LETTRE X
tt Paris, le 15 juin 1818.
« Gomme je tiens infiniment à conserver toute ton estime, permetsmoi de relever l'inexactitude de tes assertions sur ma vie pécuniaire. Tu dis que j*ai tort de prêcher misère quand j'ai 2o0 à 300 francs par mois à ma disposition, et tu pars de celte réflexion pour me demander en ami si je n'ai pas contracté quelques goûts ruineux. D'abord, je ne sais où tu as pu calculer que j'ai 250 à 300 francs de revenu par mois. Probablement tu me supposes encore dans Vheureuse et courte passe où j'étais chez M. de Saint-Simon^ mais tu rabattras de ce compte en songeant que je n'ai que deux écoliers à 3 francs le cachet, et dont l'un ne prend leçon que tous les deux jours : ce qui fait, tout bien pesé, 120 francs par mois. Il y a loin de là à 2o0 et 300. Ajoute à cela que je suis encore obligé de demander quelques petites choses à mon père, mais qui, un mois dans l'autre, ne vont pas au delà de 40 à 50 francs »