‹ Notice sur l'œuvre et la vie d'Auguste Comte (volume 2)Chapitre 7 sur 103 · II · texte numérisé non relu

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plus complexes et les plus élevés, qui nous ramènent encore à l'Être prépondérant d'où notre pensée s'était abaissée sur les aspects successifs et décroissants de l'existence universelle. Cette immense progression, cette double hiérarchie de conceptions et d'observations, d'êtres et de phénomènes, constitue donc une série continue à la fois descendante ou ascendante, subjective et objective, qui partout relie nos théories les plus élevées aux plus élémentaires, et qui, d'autre part, rattache intimement l'Humanité à l'animalité et à la matérialité. Ainsi se trouve instituée, comme nous l'avions annoncé d'abord, la synthèse universelle et nécessairement subjective qui constitue la philosophie positive ou le dogme de la religion démontrée. C'est cette noble foi, qui concentre la notion d'un ordre universel irrévocablement constaté, dans la conception synthétique d'un Grand- Être réel, accomplissant sur cette Terre ses destinées normales, d'après une activité qui lui est propre et sous la prépondérance continue des fatalités biologiques et cosmologiques, qui vient ouvrir à l'Occident les voies d'une régénération totale, et rendre au gouvernement spirituel du monde la force qu'il a depuis si longtemps perdue.

Le tableau ci-contre (E) résume exactement, d'après le fondateur du Positivisme, l'ensemble du dogme réel, la foi démontrée.

Suivant que l'on contracte l'étude de l'existence physique en un ^eul terme ou qu'on la décompose en ses trois éléments naturels : l'astronomie, la physique proprement dite et la chimie, on retrouve riotre échelle encyclopédique à cinq ou sept degrés, que l'on peut à "volonté descendre subjectivement ou monter objectivement. De ^lîême, en ne considérant que les deux divisions générales du domaine théorique, on a les deux termes fondamentaux du dualisme philosophique, la cosmologie et la sociologie, le Monde et l'Homme. Cependant, amenée à ce point, l'exposition de la philosophie positive n'est pas encore terminée.

Auguste Comte a toujours compris qu'après la philosophie première, qui systématise les données les plus générales de la connaissance, qu'après la philosophie seconde, qui institue le cycle des sciences abstraites, devait venir un système de notions concrètes destinées à servir d'intermédiaire entre la théorie pure et la pratique proprement dite et à guider celle-ci, afin d'établir définitivement l'homogénéité et l'unité de la raison liumaine, c'est-à-dire une entière harmonie mentale. C'est là ce qu'il a nommé la philosophie troisième, construction ultime qui, avec les deux premières, embrasse toutes les manifestations positives et toutes les infiuences légitimes de la pensée,

ŒUVRE D AUGUSTE COMTE

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