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LA RELIÛIO» DE L^HUMAKlTé
qu'elles ne donnent point rimpulsîon, mais seulement le conseil et Texécution, et puisque leur exercice n'est pas continu, le sentiment seul, vu son intensité spontanée et diaprés la permanence résultée pour lui de la duplicité et de la symétrie de ses organes propres, qui se trouvent en relation incessante d'action et de réaction avec les viscères végétatifs, dont les fondions ne s'arrêtent jamais; le sentiment seul peut donner l'impulsion habituelle nécessaire à notre conduite, et fournil la base essentielle de la continuité individuelle, qui maintient rideolité de la personne à travers les changements résultés de la veille et du sommeil, des mutations de Tâge^ des perturbations de la iiialadie et de la variété des situations extérieures, sociales ou cosmologiques. De plus, comme nous Tavons sommairement exposé en résumant la théorie positive de la religion, la nature exclusive des penchants personnels, leur inévitable concurrence récipmque les rendent incapables d'établir aucune liarmonie, même individuelle, tandis que les sentiments bienveillants, qui n^exigent rentier sacrifice d'aucune tendance opposée à leur nature, peuvent heureusement subordonner toutes nos facultés, morales, intellectuelles, pratiques et même physiques, à leur salutaire prépondérance,
La morale théorique fournil donc la connaissance positive de Tâme et le principe de Tunité individuelle; elle établit scientifiquement, en mêjiie tenips que les bases d'une éducation rationnelle, la véritable nature du problème humain, qui, envisagé du point de vue privé ou public, consiste toujours à subordonner convenablement la personnalité à fa sociabilité. En se résumant dans la loi générale : vivre pour aidrui, elle fixe le terme de tous les etïorls de la morale pratique, qui doit toujours, depuis la conception jusqu'à la mort, perfectionner la naton; humaine par une action systématique, c'est-àdire par une éducation appropriée à chacune des phases de la vie. La morale, par ses principes on par son application, embrasse donc à la fois tous les aspects de l'existence humaine, personnelle et sociale, et tend à faire coovergersans cesse toutes ses parties, tant physiques que mentales et alTectives, vers nne destination commune, de manière à obtenir sa plus complète unité. Rien n'est exclu de son point de vue, ni Taction cosmologique, ni les influences vitales et sociales ; elle expliffuc autant le vice el la vertu, la raison et la fol'u\ la maladie et la santé; elle règle également la thérapeutique ou Thygiène, de manière à embrasser par la politique et la médecine toutes les parties de Vttrt futintiin, connue elIt* dotnine, par sa base théorique, tous les aspects de la science universelle. Science et art tout à la fois, elle réunit dans leur domaine le plus élevé la raison abstraite et la
ŒUVRE D AUGUSTE COMTE
raison coocrète, et combine leurs lumières et leurs efforts pour assurer, par uoe meilleure nolîon rlu devoir, notre dignité et notre bonheur, en nous fait?afit mieux coenailrej aimer et servir FHumanilé.
On trouvera dans le double tableau ci-contre (G.-D., p. 49 et 50), le détaiï des divisions principales qu'Auguste Comte avait arrêtées pour son Traité de Momie. On sait que la mort vint fermer sa carrière au moment où il allait mettre la main à cette œuvre suprême, couronnement nécessaire de son existence Ihéorique*
G*est encore son *^ principal disciple '\ M. Pierre Laffitte, qui entreprit de combler cette lacune essentielle, un vide aussi préjudiciable, qui laissait inachevée la série des sciences fondamentales- D après une construction hardie, aussi ardue et laborieuse qu'indispensable, d'après un efïort mental des plus considérables et des plus fructueux, il arriva à enseigner publiquement el à plusieurs reprises la Morale ttiéorique et la Morale pratique, d après le plan coordinateur laissé par le fondateur du Positivisme et d'après tous les éléments épars, si précieux, si substantiels, qu'il avait amassés sur ce sujet dans ses dilïérents ouvrages, enfin aussi d'après les indications spéciales qui se trouvent au chapitre 111 du lome IV de la Politique Positive,
On trouvera à nos pièces justificatives, n^'* 6el7, le double programme de renseignement mémorable mené à si bonne fin par M . Pierre LaflUte ; il nous parait inutile d'insisler sur sa haute dilYiculté et sur sa ■ portée encyclopédique et didactique, non plus que sur rimportancedu service rendu, au moins équivalent à celui du cours de philosophie première. Ajoutons qu'avant lui^ un autre discipie de Comte, M. le docteur AudiiTrent, avait écrit sur ce grand sujet, — la théorie du cerveau et de rinnervation embrassée au point de vue normal et pathologique, — deux ouvrages riches de faits et de raisonnement, d'une inspiration élevée, d'une coordinalion vigoureuse et d'une puissante portée (1).
LA se termine l'ébauche que nous avions entreprise : après être descendus» en suivant la marche subjective, de la conception du Grand-fltre, par la moT*ale et les constructions intermédiaires, jusqu'aux plus simples théories matlièmatiijues, nous avons pu remonter, en suivant une marche objective toujours ascendante, de ce premier terme de la série abstraite et des faits les plus élémentaires, ceux de nombre, d'étendue, etc., juscju'aux phénomènes moraux les
[i) Du centûk et de i'tnnt nation d'aprà AugmU ComU^ par G. Auditfrcnt, run de ses] exécuteurs testamentaires, in»8, Paris, 1869. — Des maladifs du cervtau et de Vinninatiott ^ d'après Ju£u$li Cfmte, iii-8 de 900 p., PJiris, Leroux 1874,
STNTHtSE SUBJECTIVE