois; sa supériorité» Tasccndant qu'il a acquis el la force des choses le commandenL Les Anglais résistent encore, mais biciiLôl ils succomberont, et la chute de leur empire terminera nécessairement la guerre, puisqu^it n'existera plus de force en élat de s^opposer aux volontés dt? l'Empereur
<t La monarchie universelle ne sera point héréditaire. Elle n'existera qu'une fois pendant toute la durée de la planète et c'est Napoléon qui en aura été le cheL Pour donner des lois à rilumanité, il était nécessaire qu*il réunit tous les pouvoirs dans ses mains
« H faudrait posséder le génie de TEmpcrcur et Tégater en pré voyancepou r dire ce qui arrivera ajirés lui ; pour donner une idée do Torganisation sociale que rHunianilé aura reçue do ce législateur suprême. On peut seulement affirmer qu'elle sera la meilleure possible, puisque son législateur est le génie le plus transcendant qui ait jamais paru
M N'cst-il pas possible de conjecturer d'après les premières disposition* de TEtupereur quê le pouvoir S|ùritmd et le pouvoir temporel seront divisée; que le premier passera dans les mains d'un |jape et d'un clergé physicistes; que le second tàera réparti i^nlrç les dilîérenls princes qui se trouveront à la lôie des diverses fractions de l'Humanité, et que les intérêts nationaux de chacune de ces fractions seront surveillés par des corps de représentants choisis parmi les plus grands propriétaîres el b's lotlrés les plus marquanls^?
<t Les deux idées que je viens de présenter, doivent élre considérées (si elles sont justes) comme l'épanoui ssement d*un rayon lumineux émané du fo,ver de rinlelligence impériale ..,..•
« L'Empereur est le chef scientifique de THumanité, comme il en esl lô chef politique. D*une main, il tient rinfaillibïe compas; de Tautrc, Tépée exterminatrice des opposants au progrès des lumières. Autour de son trône doivent se ranger les plus illustres savants du globe, comme les plus vaillants capitaines. L'école ayant Napoléon pour chef, doit élever, sous sa direction, un monument scientifique d'une dimension et d'aune magnificence qui ne puisse Ôtre égalée par aucun de ses successeurs.
PIÈCeS JUSTTFtCATlVEâ
« Faire une bonne encyclopédie, organiser te système scienlifiquo projelé par Dascartes, est le seul IraTaiJ scientifique digne des vues du grand Napolépn,
« Mon ouvrage sera une réponse à la question de ITmpereur
— a Jur^qu'à notre génération, il est entré dans le temple de la gloire un nombre égal d'hommes par la porte scientifique el par la porte héroïque, L'histoire moderne a écrit, en lettres d*cir, les noms de cinq génies héroïques oi de cinq génies scientifiques du premier ordre ; Alexandre, Annibalt Cé^sar, Mahomet et Gharlemagne; Socrate, Platon, Aristole, B^con et Descaries*
a Jusqu'à notre génération aucun homme n'était entré dans |ç temple dô la gloire par les (jeux portes.
« LVEmpereiir y est onlrô par les deux portes,
« Pour (itfrir b l'Empereur un monument digne de luif il faudrait tailler le munt Saint-Bernard* en faire s» statue qui n'aurait pour base que la terre même, »— (Saint-Simon, in(rwii(ctkin aux (ravtnu scit^ntififiues du XIX* siirttt^ 1808).
18l5>t ^ Profe^itlon dû foi du comte tie Snint-Sùntm^ au mjot dr Vitwontui du tenitoirc français par Nupfdéim Bonaparte.
fl Paria, ce 15 map» iBlfi.
(\ Le roi convoque extraordinairement les Chambres; il semblr^ que THlat est menacé et qu'une guerre civile se prépore. Les citoyens troublés jettent autour d'eux un regard inquiet et s^observent les uns les autres avec uno sorte de défiance; dans ce^ conjectures, iï est du devoir de quiconque a entrepris de parler ou d*écrîre avpc liberté sur If s atTaires publiques de ne point laisser un moment douter de ses vues, et de déclarer hautement ses principes à Topinion, qui en est le juge
« Un homme se présente à nos frontières^ qui pendant dix années a désolé la France partons les excès du despotisme militaire; cet boDime a été renversé du trône par nos valonté?f minmmcs^ el il ose prétendre de régner encore sur nous l Et il ose espérer que nouï* nous joindrons à lui contre noua-mêmee! Croit-îl donc qu^uno tyrannie passée donne des droits à une tyrannie nouvelle? Croit-il qu'un peuple rendu à lui-mênae puisse ris* quer une seconde fois sa liberté? croit-îl que nous oublierons ce qu'il fut, ce que nous sommes* ce que nous voulons être!
« Ce n'est point un Jacques III qui se présente, cVst un Cromwell qui nous menace; ce qu*on veut nous ravir, ce que nous avons à défendre, ce ne sont pas quelques privilèges et une famille qui nous les garantit, c'e»t notre constitution tout entière, c'est une dynastie qui nous l'assure; c'est un roi avec lequel notre liberté est venue et dont notre liberté a besoin.
a Napoléon promet à la France une liberté illimitée; sans insister 'sur rextravagajice d'ui^e telle promesse, pense-l-îl que nous puissions y croire?
« Le premier vœu d'un Franrjais est que la France soit libre, le secood qu'elle sache longtemps Têtre, le troisième qu'houe soit libre sous les Bourbons, etc., elc, (1) »
(1) Ou ne connaît qu'un «eul exeinplmrc dv criHlo pmrtîunatiunj et II àe trouve h Itt hibliotlièque du Louvri'î — (Not^ du biographe).
VIE D AIÎOUSTK COMTE
1825* — « La seconde expérience a été celle entreprise par Booaparte qui a tenté de faire revivre le siècle de Charlomagne. Cette seconde expérience a été moins absurde que la premièn^, par la raison que la rètrogradalion était moins; forte.
«f Mais ce qui avait été de la part de Charlemagne une conception portant le cachet d'un génie du premier ordre, n'a été, chez son imitateur Bonaparte^ qu*iine ineptie pbilosopljique, aoiilenue par un grand talent et par une volonté ferme.
« LVntreprise de Bonaparte a commencé d*une manière brillante et séduisante pour la nation française, que ses succès militaires ont enivrée ; elle a obtenu surtout rapprobation complète de la partie scrvik ei avide de ç<^tle nation,.. " — (Saint-Simoiit Opinions Ultémires^ phthfmphiqxK's et /m/jMtrielk^^ 182ij; troisième opinion : !<ur les tentatives faites pour réorganiser la société depuis 1789)*